samedi 31 décembre 2011
MARIE TOI DANS TA RUE MON FILS! de Hubert Zakine
Fille élevée selon les principes inculqués en Algérie, Carmen respirait depuis son enfance cette terre de feu qui regorgeait d’interdits et de recommandations. Et de respect envers les parents. L’âge ne faisait rien à l’affaire. Du moment que l’enfant, fille ou garçon, habitait la maison familiale, il devait se plier à la rigueur du père et bénéficier de la mansuétude de la mère. La désobéissance effleurait si peu l’esprit d’une fille qu’une entente tacite décidait de l’heure du retour à la maison, du chaperon qui accompagnait chaque sortie ou de l’exigence de connaître les amies pour jauger les fréquentations.
Pour toutes ces raisons, l’accablement des deux enfants semblait s’accroître de jour en jour. Baignés depuis leur plus tendre enfance dans cette eau parfumée de raison parfois déraisonnable, ceinturés de certitudes apprises du bout du cœur, encore bercés par le chant d’amour d’un héritage impossible à renier, ils semblaient des nains au pied d’une montagne infranchissable.
Seul, le judaïsme libéral si d’aventure…………
*****
Cannes s’enrhumait. Des bourrasques de vent venues de la mer balayaient les balcons, déposant sur les vitres fermées les larmes de Dieu. La Méditerranée se démaquillait de bleu et de soleil, offrant à ses admirateurs la pâleur et la fadeur d’une grisaille uniforme seulement soulignée de lacets moutonneux.
Joseph Solivérès, les yeux dans le vague, se souvenait de cette journée maudite, semblable à celle-ci, noire de ciel et de deuil, qui le vit porter en terre son fils aîné, cette force de la nature abattue au coin de sa vie par la folie des hommes. Un adolescent baignant dans son sang parmi tant d’autres. Jamais après le cimetière, il n’avait exprimé son chagrin, préférant s’enfermer en pays de solitude, laissant Rosette partager son drame avec ses sœurs et ses voisines. Ses amis avaient respecté ses silences et ses larmes, l’accompagnant sans bruit dans sa quête d’absolu et de dignité. Comment pouvait-il en être autrement, l’absence de son fils l’endurcit au point de lui faire entrevoir la rupture avec son entourage familier et professionnel. Dans ce pays d’hommes, la grossesse de sa femme lui redonna allant et sourire et bien que sa première impression fut teintée d’amertume, il sut se réjouir de la naissance de sa fille.
L’exode l’abattit une fois de plus mais l’énergie des gens blessés l’aida à se relever pour affronter l’autre combat : la réinstallation. Cela ne se fit pas sans histoire et la belle association Solivérès-Rodriguez y laissa quelques plumes. Joseph refusa de s’éloigner de la Méditerranée pour suivre son associé oranais dans le Roussillon.
A force de courage, il se fit une place dans la distribution en gros de fruits et légumes, renouant des liens quelque peu distendus avec son ami de Perrégaux.
Tout cela, Joseph l’avait gravé dans sa mémoire, le rivant à ses certitudes. Il était pied noir, paria dans la ville, moitié espagnol, moitié français, à la lisière de l’Afrique, Européen jusqu’au bout de l’angoisse, sans le recours de la fatalité orientale qui lui était étrangère. Fier de ses origines et des choix des gens de son pays, il connaissait le prix de l’effort et de la souffrance, il savait la récompense du labeur et de la sueur, il maîtrisait le coût de la fidélité à son passé. Enraciné dans son vécu, il adhérait aux vertus de son Oranie natale qui prônait la rigueur et la droiture, la rudesse aussi. Le bonheur lui était étranger depuis la double déchirure de sa vie. Il se contentait d’allumer à présent des petites lanternes de joie qui s’alignant bout à bout le guidaient vers l’éclaircie. Le temps efface bien des blessures mais l’amputation demeurait et nulle prothèse ne comblait l’absence. La Méditerranée avait englouti le pays où dormait son fils du sommeil des justes. Un étrange sentiment de rejet envers cette terre de souffrance se heurtait à cette nostalgie qui l’étreignait les jours de pluie et l’attirait irrésistiblement pour l’envelopper dans son épais manteau de souvenirs. Alors, le temps s’immobilisait et resurgissaient les bonheurs dérisoires qui parfument les jardins de la vie. Bonheurs simples des humbles gens à l’ambition modeste de voir les enfants emprunter d’autres chemins, d’autres voies plus carrossables, bordées d’arbres fleuris et de sourires ensoleillés.
Joseph faisait corps avec ces gens là. Il disait qu’ils étaient des gens biens, des gens fréquentables qui méritaient le respect et il était fier d’appartenir à cette communauté pied noire que l’histoire trouva sur son passage et balaya d’un revers de la main. Par sa fidélité à certains principes, il perpétuait l’Algérie.
*****
La rue d’Antibes se baladait dans la fraîcheur du soir. Richard retrouvait dans cette promenade le « paséo » de là-bas qui le conduisait à travers l’avenue de la Bouzaréah, du jardin Guillemin aux Trois Horloges et retour. Combien de fois, à l’instar des enfants de Bab-El-Oued, avait-il emprunté cette façon de « voir et d’être vu » commune à la jeunesse du faubourg? Combien de regards timides avaient emprisonné de cœurs ardents sur ces allées du bonheur? Combien de rencontres avaient glissé jusqu’aux marches des églises et des temples? Mais la rue d’Antibes, orpheline du parler haut et fort et des cafés regorgeant de musique andalouse, napolitaine ou judéo-arabe, de rires tonitruants et de tape-cinq ravageurs, de la nonchalance et du désintérêt pour les vitrines alléchantes, n’offrait pas le même pouvoir de séduction que l’avenue de sa jeunesse. Avenue mille fois promenée, parcours obligé pour prendre la température du quartier, pour se baigner dans son sang, pour couler dans ses veines. La solitude de ses pas s’ennuyait au milieu de la foule. La tête bouillonnante de pensées anciennes, il espérait le sifflet d’un copain, le rire d’un ami, le tape-cinq d’un complice. L’indifférence floue et inhumaine de la rue le plongeait souvent dans un abîme de nostalgie. Un balcon reconnu, une odeur familière, un marchand d’oubli au coin d’une rue, un voisinage omniprésent, plus rien ne parlait à son déracinement, à sa quête d’avant. Alors, lassé de tant de solitudes et de mots retenus, d’exubérances étouffées et de fous rires contenus, il s’en allait vers la maison emmitouflée de souvenirs. Là au moins, auprès de sa famille, dans le cocon de douceur et d’indulgence, il se ressourçait.
Sans avoir à feindre la joie ou l’indifférence, il s’asseyait auprès de son père et sans un mot, partageait son tourment avec celui qui comprenait.
A SUIVRE....................
vendredi 30 décembre 2011
LE DESTIN FABULEUX DE LEON JUDA DURAN "SIEUR DURAND D'ALGER" de hubert zakine
Dans la calèche qui peinait pour aborder les "fahs", hors les murs de la citadelle "ILS", dansait dans sa tête telle une sarabande de fous autour d'un feu de bois. "ILS", juifs livournais ou espagnols, avaient-ils oublié que leur victime partageait avec eux les mêmes privilèges et les mêmes exigences attachés à la parole de l'Eternel qui semblait, à présent, supplantée par la cupidité.
La splendeur des châteaux de verdure qui hérissaient leurs crêtes au-dessus des "djenan" maculées de blancheur n'apporta pas la sérénité au jeune homme en colère. Bien au contraire, elle lui insuffla une force nouvelle qui se traduisit par sa détermination de mener de front la sauvegarde de la Maison DURAN avant de la faire prospérer et découvrir les instigateurs de l'assassinat de son père.
Il repensa au nouveau Dey, HADJ ALI, qui lui laissa une impression mitigée. Surnommé " le TIGRE" par son armée pour sa bravoure au combat, il était entouré d'une garde de jeunes noirs, ce qui semblait être son péché mignon.
" L'homme du pèlerinage de la MECQUE" était un personnage ambigu et mille questions sur l'authenticité de ses dires encombrèrent les pensées de Léon Juda. Aussi, se lança t-il dans une enquête approfondie auprès de l'entourage de Dey et de celui de la communauté.
Au cours de ses investigations, il apprit de la bouche même de l'un des comploteurs le déroulement des évènements, ravi de sortir de l'anonymat dans lequel le cantonnait sa crainte du clan BACRI
.--" Ton père est le responsable de l'assassinat de Nephtali BUSNACH! Toute la communauté le sait! C'est "le vieux" qui nous a révélé son amitié avec l'Oda Bachi des Janissaires. Lui seul avait intérêt à abattre BACRI par BUSNACH interposé!"
Léon Juda resta interloqué devant cette énumération d'invraisemblances.
--"Au temple, ton père est passé devant le tribunal rabbinique qui l'a lavé de tout soupçon! Mais le tribunal des notables l'a condamné à la destitution de son titre.
Ce que ton père a refusé! Aussi, le comité des sages a demandé audience au Dey......"
--" La suite je la connais! Et tous les membres de la communauté ont cru cette ignominie! Mais pourquoi ont-ils exigé sa tête ?"
--" Ils pensaient que, ton père mis hors d'état de nuire, commercialement j'entends, BACRI pourrait reprendre son influence et diriger la Régence comme jadis.
Léon Juda convoqua, alors, les membres de l'aristocratie juive proche de son père pour les informer de son projet d'en découdre avec les Livournais par commerce interposé.
Il obtint l'adhésion de plusieurs familles "porteurs de bérets" enfin libérées de cette paix larvée consentie aux "porteurs de turbans ", au nom de la sacro-sainte loi de MOÏSE qui prônait l'unité communautaire, trop souvent transgressée, à leurs yeux, par certains Livournais.
Bien sur, il ne souffla mot à sa mère de ce conflit à venir que son père, David, s'évertua, tout au long de sa vie, à éviter. Au contraire, il apaisa ses angoisses et ses chagrins en taisant sa rancoeur lors de visites de certains dignitaires du pays.
Par l'entremise de Mardochée SERROR, vieux compagnon de son père, il sépara le grain de l'ivraie, les condoléances sincères des pleurs de crocodiles, les peines simulées des joies retenues.
L' hiver d'EL DJEZAIR, porté par de violentes bourrasques maritimes, parfumait la cité d'une saine nuance iodée qui courait le long des portes de la citadelle, s'enroulait à travers les ruelles étroites et nauséabondes avant d'escalader la colline de la BOUZAREAH et poursuivre son oeuvre de salubrité vers les "Fahs" de la campagne humide.
La pluie cinglait les rares passants, pénétrant les âmes et les corps. En processions obscures, des brêles impassibles, indifférents aux caprices des cieux, portaient sur leur dos d'énormes couffins où s'entassaient les immondices de la voirie.
La plupart des échoppes fermées par des haut vents de bois offraient au quartier de la basse ville un aspect désolé qu'éclairait, par intermittence, le tonnerre de Dieu.
Le "YOM KIPPOUR" entrait dans sa dernière heure. Les trois synagogues de la vieille ville battaient au rythme des prières des hommes, des bavardages des femmes et des cris des enfants. Ce jour là, toute la famille était conviée à partager le jeûne et les temples résonnaient de joie et d'espérance en attendant la sonnerie du "shoffar", corne de bélier, souvenir du sacrifice d'Abraham, conservée précieusement par le "chamach" jusqu'à l'heure fatidique de la fin du carême.
La veille, avant l'heureuse apparition des trois premières étoiles dans le ciel d'EL DJEZAÏR annonçant le début du jeûne, les familles réunies autour de la table de l'aîné terminaient le repas de fête. Puis les hommes s'invitaient à la prière dans le Temple de leur choix, se relayant toute la nuit pour la purification divine, la prière du "Kol Nidré" dont le texte rappelle le passé douloureux du peuple juif, la sortie des rouleaux de la "Thora".
Le lendemain, après une brève visite chez soi pour un brin de toilette, chacun repartait pour une journée de recueillement, rejoint bientôt, par toute la communauté de la ville. Les trois étoiles signaient la fin du jour et du jeûne. Le "shoffar" pouvait alors retentir et inviter les fidèles à "casser le carême" par une boisson chaude.
Etrange coïncidence de cette fête juive du "YOM KIPPOUR" et de cette pluie, si avare d'ordinaire sur cette terre africaine, qui semblait laver de ses péchés la communauté israélite alors que des épées de feu déchiraient le ciel en témoignage de la colère de l'Eternel.
Le grand rabbin d'EL DJEZAIR évoqua ces signes du Tout-Puissant adressés à chaque juif dont la démarche était dictée par la religion. Mais, Léon Juda, son "taleth" sur ses épaules, le regard aussi noir que son deuil et la haine au fond du coeur n'entendit ni le message de paix du rabbin ni la colère du juge suprême.
Au cours de la journée, il reçut la confirmation d'un complot fomenté par le clan BACRI visant à réduire l'influence de son principal rival au sein de la communauté. Aussi, lui tarda t-il d'en découdre malgré la signification de cette journée de recueillement et de prières.Il réussit pourtant à se faire violence afin de ne pas contrarier sa mère et la petite mémé qui avaient tenu à préparer une table de fête dans la "djenan" de David DURAN.
Son père lui manquait déjà. Le chemin de la vie lui parût soudain bien vaste et la charge de ses épaules bien lourde. La solitude de son combat étourdissait ses pensées et déviait son regard. Comme le faisait jadis David DURAN, lorsque le découragement s'enroulait autour de son arbre de vie, Léon Juda alla se recueillir sur la tombe de "RASHBAZ". Là, face à l'œuvre marine de l'Eternel, le souffle coupé par les vagues d'un vent d'automne, un ciel tourmenté de fiers nuages pour seule maison, il parla à hautes voix judéo-arabo-espagnoles. Mêlant sa colère aux frémissements de la nature, il pria longuement, laissant sa peine l'envahir jusqu'à lui dérober l'horizon.
Il tenta de raisonner son désir de vengeance en cherchant tout au fond de son âme un message de son ancêtre. Mais le fracas des assauts frénétiques de la mer sur les roches dispersait le dialogue des vivants et des morts.
Alors, il dit au revoir à ce mausolée coincé entre les dieux et les hommes et s'en remit à son instinct.
A SUIVRE..............
jeudi 29 décembre 2011
HORIZONS BLEUS "le cabanon des gens heureux"
( suite )
Allez va ! Mieux je joue le bel indifférent. Jeannot avec sa tête de tchic-tchic à trois faces, y se démonte pas. Y baratine deux filles assises sur un banc de la place des Bains Romains. Deux canus, j’vous dis pas ! Colette, elle tchortchore avec Ramsés II et Luc, comme une ménagère sur le marché de Bab El Oued y tchatche un brin en disant du mal des autres. Les deux canus, Jeannot, y se les emballe, ma parole, comme un champion du monde. Les filles, au mieux, elles sont laouères, au pire, elles sont aveugles. Pace qu’ elles sont aussi belles que Jeannot il est vilain. Bernard, zarmah, y baratine la plus grande et surtout celle qu’elle a des tétés à la Anita Ekberg. Y sont aussi babaos que moi quand je suis face à Colette. Des éléphants dans un magasin de porcelaine. En les matant, je m’aperçois combien les filles elles nous enlèvent notre innocence. Purée, c’était pas mieux quand on pensait qu’au football, aux tchapp’s, aux noyaux et aux carrioles, la vérité ! Zarmah on joue les grands, total, la bornayen, elle nous coule encore du nez. Allez, va ! Je me mèle pourtant à la conversation, même que de près, Anita Ekberg, ses tétés, y sont encore plus gros. Tellement que j’ose pas m’approcher de peur de les toucher sans vouloir. Comment elle fait ? J’sais bien que c’est la nature mais la nature elle fait bien les choses sauf pour Georgette, la pauvre, que sa poitrine, elle l’a laissée à la maison.
Quant à moi, si Colette elle me délaisse encore une minute, ni une, ni deux, ni trente sept, ma parole d’honneur, j’attaque la fille qu’elle a des tétés normaux. Ch’uis pas Gary Grant, j’ai pas de beaux costumes en alpaga brillant comme lui, ni de fossettes au menton mais comme elle dit ma mère que je suis son bébesso : « cuilà, quand y sera grand, les filles elles vont tomber comme des mouches ! ».
Ma petite princesse, elle est belle, intelligente et en plus elle a des antennes pour capter mes pensées les plus secrètes. Elle se tourne vers moi et d’une voix sucrée comme de la barbe à papa, elle me demande : « on rentre ? ». Purée, le roi de Chine, l’empereur du Pérou, la reine de Nouvelle-Zélande, le prince consort une fois de temps en temps pour lui faire prendre l’air, c’est pas mes cousins. Colette elle dit au revoir à Ramsés qui peut retourner dans son sarcophage et du haut de ma pyramide, je repars pour la vallée des rois avec dans mon sillage ma caravane de babaos exceptés Jeannot et Bernard qui prennent leurs désirs pour des réalités. Y se voient déjà en train de jouer au ballon avec les tétés de Bains Romains, raïeb d’eux !
Sans nous presser, on reprend la route des Horizons Bleus. Canaillou comme pas un, je ralentis le pas afin de laisser les badjejs nous lâcher la grappe. Colette, maligne jusqu’au bout des ongles, elle comprend mon manège. Et voilà, le tour est joué. On reste seuls sur le chemin qui longe la forêt de Baïnem. Le coup de téméniek, il a marché.
Plus tard, prise d’une soif incontrôlée, elle s’arrête chez Argento, l’épicier pour acheter une bouteille de Sélecto qu’elle me tend. Moi, l’élégance personnifiée, Gary Grant miniature, je refuse pour la laisser se désaltérer la première. Que nenni, me répond t-elle. « Comme çà, je vais lire dans tes pensées ! ». Bou ! Pourvu qu’elle lit comme Jeannot qui confond les voyelles et les consonnes oussinon elle va déchiffrer que mon envie de l’embrasser comme un grand c’est pas du zbérote. De deux choses l’une. Ou elle va considérer que je suis un moins que rien, un petit vicieux et je risque de m’en prendre une que le mur y va m’en donner une autre. Ou alors mon charme oriental il la fait fondre pire qu’une crème glacée de Grosoli et elle va me faire un bouche à bouche souâ-souâ.
Aouah ! Je pencherais plutôt pour la calbote.
Total, elle lit que dalle. Ni baiser, ni schkobe, je rentre bredouille au cabanon mais l’espoir demeure.
La terrasse, elle est noire de monde. Les cabanoniers y dansent comme des malades. Et en avant les paso-dobles et les tangos ! Nous autres, les jeunes, on préfère le rock and roll et surtout le slow. Mais comme Fred Astaire et moi on n’a pas fréquenté la même école de danse, je m’abstiens et je me laisse choir sur une bouée, fatigué comme si j’avais traversé le Sahara occidental. Total, si quelqu’un y me demande d’aller taper le match de football, Sahara ou pas, je marque but sur but même que le stade de Reims y me fait signer un contrat, mon ami, que ma mère elle bénit tous les fabricants de ballons. Mais à la réflexion, jamais ma mère elle me laisse partir à Reims où c’est là-bas que le Bon Dieu il a perdu ses savates. Aouah, elle préfère garder son fils « larzéza djella » auprès d’elle et vous voulez qu’j’vous dise, elle a bien raison pace que, franchement, qué je vais faire en France où je connais personne et où y fait un froid de canard. Vous rêvez ou quoi ?
--« Tu sais danser ? »
Bou ! La question piège. Celle qui tue et qui assassine mieux que celui qui habite au 21. Je vois d’ici la mine ahurie des lecteurs qui ignorent le titre de ce film. Achno, jamais vous allez au cinéma ?
Si je réponds non, Colette elle va me prendre pour un babao et je perds la figure comme « l’homme au masque de cire » qu’à la fin, son masque y fond dans un incendie. Mais, à contrario, si je réponds oui, comment je fais devant tout le monde qui va se taper un kilo de rigolade devant mes entrechats et mes arabesques. Bou, le dilemme. Et la honte par dessus le marché ! J’en ai marre de cet été qui me pourrit la vie alors que si j’étais resté à Bab El Oued, j’aurais fait mon p’tit mac avec les filles de mon quartier, châ, châ ! Elles, au moins, elles me connaissent. Elles savent me faire plein de salamalecs pour que je les emmène au « Mon Ciné » ou à Padovani sans payer pace que je connais la famille Hannoun, propriétaire du cinéma et Roger Sebaoun qui me laisse entrer « à ouffa » à la plage préférée des Bab El Ouédiens.
Total, je m’épuise la santé à me poser mille questions sur les pensées de ma petite chinoise qu’elle a rien trouvé de mieux que de m’inviter à la faire danser .
--« Bien sur ! » je m’entends répondre. Quel menteur ! Avec quel aplomb, j’ai fait mine de côtoyer Gene Kelly et Cid Charisse sur les planches de Broadway. Comme si j’avais joué avec eux dans
« Brigadoon » J’en reviens pas, dé !
« Brigadoon » J’en reviens pas, dé !
--« On danse ? » elle insiste ma petite sirène.
--« Cà se voit que tch’es pas de Bab El Oued, hein ! »
--« Pourquoi ? » elle me répond, incrédule comme une jeune mariée.
« Pace que chez nous, ça se fait pas qu’une fille, elle invite un garçon ! » j’assène à mon apprentie-danseuse.
Des fois, je m’admire d’avoir autant de culot, d’aplomb et d’à propos pour mon âge.
Il faut dire qu’avec tous les babaos qui dansent le slow comme des dieux, rien que moi elle a trouvé. Ma mère elle doit avoir raison, je dois vraiment être le plus beau du monde et des alentours.
Colette, elle reste coi. Purée ce terme, rester coi. Cà veut dire quoi ?
--« Tu restes coi, toi ? »
--« Quoi ? »
--« Quoi coi ? »
Je pourrais en faire des kilomètres et des kilomètres.
A en rester coi.
--« Quoi ? »
--« Oh, ta gueule ! »
Rouge de confusion, raïben, elle sait plus quoi dire.
--« Quoi ? »
--« TA GUEULE ! » y m’énerve à la fin. Et même au début !
Alors, pour éviter le drame, je détourne l’attention sur Papa Serrano qui se trémousse comme si du poil à gratter y lui parcourait l’échine. Son ventre plein de loubia, y ressemble à un sac de pommes de terre et la sueur elle se répand au gré de ses mouvements. Papa Serrano, il est pas égoïste pour un sou. Même l’eau de son corps, y partage. Au détour d’un paso, un air de musique arabe y jette tout le monde sur la piste. Les femmes, un foulard autour des hanches, elles se remuent le popotin, mon ami, comme si elles avaient le feu au derrière et les hommes rien qu’y rigolent en leur collant des billets sur le front. Colette, elle a compris que c’est pas demain la veille qu’elle va danser un slow avec moi. Alors, elle s’est assise et elle tape des mains en cadence comme une vraie fatmah. Ya pas à dire, elle a des ressources, cette petite.
Purée ! Quelle belle vie quand même, ce cabanon !
Tout le monde y nage dans la félicité que c’est aussi le nom de la bonne de Fernandel dans « Don Camillo ». Même Ramsès, je l’ai oublié. Colette, si je me retenais pas, je lui toucherais un tété, tellement ch’uis content ce soir. Mais comme ch’uis bien élevé contrairement aux p’tits voyous des messageries que c’est un quartier de Bab El Oued où Jeannot il habite, je me contente de mater.
--« Tu viens avec moi, ce soir ? » je la questionne sournoisement avec un p’tit air qui a l’air de rien mais que total y veut dire plein de choses sous entendues.
--« Où çà ? » elle réplique ma petite sirène.
--« Au cinéma plein air chez Valenza»
--« Avec toi, tout seul ? »
--« Pourquoi tch’as besoin qu’on soit deux cents mille? Bien sur, tous les deux. SEULS ! » je précise avec un brin d’autorité venu de ma nature profonde.
--« Mais les autres, y vont vouloir venir ? »
--« Qu’y z’aillent chez leur mère ! On leur dit rien et le tour, il est joué ! »
Cette phrase elle a le don de la faire sourire et elle devient encore plus jolie. Mais elle a aussi le don de la ramener sur terre illico presto
--« Tu sais si Luc y vient avec moi, mon oncle y me laissera plus facilement sortir. » elle me prévient.
Purée, alors toutes les vacances on va être obligés de se traîner ce calamar farci avec ses yeux globuleux et sa tête de tchic-tchic qu’elle me donne envie de jouer à 5/25 avec.
--« Mais, après le ciné, tu crois qu’y va nous lâcher ? »
--« Bien sur, y va bien rencontrer des copains à lui ! »
Purée, elle m’a répondu comme si ça coulait de source de vouloir rester seuls tous les deux. Comme si elle en avait autant envie que moi et que son cousin il lui restait sur l’estomac. Je la regarde. Ses lèvres elles ressemblent à deux chewing-um « Globo » que je me promets de manger ce soir pour peu qu’elle le veuille et qu’elle m’envoie pas promener comme un paquet de linge sale.
Le courant y passe entre nous de mieux en mieux. Y passe et y repasse. Mieux en tous cas que Malika, la fatmah, qu’elle repasse sans la patte-mouille pace qu’elle a peur de s’électrocuter et que le linge, tu montes, tu descends, y reste froissé au grand dam de ma mère.
Ce soir, je l’attaque sec, ma petite chinoise. Pareil à Géronimo quand y veut morfler l’œil à Grégory Peck et aux longs couteaux réfugiés dans « Fort Apache ».
Tiens, voilà Bernard qui rentre des Bains Romains sans les lauriers de la gloire ni les mensurations de sa belle. La mine défaite, même pas il a décroché un rendez vous pour la soirée. Raïeb ! Badjej comme il est, y croyait que la petite elle allait le manger tout cru et le préférer à un garçon comme Ramsès qu’en plus, elle l’a sous la main aux Bains Romains. La vérité, sans être mauvaise langue, entre lui et Bernard y’a pas photo. Y’a même pas le négatif, c’est pour dire.
C’est dans le malheur des autres, elle dit ma mère, qu’on voit qu’on est pas si malheureux que çà. Cinq dans mes yeux ! Je vais quand même pas me mettre les yeux tout seul !
A SUIVRE..................
mercredi 28 décembre 2011
JOLIES PHRASES DE CHEZ NOUS
-ICI, MEME SI ON N'A PAS D'ARGENT, ON SE SENT QUELQU'UN. Gabriel Conesa
-S'IL ME FALLAIT SYMBOLISER L'ALGERIE PAR UN SEUL BRUIT, JE CHOISIRAIS SANS HESITER, LA RIRE. Gabriel Conesa
- JE RESSENS TOUJOURS LE MEME MAL, LA MEME DOULEUR VIVE, LA, OU AU PLUS PROFOND DE MOI, JE SUIS AMPUTEE DE MA TERRE. Marie Cardinal
-NOUS AIMIONS LE CINEMA PRESQU'AUTANT QUE LE FOOTBALL. Gabriel Conesa
- L' HONNEUR ETAIT RESSENTI PAR TOUTE UNE FAMILLE. AUSSI, SAVAIT-ON LE SAUVEGARDER. André Trivès
-JE SUIS UN GLOBULE DANS LE SANG DE BAB EL OUED. Gabriel Conesa
-LE BALCON, C'ETAIT LA RUE A DOMICILE. Gabriel Conesa
-BAB EL OUED VIVAIT SOUS LE PAVOIS DU LINGE LAVE ET RELAVE. Marie Cardinal
-BAB EL OUED ETAIT UNE GRANDE ECOLE D'AMITIE. André Trivès
-SI ON N'A PAS LA MER,ON MEURT......OU PRESQUE. Robert Castel
-LE CAFE, C'ETAIT LE CLUB AU SENS ESPAGNOL DU TERME. Gabriel Conesa
-NATIONALITE OU RACE N'AVAIENT PAS PLUS D'IMPORTANCE QUE LA COULEUR D'UN MAILLOT DE BAIN. Gabriel Conesa
A SUIVRE........................
LA LANGUE DE CHEZ NOUS AUTRES de Hubert Zakine
LE PATAOUETE
La langue de chez nous autres, c’est pas la langue à tout le monde. Elle ressemble à aucune autre et aucune autre langue elle ressemble à la langue de Robert Capomazza, Henri AGULLO ou Jacky ZENOUDA.
C’est pas une langue de bois même que les politiciens y sont champions du monde mieux qu’au football.
C’est pas une « mauvaise langue » encore que certaines femmes rien qu’elles critiquaient les voisines. Notre langue à nous autres, rien elle a à voir avec le phrasé de LAMARTINE mais plutôt avec celui de « La Martoune », « celle qu’elle a des blis-blis dans le citron », avec un zeste d’italien, un soupçon d’espagnol, une pincée d’arabe, trois fois rien de juif, quelques bribes de français et une tonne de gros mots.
Notre langue, elle a un nom à coucher dehors même que Azrine même pas y connaît son origine. Musette ou pas Musette? Taouète ou pas taouète, that is the question?
Notre langue, c’est la langue pataouète. Rien tu dis son nom et tu comprends que c’est une langue qu’elle a pas de pays. Peut être que c’est un kilo,un tchitchepoune, un ivrogne quoi, qui l’a nommée ainsi pour faire rimer pataouète et anisette. A saoir!
Toujours est-il, pour que le pataouète y reste pas une langue morte, obligé plein des écrivains que total y z’écrivent comme des savates, y z’ont tiré une langue comme ça pour raconter des histoires à dormir debout.
La langue pataouète, elle est comme les pataouètes eux mêmes: des marseillais à la puissance dix ( it la Grande Zohra) Alors obligé, les mots et les expressions françaises y suffisent pas pour exprimer ça qu’on a dans le ventre et qu’on sort par la bouche. Quand un métropolitain y rencontre une connaissance y lui dit : « comment allez vous? ». La vérité c’est fade comme un plat de couscous sans loubia, sans harissa et sans ch’tétrah.
Nous autres, avant de dire bonjour, on se donne une grande claque dans le dos pour montrer la force de nos sentiments même que ça fait un de ces mal! Après on s’insulte la mort de nos morts tellement qu’on est content de se revoir. Ensuite on s’embrasse la mort de nos osses. Enfin, rien qu’on parle pour rien dire avec des mots pataouètes que grâce à Dieu y z’existent oussinon on resterait muets comme des carpes qu’elles seraient pas radoteuses comme Madame NOGUES que toujours elle répète comme une smata qu’elle est.
Le langage pataouète, en un mot comme en cent, il a plus de punch et il est plusse imagé. Y sort du cœur alors que le français y sort seulement de la bouche.
La langue pataouète elle pêche dans la Méditerranée la bouillabaisse, la paella, la macaronade et le couscous et elle en fait un gigantesque « ralota »; quel imbécile en français y devient « quel babao»,
« quel r’mar », « quel badjej » , « quel torrène » en pataouète.
Disons que le pataouète est un français gargantuesque dont les effets gestuels, sonores et grammaticaux y sont amplifiés par cent, voire mille.
Le pataouète, un manchot y peut pas le parler parce que les mains de nous autres, elles sont le prolongement de notre bouche. Un « karse », un « smom », une figure d’enterrement quoi, y peut pas apprendre le pataouète « pace que » la langue de chez nous autres, elle se chante et elle se rit, elle se crie et elle s’exclame, elle s’enflamme et elle enflamme. Notre langue, elle puise son énergie dans les jardins de Tolède, les cafés de Livourne, les souks d’Arabie ou les ruelles de Jérusalem. Notre langue elle est notre expression, notre passeport pour l’amitié, notre essence de civilisation méditerranéenne, notre mémoire éternelle.
ELLE EST NOTRE AME !
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mardi 27 décembre 2011
MON AMI D'ALGERIE de Hubert Zakine
MON AMI D’ALGERIE
Je me souviens de toi, mon ami d’Algérie
Tu partageais mes joies, tu partageais ma vie.
A l’école de la rue, on a grandi ensemble
Sous une même lumière, pour que l’on se ressemble.
Au square de l’amitié, nous étions des enfants
Pour qui l’éternité parlait de nos parents.
La leçon qui prônait les bons vieux sentiments
Est entrée dans nos coeurs ouverts aux quatre vents.
Je me souviens de toi, mon ami d’Algérie
De nos mancaouras et de nos jeux de billes
De nos matches de football jusqu’à la nuit tombée
Pour une suprématie entre équipes de quartier.
Nous « tapions » l’avenue, la sieste ou la pancha
Sur un verre d’anisette, nous tapions la khémia.
D’origine différente ou de même religion,
Nous étions, tous, enfants d’une même maison.
Je me souviens de toi, mon ami d’Algérie.
De cette exubérance, de ce grain de folie
Qui grimait en dispute la moindre discussion
Et donnait le fou-rire à chaque réunion.
Des anciennes traditions, nous étions les fidèles.
Le respect des anciens nous était naturel.
Pour l’amour d’une mère, nous aurions tout donner
Comme savent le faire, les enfants de Méditerranée.
Je me souviens de toi, mon ami d’Algérie.
Du partage des joies que dispensait la vie
De cette douce affection qui habitait les coeurs
Et faisait de l’enfance, le pays du bonheur.
Elle a muri en nous au soleil de l’été
Enrichie par le miel de la complicité
Elle a pris rendez-vous avec l’éternité
Quand, là-haut dans le ciel, pleurera le passé.
Je me souviens de toi, mon ami d’Algérie.
De ton patriotisme à la France éblouie
Lorsque tu déployais l’oriflamme de son nom
Pour une fête nationale le long de ton balcon.
Je me souviens de toi, mon ami d’Algérie
De cet accent issu des jardins d’Arabie
Que tu entretenais sans même le savoir
Jusqu’au jour où quelqu’un te traita de pied noir.
Depuis l’heure fatidique où tu pris le bâteau,
Tu le portes fièrement comme on porte un drapeau.
Quelque soit le pays où tu vis aujourd’hui,
Tu seras, à jamais, mon ami d’Algérie.
Hubert Zakine
Je me souviens de toi, mon ami d’Algérie
Tu partageais mes joies, tu partageais ma vie.
A l’école de la rue, on a grandi ensemble
Sous une même lumière, pour que l’on se ressemble.
Au square de l’amitié, nous étions des enfants
Pour qui l’éternité parlait de nos parents.
La leçon qui prônait les bons vieux sentiments
Est entrée dans nos coeurs ouverts aux quatre vents.
Je me souviens de toi, mon ami d’Algérie
De nos mancaouras et de nos jeux de billes
De nos matches de football jusqu’à la nuit tombée
Pour une suprématie entre équipes de quartier.
Nous « tapions » l’avenue, la sieste ou la pancha
Sur un verre d’anisette, nous tapions la khémia.
D’origine différente ou de même religion,
Nous étions, tous, enfants d’une même maison.
Je me souviens de toi, mon ami d’Algérie.
De cette exubérance, de ce grain de folie
Qui grimait en dispute la moindre discussion
Et donnait le fou-rire à chaque réunion.
Des anciennes traditions, nous étions les fidèles.
Le respect des anciens nous était naturel.
Pour l’amour d’une mère, nous aurions tout donner
Comme savent le faire, les enfants de Méditerranée.
Je me souviens de toi, mon ami d’Algérie.
Du partage des joies que dispensait la vie
De cette douce affection qui habitait les coeurs
Et faisait de l’enfance, le pays du bonheur.
Elle a muri en nous au soleil de l’été
Enrichie par le miel de la complicité
Elle a pris rendez-vous avec l’éternité
Quand, là-haut dans le ciel, pleurera le passé.
Je me souviens de toi, mon ami d’Algérie.
De ton patriotisme à la France éblouie
Lorsque tu déployais l’oriflamme de son nom
Pour une fête nationale le long de ton balcon.
Je me souviens de toi, mon ami d’Algérie
De cet accent issu des jardins d’Arabie
Que tu entretenais sans même le savoir
Jusqu’au jour où quelqu’un te traita de pied noir.
Depuis l’heure fatidique où tu pris le bâteau,
Tu le portes fièrement comme on porte un drapeau.
Quelque soit le pays où tu vis aujourd’hui,
Tu seras, à jamais, mon ami d’Algérie.
Hubert Zakine
lundi 26 décembre 2011
L'UNESCO ET LES ENFANTS PALESTINIENS par Gerard Fredj
L'Unesco reconnait les appels à la haine contre les juifs dans un magazine palestinien pour enfants
Nous rapportions dans notre édition de jeudi dernier, le soutien apporté par l'Unesco à l'édition d'un magazine palestinien pour enfant, Zayzafouna, dont un numéro faisait l'apologie du nazisme et véhiculait une éducation à la haine des juifs.
A travers un dialogue entre Hitler et une petite fille en particulier, la revue vantait les bienfaits de la Shoah, le dictateur nazi lui expliquant en particulier qu'il a tué des juifs " pour qu'elle sache qu'il y a une nation qui sème la destruction dans le monde".
Le directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, a été alertée par l'ambassadeur américain et le centre Simon Wiesenthal qui ont, chacun, envoyé un courrier.
L'Unesco a réagi avec une rapidité qu'on le lui connaît pas souvent, en décidant de stopper tout financement et toute participation à la revue.
Il aurait été expliqué à Mahmoud Abbas que l'admission à l'agence Onusienne va "au-delà d'un drapeau hissé, mais qu'elle implique le respect de valeurs telles que la tolérance et le respect de l'Autre".
Selon l'observatoire Palestinian Media Watch (PMW), la revue publiait de manière régulière des articles glorifiant la "guerre sainte" contre Israël, comme les attentats-suicides.
Sur le site Internet de l'Unesco, on peut lire sur le sujet "l'inclusion dans le magazine de textes pouvant être assimilés à une apologie de l'Holocauste sont incompatibles avec le mandat et les valeurs de l'Unesco"
L'Unesco se dit "consternée et choquée " et affirme avoir demandé des explications à l'éditeur comme à l'Autorité palestinienne, poursuivant que l'agence "déplore et condamne de tels contenus "appelant à la haine, tout en rappelant l' engagement de l'agence internationale dans les programmes d'éducation à la Shoah.
samedi 24 décembre 2011
31 RUE MARENGO "le petit juif de la casbah d'Alger" de Hubert Zakine
EXTRAIT
La route de la prime enfance et de l’école communale débouchait à présent sur l’autoroute de l’adolescence avec l’entrée en quatrième dans la cour des grands au lycée et, pour Kader, à l’apprentissage d’un métier figurant parmi les plus nobles de l’artisanat, boulanger. La séparation des quatre mousquetaires, pour temporaire qu’elle apparaissait, n’en troublait pas moins l’amitié. Une amitié a besoin de la permanence des rencontres et du partage des heures égrenées par la vie pour écrire les plus belles pages de la jeunesse. Les souvenirs se forgent à l’école, au jardin ou dans la rue, au cinéma du jeudi aussi. Et les amis de la rue Marengo mesuraient avec justesse les longues périodes de séparation qu’occasionneraient les horaires du lycée et celle de l’apprentissage chez Mr Vidal. Heureusement, d’autres tranches de vie remonteraient les aiguilles à l’horloge de l’amitié.
Dans la casbah et dans toute l’Algérie, les balcons et terrasses jouaient un grand rôle dans le mode de vie en communauté. Respectant une tradition en cours dans la plupart des immeubles modernes possédant une terrasse commune, un jour de la semaine était dévolu à chaque locataire pour la lessive ou toute autre activité ménagère ou festive. La terrasse du 31 rue Marengo n’échappait pas à la règle. Et les soirées de fête religieuses s’accommodaient parfaitement de ces appartements à ciel ouvert lorsque les salles à manger devenaient trop étroites pour accueillir toute la famille réunie autour de la table de l’aîné. Ces terrasses du bout du monde, bateaux ivres bercés de rires et de jeux d’enfants, se transformaient en mini-terrain de football pour les enfants de l’immeuble trop jeunes pour arpenter les ruelles de la casbah. Richard et ses amis se souvenaient de ce temps pas si lointain où, pieds et torses nus, ils s’escrimaient à imiter les vedettes locales de l’A.S.S.E ou du G.S.A. dans d’homériques « deux contre deux ». Parfois, ils venaient troubler le jeu des petits dans un élan venu du fond de leur enfance à peine enfuie qui les surprenait tout en les ravissant.
Dès le début de l’après-midi, les femmes s’emparaient de la terrasse autour de conciliabules à perdre haleine qui s’interrompaient le temps de préparer le goûter de quatre heures aux enfants pour reprendre de plus belle jusqu’à la tombée de la nuit lorsque le retour de « l’homme » annonçait l’heure du dîner. Puis, la nuit silencieuse enveloppait la casbah et chacun « prenait la fraîche » en « tchortchorant » avec le voisinage sous le ciel étoilé d’Alger. Ces lieux intimes d’échanges et de complicité, de disputes parfois qui oscillaient entre la comédia dell’arte et le drame, ces parfumeries aux senteurs de cristaux de soude, de javel et de paillettes de savon noir qui se mêlaient aux effluves sucrées des gâteaux de la fête, ces petites annexes ouvertes sur l’amitié et le temps passé, où les heures s’écoulaient paisiblement, rythmées par le battement d’un éventail qui entretenait la braise du kanoun, où se racontaient les histoires anciennes d’une casbah qui déclinait encore son identité judéo-arabe mais guettait du coin de l’œil la modernité se voulaient lieux de fraternité et d’évasion. La fonction première de la terrasse du 31 rue Marengo, comme de toutes celles de la Casbah et au-delà, de tout Alger, était de servir de blanchisserie à ciel ouvert. Selon un ordre bien établi, un jour par semaine, une famille s’emparait de la terrasse et de la buanderie. Le matin, les femmes de la famille s’escrimaient sur le linge, frottaient à l’aide d’une brosse à chiendents ou à mains nues. Dans une odeur délicieuse de propre et de savon noir, le travail se faisait dans des bacs en ciment prévus pour le trempage, le lavage et le rinçage. Le rire s’invitait en permanence car les voisines montaient pour aider la préposée aux vêtements ou simplement pour passer un moment et boire un bon kawah.
*****
vendredi 23 décembre 2011
LA SYMPHONIE DES ODEURS DE MIDI A BAB EL OUED de André Trivès
Une partie de mon enfance j'ai habité au n° 4 de la rue Mazagran dans le quartier Rochambeau. Je suis resté un peu étranger à ce lieu car je continuais d'aller à l'école de la place Lelièvre. L'usage faisait que tous les midis, je rentrais déjeuner à la maison et le parcours entre l'école et chez moi se déroulait comme une pièce de théâtre où les scènes de la vie courante s'y répétaient à l'infini. D'ailleurs, la joie d'une enfance insouciante résultant de la douceur du temps, la vie au jour le jour sans chichis comblant les ambitions, l'aide naturelle des voisins sur laquelle on pouvait compter sans réserve, la beauté de la mer qui cristallisait sa palette de bleus chatoyants entre Padovani et le Petit Bassin, le caractère fataliste des petites gens marqués par les revers de la vie, la bonne humeur comme antidote à l'existance souvent injuste et aux vicissitudes du quotidien, et, tout là-haut sur la colline, Notre Dame d'Afrique, l'icône des croyants dressée majestueusement sur son piedestal, pour rappeler aux familles de Bab el Oued qu'envers et contre tout, la dignité nous pousse à toujours rester debout; rien, mais vraiment rien ne pouvait laisser penser à un changement des habitudes héritées de nos aïeux. Comme celui de la veille, comme celui du lendemain, mon retour se déroulait par les mêmes endroits, peut-être aussi parce qu'à l'âge de dix ans les repaires sont toujours rassurants: après la rue de Chateaudun que je dévalais en courant avec une accélération dans la pente entre Loukal le marchand de poules et le bar Costes à l'angle du marché, je redescendais la rue des Moulins, laissant derrière moi le brouhaha des ménagères qui se pressaient à l'entour de midi et des marchands de légumes qui criaient dans une ultime ardeur leur désir de liquider à meilleur pris les produits qui restaient encore sur leur étal. Je faisais une courte halte au magasin de mon père qui me confiait un filet à trous contenant un morceau de glace conséquent; alors commençait pour moi un trajet pénible avec cette charge fondante qui tétanisait mes bras à tour de rôle et ne manquait pas de rafraîchir mes jambes rougies par le froid. Je traversais en courant la circulation automobile qui montait et descendait l'avenue des Consulats, des coups de klaxons intempestifs martelaient l'empressement des conducteurs à regagner la table familiale tout comme moi. Je me ressassais les consignes de mon père quelques instants auparavant:" fais bien attention en traversant..". En passant devant L'Olympique mon regard se portait sur le panneau d'affichage qui alignait les écussons des clubs de foot annonçant les résultats et les classements des championnats nationaux et locaux. Ce grand tableau qui se présentait comme une fresque historique, faisait la joie des supporters lorsque leur favori avait gagné; une foule compacte se précipitait tous les dimanches à la sortie du cinéma vers dix neuf heures pour découvrir la performance de leur club chéri et L'Olympique soulevait de belles émotions
Après avoir humé l'arôme picotant des épices de l'épicerie de l'Etoile Blanche à hauteur de la station de taxis du boulevard de Provence, je marquais une halte devant le commissariat du 5° arrondissement et après avoir laissé une flaque d'eau sur le trottoir, je poursuivais par la place Wuillermoz déserte à cette heure là, remontais la rue Rochambeau, laissant sur ma gauche le Café de Cadix où l'heure des rencontres autour d'une kémia battait son plein: la voix émue de Salvador racontant avec nostalgie l'aventure inouie du mariage de sa fille Pierrette partie à jamais avec un américain pour les Etats Unis était couverte par celle de stentor du dénommé Babeuf s'esclaffant de la dernière histoire. Je retrouvais en stationnement La Skida, un véhicule de collection d'avant-guerre avec ses roues à rayons, un instant la rue s'embouteillait à la manoeuvre d'un camion-citerne effectuant une marche arrière en direction du garage, enfin, l'odeur sucrée de la fabrique de dragées et la cohue de l'épicerie Apicella, m'annonçaient la fin proche de mon périple où la faim me tordait l'estomac.
Je débouchais dans la rue Mazagran, laissant derrière moi les escalier menant au Marignan et l'école Rochambeau désertée, mon regard se fixait sur une vue de carte postale: le bleu de la mer brillait de mille feux dans l'encadrement sombre des immeubles qui bordaient la rue, et sur le parapet qui longeait le front de mer entre Padovani et les Bains de Chevaux, la silhouette des pêcheurs immobiles découpait l'horizon; au loin dans le sillage des paquebots qui revenaient ou partaient pour la France, les fumées noires se dissipaient comme les rêves vagabonds qui traversaient la naïveté de mon enfance. Si le trajet m'était paru long en marchant rapidement, je dois avouer que pour gravir les escaliers de mon immeuble où nous occupions le 6° et dernier étage, j'allais cette fois-ci prendre tout mon temps pour savourer un moment exceptionnel qui allait ravir mes narines: sentir les odeurs alléchantes de cuisine qui embaumaient la cage d'escalier.
Dès le rez-de-chaussée, j'étais excité par les effluves de poivrons grillés et d'aubergines frites qui me déclenchaient un torrent d'eau dans la gorge desséchée. Ce n'était qu'un mise en bouche. A l'étage au-dessus une friture de petits rougets émerveillait mon odorat et mes papilles se désolaient de n'avoir rien à se mettre sous la dent. Je ralentissais la montée et inspirais profondément pour déguster au maximum ce festival de cuisines méditerranéennes. Je me léchais les lèvres à l'idée de ce festin virtuel que j'imaginais. Au 2° étage, je n'avais aucune peine à reconnaitre la marmite qui mijotait les haricots blancs avec un concentré d'ail et de koumoun qui s'accompagnait d'une graine de semoule concoctée par Madame Amar qui prévenait les siens:" A table! je vous ai préparé un couscous-loubia". Je continuais lentement ce chemin initiatique des fumées odorantes qui abreuvaient ma langue et me donnaient le sentiment que toutes les mamans de l'immeuble s'étaient données le mot pour m'offrir à la même heure un récital de senteurs appétissantes comme une récompense pour adoucir le pénible trajet que j'accomplissais avec ce lourd et encombrant morceau de glace. Le 3° étage ne dérogeait pas à la règle: les beignets de sardine de la mémé Cozzolino enflammaient mon appétit et donnaient au menu de l'immeuble une note de réjouissance supplémentaire. Je passais d'un palier à un autre sans regret, les plaisirs étaient partout les mêmes. Le ragoût de mouton du 4° étage était un monument de saveur qui s'infiltrait dans tous les recoins, et lorsque s'ajoutaient les cocas aux blettes avec une pointe d'anchois, les cocas à la soubressade et les cocas farcies de frita justes sorties du four, les escaliers devenaient les Champs Elysées de la gastronomie. Enfin, le 5° étage était la dernière satisfaction de mes repas inaccessibles où j'attribuais le prix d'excellence à Madame Abisserour pour son couscous "magique". Ce n'était pas un "couscous comme là-bas", c'était un "couscous comme ici". J'inspirais à plein poumons les émanations qui se répandaient sur le palier et je gravissais le dernier étage en apnée pour garder le plus longtemps possible cet oxygène au parfum de délice. Arrivé chez moi, les narines perturbées par tant de saveurs, je me régalais avec les artichauts à la barigoule ou le "potaré" que me préparait ma mère et qui calmait les manifestations bruyantes de mon estomac.
Je repartais à l'école vers 13 h en dévalant les escaliers 4 à 4,les odeurs s'étaient estompées; désormais j'avais hâte de retrouver la partie de billes qui m'attendait sur la place Lelièvre jusqu'au retentissement de la cloche. Au retour de l'école vers 17 h, mes narines étaient de nouveau en éveil et mes glandes salivaires à l'épreuve; je retrouvais en grimpant les étages des odeurs différentes sucrées et caramélisées, des parfums de canelles qui habillait les gâteaux que les mamans préparaient amoureusement pour le goûter de leurs rejetons affamés. L'immeuble se transformait en pâtisserie internationale et chaque étage avait sa vitrine de gâteries achalandée suivant les jours et les périodes de fêtes religieuses; j'inspirais à pleins poumons l'air suave qui se répandait du sol au plafond et qui me faisait deviner les roulés à la confiture, les tartes au citron,les biscuits au chocolat, les figues et dattes farcies de pâte d'amande, les mantécaos, les rolliettes, les oreillettes, les endjenettes, les makrouds, les beignets sucrés, les patates douces, les cigares et les croquets aux amandes, et à Pâques, une seule odeur affirmait sa dictature dans tout Bab el Oued, c'était celle de la "mouna" que l'on venait de faire cuire dans le four du boulanger.
La cage d'escalier de mon immeuble représentait sans le savoir une sorte d'autitorium olfactif à la gloire de la gastronomie du pays qui, à la manière d'une symphonie musicale me charmait de belles sensations. Les mamans à l'instar d'une chorale interprétaient à l'unisson en un même lieu, un récital des goûts et des saveurs dédié aux plaisirs de la table pour la satisfaction des petits et des grands. Avec ces petits plats dont les recettes pleines de secrets se transmettaient de mère en fille, elles nous gratifiaient d'un beau moment d'amour en direction de toute la maisonnée.
jeudi 22 décembre 2011
LE DICTIONNAIRE PATAOUETE de Hubert Zakine
SURNOM / le pataouète tout juste y connait le nom de son meilleur ami. Tout ça parce que le surnom y prenait le dessus en déviant sur les défauts physiques, intellectuels ou patronymiques ( houah ce mot dé!)
Un guitche y devenait "n'a qu'un oeil", un bancal "tour de Pise", un gentil on l'apparentait à un mouton "bééé!", un stokafitche "Hercule", un chauve "fartasse".
Quelques célèbrités de Bab El Oued : kikilomètre,tcho tcho baby, martoune, taclo, taouélo, bozambo, la boule, king kong, mauriçeau, p'tit homme, touèle etc, etc.................
STOFAFITCHE / un stokafitche, c'est la version humaine du "fil de fer", celui qui peut se cacher derrière un poteau tellement qu'il est maigre, qui fait pitié que les mères de chez nous elles se lamentent de pas le grossir.
TABONAH / Ca a rien à voir avec notre Tony Arbona qui se les gèle dans les tribunes du Parc des Princes. En français dans le texte, ça veut dire "lourd" comme le pataouète qui rouspète quand la couverture de son lit, elle est lourde que ça lui donne des crampes. Mais comme il vit à Paris, il a acheté le manteau pour la Sibérie. Le Tabona, quoi!
TAFANAR / C'est la partie charnue d'un homme ou d'une femme. Celle qui avait le plus beau "tafanar" de Bab El Oued, c'était la petite Costa. Quand elle marchait, on attrapait le mal de mer tellement qu'elle le remuait, son "tafanar".
TANNEE / On peut prendre une tannée, à la belote, aux noyaux, à la castagne, au football ou comme Tony Zale devant Marcel Cerdan que le pauvre y savait pas dans quelle galère y s'était mis. Et aussi par la mère quand elle courait après son fils, la savate à la main et qu'elle lui promettait la tannée.
TARMAH / TERMAH / quand la partie charnue de l'individu elle est vraiment trop grosse, on dit que le" termah" c'est pire qu'une malle arabe.
A SUIVRE...............
A SUIVRE...............
mercredi 21 décembre 2011
LETTRE DE HAMDANE AMMAR A BAZIRA KHIARI
Lettre ouverte à la sénatrice socialiste Bariza Khiari, qui ose parler d’un bon islam…
Tout d’abord, excusez mon audace, car j’ai beaucoup hésité avant de vous écrire, pour soulever le problème de l’Islam et pour répondre aux déclarations que vous avez faîtes sur la chaine de télévision
parlementaire.
En effet, vous avez dit qu’il y a une grande différence entre votre Islam et celui qui fait débat actuellement à travers le monde. Sachez Madame la Sénatrice, que je ne partage pas vôtre point de vue. Je crois savoir, si mes sources sont fiables, que vous avez les mêmes origines que moi : berbères.
Eh bien, ouvrons les manuels d’histoire. L’Islam s’est propagé en Afrique du nord par l’épée et il a soumis nos ancêtres communs par la terreur, en appliquant à la lettre le Djihad. Sinon comment m’expliquer que Okba le conquérant était devenu le libérateur et Koceyla, le patriote, était devenu
l’ennemi de son propre pays, passant aux oubliettes de l’histoire ?
Qui se souvient du prince Koceyla en Algérie ? Personne, parce qu’il était Chrétien !
Mais une ville du sud algérien porte le nom d’Okba pour le glorifier.
Qui dit mieux ?
Ce ‘valeureux’ chef musulman Okba, pour mieux humilier et rabaisser plus bas que terre nos ancêtres amazighs, à son retour dans son pays, emmena dans ses bagages 25.000 adolescentes berbères comme butin de guerre, séquestrées au cours de ses razzias qui furent vendues comme esclaves sexuelles sur les marchés de Damas. Et j’en passe mais sans oublier la diabolisation bien orchestrée de la Reine Kahina, par les envahisseurs de la Numidie qui perdure jusqu’à nos jours.
Quant au Coran, c’est l’auberge espagnole, on peut y faire le marché à la carte, suivant le goût et l’odeur du moment. La religion islamique est une vraie lessiveuse des esprits…
Madame la Sénatrice, et avec votre permission, évoquons le sort réservé à la femme en Islam. Et commençons par Mahomet, lui-même, ne s’est-il pas marié avec Aïcha, la gamine de neuf ans, alors qu’il en avait cinquante deux ou cinquante trois ? N’avait-il pas pris comme épouse Zineb, la femme de son fils adoptif Zaïd, après l’avoir contraint à se séparer d’elle, par un verset coranique ? Et combien d’épouses et de femmes esclaves, avait-il possédé durant sa vie ?...
C'est une question que je me pose et que je vous pose et j’attendrai votre réponse pour aérer mon esprit embrouillé. Quant au statut de la femme, l’Islam a scellé son sort depuis 14 siècles. Il n’y a qu’à voir ce que les versets coraniques ordonnent en ce qui concerne le témoignage, l’héritage, la polygamie, le mariage, le divorce à son sujet….
N’est-il pas écrit dans le Coran : « les hommes sont supérieurs aux femmes parce que Allah leur a octroyé la supériorité sur elles. Par conséquent, il donne aux hommes le double de ce qu’il donne aux femmes. Les maris qui souffriront de la désobéissance de leurs femmes, peuvent les châtier : abandonner leur lit et même les frapper. Il n’a pas été légué à l’homme pire calamité que la femme. »
Arrêtons de nous voiler la face et de radoter que c’est un complot ourdi par nos ennemis que nous avons appris à ânonner haut et fort pour dédouaner l’Islam de la situation d’infériorité qu’il a infligé à
nos mères, à nos épouses, à nos sœurs, et à nos filles depuis 14 siècles.
Mais pour ma part, je crois que nous parlons de l’Islam sans connaître sa matrice, la bédouinité.
Je pourrai soulever d’autres questions qui fâchent, à l’exemple de l’esclavage qui est codifié par l’Islam, le sort des juifs et des chrétiens qui deviennent des dhimmis. Quant au sort du renégat, il est
vite expédié, car il est du devoir de chaque musulman de lui couper la tête.
On devient musulman par héritage et pour l’éternité… Où sont passés les droits de l’homme et où passée la liberté de conscience, de confession en territoires islamiques dont se gargarisent les intellectuels musulmans confortablement installés en Occident, terre par excellence des Infidèles,
qui squattent à longueur d’année certains plateaux de chaînes de télévision avec la complicité des journalistes en quête d’audimat ?
Mais moi, j’ai des trous de mémoire, excusez-moi, j’ai oublié qu’il y a une vraie douceur de vivre en terre Chrétienne mille fois mieux qu’à la Mecque. Alors de grâce, ces censeurs de conscience qui croient dur comme fer que l’Islam est humaniste, pourquoi s’accrochent-ils contre vents et marrées à demeurer en Occident alors qu’ils seraient mieux lotis en terre d’Islam pour adorer Allah en toute quiétude sans qu’ils soient gênés par le comportement immoral des Occidentaux comme ils ne cessent de le radoter, aux pays du porc et du vin?
Quant à moi, je les invite à me rejoindre dans l’enfer de l’arabo-catastrophisme, je les y attendrai avec du lait et des dattes tout en leur souhaitant la bienvenue au club des damnés de la terre, car de Tanger jusqu’à Djakarta, je n’aperçois qu’aliénation culturelle, haine, sous-développement, misère et désolation.
J’arrête de divaguer mais pas avant de vous avoir dit, Madame la Sénatrice, que la femme n’a pas le droit de fouler le paradis où elle sera remplacée par les houris. Heureux le musulman qui accédera au ferdaous, le jour du jugement dernier, car il aura à sa disposition soixante douze houris et des rivières de vin ( verset coranique). Et je vous défie de m’apporter les arguments contraires.
Arrêtez de faire de la manipulation, car tôt ou tard la vérité éclatera et les Français de gauche découvriront le vrai visage de cette religion basée sur les mensonges, l’exclusion et la barbarie quand ils seront devenus des dhimmis mais ce jour-là, il sera trop tard.
Veuillez agréer, Madame la Sénatrice, l’expression de ma haute considération.
Hamdane Ammar
LE DESTIN FABULEUX DE LEON JUDA DURAN "SIEUR DURAND D'ALGER"
Perdu dans ses pensées, Léon Juda fut ramené à la désespérante réalité lorsque la calèche stoppa aux abords des sources de BIRTRARIA, près de la campagne du Frais Vallon.
Ali Ben RAÏS avait freiné son attelage pour laisser son jeune maître se recueillir sur le promontoire de l'acqueduc dominant la place des suppliciés juifs.
Avec des gestes lents et lourds, Léon Juda escalada la petite colline. Le regard douloureux du fils endeuillé ne put soutenir la vision de ce lieu maudit qui vit tant de ses coreligionnaires précéder son père dans la longue liste des martyrs juifs de ce pays.
L'amertume au bout du regard, il tourna le dos à cette place où la pendaison, l'empalement, la décapitation, l'écartèlement, la lapidation et bien d'autres tortures ottomanes servaient de spectacle à une populace corrompue.
La calèche traversa le Passage JENNEE situé sous le Palais de la "JENINA". Cette voie, couverte d'arcades soutenues par d'épaisses colonnes à têtes d'animaux sculptées, captait la lumière sublime d'EL DJEZAIR puis la diffusait, tamisée, au grand bonheur des caravaniers qui s'y reposaient, heureux de cette halte rafraîchissante. Y séjournaient de nombreux mendiants dans l'espérance d'une hypothétique pièce de monnaie jetée avec dédain ou générosité par quelque dignitaire étranger.
Léon Juda demanda audience à HADJ ALI qui régnait sur EL DJEZAIR depuis 1809. Contre toute attente, le Dey accepta de le recevoir sur-le-champ ce qui intrigua le jeune homme mais ne le déstabilisa point.
--" Peut-être me confond t-il avec un membre influent de la communauté!" se contenta t-il de penser en franchissant le bureau du Dey.
Trônant sur un canapé à baldaquin, assis en tailleur et adossé à un tapis de coussins de velours vert et bronze, HADJ ALI apposait son sceau sur un parchemin soutenu par un écritoire en bois, présenté par un jeune noir aux pieds nus.
Son visage autoritaire, adouci d'un collier de barbe grisonnante, se tourna vers le visiteur occupé à poser son regard-girophare sur ce décor familier, mille fois arpenté en attendant son père, David DURAN, "drogman " de MUSTAPHA PACHA.
Seule, la fontaine était restée intacte, toute de faïence outremer enchâssée et clapotant du même ruissellement musical de son eau claire et limpide.
Léon Juda sentit l'insistance du regard posé sur lui et le souffle puissant de la voix rocailleuse qui l'interpella.
--" Je t'accorde peu de temps ! Alors parle ! Et parle vite ! Et d'abord, qui es-tu ?"
--" Je suis Léon Juda BEN DURAN, fils de David DURAN et descendant de l'illustre "RASHBAZ"
--" Ainsi, tu es le fils de l'ancien Chef de la Nation Juive!"
--" Oui! MONSEIGNEUR! Et je ne trouverai le repos de l'âme qu'après avoir connu la raison qui a armé le bras du bourreau! ".
--" Ton père a mal agi! Il a dressé ses frères les uns contre les autres!"
--" Avec tout le respect que je dois à votre Seigneurie, mon père désirait, par-dessus tout, le bonheur de sa communauté. Jamais, il n'aurait transgressé la loi de MOÏSE. Toute sa vie, il a mis en application l'héritage de son ancêtre qui a réunifié le judaïsme du pays!"
HADJ ALI emprunta un ton moins autoritaire devant les accents de sincérité qui émanaient de ce jeune juif qui outrepassait, pourtant, ses privilèges.
--"Ces derniers temps, les rapports BACRI-DURAN s'étaient détériorés et les plaintes sur la gestion des finances israélites s'étaient amoncelées sur mon bureau!"
--" Mais, vôtre grâce! Jamais la maison BACRI n'a pardonné à mon père la détention de Joseph COHEN-BACRI dans sa "Djénan", mais cela découlait d'une injonction du Dey....."
--"Cela suffit, jeune homme! Ton père me tenait tête, comme toi du reste! Il voulait m'imposer ses vues sur la condition de sa communauté! Et cela je ne l'accepte pas! Ni de lui ni d'un autre! Le nouveau "Moqqadem" l'a bien compris, lui !"
Devant la mine décomposée de son jeune interlocuteur, le Dey fixa Léon Juda, droit dans les yeux, puis ajouta:
--"N'oublies jamais qu'ils ont exigé que je lui prenne la vie!"
A SUIVRE................
Bernard Lugan censuré sur I-Télé

Après un véritable psychodrame, la direction d’I-Télé a censuré un entretien que Robert Ménard avait enregistré avec l’africaniste Bernard Lugan dans le cadre de son émission quotidienne « Ménard sans interdit ». Bernard Lugan avait été invité pour présenter son essai « Décolonisez l’Afrique » qui vient de paraître chez Ellipses.
Cette décision relève de la censure et de l’atteinte à la liberté d’expression dont se réclament pourtant les journalistes. Une telle mesure montre que ceux qui se permettent de donner des leçons de démocratie, de tolérance et de « droits de l’homme » au monde entier ne supportent pas le parler vrai.
Quelle était donc la teneur des propos « scandaleux » tenus par Bernard Lugan ? Robert Ménard, avait posé à ce dernier quatre grandes questions :
1) Dans votre livre vous écrivez que les Africains ne sont pas des « Européens pauvres à la peau noire » ; selon vous, c’est pourquoi toutes les tentatives de développement ont échoué en Afrique ?
Le refus de reconnaître les différences entre les hommes fait que nous avons imposé à l’Afrique des modèles qui ne lui sont pas adaptés. Nous l’avons fait avec arrogance, comme des jardiniers fous voulant greffer des prunes sur un palmier et noyant ensuite le porte-greffe sous les engrais. C’est ainsi que depuis 1960, 1000 milliards de dollars d’aides ont été déversés sur l’Afrique, en vain. De plus, nous avons voulu européaniser les Africains, ce qui est un génocide culturel. De quel droit pouvons-nous en effet ordonner à ces derniers de cesser d’être ce qu’ils sont pour les sommer d’adopter nos impératifs moraux et comportementaux ? L’ethno-différentialiste que je suis refuse cette approche relevant du plus insupportable suprématisme. Contre Léon Blum qui déclarait qu’il était du devoir des « races supérieures » d’imposer la civilisation aux autres races, je dis avec Lyautey qu’il s’agit de pure folie car les Africains ne sont pas inférieurs puisqu’ils sont « autres ».
2) Dans votre livre vous proposez de supprimer l’aide.
Oui, car l’aide, en plus d’être inutile, infantilise l’Afrique en lui interdisant de se prendre en main, de se responsabiliser. Dans la décennie 1950-1960, les Africains mangeaient à leur faim et connaissaient la paix tandis que l’Asie subissait de terribles conflits et d’affreuses famines. Un demi siècle plus tard, sans avoir été aidées, la Chine et l’Inde sont devenues des « dragons » parce qu’elles ont décidé de ne compter que sur leurs propres forces, en un mot, de se prendre en charge. Au même moment, le couple sado-masochiste composé de la repentance européenne et de la victimisation africaine a enfanté d’une Afrique immobile attribuant tous ses maux à la colonisation.
3) Vous dénoncez l’ingérence humanitaire que vous définissez comme un hypocrite impérialisme et une forme moderne de la « guerre juste », mais n’était-il pas nécessaire d’intervenir en Libye pour y sauver les populations ?
Parlons-en. Nous sommes en principe intervenus pour « sauver » les populations civiles de Benghazi d’un massacre « annoncé ». En réalité, nous avons volé au secours de fondamentalistes islamistes, frères de ceux que nous combattons en Afghanistan. Cherchez la logique ! Violant le mandat de l’ONU et nous immisçant dans une guerre civile qui ne nous concernait pas, nous nous sommes ensuite lancés dans une entreprise de renversement du régime libyen, puis dans une véritable chasse à l’homme contre ses dirigeants. Or, le point de départ de notre intervention reposait sur un montage et nous le savons maintenant. Que pouvaient en effet faire quelques chars rouillés contre des combattants retranchés dans la ville de Benghazi ? On nous a déjà « fait le coup » avec les cadavres de Timisoara en Roumanie, avec les « couveuses » du Koweït ou encore avec les « armes de destruction massive » en Irak. A chaque fois, la presse est tombée dans le panneau, par complicité, par bêtise ou par suivisme.
Mais allons plus loin et oublions un moment les incontournables et fumeux « droits de l’homme » pour enfin songer à nos intérêts nationaux et européens, ce qui devrait tout de même être la démarche primordiale de nos gouvernants. Nos intérêts étaient-ils donc menacés en Libye pour que nos dirigeants aient pris la décision d’y intervenir ? Etaient-ils dans le maintien au pouvoir d’un satrape certes peu recommandable mais qui, du moins, contrôlait pour notre plus grand profit 1900 kilomètres de littoral faisant face au ventre mou de l’Europe ? Nos intérêts étaient-ils au contraire dans la déstabilisation de la Libye puis son partage en autant de territoires tribaux livrés aux milices islamistes ? Sans parler des conséquences de notre calamiteux interventionnisme dans toute la zone sahélienne où, désormais, nos intérêts vitaux sont effectivement menacés, notamment au Niger, pays qui fournit l’essentiel de l’uranium sans lequel nos centrales nucléaires ne peuvent fonctionner…
4) Votre conception du monde n’a-t-elle pas une influence sur vos analyses et prises de positions ?
J’ai une conception aristocratique de la vie, je dis aristocratique et non élitiste, la différence est de taille, et alors ? Depuis 1972, soit tout de même 40 ans, je parcours toutes les Afriques, et cela du nord au sud et de l’est à l’ouest, ce qui me donne une expérience de terrain unique dans le monde africaniste ; c’est d’ailleurs pourquoi mes analyses ont du poids. Dès le mois de décembre 2010, dans ma revue, l’Afrique Réelle, j’ai annoncé ce qui allait se passer en Egypte trois mois plus tard. De même, dès le début, j’ai expliqué que le « printemps arabe » n’était qu’un mirage, un miroir aux alouettes autour duquel tournaient les butors de la sous-culture journalistique cependant que, méthodiquement et dans l’ombre, les Frères musulmans préparaient la construction du califat supranational qui est leur but ultime.
Voilà les propos que les téléspectateurs d’I-Télé n’ont pas eu le droit d’entendre.
Comment riposter à cette censure ?
1) En rejoignant les centaines de milliers d’internautes qui ont visité le blog officiel de Bernard Lugan : www.bernard-lugan.com
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