
dimanche 28 février 2010
AVISSE A LA POPULATION

MARIE CARDINAL "les mots pour le dire"

"Nous étions différents les uns des autres, mais nous avions tous en commun le fait d'être d'ici et d'ailleurs. Même pour ceux - la majorité - qui n'avaient jamais voyagé, il existait un coin de terre sacrée quelque part sur l'autre rive de la Méditerranée. Nous étions différents les uns des autres, mais nous vivions ensemble dans une réalité que se partageaient plusieurs religions, plusieurs langues, plusieurs lois... Même si, à l'origine, nos ancêtres étaient venus de France, d'Espagne, d'Italie, de Grèce... nous n'avions qu'un seul drapeau et nous en étions fiers, il était bleu, blanc, rouge. Tous, nous avons été élevés et instruits dans sa vénération... Nous avions beaucoup d'espace, beaucoup de liberté, beaucoup de droits, et le devoir de mourir pour la France." - Marie Cardinal , romancière née á Alger et amie.
En quelques lignes comment faire pour nous mieux expliquer, nous mieux définir? Nous avons retrouvé notre drapeau en venant en France, c'était le même que nous avions toujours connu et n'étions pas dépaysés, mais par contre déracinés. On ne peut effacer six générations d'un seul coup. Nous reste au coeur ce sentiment que "notre pays" était l'Algérie. L'histoire se renouvelle sans cesse : les plus lointains de mes ancêtres venus en Algérie en 1832, avaient fui l'Ile de Chios, en Grèce, au moment des Massacres perpétrés par les Turcs pour s'arroger le droit de posséder Chios en 1822. Ils s'étaient installés d'abord à Livourne puis à Marseille et Jean Zygomalas faisant le commerce de céréales partit avec les siens s'installer à Alger pour approvisionner l'armée française venue faire la conquête de l'Algérie. Nous avons fui l'Algérie, ils avaient fui Chios mais à leur différence nous sommes revenus chez nous. Cent trente ans de présence dans un seul et même endroit représentent six générations. De notre Julie Vlasto avec son mari Iannis Zygomalas échappant aux hordes turques qui menaçaient leurs vies, jusqu'à ma dernière fille Cécile née à Alger peu avant l'indépendance, se sont écoulées des années de vies, de bonheurs, de chagrins, de travail. Beaucoup de travail, pour construire, pour bâtir, pour s'instruire, pour faire de cet endroit une patrie.Dans l'enfance, impossible de faire la distinction entre ce que l'on appelait la Mère Patrie et l'endroit où nous vivions. Je me pensais en France en vivant à Alger, une France coupée en deux par une mer superbe. Je ne regardais pas au-delà des confins du Sahara. J'étais française.
L'été, pour fuir les mois les plus chauds nous traversions la mer, facilement sur de beaux bateaux noirs et blancs ou d'un coup d'aile en avion. C'était bien. Nous retrouvions notre langue, de la famille, des amis, exactement comme si nous étions allés de Marseille à Lille.
La belle insouciance de l'enfance a fait place aux découvertes dans nos études, d'un pays habité déjà avant notre arrivée d'un peuple diversifié mais qui lui aussi allait prendre conscience de son idendité. Cette découverte qui était une évidence, a fait place à une certaine inquiétude puis à une angoisse tenace de l'avenir. Et nous avions raison de nous préoccuper de l'avenir. Comment absorber sans tumulte sans heurts, ces revendications bilatérales ? Cela eut-été vraiment difficile de nous en aller tranquillement laissant derrière nous un passé déjà trop important. Et par ailleurs comment ne pas reconnaître l'idéntité de ce peuple algérien ?
Il y eu la guerre. Cette guerre que l'on a pudiquement appelé "les événements d'Algérie". Comme beaucoup d'autres guerres et de conflits de toutes sortes elle a marqué bon nombre d'entre nous et lorsque j'écris "d'entre nous"j'entends bien, français et algériens. Elle a laissé des morts, des blessés, des martyrs, des disparus. C'était un peu la guerre du désespoir. Et l'évidence s'est imposée à nos regards et dans notre esprit : il fallait partir. Et partir c'était abandonner, nos ancêtres, notre vie, ce que nous avions bâti, construit, cette montagne de souvenirs merveilleux et parfois douloureux.
Il n'y avait qu'un réconfort à ce départ : nous revenions dans une autre partie de la France, qui était en réalité la France elle-même, celle de l'autre rive de la Méditerranée, celle dont nous retrouverions le drapeau que nous avions toujours vu flotter à Alger. Ce ne fut pas facile, ce fut triste et véritablement traumatisant pour la majorité d'entre nous. Nous en resterions marqués à jamais.
L'instinct de vie, l'instinct de conservation sera le plus fort. Il nous faudra des années, non pas pour oublier - on ne peut pas oublier l'Algérie - mais pour construire de nouveau la vie. Et je crois pouvoir dire que nous y sommes tous arrivé.
Nos petits-enfants auront besoin de nous pour leur expliquer cette tranche d'Histoire. Nous, Français d'Algérie avons vis-à-vis d'eux ce devoir de Mémoire.
samedi 27 février 2010
DANY BRILLANT "il chante pour son père"
Dany Brillant, de son vrai nom Daniel Cohen-Biran, est un chanteur français d'origine tunisienne né le 28 décembre 1965 à Tunis.Son nom de scène Brillant lui a été donné par Jacques Boni, le patron du cabaret Les Trois Maillets où il se produisait. Avant de monter sur scène il lui disait : « Dany ! Sois brillant ! ».
vendredi 26 février 2010
MARIE JOSE "la reine du tango"

Née à Oran
Décédée le 4 février 2002 à Paris
Née d'un père français et d'une mère espagnole, elle arrive à Paris en 1937. Elle y suit des cours de chant au Conservatoire. Arrivée en France en 1937, elle rencontre Michel Simon qui l'engage sur le tournage de "Naples au baiser de feu" (Augusto Genina, 1937), dans lequel elle a pour partenaires Viviane Romance, Tino Rossi et Michel Simon. En 1939, elle est à l'affiche de trois films : Circonstances atténuantes (Jean Boyer, avec Arletty, Michel Simon, Andrex...), Ils étaient neuf célibataires (Sacha Guitry) et Rappel immédiat (Léon Mathot). La même année, elle
débute une carrière d'interprète et enregistre "Un avion tout blanc" (RobertMalleron/Joëguy). En juin 1941, elle grave "Etoile de Rio", chanson tirée du film Stern von Rio de Karl Anton (1940), et "Le Paradis perdu" du film éponyme d'Abel Gance (1940).
Tessier/Jacques Simonot), qu'elle enregistre en mars 1942, et interprète à Radio-Paris en mai suivant. En septembre 1942, elle grave "Les fleurs sont des mots d'amour", du film "La Fausse maîtresse" (André Cayatte, 1942), interprétée à l'écran par Danielle Darrieux. En juin 1943, elle enregistre la version féminine de "Jim !" (la version masculine est interprétée par Clément Duhour), et "Un peu d'amour... un peu d'espoir" (Maurice Vandair/René Cloerec), qu'elle chante dans le film "Douce" (Claude Autant-Lara, 1943).
rôle d'une chanteuse (tout comme dans 56, rue Pigalle de Willy Rozier en 1948).
Avec "Impossible", enregistrée en 1947, elle est consacrée "reine du tango".
jeudi 25 février 2010
VIC TALAR "le mentor d'Enrico Macias"

mercredi 24 février 2010
GERARD PULLICINO l'homme de Taratata"

Biographie :
Débutant comme batteur d’un groupe de rock - “Les Rockettes”, dans les années 70, il devint rapidement l’un des réalisateurs de télévision français les plus doués de sa génération. Il s’est notamment démarqué en créant l’image de l’émission Taratata, l’une de ses nombreuses collaborations avec Nagui, qu’il avait également engagé pour un rôle dans son unique film pour le cinéma, Babel, en 1999.
Passionné de musique, il s’est essentiellement illustré dans la réalisation d’émissions musicales et de concerts, composant aussi quelques bandes originales d’émissions et de films.
C’est peut-être dans le but de rapprocher un peu plus la musique et la télévision, qu’il préfère l’utilisation d’un clavier de piano plutôt que les boutons lumineux d’une régie normale pour la réalisation de ses émissions.
C’est à quinze ans que Gérard a décidé de faire carrière dans l’audiovisuel, ce qui l’a amené à sa première grande réalisation en 1989, avec le spectacle « Starmania » au théâtre Mogador.
Gérard a par la suite produit et dirigé des artistes tels que Céline Dion, Lara Fabian, Garou, Ray Charles, Johnny Hallyday, Joe Cocker, David Bowie et Madonna.
Il est aussi, le codirigeant de L’Olympia de Montréal, une salle de spectacle de Montréal.
On pourrait résumer la carrière de Gérard en une phrase : « La musique met en valeur l’image, et l’image renvoie à la musique »
Il est aujourd’hui le compagnon de la chanteuse Lara Fabian, qui a donné naissance à une petite Lou le 20 novembre 2007.
REINETTE L'ORANAISE
Sultana Daoud alias Reinette l’Oranaise est une chanteuse et une compositrice française d'Algérie, née en 1915 à Tiaret (Algérie) et décédée le 17 novembre 1998 à Paris. Elle fut pendant plus d'un demi-siècle une digne représentante du folklore oranais, du chaâbi et l'auteur de compositions constamment réactualisées. Sa force de travail, son talent, son œuvre originale et sa bonne humeur l'ont menée à se faire apprécier, au-delà du public juif et arabophone, et fait redécouvrir en France les beautés de la musique arabo-andalouse.
Née à Tiaret, dont le père est un rabbin d'origine marocaine et d'une famille de nationalité française depuis le décret Crémieux (1870). Atteinte de cécité à l'âge de deux ans, à la suite d'une variole mal guérie Reinette fréquente l'école des aveugles d'Alger et apprend le braille et le cannage des chaises. Mais sa mère refuse qu'elle continue à exécuter ce travail qu'elle juge ingrat et qui lui abîmait les doigts. Elle intervient alors auprès de Messaoud Médioni dit Saoud l'Oranais, un juif séfarade et chanteur violoniste virtuose du style hawzi qui tenait un café à Oran, – qui était le rendez-vous de tous les mélomanes, les musiciens, les paroliers et les vedettes locales (les théâtres étaient sous contrôle des autorités et interdisaient à cette époque toute expression algérienne) – pour que le maestro initie Reinette à l'éveil de la musique arabo andalouse et l'accueille chez lui et la surnomme Reinette.
Il en sort quelque temps plus tard un 78 tours, que plus tard Reinette ose à peine écouter à cause des fautes de diction. Elle intègre l'orchestre du maestro, tout en se familiarisant avec les instruments de musique. Après la darbouka, elle s'initie au mandole puis à l'oud pour s'accompagner au chant et se constituer un riche répertoire de textes et de composer des mélodies puisées dans la tradition musicale oranaise. En 1938, Saoud Médioni émigre en France pour monter un café musical à Paris. La vie de ce dernier se termine en déportation sous la barbarie des nazis. À l'âge de 26 ans elle débute une carrière fulgurante. Elle réalise des prestations bi-hebdomadaires à Radio-Alger qui diffusait les meilleurs artistes du chaâbi algérois et du répertoire andalou et elle devient une chanteuse réputée.
Elle est accompagnée de musiciens tels que le virtuose Mustapha Skandrani au piano, Alilou à la darbouka, Abdelghani Belkaïd au violon, elle interprète avec les plus grandes voix de la chanson populaire et de la musique savante du Maghreb : Fadela Dziria, Meriem Fekkaï, Alice Fitoussi, Zohra El-Fassia, Abdelkrim Dali, Dahmane Ben Achour. Reinette l’Oranaise accompagne le maître du chaâbi, Hadj El Anka. Reinette continue à exercer son art musical à l'occasion de fêtes juives et musulmanes, mariages, circoncisions, anniversaires. Comme juive séfarade, elle sera même autorisée à chanter dans un orchestre d'hommes. Son nouveau maître de chant le cheikh Abderrahmane Belhocine lui donne des cours d'arabe classique et lui fait travailler la diction.
Oubli avant une reconnaissance tardive.
Comme la plupart des Juifs d'Algérie (plus de cent mille), Reinette quitte l'Algérie en 1962, commence alors pour elle une longue période de repli, quasi d'oubli et de grande solitude. En 1985, Reinette à l'approche de ses 70 ans ne songe plus qu'à cultiver ses souvenirs. Il faudra toute la ténacité d'un animateur de Radio-Beur à Paris et de l'appui d'une génération de mélomanes français la sollicitant pour la convaincre de remonter sur scène. En 1995, Reinette l’Oranaise vit en banlieue parisienne, aux côtés de son époux, Georges Layani, un percussionniste. Elle est alors couronnée par l'Académie Charles Cros et est reconnue par les Algériens de la tradition du style hawzi. Devenue une légende de la chanson judéo-arabe, sa voix s'éteint à Paris, le 17 novembre 1998 à l'âge de 83 ans. Son corps est inhumé au cimetière israélite de Pantin.
SADY REBOT "papa poule de la T.V. français

Le comédien Sady Rebbot est né le 27 avril 1935 à Casablanca (Maroc) d’un père employé aux Postes et d’une mère couturière, originaire d’Argentine. Il est l’aîné de quatre enfants : Edouard, Roland et Nicole.C’est un brillant élève, surtout dans les matières littéraires et philosophiques. Il décroche son baccalauréat à 16 ans. Ensuite, pour faire plaisir à ses parents, il s’oriente vers le professorat de français. On lui donne une classe réputée difficile mais lui, grâce à son humanité et sa pédagogie, il est adoré de ses élèves.
Sa passion du théâtre l’amène à créer avec Claude-Jean Philippe et Jean-Claude de Goros, La Cabane à Casablanca, l’équivalent à Paris du Café de la gare.
En 1954, il dit à ses parents qu’il va faire des études complémentaires à Paris alors qu’il n’en est rien ; il est bien décidé à construire sa carrière de comédien. Il traîne alors à St Germain des Près et y rencontre Richard Bohringer notamment.
Il fait l’Ecole de la rue Blanche et prends des cours avec son mentor, Andreas Voutsinas. Etant d’origine maghrébine, il est assez difficile pour lui de décrocher des rôles. Pour subsister, il fait de nombreux petits boulots comme assistant de fakir.
En 1959, il tourne avec Jean Gabin dans Rue des prairies (1959) dans lequel, pour les besoins du rôle, il se prend un gifle par le Monument du cinéma français.
En 1961, il rencontre Anne, première française à devenir top model international (en 1971, elle tournera dans un unique : French Connection). Il l’épouse et de cette union naîtra en 1963 leur fils unique Jérôme. Ils vont rester ensemble 4 ans...
C’est au milieu des années 60 qu’il entre dans le monde du doublage avec l’aide de camarades de théâtre. De par sa voix virile et suave, on lui donne souvent à doubler des afro-américains comme Jim Brown dans Les douze Salopards (1967), Richard Roundtree dans Shaft, les nuits rouges de Harlem (1971), Jim Kelly dans Opération Dragon (1973), James Brown dans The Blues Brothers (1980), Carl Weathers dans Rocky IV (1985) ou encore Philip Michael Thomas dans la série Deux flics à Miami (1986).
Il va aussi prêter sa voix notamment à Gerald McRaney dans la série Simon et Simon (1983), Will Lyman dans la série Guillaume Tell (1988) et John Goodman dans Barton Fink (1991).
Sa voix chaleureuse sera aussi indissociable du rôle du Capitaine Kirk interprété par William Shatner dans les films de Star Trek (de 1980 à 1992).
Il va travailler sous la direction de nombreux directeurs artistiques : Jacques Barclay, Marc Cassot, Claude Cohen, Gérard Cohen, Jean-Pierre Dorat, Jean Lagache, Hubert Noël, Jacqueline Porel...
On le verra aussi à la télévision dans Thierry La Fronde (1963) et dans des films comme Brigade antigangs (1966) ou encore dans l’excellent film Le Bougnoul (1974) pour lequel il signe aussi le scénario et les dialogues. A cette époque, il enchaîne les rôles, aussi bien au théâtre ("La Souricière" d’Agatha Christie en 1971) qu’à la télévision (un épidode de Brigade Mondaine en 1979).
En 1980, le rôle de Bernard Charlette dans la série célèbre Papa Poule (pour laquelle il co-interprète aussi la chanson du générique) le fait véritablement connaître du grand public. Son fils Jérôme Rebbot, comédien lui aussi, souligne : "Avant Papa Poule, mon père ne jouait que les rôles de méchants, après, on ne lui donnait que les gentils !".
La même année, le 12 février, il se remarie avec Evelyne Murat, avec laquelle il aura des jumeaux un an plus tard, Guillaume et Mélanie.
En 1986, il joue le rôle principal de la série Le Véto. Deux ans plus tard, il tourne dans Mes nuits sont plus belles que vos jours et en 1989 dans La Révolution française.
Sady Rebbot nous quitte le 12 octobre 1994 des suites de la maladie de Waldenström.
mardi 23 février 2010
ROGER ROSSO "PIK pour les intimes"

Né le 26 Octobre 1905 à Bône, Roger Rosso était le fils d'un négociant en tabac en feuille.Roger ROSSO raconte ses souvenirs de BÔNE. Suite à une rencontre en septembre 2000, ses explications venaient rendre vie à tant de documents collectionnés depuis bien des années sur BONE en Algérie par les plus jeunes : plans, livres, cartes postales, photographies, journaux ...Roger ROSSO, architecte, a eu une connaissance toute particulière de sa ville par sa profession et ses relations. Il s'est beaucoup intéressé à l'histoire de la conquête de Bône, cette belle ville qu'il a aimée, comme beaucoup savent aimer leur ville natale, et dont il a suivi les transformations, y participant.
Passionné de tout, tout lui réussit. Très jeune son don pour le dessin se révéla. Il aurait aimé en vivre, mais "Pas question d'avoir un artiste dans la famille !" lui déclara un jour son père. Enfant, les jeux de son âge lui apportèrent l'expérience que peu d'entre-nous ont su acquérir. Le sport chez lui était une seconde nature, mer et montagne lui offrirent d'innombrables possibilités. Il a pratiqué le ski jusqu'à 84 ans, la natation jusqu'à 95 ... Le water polo, la plongée, la pêche au harpon complétée par l'archéologie sous-marine le comblaient. La musique ne lui tendait aucun piège, elle était son amie. Quant à la poésie vous découvrirez la sienne dans ces pages. Sachez cependant qu'avant de les retranscrire il nous a toujours récité ses vers par coeur ! Revenons à ce don fabuleux du dessin dont Pik a usé il n'y a pas si longtemps encore. Dès 1930 il fit parti des "Dix d'Alger" où son talent de caricaturiste trouva une place de choix. Pour lui, aucune difficulté ... "c'est comme ça !" Sa main trace ce qu'il voit et ce que son humour transforme au gré de sa fantaisie! Également très sensible à la couleur et à la lumière il nous entraîne dans son monde.
SAUL DURAND dit MOUZINO "la musique d'hier et d'aujourd'hui"
Chaouel ou Saül DURAND dit le Maalem Mouzino né le 29 décembre 1865 à Constantine. Fils de Moïse DURAND et Hanina ABOUCAYA (juive d’origine tunisienne).
Très jeune, il se familiarise avec le monde artistique de la musique. Il participe souvent avec son père Moïse dans les différentes Nechrate et Touhifate organisées par la communauté juive dans la vielle ville de Constantine. En riche commerçant, son père organise des soirées privées au sein de leur demeure d’été à Koudyate Âbed. C’est au cours de ces soirées qu’il va rencontrer de nombreux musiciens dont le fameux Abrahem Fitoussi (l’oncle de la chanteuse Alice Fitoussi) qui va l’initier aux premières notions de la musique.
Lorsque sa famille quitte Constantine pour s’installer à Alger, il s’est mis rapidement à fréquenter les cafés maures où se produisaient les grands maîtres de renom tels que Ben Farachou et Ben Ali Sfindja qui fut son maître direct en l’initiant à la çanaa et aux genres apparentés. Par la suite, ce dernier (Sfindja) l’intégre officiellement dans son orchestre à côté de ses disciples Ben Tefahi, Edmond Yafil, Eliaho Serror, Saïdi, Shaloum…etc.
Dans ces soirées il rencontrera trois personnages qui vont faciliter son intégration dans le milieu algérois (un milieu plutôt hermétique et difficile d’accès aux étrangers) ; ces personnages vont également l’appuyer durant toute sa carrière professionnelle et avec qui il va nouer une relation d’amitié sans égale !
- Il s’agit d’un certain Elie KANOUNE, chantre juif et élève de Maalem Abraham Mortjane. Kanoune participe activement avec la communauté juive d’Alger dans l’organisation des différentes soirées privées pour son ami. Il lui procure des locaux pour ses répétitions. Et, étant son voisin, il l’assiste dans toutes ses démarches jusqu’à sa mort (son nom est mentionné sur l’acte de décès de Mouzino).
- Âziz LAK’HAL de Belcourt (un commerçant fortuné, véritable mélomane de musique) qui lui organise des soirées privées chez lui et allant jusqu’à lui acheter une voiture pour faciliter ses déplacements.
- H’mida Elkateb Qadi et membre du Conseil des Ôulamas musulmans, né en 1905 à Alger. Diplômé de la fameuse Medersa d’Alger (école prestigieuse d’enseignement religieux qui a connu plusieurs Chouyoukh et Mafatis dont Benoubia, Boukandoura, Benkebtane et Mohamed Benchaouech « le père de Mamed Benchaouech professeur au Conservatoire d’Alger »).
Mouzino animera toutes les soirées organisées par H’mida Elkateb. Il léguera un bon nombre de pièces rares en faisant profiter les membres de son orchestre (grâce à lui quelques morceaux de la nouba Reml et la Nouba Hsin ont été sauvés : le Btayhi Kaouani Elbiâd et l’Insiraf Elôudo Qad Taranem transmis à Charles Sonégo ; le Btayhi Raqat lana elkhamro transmis à H’mida Elkateb qui l’intégra dans le répertoire religieux chanté pendant le Mawlid dans « la Qacida de Ya ghorat_al Youmni » et d’autres pièces…).
En artiste virtuose, il maîtrisa pratiquement tous les instruments. Il excella dans le violon comme dans la Kouitra, mais son instrument de prédilection pour l’exécution de la Nouba reste le R’bab (Feu Sid Ali Benmerabet, ancien professeur à Eldjazaïria-Elmoussilia qui était un véritable mélomane et collectionneur et qui possédait de nombreux objets ayant appartenus à de célèbres musiciens algérois, disposait du R’bab de Mouzino ainsi que de son violon).
Mouzino enregistra une centaine de disques dans tous les genres (Nouba, Neqlabates, Âroubi, Hawzi, Qadriate et Zendani). Ces enregistrements sont aujourd’hui comme hier d’un grand apport à l’étude de la musique. En effet, il nous donne une idée très claire sur l’évolution qu’a connu la çanaa à travers le temps.
Il décède à Alger, le 2 février 1928
lundi 22 février 2010
ROLAND GIRAUD "le voisin d'Albert Camus"

Né à Rabat au Maroc le 14 février 1942, il était le voisin dit-on de l'écrivain français Albert Camus. De retour en France, c'est dans le Sud-Ouest qu'il grandit. Il vécut à Montauban et connaît bien les villes de Toulouse et Périgueux.
A 19 ans, Roland Giraud arrive à Paris avec l'idée en tête de devenir choriste au Châtelet mais très rapidement, c'est la comédie qui devient son nouveau centre d'intérêt. Pour apprendre son métier d'acteur, il décide de prendre des cours chez Yves Furet où il fait la rencontre de Michel Sardou et de Michel Fugain, qui sont encore aujourd'hui ses amis proches. Avant de travailler pour Coluche en 1971 et d'entrer dans la troupe du Splendid, ce qui lui permet par la suite de jouer au cinéma dans de nombreuses comédies cultes comme Les bronzés font du ski, il multiplie les petits boulots. Travaillant d'arrache-pied, il occupe les fonctions de monteur, décorateur ou encore luminariste.
Dans les années 1980, Roland Giraud est à l'affiche de nombreux films à succès, à commencer par Papy fait de la résistance (1983), Trois hommes et un couffin (1985), Tant qu'il y aura des femmes (1987), Sans peur et sans reproche (1988), etc. Si dans les années 1990 et 2000, il se fait plus discret au cinéma, Roland Giraud n'en demeure pas moins très actif, en jouant dans des téléfilms et au théâtre qu'il affectionne plus particulièrement. Il monte sur les planches dans Black Mélo (1988), Sans rancune (1992), Hypothèque (2002), Impair et pair (2003), Avis de tempête (2005) ou encore Délit de fuite (2006).
Côté vie privée, Roland Giraud épouse l'actrice Maaïke Jansen en 1966. Elle est originaire d'une famille protestante et sa ferveur religieuse ne manque pas d'impressionner Roland Giraud qui n'est pas insensible, depuis déjà un certain temps, "au message du Christ". Si sa mère était catholique, son père, lui, est athée, ce qui ne l'empêche pas de se faire baptiser à 26 ans (1968). "La foi de mon épouse est plus forte, plus active que la mienne. Sa confiance en Dieu est totale", confie-t-il au magazine Le Pèlerin lors d'une interview.
Et, c'est peut-être dans la foi que l'acteur trouve la force de surmonter le drame qui a touché sa famille le 9 décembre 2004. En effet, l'enfant unique du couple, Géraldine (36 ans), et son amie Katia Lherbier sont retrouvées mortes au fond d'un puisard. Elles ont toutes les deux été assassinées. L'acteur était très proche de sa fille, qu'il avait au téléphone plusieurs fois par jour.
Roland Giraud est anéanti par cette découverte, mais il décide de monter sur scène le soir même, au Théâtre des Variétés à Paris, où il donne une représentation de la pièce Avis de tempête. Il expliquera plus tard que jouer était, pour lui, le seul moyen de survivre. Et, il précise que s'il ne s'était pas produit ce soir-là, il aurait été incapable de le refaire un jour.
Depuis, Roland Giraud s'est également lancé dans la chanson. Il a notamment sorti un titre intitulé Là-haut dans lequel il dit : "J'habille ton corps de mes prières/(...)/ Car nos hier ne me quittent plus".
JACQUES HAIK "le créateur de "CHARLOT"
Jacques Haïk naît à Tunis, en 1893.Producteur de cinéma, une figure du 7e art d'alors, a promis le rêve. Et il tient parole.
Il devient concessionnaire indépendant de majors américaines, et, parallèlement, produit ses premiers films muets (Le Bossu, La grande épreuve... ) En 1924, il fonde la société des "Etablissements Jacques HAÏK".
1929. L'arrivée du cinéma parlant bouleverse l'industrie de la production. Afin de faire face aux contraintes financières et de construire de nouveaux studios, Jacques HAÏK s'allie à la banque COURVOISIER. Il crée l'OLYMPIA, met en chantier le REX et plusieurs autres salles de prestige dans toute la France. Il construit des studios à Courbevoie et à la Garenne. En quelques années, il produit une trentaine de films. Il donne leurs premiers rôles au cinéma parlant à Annabella, Arletty, Jules BERRY. Il fait travailler Danièle DARRIEUX, Harry BAUR, Victor BOUCHER... Il devient l'un des trois plus gros producteurs français.
1931. La grande crise met en faillite la Banque COURVOISIER et stoppe net l'envolée des Etablissements Jacques HAÏK. ( La bourrasque met aussi en faillite la totalité des maisons de productions françaises et américaines. ) Jacques HAÏK perd toutes ses sociétés et tous ses biens. Il ne se relèvera jamais totalement de cette débâcle.
En 1934, grâce à de l'argent prêté, il crée la société Les Films Régent. De 34 à 39, il produit une dizaine de films, dont "Claudine à l'école". Il construit le cinéma LE FRANCAIS , boulevard des Italiens. Mais le grand élan est bien cassé. Pourtant, il parvient à mettre en production de nouveaux films, à construire de nouvelles salles. En 1939, la situation financière de ses entreprises est redevenue saine. Mais la guerre éclate...
Poursuivi par les Allemands à double titre - il est juif, et il a produit un film de propagande anti-Hitlérien intitulé "Après Mein kampf.. mes crimes" avec Alain CUNY, Jacques HAÏK se cache durant cinq mois dans une chambre en Tunisie. En 1943, il accomplit des missions de propagande pour les Forces Françaises Libres dans tout le monde arabe. Pendant ce temps, à Paris, sous prétexte "d’aryanisation", on lui confisque toutes ses sociétés, toutes ses salles. A son retour, en 45, il ne lui reste rien.
Il passe le reste de sa vie à récupérer ses films ainsi que ses salles. Il meurt en 1950.
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dimanche 21 février 2010
GUY MARDEL "entre Jerusalem et Oran

Docteur en droit et en sciences politiques, Guy Mardel effectue ses débuts dans un orchestre de jazz en 1960.Après avoir débuté dans un orchestre de jazz, Guy Mardel devient célèbre en 1965 avec sa chanson "N´avoue jamais". Avec ce titre dont il signe la musique sur des paroles de François Dorin, il participe au Concours Eurovision de la chanson 1965 pour la France et se classe troisième.
Il ne réussit cependant pas à confirmer ce succès et tente sa chance à l'étranger : Espagne, Brésil, Japon ... De retour en France, il partage son temps entre la production et l'enregistrement de plusieurs singles. En 1977, il crée le label MM Records, distribué par Phonogram.
Il s'est marié en 1966 ; il vit actuellement à Jérusalem.
il est aujourd'hui reconverti dans la restauration.
GUY FORGET "le gaucher"

Guy Forget atteint par ailleurs à cinq reprises les quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem : Internationaux d'Australie en 1991 et 1993, et Internationaux de Grande-Bretagne en 1991, 1992 et 1994. Quatrième joueur mondial en 1991, il devient le quatrième Français (après Yannick Noah, Henri Leconte et Thierry Tulasne) à figurer parmi les dix premiers joueurs du classement ATP. Au cours de sa carrière, Guy Forget remporte onze titres en simple, notamment les tournois de Toulouse (1986, 1991 et 1992), Sydney (Australie), Cincinnati (États-Unis) et le tournoi en salle de Paris-Bercy (1991).
Joueur élégant naturellement porté vers l’attaque, doté d’un service de gaucher particulièrement efficace pour le propulser au filet et déporter ses adversaires hors des limites du court, Guy Forget s’est révélé tardivement comme l’un des meilleurs joueurs du monde grâce à une parfaite maîtrise technique (notamment acquise au fil de ses victoires en double).
LA RECONVERSION : LE « CAPITAINE » FORGET
D’un tempérament discret, il prend la difficile succession du charismatique Yannick Noah à la tête de l’équipe de France de Coupe Davis à l’occasion de la « campagne » 1999. Finaliste de l’épreuve pour sa première année en tant que capitaine — la France est battue par l’Australie —, il ne peut toutefois éviter la défaite de son équipe menée par Cédric Pioline au premier tour de l’édition 2000 contre le Brésil.
En décembre 2001 pourtant, il parvient à motiver et soutenir ses joueurs — Sébastien Grosjean, Nicolas Escudé, Cédric Pioline et Fabrice Santoro —, qui offrent à la France un 3e trophée en dix ans après une victoire en finale contre l’Australie, obtenue à Melbourne et sur gazon. L’année suivante, il conduit de nouveau l’équipe de France en finale de la prestigieuse épreuve, mais doit s’incliner face à la Russie.
Guy Forget dirige également depuis 1999 l’équipe de France féminine, qu’il conduit en phase finale de la Fed Cup en 2001, sans toutefois pouvoir rééditer l’exploit de 1997.
vendredi 19 février 2010
FRANCOIS CLEMENT MAILLOT

Le Docteur François Clément Maillot En 1832, Maillot est envoyé en Algérie. A Alger d'abord, où là encore, il doit traiter des fiévreux, avant d'être chargé de la direction de l'hôpital militaire de Bône où la situation sanitaire est catastrophique (1834). Sur 5 500 hommes stationnés dans cette ville, 4 000 ont été hospitalisés, un grand nombre d'entre eux a succombé à des accès pernicieux. En moins de deux mois on a enregistré 300 décès !
Dès sa prise de fonctions à l'hôpital militaire installé dans des conditions précaires, Maillot va instituer le traitement des fiévreux sur des bases complètement nouvelles: abandon de la diète à laquelle les malheureux étaient soumis jusqu'alors, des purgations et des saignées à répétition. Il administre le sulfate de quinine à hautes doses proportionnées à la gravité des cas, un et jusqu'à deux grammes par jour. Les résultats ne se font pas attendre, la mortalité tombe de 23 % à moins de 4 % et les convalescents quittent l'hôpital après un séjour écourté.
Mais cette méthode de traitement soulève de vives critiques de la part des collègues de Maillot. Il faudra attendre le congrès du paludisme, tenu à Alger en 1881, pour que ses mérites soient officiellement reconnus et que l'on transforme la célèbre formule de Bugeaud Ense et aratro en Ense, aratro et quina !
L‘ancien hopital du dey crée en 1832 installé en partie dans l’ancienne résidence de hassan pacha bati autour du pavillon du deyAu chevet de son tombeau, un buste en bronze, dû au ciseau de son épouse qui était sculpteur, perpétue le souvenir de ce personnage hors du commun.
Autrefois les étudiants algérois qui chaque année organisaient des monômes lors de la rentrée universitaire, affublaient la réplique du même buste de bronze surmontant une stèle érigée près de la grande poste, d'une belle lavallière à pois et parfois même la coiffaient d'un feutre à larges bords.
D'autres Algérois, plus anciens savaient que l'hôpital militaire, installé dans les jardins du dey, portait le nom de Maillot.Ce monument qui a assuré la pérennité du souvenir du médecin militaire briotin est certainement l’hôpital militaire Maillot situé à Alger qui a gardé son nom jusqu’à l’indépendance de l’Algérie.
LA MUSIQUE JUDEO-ARABE
LILI LABASSI ET MAURICE EL MEDIONIL'histoire de toutes ces vedettes de l'Algérie des années 50 est le thème du film de Michèle Mira Pons, Alger Oran Paris, les années music-hall, qui vient de sortir en DVD (chez Nocturne).
Mais cette aventure se poursuit avec l'incroyable album Descarga Oriental (chez Piranha), que Maurice El Médioni est allé enregistrer à New York avec des musiciens cubains. Accompagné par un groupe dirigé par le percussionniste Roberto Rodriguez, il emmêle figures orientales et latines, rythmes maghrébins et cubains avec le naturel des rencontres évidentes.
Car, l'Algérie coloniale vit à la fois les cultures traditionnelles arabe, kabyle et juive, la francisation continue de la culture populaire algérienne, les modes musicales successives venues d'Amérique ou d'Europe. Là, les destinées musicales sont parfois abracadabrantes, comme celle de Maurice El Médioni. Au commencement, au tout début des années 30, il y a le cabaret de son père et de son oncle, rue de la Révolution, au coeur du derb, le quartier juif d'Oran. Il y entend les plus grands musiciens de la musique classique d'Algérie. Car son oncle est Saoud l'Oranais, dont l'orchestre est une légende de la musique arabo-andalouse. Mais, lorsque le père de Maurice meurt brutalement en 1935, Saoud ferme le cabaret et part en France. Déporté en 1943, il sera gazé le jour de son arrivée au camp de Sobibor.
Entretemps, à Oran, Maurice est devenu un jeune pianiste fou de Trenet et de swing, et qui ne s'intéresse pas à la musique orientale qui l'environne. Avec des GI portoricains qui passent par le port de Mers-el-Kébir, il s'initie à la rumba. Un après-midi, alors qu'il pianote dans un bar, trois jeunes Arabes lui demandent s'il peut les accompagner. Leur raï s'accorde merveilleusement à la rumba de Maurice El Médioni. Le soir même, ils commencent à se produire en public. Très vite, le pianiste est engagé par des vedettes arabes avant de commencer à accompagner tous les grands musiciens juifs d'Algérie : l'immense Lili Labassi (qui, le premier, avant-guerre, a jeté des phrases en français dans ses chansons en arabe), Lili Boniche, Line Monty, Reinette l'Oranaise (qui avait été l'élève préférée de son oncle Saoud)...
C'est le temps où Salim Halali tourne les têtes en mêlant avec feu l'arabo-andalou, les traditions arabes et kabyles, les vieilles pratiques vocales judéo-maghrébines... et compose le classique des classiques de toutes les fêtes en Algérie, H'bibi dyali fenhoua. C'est le temps où Lili Boniche adapte Bambino en arabe. C'est le temps où le fantaisiste Blond Blond imite Maurice Chevalier en chantant Les Merguez. C'est le temps où Youssef Hagège, musicien juif algérien installé à Paris, compose L'Oriental...
L'indépendance de l'Algérie, c'est l'exode pour tous les musiciens juifs qui ont échappé au sort de Cheikh Raymond Leiris, abattu d'une balle dans la nuque sur le marché de Constantine. Ils continueront à jouer la musique «de là-bas» dans des cabarets du Quartier latin ou des grands boulevards, sans espoir de retour sur leur terre natale. Quelques-uns survivront peu de temps à l'exil, comme Lili Labassi (qui est le père du comédien Robert Castel). D'autres s'éloigneront de la musique, comme Maurice El Médioni, qui achète un magasin de prêt-à-porter sur la Canebière et ne se produit plus que de loin en loin.
Dans les années 80-90, donc, quelques mélancoliques parviendront à réveiller les vieilles stars. Enrico Macias lui-même retournera à la musique arabo-andalouse de sa jeunesse pour un hommage à son oncle Cheikh Raymond... Mais, des vedettes de la variété franco-arabe, seul Maurice El Médioni est encore en activité. Et, plutôt que de se confire dans les vieux airs du passé, il a choisi d'aller à la rencontre des musiciens cubains de Roberto Rodriguez. Comme si une bande de salseros avaient débarqué entre la rue de Wagram et la place d'Armes, à Oran
jeudi 18 février 2010
MAURICE EL MEDIONI "l'inventeur du pianoriental"

À Oran dans les années 50, Maurice El Medioni commence par façonner les nouveaux sons du raï. À Paris, dans les années 1960, il est un des piliers de la chanson “franc-arabe”. Après une trentaine d’années passées loin des scènes à Marseille, la musique illumine sa retraite d’une nouvelle jeunesse. En 2006, l’inventeur du style “pianoriental” publie son quatrième album, enregistré à New York avec le groupe cubain de Roberto Rodriguez. Le beau cadeau d’un homme de 78 ans.
“Je suis issu d’une famille musicienne. Mon oncle paternel Saoud El Medioni, dit Cheikh Saoud l’Oranais, était le professeur de Reinette l’Oranaise et de Lili Boniche.“À neuf ans, j’ai eu l’immense surprise de trouver à la maison un piano, que mon frère aîné avait acheté au marché aux puces. L’instrument sonnait comme une vraie casserole. Je m’y suis mis malgré tout et, huit jours plus tard, je jouais des deux mains sans avoir jamais pris aucun cours.”
Après le départ des Américains, j’allais régulièrement au café Salva pour jouer à la belote. Mais mes camarades venaient me trouver en me disant : 'Allez Maurice, laisse tes cartes et vient plutôt nous jouer un boogie-woogie ou une rumba !' Et je le faisais.”“Un jour, trois jeunes Maghrébins qui m’avaient vu jouer sont venus me demander de les accompagner sur du raï. J’ai proposé aux trois chanteurs, qui étaient aussi percussionnistes, que nous montions un groupe. Ils m’ont enseigné le raï et je leur ai appris à jouer la rumba, en utilisant la derbouka comme un bongo latino-américain, en ajoutant des claves et des maracas. C’est ainsi que j’ai mélangé au raï des rythmes latinos et du boogie-woogie, créant un nouveau style.”
De l’Opéra d’Oran à l’exil“J’ai cessé de jouer au café en 1950, quand Blaoui Houari, chef d’orchestre reconnu, est venu me chercher. Il m’a dit : 'Maurice, ta place n’est pas au café, mais parmi nous, en tant que soliste de l’orchestre oriental de l’Opéra d’Oran'. J’ai donc commencé à jouer avec son orchestre, ainsi qu’avec l’ensemble du directeur musical de l’Opéra d’Oran, le grand chanteur de musique classique andalouse Mahieddine Bachtarzi, également directeur d’une société musicale largement ouverte aux femmes et dont 70% des adhérents étaient des Juifs d’Alger, la Moutribia ('qui suscite l’émotion'). De grands chanteurs comme Lili Labassi ou Sassi en sont issus.”“J’ai quitté Oran en 1961 pour aller me fixer en Israël. Mais j’y ai vécu sept mois sans pouvoir m’acclimater. J’avais quitté l’Algérie avec tellement de peine et de contrariété qu’il s’en est suivi un ulcère d’estomac. Je souffrais du mal de mon pays… J’ai alors décidé de me fixer à Marseille en attendant de retrouver Oran. C’était en mai-juin 1962 et des amis m’ont fermement dissuadé de retourner dans une Algérie qui était à feu et à sang, prise entre les attentats du FLN et la politique de la terre brûlée de l’OAS.”
Avec les Orientaux de Paris“J’ai alors décidé d’aller vivre à Paris, où je pouvais exercer mes deux activités : mon métier de tailleur et la musique, qui venait en seconde position. J’ai pris contact avec Blond-Blond, à l’époque le chanteur fantaisiste de l’orchestre de Missoum, seul chef d’orchestre maghrébin qui faisait des émissions à la radio française. J’ai intégré l’orchestre grâce à Blond-Blond, qui peu après a fait entrer un guitariste du nom de Gaston Ghrenassia, futur Enrico Macias.”“En 1962-64, je travaillais au cabaret Le Poussin Bleu, près des Folies Bergères. J’étais l’accordéoniste de Samy El Maghrebi, de Lili Labassi et de Blond-Blond, qui se produisaient dans cette boîte, où je travaillais tous les soirs. De temps en temps venaient nous rendre visite Reinette l’Oranaise ou Lili Boniche, lequel avait dû abandonner la musique en professionnel depuis qu’il avait épousé une comtesse… On faisait des bœufs entre nous jusqu’au matin.”
Marseille et le retour de flamme“Parallèlement, je continuais mon métier de tailleur, que je ne voulais pas abandonner. Mais cette double activité me fatiguait beaucoup, si bien qu’en 1964, j’ai commencé à diminuer mon activité musicale au bénéfice de mon métier de tailleur. En 1967, je suis descendu au soleil de Marseille, où j’ai acheté un magasin sur la Cannebière en association avec mon frère aîné. J’ai réduit mon activité musicale à 90%. ”“En 1984-85, Reinette l’Oranaise a été réhabilitée par les artistes musulmans, qui reconnaissaient en elle une digne héritière des grands maîtres du 'haouzy', répertoire intermédiaire entre classique et populaire. J’ai eu le privilège d’être à ses côtés au théâtre de La Bastille, puis en tournée européenne, lorsque sa carrière a redémarré. Quant à moi, j’ai décidé de profiter de ma retraite pour me consacrer à la musique. J’ai ainsi enregistré mon premier CD, Café Oran, en 1997.”
Le couronnement d’une carrièreDepuis lors, Maurice El Medioni n’a plus cessé de jouer en France et dans le monde, accompagnant Lili Boniche et se produisant sous son propre nom. Son deuxième album pour le label berlinois Piranha Records a été enregistré en 2005 à New York en étroite collaboration avec le percussionniste et arrangeur cubain Roberto Rodriguez.Ce dernier raconte : “J’étais très ému quand j’ai rencontré Maurice pour la première fois à Paris, en 2005. Nous voilà, un Juif algérien d’Oran arrivé à Marseille via Paris et un Cubain d’El Vedado, La Havane, arrivé à l’East Village de Manhattan via Miami Beach. L’une des premières choses que Maurice m’a dite avec son accent franco-algérien passionné était : 'Roberto ! On va faire de la musique exquise. Les gens de ton pays et les gens de mon pays sont des gens magnifiques !' J’ai commencé à me détendre. À partir de ce moment précis, j’ai su que c’était le début de quelque chose d’extraordinaire.
IL ETAIT UNE FOIS.......BAB EL OUED "9"

L’ECONOMIE
LES TRANSPORTS
Bien avant la présence française, la Régence d’Alger utilisait le cheval, animal noble, pour la monte des soldats et de la noblesse du pays, les écuries du Dey, future Salpétrière, attenantes la plus grande caserne des janissaires. Ces soldats venus des quatre coins du globe, enlevés à leurs parents lors des razzias ottomanes, fer de lance de l’empire, cavaliers émérites, lâchaient leurs montures chaque matin le long de cette plage connue sous l’appellation de « plage des chevaux ». Appellation conservée plus tard sur le sable où s’ébattent les chevaux des Messageries de Monsieur BONNIFAY qui parcourent les lointaines contrées jusqu’à Guyotville. Les galères à chevaux transportent la pierre bleue extraite de la carrière afin de construire les fortifications de la ville suivis des aménagements extérieurs de la proche banlieue.
En 1876, les Omnibus à chevaux déplacent les passagers tout au long du littoral. Seuls les hommes du pouvoir et la bourgeoisie du pays battent la campagne environnante et les allées non pavées de Bab El Oued à bord de calèches personnelles conduites par des hommes de bonne mise. Tel le premier gouverneur des possessions françaises en Afrique du Nord, le Comte DROUET D’ERLON qui se pavane dans tout Alger accompagné du « juif DURAN », son conseiller intime dont il francise le patronyme en y ajoutant un D ; ce qui lui vaudra plus d’une inimitié.
De son côté, le bourricot est utilisé pour sa robustesse et sa rusticité au nettoyage des voiries. Moins noble que le cheval aux yeux de la Régence, il ne sert qu’aux tâches ingrates. Plus tard, il retrouvera ses lettres de noblesse en portant sur son dos les petits enfants pieds noirs au square Bresson.
Les « Corricolos », diligences à vapeur des premières années, montées sur rails aux noms évocateurs, « le lézard », « le berceau d’amour », « le lion du désert », les jardinières tirées par trois chevaux, les hippomobiles de construction douteuse subissent le vent du modernisme. La Compagnie des Chemins de Fer du Réseau Algérien installe les lignes parallèles aller-retour Bab El Oued - Deux Moulins empruntant la corniche souterraine du littoral creusée dans la roche. A partir de 1860, le départ s’effectue à la gare de Bab El Oued située sous le contrefort du boulevard Front de Mer à hauteur des « Bains des Familles ». Quant à la compagnie des Tramways Algériens, sa ligne traverse la ville dans le sens de la longueur mais ne pousse pas au delà.
Les autobus et les trolleys bus prennent le relais au début des années 50 en utilisant pour les trolleys bus les lignes électrifiées des Tramways. Le langage populaire ampute, alors, ce moyen de locomotion de sa deuxième syllabe pour ne plus le désigner que par l’appellation tronquée : « Trams ».
La jeunesse du faubourg malgré les multiples recommandations des parents et la colère du conducteur adore se faire transporter gratuitement en s’accrochant, telle une grappe humaine, à la dernière voiture du Tram dont les perches se détachent souvent de la ligne provoquant des étincelles qui apeurent les passants.
Les mêmes enfants devenus adultes se souviendront toute leur vie du moyen de transport qui les déportera d’un coup d’aile sur l’autre rive de la Méditerranée. Un voyage au long cours dont ils se seraient bien passé. Un exodus à l’envers qui éloignait de la terre promise un million de pauvres pantins patriotiques. Tous les exils sont douloureux, tous les exodes sont malheureux. Le drame des arrière-petits fils et arrière-petites filles des bâtisseurs de Bab El Oued a marqué les esprits et les cœurs au delà du supportable.
A PIED, A CHEVAL OU EN VOITURE !
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CHAPITRE TROISIEME
ECONOMIE
URBANISATION
Avant la conquête, la Porte de Bab El Oued se situe approximativement Place Jean MERMOZ, plus connue sous le nom de Place du Lycée BUGEAUD. Elle s’ouvre, alors, sur la campagne environnante, précédée toutefois par un vaste cimetière juif que côtoie une zone funéraire dévolue aux chrétiens suppliciés et un grand bâtiment, le Magasin de la Marine.
Cette porte, long passage voûté qui traverse le rempart, est l’une des six enceintes accédant aux ruelles enchevêtrées de la ville desservant le souk Bab El Oued. Grâce à ses canons à longue portée, le ville se veut inexpugnable.
Le FORT NEUF ( bordj el zoubia ) et le FORT DES 24 HEURES ( bordj bab el oued ) défendent la ville depuis le faubourg. Le Fort des 24 heures est bâti dans la partie la plus ancienne du cimetière musulman des Pachas, au pied des murs de la ville, sur une masse rocheuse au lieu-dit SIDI EL KETTANI. Après 1830, le fort est occupé par des disciplinaires puis en 1880, remplacé par l’arsenal d’artillerie. C’est en 1910 que le génie le destine à la construction du square NELSON.
Le Fort Neuf ( bordj el zoubia ) édifié par Mustapha Pacha en 1802 fut affecté au logement des 300 condamnés militaires qui bâtirent le môle et les quais sous les ordres du lieutenant-colonel MARENGO qui donnera son nom à la plus grande artère de la casbah. Le fort fut par la suite englobé dans la caserne du génie, future caserne PELISSIER.

Dés les premières années de la conquête, les autorités françaises établissent un plan d’urbanisation de la vieille ville ne tenant aucun compte de la philosophie mauresque de la ville. En tout premier lieu, il faut loger les troupes, les services de l’armée et les nouveaux migrants, aménager des voies carrossables pour le déplacements des engins militaires, transformer les maisons de bois, de torchis et de bouse de la « cantère » balayées chaque automne par les torrents de boue descendus du Frais Vallon. La Place Royale, future Place du Gouvernement installe son imposante stature et devient le centre de la ville. La destruction de l’enceinte et des portes en 1846, la naissance du front de mer en 1860, le percement de la rue et de la place de Chartres, de la rue de la Lyre, des rues Randon et Marengo désorientalisent la basse casbah. Puis ce sont les édifices religieux transformés dans l’urgence pour offrir aux chrétiens le lieu de culte que réclame leur piété.

La rue de Bab El Oued s’abritant sous de superbes arcades cossues efface des mémoires le souk du même nom. Une nouvelle fortification élit domicile à l’Esplanade prolongée par l’avenue de Bab El Oued , future avenue de la Marne afin d’aérer le centre ville d’Alger. C’est le boulevard Général FARRE, prochainement boulevard GUILLEMIN qui hérite ainsi de la porte Bab El Oued jusqu’en 1896, date de la démolition des remparts d’Alger.
L’afflux important des français « éloignés pour raison disciplinaire » tels les « communards » ou les « soixante-huitards », la volonté enfin affichée par la France de s’installer durablement en ce pays donne un sérieux coup de fouet à l’urbanisation de la ville. La « Cantère » offre son calcaire bleuté à la construction du faubourg.

Au début du siècle, l’Esplanade et ses rues avoisinantes, l’avenue de la Bouzaréah, la Basséta s’allongent au soleil de Bab El Oued, annonçant de superbes lendemains.
Les salles de cinémas poussent comme des champignons. D’abord hangars, ils subissent une cure de jouvence en dur et si les fauteuils de bois demeurent inconfortables, les films enchantent petits et grands. Une ville est une suite de quartiers unis les uns aux autres par un réseau routier. Les transports suivent l’évolution de ses populations. La gare de Bab El Oued déplace son peuple jusqu’à Guyotville en longeant le divin littoral algérois. Hôpitaux, cliniques, unités de soins, dispensaire, Bab El Oued termine sa crise de croissance par un feu d’artifice tiré en 1930, date anniversaire de la présence française en Algérie. Le Centenaire porte témoignage de l’œuvre accomplie. Le président de la République DOUMERGUE repart avec la certitude que les hommes qui se sont battus pour faire de ce pays un immense verger ont réussi au-delà de toute espérance. La fierté éclabousse cet homme qui a en charge l’avenir de la France. Une France capable de telles entreprises humaines qui recèle en son sein tant de savoir-faire est un pays dont l’étoile jamais ne pâlira.
Bab El Oued n’oublie pas les festivités du centenaire mais la vie reprend vite ses droits. La régie foncière construit à partir de 1927 des habitations à bon marché aux Messageries, à la Consolation et rue Léon Roches. Les écoles, collèges et lycées, bâtiments spacieux et aérés, on en dénombre plus de vingt, instruisent des milliers d’enfants.
Bab El Oued est adulte à présent. La CITE DES EUCALYPTUS bâtie dans les années 57-58 en lieu et place d’une petite forêt d’eucalyptus que les enfants du quartier « dépeçaient » pour fumer des « bouts d’arbres » et les grands ensembles de l’ARMAF , DIAR EL MAHCOUL, DIAR EL SAADA, CLIMAT DE FRANCE qui affleurent le faubourg, attestent de la pugnacité et du dynamisme de ce quartier à cheval entre la mer et la colline.
L’avenue du 8 Novembre à la frontière de Bab El Oued ouvre au milieu des années 50 la Place du Gouvernement et la « montée en ville » aux enfants du faubourg sans devoir emprunter les arcades de la rue Bab El Oued. Pour élargir cette belle avenue où se succède magasins et administrations ( le café « BARATIN », les Chèques Postaux, la Casida , la Trésorerie Générale de l’Algérie..) le génie efface bâtiments et immeubles dont la « HARA » de la rue Volland, la plus ancienne synagogue d’Alger dont les piliers orneront le cimetière juif de Saint-Eugène malgré les protestations des autorités israélites.
La sueur des aïeux coula longtemps sur le front de leurs descendants. La fierté du devoir accompli renversa bien des montagnes et si les fils de pionniers connurent une vie moins rude que celle de leurs parents, ils aimèrent passionnément ce faubourg. Tant et si bien que lorsque sonnèrent les trompettes et battirent les tambours, à l’instant sublime et dérisoire de choisir entre la terre brûlée et le départ en refermant la porte derrière soi après avoir tout briqué, ils optèrent pour la seconde solution, la seule preuve d’amour qu’ils pouvaient encore donner à leurs aïeux, à leur pays, à leur maison, à leur faubourg, à BAB EL OUED.
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A SUIVRE............







AVEC LE CONCOURS DE NOTRE AMI JACQUES CHEMOUL


















