mardi 31 mai 2011

GLENN MILLER ET DICK HAYMES "Imagination"


GLENN MILLER ET DICK HAYMES POUR LE REVE

SQUARE GUILLEMIN de hubert zakine -13-

Ce matin, c’est dimanche. On va pas aux Horizons bleus. Le flouze, ma mère, elle en a pas bezef alors, on va faire tintin aujourd’hui. Je descends au jardin mais y a pas âme qui vive. Ame qui vive, la vérité c’est une façon de parler quand on est de Bab El Oued ? Tsstt, je file un mauvais coton, moi ! Je dois être fatigué. Ma mère, pour pas que je tombe dans un lit, elle va sortir le thermomètre, les dragées pour le calcium, le carré de sucre pour me donner du tonus, et tout et tout.Tout seul, je reste assis entre les deux jardins, là où les chauffeurs de taxi y z’attendent le client en sirotant une anisette au café « chez Henri » à l’angle de la rue Eugène Robe.
En désespoir de cause, je descends à Padovani où tous les gens du faubourg, y croient être en vacances. Du monde en pagaille mais aucun copain. Achno, où ils sont tous passés ? Je vais pas taper le bain, tout seul ! Las de mes tergiversations (Putain dé ! ter-gi-ver-sa-tions ! Où j’ai été chercher ce mot là ! C’est plus du Victor Hugo, c’est du Chateaubriand. Je savais même pas que, dans mon armoire, y avait ce mot là. Les gens de Bab El Oued, jamais ils emploient ce langage. Peut être que je suis pas le fils de ma mère et que ma vraie mère, elle est baronne ou vicomtesse ! j’sais pas moi ! Pour parler comme ça, j’ai dû naître dans le château du comte de la couillonnade en bâton. Ma parole, je dois délirer ! Je vais poser mon stylo et me reposer un chouïa parce que si je continue, ma famille elle va me faire enfermer chez Roubi.
--Quand même c’était un gentil garçon pourtant ! Peut être que la fille avec qui y marchait, ça lui a tapé sur le ciboulot.
--Tu crois que cette petite elle lui a jeté un sort ?
--En plus, il était beau comme un dieu, quel gâchis !

Après manger, mon frère aîné nous entraîne dans une belote de bonne humeur qui nous fait tout oublier. Oublier que ma mère elle a pas d’argent et qu’elle sait pas comment on va manger demain. Mais comme elle nous rassure à sa manière: demain le bon dieu, il est grand ! La vérité, j’aurais préféré qu’il soit grand aujourd’hui!
*****
Comme à chaque jour suffit sa peine, je m’apprête à descendre en bas la rue quand on sonne à la porte que Jacky il a gardé ouverte comme d’habitude en partant travailler. C’est le facteur qui nous apporte un mandat de ma tante qui habite, depuis peu, Paris où elle meurt d’ennui. Et c’est normal ! Une fille de la rue Marengo et de la rue Suffren, comment tu veux qu’elle devienne pas neurasthénique sans le soleil de la famille! Toujours est-il que ma mère, la pauvre, elle avait raison de nous dire : « La roue elle tourne quand on s’y attend le moins! »

Le cœur plus léger, je descends avec la certitude d’être réquisitionné par ma douce pour aller au marché Nelson lui porter le panier. C’est bizarre dés que je dépasse le jardin Guillemin, on dirait que je marche sur des œufs. D’un square à l’autre, il y a tout juste cent mètres, mais c’est un autre monde. Guillemin c’est Bab El Oued, Nelson c’est Bab El Oued en plus temeniek. Bou, les gens de Nelson y vont me faire la tête comme un tchic tchic à trois faces. Quand on marche rue Eugène Robe ou rue Feuillet, quand on va aux Variétés le cinéma où on parle en chuchotant, quand on fait le marché Nelson ou qu’on va prendre un créponné chez Grosoli, le chitane que je suis, il est pas décontracté comme aux Messageries, à la Basseta ou au marché de Bab El Oued. L’avenue de la Bouzaréah elle est plus débraillée que l’avenue de la Marne. C’est une évidence. A savoir !
Pourtant, les gens de l’Esplanade, c’est pourtant des pieds noirs pur jus d’anisette ! Mais, peut être, y sont plus discrets et moins tcherklala que dans les autres quartiers (L’esplanade, de la mer à la casbah, elle part du lycée Bugeaud jusqu’au début de l’avenue de la Bouzaréah).
*****
Les copains y doivent se taper la grasse matinée. Le jardin c’est un désert. C’est pas normal. La marabounta, elle serait passée cette nuit et j’m’en serais pas aperçu ? Je veux en avoir le cœur net. Je siffle Bouzouz qui habite rue Rochambeau en face de l’école des garçons. Sa mère, elle sort au balcon l’air étonné, elle fait une rotation de sa main l’air de me questionner :
--Qu’est ce tu veux ?
--Il est là, Roland ?
--Il est pas avec toi, à la communion de Richard ?
Je comprends instantanément. Ils sont tous à la Bar Misvah de Richard avec qui je me suis fâché pour une histoire de toupie. Ce jour là, le cercle, où la toupie était emprisonnée, attendait d’être « sortie » par une autre toupie. Ce jeu était apprécié par tous les enfants de Bab El Oued. La vérité, c’est ma faute si sa toupie elle s’est coupée en deux quand mon gangui il l’a fracassée? C’est de ma faute si ma guitane elle a donné un telle force à mon jeter de toupie sur la sienne? Tain de carreau ! La toupie de Richard elle a pas résisté. Elle s’est prise pour une grenade au soleil. Elle s’est séparée en deux, mon amie, à cause du gangui que j’avais remplacé par un clou. Depuis, ce jour, Richard me fait la tête. A Bab El Oued, un ami c’était un ami qu’il soit juif ou catholique et chacun se fait un devoir d’honorer une invitation. Richard, ce babao, il a pas cru bon de m’inviter pour une vulgaire histoire de toupie. Marquons dommage !

Toute la journée, j’allais traîner ma solitude. Heureusement, Nicole elle va me redonner le sourire. Tout à coup, je vois arriver Capo, Mani, Gozlan, Bouzouz et son cousin Jacky vers moi. Y sont tout beaux avec leurs habits, tout énervés aussi !
--Achkone ! Et les autres ?
C’est Gozlan qui prend la parole.
--On a pas voulu rester après la synagogue !
Mani il précise en rigolant
--Je précise après le chocolat !
--Et pourquoi ?
--On s’est disputé avec Richard.
--A cause de son mauvais caractère ?
--C’est un con !
Gozlan et ses jugements définitifs.
--Qu’est ce qu’il a fait ?
--Y t’a pas invité !
Jacky il est catégorique lui aussi.
Capo il ajoute :
--De toutes façons, c’est un falso !
Putain, c’est sa fête ! D’accord c’est sa communion mais quand même !
--Bon, c’est pas tout. Qu’est ce qu’on fait alors ?
--On va se changer et on va taper le bain.
C’est bon de savoir que les amis y m’ont pas laissé tomber. Surtout d’avoir renoncé à toutes les bonnes choses à manger dans une Bar Misvah ! Goulafres comme je les connais, c’est les coulisses de l’exploit.
A SUIVRE.....

lundi 30 mai 2011

FANTAISIE SUR L 'HISTOIRE DE BAB EL OUED - hubert zakine -

 (Il ne faut surtout pas perdre le fil… car c’est très subtil enfin je crois. En tous les cas, je me suis bien amusé !)
CHAPITRE 14
Le 13 mai 1958 c’est la grosse barouffa. Le tcherklala dans les rues d’Alger, j’vous dis pas! L’ardjeb au Plateau des Glières ! La surprise partie du Forum et au Forum, j’vous dis non plus! Allez va, j’vous dis ! Raconte nous ce qui est arrivé, comment que ça s’est passé, pendant qu’on attendait ! Gilbert Becaud il a dû s’inspirer du 13 mai, la vérité ! Mais ne nous dispersons pas ! Restons collés contre les algéroises, s'péce de vicieux!

Si tu viens pas à Lagaillarde, Lagaillarde y vient à toi ! Moderne Bastille ! Y manque plus que Louis XVI et Marie Antoinette pour que la fête elle soit complète. Aya zoumbo, la foule à l’assaut du forum ! Les paras de Massu et de Bigeard y mènent le bal pendant que les Algérois y prennent le G.G. au milieu des lacrymogènes. Quand ya de lacrymogène, ya pas de plaisir ! Les slogans y fusent de toutes parts et de partout! CRS=SS ; Mendés dans les Aurés ; Trabadia la mouquère, trabadia bono ; Pflimlin au kassour ! Massu avec nous! Martoune au pouvoir!  J’en passe et des meilleures !

Purée, ça pique les yeux! Pic et pic et colle les grammes! Alger pleure des larmes de joie, de colère ou de crocodile! Le gaz lacrymogène y fait un malheur. Mieux que Total et B.P. réunis ! Comité de salut public et musique militaire dans le ciel d’Alger.
*****
Les écoles elles sont fermées et les enfants y tapent cao sans vouloir ! Zarmah, y sont embêtés de taper manqua oura ! Manman, ma parole d’honneur, si je mens ! Pour une fois que je dis la vérité, tu m’me crois pas ? Ces mères d'Alger, elles sont comme  le maire d'Alger,  Chevalier de la   table ronde, toujours suspicieuses.

On monte au Forum par grappes comme on va au stade ! On connait tout le monde ou on connait personne  mais la foule elle reconnaitra les siens. On est de la même famille qu’on soit de Bab El Oued, de la rue Michelet ou de Tataouine ! Tataouine ou tata gouine, ça a pas d’importance, on est tous heureux! Qu’on soit catholiques, juifs, protestants ou athée, on est tous des frères ! Sauf les femmes qui préfèrent être des soeurs. Même les arabes, qui suivent le treize mai du coin de l’œil ! Cinq dans tes yeux pour chasser la schkoumoune et les compères loriot. 
La politique, elle s’impose à Alger mais les Algérois y z’en veulent pas. Laïnob! Y veulent simplement que la vie elle s’écoule douce avec le football, le café, les amis et la famille ! La vérité, que la politique elle s’occupe de politique et nous, on s'occupe de ce qui nous préoccupe! On a envie de continuer à vivre comme avant ! Mais attention, hein ! On roule ni  sur l’or ou ni sur l'argent.  On  se contente de peu parce qu’on sait que l’argent ça fait pas le bonheur. Les amoureux y vivent d’amour et d’eau fraiche mais à Alger, on ajoute un p’tit chouïa d’anisette !
*****
« Vive de Gaulle » y crie le général Salan ! Qu’est ce qui lui prend subitement? Pourquoi de Gaulle ? Soustelle, Bidault et tous les autres, c’est des chiens ? Soustelle on connait ! Guillaume Tell aussi! Mais pas De Gaulle. Qui c’est qui le connait à Alger ? A Londres, allons donc!
A  Colombey les deux églises, peut être, mais  pas chez nous à Alger, Oran , Constantine. (Si vous voulez la liste des villes de chez nous, allez vous faire une olive! Vous me prenez pour une encyclopédie ou quoi ?)
C'est bizarre, à Colombey, y a deux églises mais pas une synagogue!  Y seraient pas antisémites à Colombey! A saoir! !
Mais si c’est Salan qui le plébiscite (zarmah, je parle bien le français !) va pour de Gaulle ! La vérité, si Salan il avait crié « vive Martoune » on aurait crié « vive Martoune » nous aussi! La naïveté des Algérois, c’est rien de le dire ! Aouah, on est trop naïfs pour faire d’la politique! Les politiciens, c’est tous des falsos! Falampos et compagnie! On préfère l’armée et la musique militaire ! L’armée elle se fait une certaine idée de la France. Malheureusement, la France, elle se fait des idées sur les politiciens!
Bou, l’autre y se dit prêt à assumer les pouvoirs de la république ! Qui c’est qui lui a demandé quelque chose ! Comme y déclare mon oncle « vous allez verser des larmes de sang ! ». Mon tonton toujours y faut qu’il exagère ! Quand y pêche deux sardines, tu peux être sûr que c’est le ban tout entier qu’il a pris.
A SUIVRE....

LE F.C.BARCELONE, ROI D'EUROPE

« Le football, c’est le FC Barcelone ! » (Marca), « L’Europe s’incline devant le Barça » (Bild),
« Le champion d’Europe vient d’un autre monde » (A Bola), « Une équipe de rêve » (Sunday Times).
Dimanche, c’est le Vieux Continent tout entier qui a salué le FC Barcelone, vainqueur la veille de la quatrième finale de Ligue des champions de son histoire, aux dépens de Manchester United (3-1). Un Barça séduisant sur la pelouse de Wembley, le « meilleur de l’histoire » pour la Gazzetta dello Sport. Comme pour ses victimes d’ailleurs. « C’est la meilleure équipe que j’aie jamais vue » confie, beau joueur, l’entraîneur mancunien Alex Ferguson.
La preuve a été fournie une fois de plus : le football espagnol est le meilleur du monde !
La preuve a été fournie : le F.C.Barcelone est le meilleur club du monde
Ce football fait de conservation du ballon, de passes redoublées, de jeu court, de dédoublement et de démarquage a été un véritable régal pour les vrais amoureux de ballon rond !
Bravo à Manchester de ne pas avoir transformé ce match en un combat de rue comme le firent José Mourhino et ses quelques « tueurs » qui n’avaient pas rendu un service au club des Di Stefano, Puskas, Kopa, et autres Gento !
Je me souviens toujours de cette recommandation de Pierre Ponsetti (sélectionneur de la sélection d'Alger et entraineur du Red Star Algérois) : "tant que votre équipe conserve le ballon, votre adversaire ne peut pas marquer" ! Des mots d'une extrême justesse  qui prennent toute leur signification avec le jeu du F.C.Barcelone !
MERCI A GUARDIOLA ET SES JOUEURS DE NOUS RECONCILIER AVEC LE FOOTBALL

samedi 28 mai 2011

MEMOIRE ET POESIE "Un Français déraciné" André Agostini

Jadis j’ai déjà du m’enfuir de mon pays
Quand la France décida de lacher l’Algérie
Et si avec le temps les plaies se sont fermées
Leurs cicatrices, elles, ne peuvent s’effacer.

Aussi, pour mes enfants, je demande au Messie
Que jamais ils ne vivent une pareille tragédie.
Pourtant, lorsque je vois ces hordes de maghrébins
Envahir notre sol par n’importe quel moyen

Pour venir y chercher toute cette assistance
Qui n’existe plus chez eux depuis l’indépendance,
Quand je vois qu’ils acquierent cette nationalité
Qu’ils ont pourtant reniée il y a quelques années,

Je me pose une question qui me met mal à l’aise
Combien de temps encore la France sera française ?
Ils occupent tour à tour l’ensemble des quartiers
Où la police alors n’a plus le droit d’entrer

Bien vite ils les transforment en ces fameux ghettos
Où ils pillent les commerces et brûlent les autos.
Marseille est devenu une base d’Al-Qaida
Et notre canebière le souk d’une casbah.

La banlieue parisienne n’est pas plus épargnée
Partout régne le racket et l’insécurité.
Les seuls européens qui s’obstinent à rester
Doivent se barricader sitôt la nuit tombée.


Des cités toutes entières leurs sont abandonnées
Dans l’attente qu’ils obtiennent les clefs de l’Elysée.
Lorsque notre président en quête de bulletins
Va leur rendre visite à la veille des scrutins

Ils bousculent sa voiture et crachent sur son costume
Et l’obligent à partir plus vite que de coutume.
Ils sifflent la Marseillaise au match de l’amitié
Et brandissent les drapeaux du pays invité.

Puisqu’ils peuvent posséder deux nationalités
Ils en changent à leur guise suivant leurs intérêts
Pour les allocations ce sont de vrais Français
Pour les obligations ils restent des étrangers.


Ils respectent qu’une seule loi celle des islamistes
Et suivent assidument la mode des intégristes,
Elles se coiffent du foulard ils portent la barbouze
Et pavoisent leurs logis aux couleurs des fellouzes.

Depuis quelques années ils sembleraient vouloir
Que la France se décide à réécrire l’histoire.
On enseigne, pour se faire, à notre descendance
Que les Pieds Noirs étaient des colons de la France

Qu’ils n’avaient pas de coeur et usaient d’un gourdin
Pour payer les salaires de chaque Maghrébin.
Aujourd’hui les médias demandent à nos élus
Qu’une enquête soit faite sur ces moments vécus

Pour voir si notre Armée a commis des bavures
Et condamner ceux qui pratiquaient la torture
Pour que ces terroristes veuillent leur divulguer
La liste des attentats qu‘ils devaient perpétrer.


Vouloir faire des victimes de nos ex-assassins
C’est en sorte approuver les crimes et les larcins
Qu’ils ont commis jadis sur ces gens innocents
Qui voulaient conserver la terre de leurs parents.


Sommes-nous tous amnésiques pour avoir oublié
Combien les F.L.N. ont fait d’atrocités ?
Serions-nous insensibles à tous ces attentats
Qui ont été commis par ces vils fellaghas


Et devons-nous ce jour pour des raisons d’état
Pardonner les tueries de leur chef Ben Bella !
La bombe de la Corniche ou celle du Milk bar
Et ces assassinats empreints d’actes barbares


Ces femmes étripées aux ventres empierrés
Tout près de leur foetus qui était empalé.
Ces milliers de Harkis qui furent assassinés
Sur la place publique sans le moindre procès


Trahis et délaissés par le chef de la France
Ils ont subi la mort dans d’atroces souffrances.
Ils furent même désarmés avant l’indépendance
Afin qu’ils n’opposent pas la moindre résistance

Aux couteaux des tueurs qui étaient impatients
De pouvoir leur donner le suprême chatiment.


Aurions-nous oublié la date du 5 juillet 1962
Et les massacres commis après le cessez le feu
Ces centaines d’Oranais qui furent exécutés
Devant l’Armée Française restée les bras croisés !


En France dans nos écoles aucun livre d’histoire
Relate ces évènements vécus par les Pieds Noirs

On transforme le passé à la gloire des vainqueurs
Qui deviennent des martyrs à la place des tueurs


Oublier notre passé ou même le transformer
Serait une grave erreur qu’on pourrait regretter

Ne baissons pas la garde redoublons de méfiance
Si nous ne voulons pas connaître un jour en France
Une prochaine débacle vers d’autres horizons
Ou vouloir accepter de changer de religion.


Ben Bella l’avait dit après la prise d’Alger
Nous devons remonter en France jusqu’à Poitiers
Hélas cette latitude est maintenant dépassée
Puisqu’aucun coin d’Europe ne se trouve épargné !


A moins d’un revirement rapide et énergique
La France deviendra vite république islamique
Par le nombre des naissances ils auront l’avantage
Qui leur fera gagner l’ensemble des suffrages ;


Ainsi sera mis fin à notre démocratie
Et la France à son tour deviendra colonie.
Alors sera troqué l’angélus des clochers
Par l’appel des imams en haut des minarets


Dès lors pour survivre de même que nos aieuls
Nous aurons à choisir  la valise ou l’cercueil .
Les exemples sont nombreux et faciles à citer
Sur toute la planête, nombreux sont les foyers

Ou des familles entières furent exterminées
Pour le simple prétexte qu’elles avaient refusé
D’accepter les contraintes de ces jeunes républiques
Qui instaurent par la force la charia islamique.

Aussi la prochaine fois lorsque vous serez appelés
Pour vous rendre aux urnes afin d’aller voter
Devenez l’électeur d’un second Charles Martel
Qui renverra chez eux au fond de leur djebel

Ceux qui viennent chez nous pour y défier la France
En réclamant sans cesse encore plus d’assistance
Afin que vos enfants ne subissent jamais
La débacle vécue par les Pieds Noirs Français.

Le livre a peut-être été refermé mais son histoire
Est restée gravée dans ma mémoire.

vendredi 27 mai 2011

Perry Como: I Think of You

"
UN GRAND CROONER CHANTE L'AMOUR

PETITS POEMES DE ROLAND BACRI

LES REGRETS

Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage,
Surtout qu'il a laissé sa femme à la maison,
Ce salaud, ouais, dix ans ! Qu'il a tort ou raison,
Bon ! On va pas s'occuper des scènes de ménage ?

Nous z'autes, c'est pas ça. A vacarme et bagage,
J'ai quitté mon pays. On n'a plus l'horizon
D'avant ! Ni soleil, mer ni rien. Que leur saison,
Eté, hiver : pourrie, et même davantage !
Pluss j'étais mieux, purée, où y vivaient mes morts,
Que ici où on crève à peine on sort dehors.
Pluss j'aimais les rougets que leur bar ou leur tanche.
Pluss les bains Matarès, la putain de leur mer !
Leur marée basse ou haute avec le temps couvert,
Mieux que sous l'été noir, le ciel d'Alger la Blanche
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BALLADE DES FILLES DE MON PAYS DU TEMPS JADIS
Allez ça va, dans quel pays
Y a Zora la belle indigène ?
Gladys qu'on était ébloui,
Moitié mort manque d'oxygène.
Et Dolorès, quel phénomène
C'était ! Et quel air important !
Ma parole, elle était la reine ?
Mais où sont mes soleils d'antan !

Ousqu'elle est Nicole Angéli
Qu'un beau jour, paf ! je me promène,
Nez à nez on est rue d'Isly ?
Pô pô pô ! Beauté pluss qu'humaine !
Lucette avec sa soeur Germaine,
Les deux, des stars mais l'embêtant,
Sortez l'une... et l'aute, un sans-gène !
Mais où sont mes soleils d'antan !


Mauricette qu'on aurait dit
Crachée ma cousine Emilienne,
Rue Bab-Azoun, Chantal Lévy,
Sa mère elle était pharmacienne.
J'ai fréquenté avec Lucienne :
Moins bien que la fille Sultan
Mais en poitrine : souveraine.
Où y sont mes soleils d'antan !

Place Lelièvre ou Saint-Eugène,
J'avais des fiancées tout le temps,
Une après l'aute à perdre haleine,
Où y sont mes soleils d'antan !
*********************************************
 RIEN N'EST PLUS BEAU SOUS LE SOLEIL

Rien n'est plus beau sous le soleil
Que l'ombre
Pour taper la sieste au pied d'un figuier.
Douc'ment douc'ment dans le sommeil
On sombre
Pour vraiment pas que vous vous fatiguiez.
Un vrai soleil comme à Alger
Ça crève
Pour ça toujours que l'ombre est nécessaire.
Quand le sommeil il est léger
Quel rêve !
Que franchement le reste à quoi ça sert ?
La sieste c'est le vrai sommeil
Du juste,
Le juste ce qu'il faut pour s'assoupir.
Vers trois quatre heur's on se réveille
Tout juste
Pour travailler avec un gros soupir.
La sieste ici, où c'est pareil ?
A l'ombre
Des jeunes filles Honfleur ou Angoulême ?
Rien n'est plus beau sous le soleil
Que l'ombre
Mais leur soleil... Que l'ombre de lui-même !

jeudi 26 mai 2011

LE RUA DE MAURICE FAGLIN



Le 2 mai 1932, le stade Municipal était plein à craquer. Des chaises avaient été installées sur la piste cycliste
et un arbitre venu de Métropole, Monsieur MERCKS, donna le coup d'envoi. Pourquoi un arbitre de Métropole ?
Parce que nos dirigeants, le toubib en tête, craignaient que comme pour les précédents matches, notre adversaire ne soit favorisé, peut être inconsciemment, par un arbitre local.
CUBILIER, COUARD, RABIA, TAZAIRT, BARNIER, POIZAT, AVOUSTIN, FAGLIN, EL
MEHDAOUI, MALAURENT, THOMAS étaient opposés à :
REQUIN, CONSIGLIO, IMBERNON, MONTEL, MOUTIER, OHRAN, DIMEGLIO, CALMUS, VITIELLO, SADI, LUCCHINI (peut être GUILLAMOT jouait-il à la place de MOUTIER qui jouait à celle de CONSIGLIO et GARCIA à celle de LUCCHINI).
C'était un dimanche algérois ensoleillé, une température de printemps, un ciel bleu avec quelques petits nuages pour faire comme le RUA, bleu et blanc - Signe du destin ? - et deux équipes décidées à trancher définitivement une rivalité que même les autres équipes prenaient en compte, la plupart d'entre elles préférant le RUA, il faut le reconnaître.
La 1ère mi-temps fut jouée de façon prudente de part et d'autre et c'est sur un score nul, 0 à 0, que survint
le repos. Il faut ici ouvrir une parenthèse pour indiquer combien chez les sportifs en général, les footballeurs en particulier, il y a une part importante de superstition. C'est ainsi qu'au RUA, AVOUSTIN et FAGLIN,
inséparables sur les terrains comme dans la cour du lycée - ils se connaissaient depuis la 6e du lycée de Ben Aknoun et se trouvaient alors en 1ère du Grand Lycée - avaient remarqué que le survol du stade par un avion était signe de victoire. Mais les avions en 1937, cela n'encombrait pas les airs. Fort heureusement - nous le croyons encore aujourd'hui - au moment où la 2e mi-temps allait débuter, on en vit un qui non seulement fit son apparition mais effectua encore 2 nouveaux passages en direction des buts du Gallia. On racontait que cette présence aérienne n'était pas innocente et que Monsieur DUHEM, secrétaire général à l'époque, pilote amateur, membre de l'Aéroclub, avait fait le nécessaire pour que...
Bref l'avion était apparu et pendant les 10 premières minutes, nos cinq lycéens se déchaînèrent. A la 10e minute EL MEHDAOUI, contrôlant le ballon d'une aile de pigeon à 20 mètres du but, adressait un violent tir qui heurtait le poteau, revenait heurter le dos de REQUIN qui avait plongé et entrait dans les filets.
EL MEHDAOUI qui n'avait pas 18 ans mais qui avait un sang froid extraodinaire, mit son index sur la tempe et, goguenard, grommela quelques mots en kabyle, que même aujourd'hui nous n'aurons pas l'indécence de traduire. L'infortuné gardien n'était pas au bout de ses peines. En effet cinq minutes plus tard, Robert THOMAS, de son aile gauche adressait un centre parfait à mi-hauteur sur lequel EL MEHDAOUI accourut au 1er poteau. Encore sous le coup de la déception et sans doute énervé par la mimique de notre avant centre, REQUIN se précipita, un peu en direction du ballon, beaucoup vers EL MEHDAOUI pour lui régler son compte.
Notre kabyle, d'un flegme tout britanique ouvrit alors les jambes et le ballon parvint ainsi à 5 ou 6 mètres des buts désertés. FAGLIN n 'avait plus qu'à marquer, ce qu 'il fit. On va comprendre maintenant pourquoi notre Président avait insisté pour que l'arbitre vienne de Métropole. Il avait cependant, pour ne pas heurter l'amour propre de nos arbitres locaux, accepté que les 2 assesseurs soient algérois. Sur leur lancée nos avants en faisaient voir de toutes les couleurs aux demis et arrières gallistes. Et EL MEHDAOUI, après avoir évité le dernier défenseur, tira au but et marqua. L'arbitre, qui indiquait le centre du terrain, fut alors alerté par un juge de touche, alla le consulter et s'en revint pour ordonner un coup franc en faveur du Gallia. Il y eut du charivari dans les tribunes. Ce 3e but, s'il avait été validé aurait sans doute assommé nos adversaires ; son annulation les stimula. La fin de partie fut d'autant plus difficile que nos jeunes joueurs étaient, l'un après l'autre, pris de crampes. Mais derrière, de CUBILIER à POIZAT cela tenait bon. La présence physique de nos 3 défenseurs, celle de BARNIER, la hargne de TAZAIRT et POIZAT étaient telles que la pression galliste fut stérile. La fin du match survint et Raymond COUARD, porté en triomphe jusqu'à la tribune d'honneur, reçut la coupe. La victoire fut fêtée et cette fois nos lycéens furent invités à partager le pain, le sel et le champagne.

Quelques semaines plus tard, couronnement d'une saison brillante, le F.C. SOCHAUX, vainqueur de la Coupe de France, venait à Alger rencontrer le RUA en une symbolique Coupe de l'Empire français. Sochaux dominait alors le football français. Sa défense notamment formée de DI LORTO, gardien, de CAZENAVE et MATTLER, arrières, était celle de l'équipe de France. Mais sa ligne de demis, HUG, SZABO, LEHMAN et sa ligne d'avants WILLIAMS (anglais), ABBEGLEN (suisse), COURTOIS (français), DUHART (français/ urugayen) et LESLIE (anglais) ou KORB (français) ou LALLOUÉ étaient composées d'internationaux, en totalité.
Pour cette finale semi-officielle le RUA recevait le renfort de Roger COUARD, en vacances et de Sydney
REGAN, son entraîneur qui remplaçaient EL MEHDAOUI et RABIA, blessés. JASSERON lui-même en
vacances, invité à participer à la fête, préféra s'abstenir pour ne pas priver de ce match un jeune ruaïste. Le RUA par 1 à 0, but de Roger évidemment, l'emporta et nos adversaires acceptèrent mal cette défaite, utilisant en fin de partie des moyens assez rugueux.

La saison suivante 1937/1938 fut moins brillante, le titre de champion allait à l'A.S. Boufarik, alors qu'en coupe c'est le GALLIA qui en 1/2 finale nous éliminait par 1 à 0. Quelques remous résultant d'une certaine
incompatibilité d'humeur entre dirigeants et joueurs, avaient perturbé notre équipe et certains jeunes qui n'avaient pas leur langue dans la poche (CEPI - FAGLIN) avaient été priés d'aller se faire voir ailleurs, c'est à dire en réserve.
D'autres également, en méforme ou blessés avaient subi ce "déclassement". Par contre, on notait la réapparition de grands anciens, tels Paul RAMAGE et " Cagnette " BRANCA. La concurrence était rude, sur le papier le RUA n'avait jamais été aussi fort et pourtant !...
Cette éclipse ne dura pas. En 1938/1939 avec une équipe largement renouvellée, le RUA effectua une brillante saison. CUBILIER avait pris sa retraite de footballeur pour diriger (et y jouer) la section de basket qu'il allait amener aux titres de champion d'Alger, d'Algérie et d'Afrique du Nord. Georges ROQUES qui déjà, en 1936/1937 avait occupé le poste, allait le remplacer dans les buts. Il était athlétique, un peu casse-cou et malheur à l'adversaire qui osait le bousculer. Aidé de Raymond COUARD il "déménageait" les intrus téméraires. Georges et Raymond s'étaient découvert un adversaire privilégié, l'avant centre du Mouloudia, Albor JORDAN d'origine sud-américaine. Ce dernier, excellent technicien, athlétique, malin, vicieux même, ne refusait pas l'affrontement physique. Et au cours des MOULOUDIA-RUA, des chocs, il y en avait, réalisés dans les règles de l'art - pas du "noble art" -. C'était la bataille du silence. On pouvait percevoir les coups, pas les mots. Chacun encaissait, se relevait, boitillait, trottinait en attendant le prochain choc et une éventuelle revanche.
RABIA, MALAURENT, AVOUSTIN, FAGLIN poursuivaient leurs études en Métropole. Robert FERRARI qui depuis les minimes avait fait toutes ses classes au RUA remplaçait RABIA. René VIDAL qui,
comme lui, avait suivi la filière bleu et blanc apparaissait souvent en défense. C'était un joueur polyvalent capable d'occuper tous les postes de l'équipe à l'exception de celui de gardien de but. Ce n'était pas le chouchou des arbitres et il partageait avec FERRARI l'art de provoquer "intelligemment" l'adversaire, l'amenant à la faute. Yvon SAMUEL occupait la place de 1/2 centre dont le précédent titulaire, Paul BARNIER, passait au centre-avant. Les fidèles TAZAIRT et POIZAT encadraient SAMUEL. Dans la ligne d'avants 10 titulaires potentiels, au moins, se disputaient les 5 postes, Paul BARNIER occupant évidemment le centre. Edgar CEPI, vif de gestes, bon technicien, LICHTENSTEIN athlétique, Pierre BERNARD, Omar CHERIF, Albert VIVES, Jean ROBLES, COSTES, MARIN, COUCHET. Sydney REGAN n'avait que l'embarras du choix -
Parmi les nouveaux, Jean "Juanico" ROBLES, dribbleur excessif mais parfois génial, bel abessien comme notre toubib, alternait bons et mauvais matches, s'entêtant parfois dans des dribbles chaloupés sans fin, au grand dam de ses coéquipiers et dirigeants - A l'aile droite VIVES, apportait sa vitesse de démarrage, principal argument, er au contraire de Roblès, associait son jeu à celui de ses partenaires - Pierre BERNARD pouvait occuper tous les postes du milieu de terrain.
Mais il était souvent utilisé au centre des avants. Il avait notamment marqué 4 buts au gardien de l'équipe de France Universitaire. Cette rencontre, jouée au cours des vacances de Pâques 1939, à Montreuil, près de Paris, s'était terminée par une large victoire du RUA, par 5 à 1. Elle servait de sélection à la formation de l'équipe de France pour les jeux universitaires de Monaco en août et septembre 1939.
A SUIVRE

mercredi 25 mai 2011

31 RUE MARENGO de hubert zakine - EXTRAIT-

EXTRAIT POUR VOUS DONNER LE GOUSTO

Richard Durand, Norbert Timsit et José Vidal remerciaient le ciel, les professeurs, le lycée, la terre entière et même ses alentours après leur première journée. Leur initiative de se regrouper à un pupitre de trois élèves n’avait soulevé aucune objection de la part de professeurs prioritairement occupés à faire connaissance avec les nouveaux venus de toutes les écoles primaires alentour.
-Putain! C’est moins pire que j’croyais, en fin de compte !
-Si tu parles comme ça en cours, mieux tu dis que tié muet !  ironisa Richard sur le « phrasé » de José qui reprit son ami au vol en usant d’un bon sens qui étonna Norbert.
- Comment je dis que je suis muet si ch’uis muet !
Richard tempéra son ami.
- Qu’est ce tu crois, que les autres y parlent mieux que nous ? Qu’on soit d’ici, de Bab El Oued ou de chez Azrine, on parle tous le pataouète ! Nous autres, on rajoute une louche de judéo-arabe, c’est tout. C’est seulement quand on écrit en vrai français qu’on voit la différence !

Les trois amis, sortis à 10 heures du lycée, étaient assis sur les marches de l’école de la rue de Toulon. Au passage, ils avaient négocié le prix d’une kesrah avec Mr Vidal, le boulanger à l’angle de la rue Marengo et de la rue de Toulon, autre figure du quartier. Issu d’une famille ibérique toute entière vouée à la fabrication du pain, il s’était fait une sacrée réputation de boulanger et de coureur cycliste amateur. Au sein de son club, le C.C.B.E.O. Il représentait la casbah toute entière composée presque exclusivement de musulmans et de juifs, lui le catholique.
- Cuila, à tous les coups, c’est un marrane !  plaisantait-on dans les ruelles de la casbah et les allées des synagogues en évoquant son attachement à ce quartier.
- Oh ! Kaderoussel, tch’as pas été à l’école ?  s’étonna Norbert en voyant son ami sortir de la boulangerie.
- Mon père, il en a marre des études, il a dit « tu vas apprendre le métier de Mr Vidal et après tu deviens boulanger. Comme ça, toujours tu manges à ta faim !
- Tain, il est intelligent, ton père hein ? feignit de s’étonner Richard, attendant la riposte de Kader qui ne vînt pas.
- Chez nous, on discute pas avec le père. Et puis, tu veux j’te dis, je préfère travailler. Houla ! Apprenti, je finis ma journée, mssieu Vidal, y me paye ! Cha !
- Mais tu vas travailler la nuit, espèce de bourricot d’Espagne ?  s’inquiéta José, conscient que Kader était tout, sauf un noctambule.
- Vous, vous dites A la grâce de Dieu , nous on dit  Inch Allah !  répliqua Kader, imprégné de ce fatalisme oriental qui nimbait son environnement familial.
- Comme tu veux, tu choises ! conclut Richard

*****
La famille Durand habitait l’immeuble depuis sa construction en 1846. Elle avait quasiment réquisitionné tous les appartements qui se transmettaient de génération en génération avec les quatre filles et les deux garçons qui ne voulurent habiter ailleurs sous aucun prétexte. Aussi, quand ils se marièrent, tous résidèrent au 31 rue Marengo sans se poser la moindre question, chacun s’attachant à trouver un appartement dans l’immeuble.

Le nom des Durand reste attaché à deux hommes :
Le premier, l’illustre rabbin Simon Ben Semah Duran, débarqué à Alger en 1391, date de l’inquisition médiévale. Astronome, théologien, médecin, entre autres sciences ardues, parlant couramment sept langues, il réunifia le judaïsme du pays en compagnie de son maître, Isaac Barfat Ben Chechet. Dans les premières années, il tenta d’exercer la médecine mais fut confronté à la concurrence des marabouts. Découragé par cette médecine obscurantiste, il accepta le rôle de rabbin salarié, rédigea de nombreux ouvrages dont les « Taqqanots » réponses de la religion sur les successions et droits matrimoniaux du judaïsme. Plus connu sous le diminutif de « RASHBAZ » il repose au sein du mausolée des deux saints en compagnie de « RIBACH » au cimetière de Saint Eugène.

Le second, ami et ambassadeur d’Abd El Kader, chef de la nation israélite, conseiller du premier gouverneur des possessions françaises en Afrique du Nord, le Comte Drouet D’erlon, rédacteur du traité Desmichels, fût l’homme qui entérina le choix du gouverneur de rajouter un « d » à Duran afin de remplacer « juif Duran » sur les documents français
La famille Durand était la famille juive la plus respectée d’Alger. Mais les Durand de la casbah ne se souciaient guère de cette gloire passée. Les hommes de la famille partaient tous les matins à leur travail, le coeur et l’âme fière car, ici plus qu’ailleurs, comme dans tout pays méditerranéen, l’homme méritait le respect de son entourage grâce à la façon dont il faisait vivre sa famille.

mardi 24 mai 2011

HORIZONS BLEUS le cabanon des gens heureux - hubert zakine - EXTRAIT -

EXTRAIT POUR VOUS DONNER LE GOUSTO
Tous les jeunes du cabanon, y décident de faire le littoral à vélo. Comme ma mère, elle veut pas que j’me casse une jambe, zarmah je renonce. Total, je fais partie de la bande de brèles qui vont se prendre pour Louison Bobet ou Fausto Coppi. Moi, j’opte pour Bourvil dans « Les cracks ».

Colette, elle me promet de rien dire et nous voilà partis à la Pointe où un magasin y loue des vélos.
La vérité on peut pas dire qu’on a pas affaire à des vélos ! Seulement, ces vélos à louer, y doivent dater au bas mot, de la première guerre mondiale. Guidons sans poignées, sans frein, sans selle, avec des boyaux tout rafistolés et des roues qui sont plus voilées que les fatmahs que je croise dans la casbah. Quant aux phares, inconnus au bataillon. Moi et le vélo, en temps normal, on est pas tellement copains. Mais avec celui que le loueur y m’a confié, le départ en zig zag que j’me paye ! La vérité, même Bartali y ferait pas mieux. Colette, elle monte sur un vélo de femme exempté de guerre. Bernard et Jeannot, eux y z’ont hérité des deux seules bicyclettes qui déclenchent pas le fou rire. Comme Massip et Zélasco y se sont échappés, ces bâtards.

Moi je fais partie des « doucement le matin et pas trop vite l’après midi ». Putain que j’aime pas le vélo ! C’est fatigant et en plus, la vérité à quoi ça sert ? Ça fait mal aux jambes et c’est tout. L’autobus, sur ma vie, je préfère ! Colette, elle roule à côté de moi alors y faut que je souris ou sinon elle va croire que je souffre le martyr. Et elle aura raison ! Son cousin, Luc la tapette, l’amoureux de Ramsès, y rayonne de bonheur en devinant ma fatigue.
Et tous les autres, le peloton, y se croient au Tour de France. Le plus bizarre c’est qu’y forcent même pas. A moins qui sont de sacrés comédiens. Comme moi avec Colette.
Cahin, caha je boucle mon premier kilomètre. Tellement j’ai la tête dans le guidon (guidon, larzèze !) même pas j’ai vu le paysage. De temps en temps, je me retourne si par le plus grand des hasards, une voiture-balai elle ramasse pas les mourants comme moi. Aouah, y en a pas un qui a pitié. C’est normal, y me voit le sourire béat du babao amoureux aux lèvres. Comment y peut se douter que je suis à l’article de la mort ? Ca aussi c’est une expression que c’est sans doute un savant qui l’a inventée mais y nous a pas expliqué l’expliquement.
Plus le temps y passe, plus les mètres y défilent et moins je respire. C’est plus la voiture balai mais le corbillard qui va déboucher à L’horizon. Reusement que Colette elle pédale devant moi et je me dois de dire que son déhanchement y me déconcentre un maximum. J’ai vraiment pas besoin de ça hein ! A tel point que j’en oublie de pédaler. Presque je tombe.
Mon vélo y couine. Y doit être perclus de rhumatismes. Il est comme moi, épuisé. Pas la moindre pipette d’huile à l’horizon pour le revigorer. Dans pas longtemps, il est capable de rendre l’âme. A cette idée, j’en perds les pédales et je mets pied à terre. Colette, la pauvre, elle freine et là elle comprend. A voir sa tête, je dois faire peur. Comme Zaaf après l’étape qui l’avait vu faire la route à l’envers après un virage mal négocié.
Cuila qu’il a inventé le vélo, Il aurait mieux fait d’inventer l’automobile, c’est moi qui vous l’dis. Et en plus ça tient mieux la route.
Luc le coulo y croit me rendre service. Zarmah, il est mon entraineur.
--« Pédale relâché ! »
Qué relâché. Je lui demande si sa grand-mère elle fait du vélo à çuila ? En plus il a des jambes on dirait des baguettes à tambour. Sans poil. On dirait une gonzesse. Une gonzesse qui me prend dix mètres sur un tour de pédale. Je le hais.

Allez va, je vais faire un effort. Je suis le conseil de mon nouvel entraîneur et le miracle y s’accomplit. Je me relâche. Putain, le vélo y tient tout seul. Je pédale plus dans la choucroute. A chaque effort, le vélo il avance tout seul. Moi et mes jambes poilues, on va battre le record de l’heure. Tellement je roule vite que j’ai peur sur cette bicyclette sans guidon et sans frein. Purée, Luc, c’est le meilleur entraîneur du monde. Colette, elle me tient pour un futur vainqueur du Tour de France. Pour la remercier, j’ai envie de lui toucher les tétés mais si je lâche le semblant de guidon de mon vélo, je tombe.

Bains Romains, Baïnem, Guyotville, les doigts dans le nez je les vois défiler comme dans un rêve. On dirait que je me suis dopé aux bli-blis et aux tramousses. Sûr que je vais rattraper Luc, mon nouvel entraîneur qui s’est pas fait prier pour accélérer dans une petite côte, histoire de montrer qui c’est le roi de la petite reine. Quand je vous dis que c’est un coulo ! La vérité, il aurait pas pu attendre le reste de la bande pour nous faire grimper la côte. Coulo, va !

Y a pas à dire. Ma mère elle a toujours raison. Le Bon Dieu, toujours y choisit les siens. En bas la descente, jamais vous devinez qui on voit affalé sur le bord de la route, le genou en sang et la tête en tchic tchic à trois faces ? Mon entraîneur la tapette. Mais comme j’ai bon cœur, je me penche vers lui pour prendre de ses nouvelles ensanglantées. Y nous raconte son gadin, style « La chute de l’empire romain ». J’oscille entre la danse du ventre et la mine condescendante, zarmah, je le plains de tout mon cœur. (soit dit en passant, vous avez remarqué l’adjectif que j’emploie ? C’est du Luc tout craché ! Comprenne qui pourra)
Colette elle lui porte de l’eau comme une infirmière. Si elle était pas sa cousine, je lui fais une scène. Bernard et Jeannot, y se roulent par terre en voyant Luc. La rigolade ! Y faut dire qu’une fois le sang nettoyé, la blessure elle est toute mesquinette. Tout ce cinéma pour rien. Y faut croire que les coulos y saignent davantage que les autres !
Sur le chemin du retour, à le voir grimacer à chaque coup de pédale, presqu’y me fait de la peine.
Le vélo et moi, après cet épisode, on a passé un accord de non-agression. Je préfère le foot. Chacun chez soi et les poules elles seront bien gardées !

ALGER DE TOUTES LES COULEURS




























lundi 23 mai 2011