jeudi 15 juin 2017

MES DEUX NOUVELLES PUBLICATIONS AUX PRESSES DU MIDI




Bobby, le nez au vent, demanda au taxi de ralentir en longeant la plaine du comté pour humer les senteurs oubliées sur les champs de bataille. Comme lui sembla belle et sauvage la bande côtière qu'il sillonna si souvent avec son père et ses frères en se rendant au domaine vinicole de Winchester. A un embranchement, il fit stopper le taxi avec une idée derrière la tête. Il paya le chauffeur en n'omettant pas de laisser un bon pourboire au conducteur noir qui découvrit un sourire ajouré, regarda autour de lui le décor qui parlait à sa mémoire adolescente. Il empoigna sa valise et prit le chemin qui descendait vers la rivière de son enfance. Aucune odeur ne lui était étrangère. Il reconnaissait les arbres, les clairières, les sous-bois. Rien n'avait changé. Si ce n'était son bras qui était resté en Europe, il eut pu croire qu'il avait rêvé tant tous les parfums de sa Virginie natale lui parlaient. Mais le rêve s'avéra fort douloureux. Il descendit le chemin Paradise jusqu'à la rivière  Shenandoah,  s'aperçut que l'absence de son bras le déséquilibrait sur ce sentier qu'il avait tant de fois emprunté en courant à perdre haleine dans son adolescence. Il se planta devant un tulipier rougeoyant dont le tronc semblait dépasser un mètre de diamètre et une trentaine de mètres de haut. Bobby resta ainsi à contempler cet arbre centenaire, parlant à ce vieil ami qui fut témoin de ses premiers émois et portait en son écorce tendre, la trace de deux cœurs enlacés. Shirley, premier amour, baiser de jeunesse et promesse ensoleillée avant la tourmente. Comment allait-elle réagir devant le handicap ? Il laissa son regard descendre vers la rivière. Rien n’avait changé.  Il écouta son cœur lui parler de jadis, ressenti les baisers enflammés de sa belle, revit les baignades insouciantes de deux gamins et l’instant délicieux qui rencontra le septième ciel. Surprise miraculeuse qui l’émerveilla.  Bobby  ferma un instant les yeux, fouilla sa mémoire amnésiée pour retrouver le souvenir grisant de cette étreinte inoubliée.
Alors, ses doigts caressèrent les cœurs enlacés à l’écorce de son âme, ses lèvres embrassèrent le vieil arbre rugueux puis sa voix chuchota au vent léger :
--Et oui, mon ami, me revoilà. Abimé......mais …….vivant !
  
*****



Lorsque le téléphone sonna au domicile de Richard, aucune hésitation ne vînt réprimer son élan. Paulo avait besoin de ses amis auprès de lui. Se amis d’enfance Richard et Victor qui habitaient Paris et Marseille. Mais lorsque il apprit que Roland et  Jacky était également convoqués, il comprit la gravité de la situation. Peu importait les distances, peu importait les soucis de chacun, peu importait les projets.

Paulo avait besoin de ses amis. Il leur demandait de le rejoindre à Nice pour un week-end prolongé à cinq. Cinq comme les cinq doigts de la main. Sans s’embarrasser de fausses raisons, ils allaient lui porter secours sans autre alibi que l’amitié de l’enfance. La raison  évoquée par Paulo de les réunir à Nice devait être suffisamment grave pour les faire venir de Miami,  Natanya, Marseille et Paris.

Dans le train qui les emportait au pays du souvenir, l’amitié leur  chuchotait à l’oreille les mille et une raisons possibles  de ce voyage. Etait-ce une subite maturité d’esprit que Paulo avait accroché au regard d’une belle à apprivoiser avec un mariage à la clé ? Un départ pour Israël, alyah qui embrase le cœur de chaque juif de la diaspora ? Un enfant à naître et à adopter par toute la bande d’une femme rencontrée au hasard de ses nuits incertaines ? Une dette à effacer, un conseil espéré, une association à créer, un commerce à ouvrir, un décès dans sa famille ; son père, sa mère, une foule de question qui troublèrent la quiétude de ce voyage que tous, vivaient pourtant comme une fête.
Ils connaissaient Paulo depuis la petite enfance et se doutaient bien qu’il n’aurait jamais fait appel à eux pour une peccadille. Sans cela, il lui aurait suffi de contacter Victor ou Richard qui habitaient la France.




Henri Salvador & Rosa Passos - Que Reste T'il De Nos Amours

Tony Bennett - Smile

mardi 13 juin 2017

ALGERIE ET PIEDS NOIRS

Messieurs François BAROIN et Bernard ACCOYER,

Je reçois ce jour votre tract, comme certainement nombre de Français d’Algérie. Merci de penser à nous … entre deux tours d’élections législatives.

J’emploierai le « vous » puisque vous avez été au Pouvoir, mais aussi parce que j’englobe toute votre famille politique depuis plusieurs décennies.

Vous parlez de « Vérité historique », sachez que nous avons été « dépatriés » et pas « rapatriés », comme vous nous appelez. L’Algérie, c’était des départements français, français avant même Nice et la Savoie. Un brave gendarme a eu du mal à comprendre que j’étais né à Oran dans le 92 ! Numéros 91, 92, 93 et 94 qui ont existé jusqu’en 62, avant l’éclatement du département de la Seine et l’attribution aux nouveaux départements de la banlieue parisienne. Mais est-ce la Vérité de parler de la faire « sur leurs histoires » ? A moins que cela ne veuille insultant, nous n’avons qu’une Histoire, et avec un grand H.

Vous parlez de « rassembler les Français et d’apaiser et de réconcilier les mémoires » mais vous refusez que soit honorés au "Quai Branly" les Français qui ont versé leur sang et sacrifié liberté et carrière pour l’Algérie française. Pourtant, au Quai Branly sont aussi honorés les Français qui ont trahi leur Patrie et permis, en étant « porteurs de valises », de financer et d’entrer les armes qui allaient tuer nombre de Français innocents, civils et militaires, dont enfants et femmes. Seuls, parmi nous, quelques présidents d’associations naïfs, opportunistes ou prébendiers jugent bon de se compromettre et de vous servir de piétaille au Quai Branly le 16 octobre, tout en se prétendant défenseurs de la Mémoire de nos Résistants. Vous avez même autorisé que les porteurs de valises soient décorés et honorés par le FLN en France (Centre culturel algérien). Et vous vous prosternez au Monument des "Martyrs" à Alger.

Vous parlez du « Drame des personnes disparues ou enlevées qui a interdit aux familles de faire leur deuil». Votre Président SARKOZY, que vous revenez nous vendre malgré les trahisons, a interdit deux fois que nous puissions honorer nos Morts et Disparus du 5 juillet à Oran, avec fort renforts de CRS et alors que nous avions les autorisations du Comité de la Flamme. Au nom du « Risque de troubles à l’Ordre public » ! Au même moment, des centaines de voitures, aux occupants agitant des drapeaux algériens, montaient et descendaient les Champs Élysées (Match de coupe de foot). Une manifestation raciste (au prétexte de défense des Palestiniens) se déroulait à proximité de l’Ambassade d’Israël. Pour ces deux interdictions, j’ai fait condamner deux fois l’État. Comment pouvez-vous parler de mener une politique respectueuse envers les Français d’Algérie ? Le Droit de faire notre Deuil et les cellules psychologiques ce n’est pas pour les Français d’Algérie.

Et puisque vous parlez de Mémoire, comment oublier qu’il n’y eut qu’un Pays pour laisser ses ressortissants se faire assassiner, égorger, accrocher à des crocs de boucher; émasculer, emmener ses femmes dans des bordels, sans intervenir et en donnant ordre à son Armée de rester dans les casernes. C’était la France et le personnage dont vous vous revendiquez. Et n’oublions pas les Harkis.

Vous parlez « d’un millier de Monuments aux Morts détruits, de disparitions de plaques 1870, 1914 et 1939 » (en oubliant celles d’Indochine, tout aussi dignes de Respect), sans dire que les responsables sont ces leaders algériens qui viennent festoyer à Paris et sur les côtes ou se faire soigner en France à nos frais, les mêmes qui oppriment et volent leur propre Peuple.

Vous parlez « d’un financement pour la protection et l’entretien des cimetières français en Algérie, … une priorité ». Que n’avez-vous fait depuis 1962 ? La plupart des cimetières français en Algérie ont été rasés par les bulldozers. Pour les plus grands, les tombes ont été ouvertes, quand elles n’avaient pas déjà été profanées, et les restes rassemblés. En France, nous respectons les cimetières, y compris musulmans. D’autant que les mêmes promesses nous furent faites par tous vos gouvernants. Quel pays, quels dirigeants laissent profaner et disparaitre leurs cimetières à l’Étranger ? Alors que la France a tous les moyens de négocier.

Vous parlez de « Vérité historique », j’ai obtenu de Monsieur de VILLEPIN, la suppression sur nos papiers d’identité de l’infâme (pour un Français né dans un département français) et révisionniste DZA (Djézaïr, nom arabe que l’Algérie, pays qui n’avait jamais existé, n’a jamais porté avant 62). Mais aujourd’hui, notre pays de naissance n’est pas porté sur nos cartes d’identité et passeports. De peur de vexer nos "amis" algériens en rappelant pour l’Histoire que l’Algérie c’était la France. Quels sont les Peuples qui n’ont pas de pays de naissance sur leurs papiers ? Les criminels étrangers que leur pays d’origine ne reconnait plus sont mieux traités par la France. Et pas mieux pour le même infâme 99 qui, pour le code INSEE (dit improprement numéro de sécurité sociale), nous classe de façon tout aussi révisionniste comme nés à l’Étranger. La Banque de France s’est autorisé à ne pas respecter les décrets JUPPE et AUBRY qui nous ont permis de changer le 99 en nos départements de naissance. Elle n’a pas modifié son informatique et fait aucun changement, comme donc les banques, les administrations, les commerces et la plupart des fichiers existants. Où est donc votre amour de l’Histoire de la France ?

Vous parlez d’instruire « les plus jeunes », sans dire que vous avez offerts des places d’enseignants aux pires tueurs et porteuses de bombes de la Guerre d’Algérie. Nos compatriotes métropolitains peuvent ils imaginer que les auteurs ou les complices des terroristes de Toulouse, Nice et Paris puissent, dans quelques temps, enseigner dans nos universités ? Cela pourrait-il arriver à Londres, New York, Stockholm, etc. ? Sans dire que nous fument les premières victimes du terrorisme de masse dans l’Histoire. Terrorisme destiné, comme aujourd’hui, à épouvanter. Criminels de guerre tout à fait comparables aux SS d’Oradour sur Glane honorés par vos prosternations.

Quant aux réparations et réinstallations, il s’agit de nous prendre pour des cons (Désolé. Je n’ai pas d’autres termes). Pour avoir été membre une dizaine d’année du Conseil d’administration du Groupement National Pour l’Indemnisation (GNPI), je sais ce qu’il en est de vos promesses. 20%, c’est à peu près l’indemnisation à laquelle nous avons eu droit, quand le moindre incident donne droit à réparation. Pourtant, il nous a été dit que la décolonisation avait été faite dans l’intérêt de la France !

En conclusion, vous raclez les fonds de tiroirs en nous démarchant, alors que nous sommes en voie de disparition. Qui plus est par un tract bâclé Il faut que vous soyez inquiets !

Être insultés, nous y sommes habitués. Que ce soit « En Marche » n’y change rien. Depuis longtemps, avec De Gaulle, les Gaullistes, la Gauche, les Médias, l’Enseignement, les livres dits d’Histoire nous l’avons vécu. Nous avons subi les insultes, y compris sur nos Anciens, les falsifications de notre Histoire, la Désinformation, le Révisionnisme.

Enfin, pour parler d’aujourd’hui, vous êtes responsables de l’immigration massive, de ce que certains appellent "l’Invasion" ou "le Grand remplacement". Elle n’est que l’expression de la volonté de ceux qui dirigent le Monde, non pas les Politiques qui ne sont que les exécutants, mais la Finance mondiale, les multinationales, les grandes banques, les fonds de pension US, les hedges funds, dont SOROS, les fonds souverains, etc. Nos populations devenant âgées (Europe, USA, Japon et même la Chine pour cause d’enfant unique), elles sont moins consommatrices, moins investisseuses, prenant moins de risques. Pour les dirigeants économiques cités, il faut des Consommateurs, plus besoin de bras (la moitié des gens en âge de travailler seront bientôt au chômage, d’où l’idée du revenu universel par peur des émeutes et du Populisme). Nos nouveaux arrivants n’ont pas les moyens de consommer ? Si, en prélevant par toujours plus d’impôts et cotisations sociales sur les présents.

Aussi, vous n’aurez pas plus ma voix de Père que celle de Français d’Algérie. Salutations distinguées.

Jean-Pierre RONDEAU
Président de DEPATRIES
Président d’Honneur d’ALLO (Anciens du Lycée Lamoricière d’Oran)
Délégué Ile de France de VERITAS
Adresse courriel perso: [jprondeau@wanadoo.fr]jprondeau@orange.fr

P.S. : Monsieur BAROIN, j’ai connu votre père. Il m’a même proposé une direction dans une des petites banques de son groupe. C’était un soir de la Saint Jean à Nogent sur Seine, il y a une trentaine d’années. Il était entouré de pas mal d’anciens de l’OAS ou de Harkis. Il employait certains, y compris pour la sécurité de son entreprise. L’ancien Grand Maitre avait été chargé par le Gouvernement POMPIDOU de négocier l’Amnistie en 1968 avec nos amis réfugiés en Espagne. En contrepartie, « l’OAS » rentrait. La panique de Mai 68 était telle que c’était la seule force imaginée pour résister à la prise de pouvoir par les communistes. Tout en nous traitant en amis, votre père n’avait peut-être pas adhéré à notre Combat et était certainement resté gaulliste, mais lui « il nous avait compris ».


Majorité POUR LA France
              UNION DE LA DROITE ET DU CENTRE

Paris, le 6 juin 2017
 
Madame, Monsieur,

En Marche considère que la colonisation française en Afrique a été un crime contre l’humanité.

A la repentance nous préférons la lucidité sur notre histoire, sur celle des hommes et des femmes qui sont partis s'installer en Afrique du Nord. Poursuivant les traces de leurs aînés, les rapatriés ont tout donné à la terre sur laquelle ils étaient nés. Leurs mérites, nous les connaissons et comme nous l'avons toujours fait, nous mènerons toujours une politique qui en soit respectueuse.
Nous nous engageons auprès des « Rapatriés » à tout faire pour que soit rétablie la vérité sur leurs histoires.

Si, dans la droite ligne du Président Jacques Chirac, nous avons choisi la date du 5 décembre pour rendre hommage à tous les morts pour la France pendant la guerre d'Algérie, les combats du Maroc et de Tunisie, c'est parce qu'une journée nationale doit rassembler les Français, apaiser et réconcilier les mémoires. La date du 19 mars 1962 ne le permet pas. Nous voulons que l’ensemble des Français, notamment les plus jeunes, sachent ce qu'on été les épreuves, l’exil, les déchirements des Français et d'Afrique du Nord.

Face à l'ignorance et au déni, il faut que nous allions plus loin dans cette reconnaissance. Le travail de mémoire débuté par la Mission Interministérielle aux Rapatriés sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, et interrompu par la gauche, doit se poursuivre.

La protection et l’entretien des cimetières français en Algérie doit également être une priorité. Le financement du plan de remise en état doit être engagé.

Plus d’un millier de monuments aux morts ont été détruits, les plaques commémoratives des guerres de 1870,1914 et 1939 ont disparu. Un monument rappelant ceux d’Algérie doit trouver sa place dans notre capitale.

Le drame des personnes disparues ou enlevées a interdit à des milliers de familles de faire leur deuil. Là encore, le travail débuté par la Mission Interministérielle aux Rapatriés devra être repris.

Enfin, je souhaite que soit définitivement réglé la question des réparations et des réinstallations. L'indemnisation des pertes subies par les Rapatriés et le réexamen des dossiers de réinstallation doivent être une priorité. Je souhaite travailler sur ces deux sujets avec vous afin d'en déterminer les modalités.

En vous remerciant par avance, je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.

François BAROIN   Bernard ACCOYER

lundi 12 juin 2017

Que d'Erreurs Historiques Commises par les Arabes contre Israël !

Que d'Erreurs Historiques Commises par les Arabes contre Israël !

ALGER-AVRIL 1961 : Le putsch des généraux contre De Gaulle.

ALGER-AVRIL 1961 : Le putsch des généraux contre De Gaulle.

ALGER -AVRIL 1961 : après le « putsch » l’OAS.
Le « putsch » des généraux, comme cela était prévisible, a échoué après quatre jours d’espoir.
De Gaulle purge aussitôt l’armée :
  • 220 officiers sont relevés de leur commandement.
  • 114 traduits en justice.
  • 3 régiments ayant pris part active au « putsch » sont dissous, (le 1er REP, les 14 et 18e RCP) ainsi que le groupement des commandos de l’air.
  • Plus de 1000 officiers démissionnent par hostilité à la politique du chef de l’état.
Les généraux Challe et Zeller sont condamnés à 15 ans de réclusion (Ils seront par la suite amnistiés et réintégrés).
Les généraux Salan et Jouhaux disparaissent et entrent en clandestinité.
Pendant ce temps-là, Georges Pompidou rencontre en Suisse, sur l’ordre du chef de l’état, des représentants du FLN afin d’entamer des négociations.
Il ne reste plus qu’un seul recours, contre la politique d’abandon mise en place par De Gaulle : l’OAS (Organisation Armée Secrète).
Dès lors le destin de l’Algérie, notre destin, est entre nos mains.
Officieusement l’OAS avait fait son apparition, à Alger, dès février 1961, organisée par le Colonel Godard et les premiers sigles font leur apparition peu de temps après.
Une partie de l’armée a suivi ses chefs ainsi que la majorité des Français d’Algérie.
Or, dans cette majorité, la proportion de la population de gauche (communiste et socialiste) était la plus importante, notamment à Bab-el-Oued.
Le docteur Jean-Claude Pérez se voyait confier l’O.R.O., branche dure, avec comme adjoint le Lieutenant Degueldre, ancien officier du 1er REP, responsable de la formation et de la direction opérationnelle des futurs commandos deltas.
Le Capitaine Pierre Sergent était envoyé en Métropole pour organiser l’O.A.S. Métro.
A Madrid l’organigramme définitif est mis en place.
Le général Salan en prend le commandement.
Il estime en son âme et conscience que les décisions du gouvernement français en ce qui concerne UNIQUEMENT l’indépendance de l’Algérie sont contraires à l’intérêt de la Nation. (Tout comme l’avait fait en 1940 le « général » De Gaulle après la décision de signer l’armistice par le gouvernement de Philippe Pétain).
Il estime également que, contrairement au général De Gaulle, il y va de son honneur, et de l’honneur de tous les officiers qui l’ont rejoint, de respecter la parole donnée, par De Gaulle, de conserver l’Algérie à la France.
De très nombreux résistants de la grande guerre et des compagnons de la Libération rejoignent l’OAS : Georges Bidault (Président du dernier Conseil National de la Résistance (CNR), après la disparition de Jean Moulin, et qui succèdera au général Salan, dès son arrestation, à la tête de l’OAS) les colonels Château-Jobert, Savelli, Ceccaldi, et bien d’autres.
Alain Peyrefitte, ministre, très proche de De Gaulle, n’hésite pas à affirmer que l’OAS « c’est le sursaut d’un peuple qui ne veut pas mourir ».
Dans son livre « C’était De Gaulle » il fait part de cette confidence du « général » : « Les gens de l’OAS me haïssent parce qu’ils sont aveuglés par leur amour de la France. Mais si ceux qui soutiennent le FLN (les Français) me haïssent tout autant c’est parce qu’ils sont aveuglés par leur haine de la France ».
C’est donc pour « amour de la France » que le général Salan sera jugé et condamné à perpétuité et le général Jouhaux, sans doute parce qu’il était « Pieds-Noirs », à la peine de mort (commuée par la suite).
Les généraux Salan, Jouhaux, Bigot, Faure, Gouraud, Mentré, Nicot et Petit, ainsi que les centaines d’officiers qui avaient rejoints l’OAS, seront réintégrés dans l’armée par la loi d’amnistie de novembre 1982, sous la présidence de François Mitterrand.
> > > Le général de Pouilly, un fidèle parmi les fidèles à De Gaulle, n’hésitera pas à écrire : « J’ai choisi la discipline mais choisissant la discipline, j’ai également choisi avec mes concitoyens et la Nation Française la honte d’un abandon et, pour ceux qui n’ayant pas supporté cette honte et se sont révoltés contre elle, l’Histoire dira peut-être que leur crime est moins grand que le nôtre. »
 

Extrait de « La quotidienne de Notre Journal » du 22 avril 2017

Extrait de COMME ELLE DIT MA MERE de Hubert Zakine



Le fameux jour de taper cao au cours d’arabe littéraire, il est arrivé sans tambour ni trompette. Je m’retrouve seul sur mon ile déserte. En effet, Attia, ce coulo, y m’annonce pas,  avec tambour et trompette, qu’il se dégonfle. Moi, je pense remettre à demain c’que je peux faire le jour même (selon le fameux proverbe) mais les copains, comme des sangsues, y me gonflent les bonbons alors, à la guerre comme à la guerre, j’me jette à l’eau. En plus, j’ai pas d’argent pour le cinéma. Où j’vais aller ? Putain, dès une heure de l’après-midi, je  rase les murs pour monter à Notre Dame d’Afrique. L’homme invisible, c’est moi. J’suis vraiment neuneu, hein !        
Je passe devant la campagne Oualid en me cachant parce que les Oualid, c’est de la famille éloignée. Et ça grimpe, ça grimpe, achno jamais ça m’a paru si loin quand je montais avec les amis. Je suis comme une âme en peine, un chien perdu sans collier. Je pourrais chanter « Si toi aussi tu m’abandonnes » en pensant à ce coulo d’Attia, mais la vérité, je chante comme une lessiveuse, alors, je préfère m’abstenir. Ça y est, j’suis arrivé là où le bon dieu, il a perdu ses pantoufles. Madame l’Afrique, presqu’elle m’applaudit d’avoir grimpé jusqu’en haut dans un style proche de Bahamontès sauf que moi, j’ai pas d’vélo.
Purée, le panorama ! Aujourd’hui, tout seul sur la colline, j’ai tout le temps d’admirer Bab El Oued qui se mire dans l’eau. Un tableau mieux que Picasso. Du bleu avec la mer et le ciel, du vert avec les cyprès et les pins qui entourent les  cimetières, du blanc avec les immeubles couronnés du rouge des terrasses, du jaune avec les stades de Saint-Eugène et Marcel Cerdan, la vérité, qu’est-ce tu veux de plus beau que cette palette de couleurs qui éclatent sous mes yeux ! Ça y est j’me prends pour un poète. C’est sans doute la solitude et la beauté du paysage qui me rendent tout gaga. Je suis le penseur de Rodin. Je tourne autour de la basilique comme une âme en peine. Le bruissement des cyprès sous le vent, ça me berce, presque je m’endors. Pendant que les amis y sommeillent devant le prof d’arabe, moi, châ, châ, je m’laisse bercer par la musique de la nature…..ba ba ba, le poète ! Ça m’rappelle une anecdote : après avoir lu une de mes rédactions, mon prof il avait rien trouvé de mieux que de me qualifier de poète. La rédaction suivante, il a compris que le poète, il avait existé que dans son imagination ! Evidemment, les amis ils en ont fait des gorges chaudes. Ce putain de phrasé francaoui, y me laisse pantois. Nous à Bab El Oued, on se contente de se bidonner au lieu d’en faire des gorges chaudes. N’importe quoi. Le pathos, il aime faire du genre quand y parle. Oh, pardon, quand il cause. Allez va chez Azrine, va !

Pour les amis, je suis un mac, dixit les babaos de ma classe. Ça m’en touche une sans faire bouger l’autre mais au moins, j’les entendrais plus me gonfler les bonbons avec la question : Quand tu tapes cao ? 
Qu’est-ce que j’ai de plus maintenant, à part, le mauvais sang pour tenter d’expliquer mon absence au prof?
Mais ma parole, y doit avoir un bon dieu pour les fainéants comme moi : le professeur d’arabe littéraire, rien de mieux, il a trouvé d’être victime d’un attentat le lendemain matin. Presque les copains y croient que c’est moi, l’assassin
Aouah, j’suis un bloffeur mais pas un menteur.
Mais, pour une fois, la vérité, le bon dieu, il a bien fait les choses. Tellement qu’je suis content, que je promets de remettre le couvercle  si Roland y tape Cao  avec moi. Houlà ! Roland y préfère faire manca oura. Ce badjij, y sait pas que dans le langage de nous autres, taper cao, c’est la contraction de faire man-caou-ra.
--Ya r’mar que tié !
Et je lui explique en long, en large et en travers. C’est trop simple, rien y comprend, ce parote !
Si y continue, je vais l’affubler de tous les mots de la casbah judéo-arabe que je connais: parote, badjij, r’mar, torrène, brèle, babao,…..Et si ça lui suffit pas, il a qu’à demander à sa mère, qu’elle aussi, elle est de la rue Marengo. Mais aouah, rien y veut savoir et, surtout, pas question de taper cao. Il a raison, y sait que celui qui lui cherchera des poux dans la tête, y va comprendre sa douleur, ada ma canne et mon chapeau.
--Et pourquoi, tu m’as fait tout un cinéma pour que je tape cao, alors ?
Rien y répond. Y se bidonne, ce bâtard !
--Pour savoir jusqu’où pourrait aller ta connerie !
Un autre que lui, j’lui fais la tête au carré……. sauf s’il est plus fort que moi. Toujours, je plains les copains qui sont nuls à la bagarre. C’est vrai, raïeb, y en a qui essaient de se rebeller mais après une bagarre, y savent à quoi s’en tenir. Les autres, les intelligents y se débrouillent toujours pour faire ami avec les plus forts comme ça, châ, châ, personne y leur cherche des noises. Purée, à savoir si Roland, il est pas ami avec moi parce qu’en cas de danger, y peut compter sur moi. Ça y est, vous croyez que je joue les gros bras. D’abord, mes bras, y ressemblent à des spaghettis et ensuite, Roland, il a pas besoin de moi pour dobzer celui qui lui chercherait des poux dans la tête. (je vois la scène d’ici : attends, je vais chercher si tia des poux dans la tête avant de te donner une tlérah. Parce que, si macache les poux, on fait ami !) J’adore la langue française. Elle est faite pour les babaos comme moi qui sont toujours jamais contents. Je pourrais faire un dictionnaire des expressions françaises qui n’ont ni queue, ni tête mais qui veulent dire quelque chose. Comme cette phrase que je viens de pondre…..zarmah, je ponds….n’importe quoi. Allez va je préfère employer le pataouète. Au moins, là, je parle avec la bouche, avec les mains, en gesticulant, en gueulant si mon interlocuteur c’est un badjij. J’utilise des mots de chez nous en italien, en espagnol, en judéo-arabe et ça suffit à mon bonheur. Et là, pas besoin de répéter ou de taper des phrases à la mords-moi l’noeud ! Je sais que tout le monde va me  comprendre, même à demi-mot ! Le français, je l’utilise que pour les rédactions à l’école, un point, c’est tout !

*****


L’hébreu ça avance doucement, doucement. Baroukh ata adonaï, la communion, je la vois arriver à grands pas. Quant à Annie, elle s’est perdue dans les méandres de mon enfance. Même plus, je la calcule. C’est normal, où tu regardes, tu vois des petites les unes plus belles que les autres, sauf les vilaines. Comme elle dit ma mère, mieux une fille gentille et pas trop belle qu’une fille jolie mais souède. Zarmah, elle nous met en garde contre les belles sauf si elles sont d’une famille bien comme y faut. Alors là, tu peux lui faire confiance. Dans la bouche de ma mère, ça vaut tous les passeports du monde et des alentours. C’est que ses fils, c’est pas n’importe qui, marsek et maouatek ! Dans sa bouche, bien comme y faut, ça veut tout dire. Une fille de famille, qui sait travailler, coudre, cuisiner, faire les lits, pas souillon pour un sou et, condition siné qua none, qu’elle soit juive et si possible issue de la casbah. Si en plus, ses parents y sont de la rue Marengo, alors, là, c’est Byzance, le nec plus ultra.
--Manman, j’ai à peine treize ans moins le quart !
On se défend comme on peut quand ça commence à nous démanger sérieusement et qu’on sait plus quoi répondre à sa mère. Zarmah, avant de draguer une petite, je vais lui demander son curriculum vitae. Si elle est belle, qué j’m’en fiche si son père, il a la tota coupée ou non, si sa mère, elle est de Bab El Oued ou de Tombouctou ? Le principal, c’est qu’elle me laisse toucher ses tétés, non ? Je sais pas qu’est-ce qu’on a à mater les tétés des filles comme çà. Peu importe si elle marche à la six-quatre-deux, si elle est bichelaouère ou larmah, si elle a des blis-blis dans la tête, si elle bégaie……je pourrais continuer la description jusqu’à la crise de nerf du lecteur mais j’suis pas samote ou alors un p’tit chouïa, seulement ! Peu importe si elle est parota, tous les garçons qu’est-ce qu’on mate : les  tétés qui nous attirent comme la gomme arabique. Ouais, je sais, n’importe quel écrivain, il aurait écrit comme un aimant mais moi, je m’prends pas pour un écrivain et, en plus, j’aime la gomme arabique, j’ai l’droit d’écrire ce qu’je veux, non ! On est en démocratie !

Tonton Léon y me fait un costume. C’est pas pêché, ça parce que ce costume combien de fois j’vais le porter d’après vous ? Une fois et après, ma mère elle va le ranger dans l’armoire et ada ma canne et mon chapeau ! Un costume pour un bouznika comme moi, même en rêve, jamais, au grand jamais, j’l’aurais demandé à ma mère. Moi, si on m’écoute, je mets le jour de ma bar misvah un blue-jeans, des mocassins sans semelles, un alligator et basta ! La vérité, déjà, qu’on roule pas sur l’or, y a besoin d’un costume pour faire le zigoto. Le costume et la cravate, bouh, la honte ! Ma mère, elle est contente de pouvoir faire comme tout l’monde mais, la vérité, si faire comme tout l’monde c’est dépenser l’argent qu’on n’a pas, mieux, on se démarque de tout l’monde.
--Jacky, dis à manman, que je veux pas un costume. En plus, ce sera au mois de juin, on va mourir de chaleur……
--N’t’occupes  !
Depuis qu’je suis tout petit, j’entends ça : n’t’occupes ! Ya pas moyen de mettre mon grain de sel : n’t’occupes ! Je suis le petit, çuila qui a pas son mot à dire, qui compte pour du beurre. Mes frères y s’occupent de tout. Ferme-là et marche droit ! Ho, ho, ho, c’est ma communion, non ! Mon frère y fait les gros yeux, je rentre dans le rang, il en est ainsi depuis que mon père il a rejoint le pays du bon dieu. Ya un commandant et ses subalternes. (chof, même quand j’suis énervé, je sors les mots de l’armoire) Le frère ainé, chez nous, c’est sacré ! Il a tous les droits mais comme elle dit ma mère, il a aussi tous les devoirs. C’est lui qui règle les problèmes pour que ma mère, elle se fasse pas trop de mauvais sang. C’est comme ça et personne, il a rien à redire ou sinon, il lui casse la gueule ! Voilà pourquoi, j’obéis ! Mais quand même, je sais que j’ai raison !
Total, tout ce mauvais sang, j’me suis fait pour rien du tout : Tonton Léon y me fait cadeau le costume. Aouffa ! Ma mère elle est aux anges, elle va pouvoir se pâmer sur son frère, que plus gentil, plus beau et plus musclé que lui ya pas ! Yaré, ma mère !
Le costume je l’ai choisi gris anthracite, style Cary Grant. Zarmah, je deviens grand. Putain qu’est-ce que je donnerais pour rester petit ? Déjà que j’en ai marre d’aller au lycée alors, penser au service militaire, ça me donne la colique, sans parler des filles qu’elles m’empêchent de réfléchir tellement qu’elles sont belles. Comme elle dit ma mère, pas assez les copains qui l’empêchent de travailler, y a les filles qui lui tournent la tête…..