UN MEDLEY DE MUSIQUE ISRAELIENNE PLEIN DE JOIE
mercredi 30 juin 2010
mardi 29 juin 2010
TRISTE VISION D'ALGER 2010
“Il n’y a rien à faire dans cette ville”, me dit Souad, une Libanaise installée ici depuis quelques mois. Son constat est loin d’être sévère. Souad aime les gens, mais où les trouver ? Comment les aborder ? Dans quel café ? Dans quelle brasserie ? On a l’impression qu’Alger s’est transformée petit à petit en une espèce de ville conçue pour abriter l’ennui. Alger est triste. Profondément triste. Et l’été n’y peut rien. Elle ne mérite peut-être même pas tout le soleil qui se déploie sur elle.
La pluie convient certainement mieux à cette ville. Elle colle pleinement à son aspect renfrogné. On a beau essayer de repeindre les murs de la ville, d’égayer ses façades, Alger reste sombre, malgré sa sublime lumière. A-t-elle perdu le sens de la fête ? L’a-t-elle eu un jour ? Une certaine forme d’amnésie nous fait penser que la fête a pris la clé des champs à cause de ces quinze années de guerre. Même pas vrai, diraient les gosses. On sublime un passé qui n’a peut-être jamais existé. Ou si peu. Avant la guerre, Alger était déjà en guerre contre elle-même. Elle s’enfonçait dans une longue liste d’interdits bigots combinés à un malaise malsain, que l’Etat avait inaugurée bien avant le zèle de la dévotion hirsute, sur laquelle, le plus souvent, on déverse injustement tous nos échecs et nos rancunes.
Alger est une ville policière. N’allez pas croire que ce soit à cause des attentats – ni du nombre croissant de ses policiers – qu’elle est policière. Alger est policière dans son attitude. Dans sa tête. Même sans policiers, elle aurait été policière. D’où le drame, peut-être. On s’y sent constamment guetté. Jaugé. D’abord par ses semblables. Les femmes bravent la hargne des regards mâles, mais elles restent tout de même prisonnières du temps et des hommes. Des cendrillons qui n’égarent aucune chaussure, mais sont tenues de rentrer chez elles bien avant minuit. La nuit, les femmes disparaissent. Mais les hommes aussi. Les femmes victimes des hommes et les hommes victimes d’eux-mêmes. Alger est une ville qui ferme, comme ses magasins. C’est une ville cadenassée que nous devrions cambrioler. Mais personne n’est assez doué pour forcer ses serrures. Quelle horreur, une ville qui ferme ses portes invisibles au nez de ses habitants ! Des portes contre lesquelles nous nous cognons constamment. Il ne viendrait à l’esprit de personne de se balader la nuit à pied. Prendre l’air. Un pot. Marcher. Découvrir d’autres senteurs. Voir la mer.
Le dos toujours tourné à la méditerranée
Même la mer, on ne la voit pas. On ne la voit plus. Est-ce les gens qui se sont détournés d’elle ou est-ce elle qui s’est détournée de nous ? Alger est devenue un désert sans sable traversé par des ombres pressées. On a de l’affection pour ses gens, mais on ne sait pas toujours où les trouver. Comment leur parler ? Nous sommes tous un peu comme Souad, la Libanaise.
Les dernières séances de cinéma, dans les deux ou trois salles encore fréquentables, sont programmées pour 18 heures. Quand elles ne sont pas carrément déprogrammées pour on ne sait quelles raisons, toujours valables aux yeux des gérants de salles. Après une séance de cinéma ratée, que nous reste-t-il ? Les cafés sont fermés. Les bars offrent des prestations médiocres d’où la gaieté et l’échange sont presque bannis pour laisser place à des murmures chaotiques ou des esclandres sans nom. Depuis plusieurs semaines, les bars sont sommés de fermer aux alentours de 22 heures. Prendre un soda ou une bière devient un véritable parcours du combattant. Et où écouter de la musique ? Et ces expositions, toujours organisées dans des lieux qui n’inspirent pas forcément la sympathie ? Malgré la beauté de leurs sites, ils sont honnis par la société. Je n’aime pas le palais de la Culture. Il est beau, mais je n’ai absolument rien à y faire. Et, quand j’y vais, c’est forcément pour faire plaisir à des amis artistes qui y exposent. La culture, la vraie, doit se faire dans la rue. Pas dans les palais, avec des ministres arrogants. El Djazaïr El-Mahroussa. Alger la bien gardée. Depuis les Turcs, la régence, Alger est sous surveillance. La moindre manifestation de joie inquiète. La moindre manifestation de colère panique. On a peur de la foule. Une agoraphobie institutionnelle qui n’a rien à voir avec les angoisses de l’individu, mais plutôt avec les terreurs des dirigeants envers la société. La société n’a jamais été écoutée, mais on l’a souvent mise sur écoute. Quand il y a un concert de musique, il y a souvent plus de policiers que de public. Idem pour les matchs de football. Alger est immédiatement quadrillée. Pour une raison étrange, les magasins de meubles restent ouverts très tard la nuit. Un ami anxieux me dit, avec un humour teinté de doute, que les vendeurs de meubles doivent travailler pour la police. Et si les Algériens, au lieu de s’amuser la nuit, préféraient acheter des meubles ? Peut-être bien. Mais, en attendant une réponse précise pour savoir pourquoi les magasins de meubles restent ouverts la nuit alors que tout est fermé, on peut déjà dire qu’une ville qui ne vit pas la nuit n’est pas une ville. C’est un village agricole sans les champs de blé à labourer.
Sid Ahmed Semiane
La Tribune
lundi 28 juin 2010
LA VILLA ABD EL TIF
Ayant permis aux artistes de toucher du doigt l’universalité des drames humains transposés dans des cadres différents, l’Afrique du Nord les a ramenés vers la seule grande logique immuable de l’Art : la substance profonde d’une oeuvre vaut mieux que la musique toujours artificielle de l’interprétation. » Jean Brune
La parution en 1893 du Journal de Delacroix et, de l’ouvrage de Signac De Delacroix au néo-impressionnisme fait de l’Afrique du Nord le lieu de conjonction de la peinture moderne et du luminisme lyrique. Léonce Bénédite, président de la Société des peintres orientalistes, cherche à institutionnaliser le pèlerinage en « Barbarie » dont Delacroix avait été le héros.
L’Afrique française devient alors populaire. Le coup d’envoi d’une propagande artistique est donné en 1906 par l’Exposition coloniale, des bourses de voyages sont instituées par le ministère des Colonies.
L’idée d’acclimater l’art sur place, d’enraciner son enseignement s’impose en Algérie. Le pays se structure et la vie artistique s’organise, un nombre non négligeable d’artistes viennent le visiter, le voyage en Algérie s’est substitué au voyage en Italie. Les artistes vont devoir s’adapter à ce pays, confronter leur talent avec la réalité des paysages et des hommes
La villa Abd-el-Tif, institution à part entière naît en 1907,elle va jouer un rôle déterminant dans la vie artistique de l’Algérie. Léonce Bénédite, conservateur du musée du Luxembourg, et Charles Jonnart,
gouverneur général de l’Algérie, président désormais aux destinées artistiques du pays. La bourse d’étude pour la villa Abd-el-Tif est décernée après un concours auquel l’artiste se porte candidat, comme pour les prix de Rome, et non à titre de récompense à l’instar des bourses de voyage et prix du Salon.
À un orientalisme de voyageur succède une peinture de résident. Le lieu de résidence des artistes est une villa mauresque enfoncée dans une magnifique verdure, à quelques minutes du jardin d’Essai d’Alger qui est pour
l’Algérie un « parc national ». En 1907, Charles Jonnart a l’idée d’offrir aux artistes métropolitains cette belle résidence. On la surnomme volontiers « la villa Médicis algérienne ».
Il n’y a cependant pas une grande analogie entre la fondation romaine, vieille de presque trois siècles et celle d’Alger, à peine sortie de l’adolescence. La villa Médicis comprend toute une organisation administrative, et elle reste fidèle à sa tradition. À la villa Abd-el-Tif il n’y aucune direction et, c’est ce qui en fait l’originalité ; les pensionnaires sont leurs maîtres et ne sont soumis à aucune discipline. Se trouvant brusquement devant une nature entièrement nouvelle, devant des types physiques dont ils ne soupçonnaient pas l’étrange beauté, ils ne se sentent prisonniers d’aucune formule, ni d’aucune technique. Les pensionnaires sont choisis avec le plus grand éclectisme dans les Salons officiels : le Salon des artistes français, le Salon d’automne, le Salon des Tuileries. Ils obtiennent une bourse d’une durée de deux ans. Plusieurs anciens pensionnaires de la villa Abd-el-Tif s’installent définitivement à Alger : Léon Cauvy, Ludovic Pineau, Marius de Buzon, Léon Carré, Maurice Bouviolle, Jean Désiré Bascoulès, Georges Halbout du Taney, Camille Leroy. Les autres y reviennent à plusieurs occasions.Le jury se compose du président et des membres de la Société des peintres orientalistes français, du directeur du musée des Beaux-Arts d’Alger Jean Alazard, et des artistes choisis en dehors de ce groupement, le plus souvent d’anciens pensionnaires de la villa Abd-el-Tif.
Un centre d’art vivant est ainsi créé, qui ouvre des perspectives nouvelles et va concourir à l’évolution de l’art français. Il convient d’ajouter, dans le cadre de l’organisation de la villa Abd-el-Tif, que plus tard, en 1952, le gouverneur général Roger Léonard accordera une bourse annuelle d’études et de voyage en Algérie de cent vingt-cinq mille francs, destiné à d’anciens pensionnaires de la villa Abd-el-Tif et à des artistes renommés afin qu’ils découvrent la belle province d’Afrique du Nord.
Un studio d’accueil est créé à Tipasa, un des plus jolis endroits de la côte algérienne, il offre d’agréables conditions de séjour aux pensionnaires. Le peintre Pierre Pruvost en est le premier bénéficiaire.
Si le contact avec l’Algérie est des plus heureux pour les Abd-el-Tif, c’est grâce à l’action du mécénat privé qui vient soutenir avantageusement la politique engagée et minutieusement préparée par Charles Jonnart et Léonce Bénédite. Deux collections, parmi les plus importantes de l’art français, appartenant Louis Meley et
Fréderic Lung, se sont constituées en Algérie au début du siècle.
D’une manière générale l’Algérie est devenue une terre familière aux artistes français. Une vie intellectuelle et artistique s’affirme sous l’impulsion donnée par les pensionnaires de la villa Abd-el-Tif. Peintres et sculpteurs, dans la pleine possession de leurs moyens, ont su profiter de la leçon de la lumière que leur donnait l’Afrique
pour élargir encore leur vision.
Témoins d’une histoire algérienne portant en elle ses contradictions, les Abd-el-Tif en donnent une vision sincère. Servis par une maîtrise de leur métier et une sobriété d’expression acquise dans les ateliers de la métropole, ils débarrassent la peinture algérienne du bric-à-brac romantique, de l’orientalisme de bazar, encore sensibles chez quelques retardataires. La fondation de la villa a importé les principes de bons sens et la conscience de l’Art vrai. La graine a germé .
La Villa Abd-el-Tif ferme ses portes au moment de l’indépendance du pays en 1962,
elle n’aura pas de prolongement artistique.
Élisabeth CAZENAVE
Présidente de l’Association Les Abd-el-Tif
La colonisation de peuplement en question
L’Algérie est la seule colonie "moderne" de la France devenue, en vertu de la Constitution de 1848, territoire français. C’est la seule colonie de peuplement : elle attire des Français de métropole ; elle a vu aussi affluer des étrangers venus d’Espagne, d’Italie, de Malte ou d’Allemagne, et leurs enfants vont donc être faits français par la loi de 1889. Restent à l’écart de ce processus "d’intégration", qui a déjà concerné les juifs algériens en 1870, les " indigènes musulmans ", qui constituent la majorité de la population de l’Algérie. Formellement, ils sont sujets français - mais leur nationalité est vidée de ses droits.
De la porte fermée à l’ouverture au compte-gouttes
Lors du traité de capitulation signée par le bey d’Alger, le 5 juillet 1830, la France s’engage solennellement « à ne pas porter atteinte à la liberté des habitants de toutes classes et à leur religion ». En pratique, les indigènes - c’est ainsi que les habitants de l’Algérie sont dénommés - sont régis par un statut particulier et distinct selon qu’ils sont juifs ou musulmans, mais ils ne sont pas français.
Dès l’annexion de l’Algérie prononcée par l’ordonnance royale du 24 février 1834, les indigènes musulmans ou juifs sont considérés comme sujets français. Mais ils n’ont pas la pleine nationalité française et aucune procédure ne leur permet de l’obtenir. Un projet vise bien, dès 1846, à faciliter la naturalisation en réduisant le délai de dix ans alors en vigueur en métropole, mais il réserve cette facilité aux étrangers résidant en Algérie. Ce projet de loi qui ne voit pas le jour en raison de la chute de la monarchie de Juillet, est repris tout au long des années 1850 sans plus de succès, mais avec la même orientation : on est prêt à faciliter la naturalisation des étrangers, mais pas question de "naturaliser" des musulmans et des juifs.
En 1865, dans le cadre de sa politique du "royaume arabe", Napoléon III promulgue un sénatus-consulte qui permet aux indigènes musulmans et israélites de demander à "jouir des droits de citoyen français" ; l’étranger justifiant de trois années de résidence en Algérie peut bénéficier de la même procédure. Pour la première fois, la pleine nationalité s’ouvre aux indigènes juifs et musulmans. Les trois catégories d’habitants d’Algérie non pleinement français, - les 30 000 juifs, les 3 millions de musulmans et les 250 000 étrangers - sont traités séparément mais presque sur le même pied, dans ce droit de la nationalité ad hoc qui s’applique dorénavant en Algérie. Cette égalité formelle entre les trois catégories de "non pleinement Français" est vite rompue, dès 1870, lorsque le statut des juifs est modifié.
Le décret Crémieux et la "naturalisation" des juifs
Le 24 octobre 1870, un décret du gouvernement de la Défense nationale constitué après la défaite de Sedan face à la Prusse confère la nationalité française aux Israélites indigènes des départements d’Algérie et abroge pour ce qui les concerne le sénatus-consulte du 14 juillet 1865. C’est, pour les juifs d’Algérie, la dernière étape d’un processus d’assimilation qui a débuté dès le début de la conquête française.
Au cours de son voyage en Algérie, en mai 1865, Napoléon III avait reçu une pétition de 10 000 signataires juifs qui demandaient la "naturalisation collective". Cet acte, Napoléon III en a approuvé le principe ; son gouvernement a transmis le 8 mars 1870 le projet de naturalisation collective qui devient, le 24 octobre suivant, l’un des sept décrets pris sous l’inspiration d’Adolphe Crémieux par le gouvernement provisoire au sujet de l’Algérie. L’assimilation juridique des israélites d’Algérie assure leur fidélité au nouveau régime et apporte à une population française d’environ 90 000 personnes le renfort de 35 000 nouveaux citoyens.
Cette naturalisation collective se fait en revanche contre l’administration coloniale ; une partie des colons, après l’avoir approuvée, s’y oppose également. Un compromis intervient en octobre 1871 qui confirme la naturalisation des « Israélites nés en Algérie depuis l’occupation française ou nés depuis cette époque de parents établis en Algérie à l’époque où elle s’est produite ».
Les étrangers plutôt que les musulmans
Le décret Crémieux de naturalisation collective des juifs aurait pu être l’amorce d’une politique d’accès à la "pleine nationalité" pour les musulmans. Chez les colons, cette perspective, immédiatement rejetée en 1871, l’est de plus en plus, au fur et à mesure des années.
En mars 1871, une révolte massive se produit en Kabylie, dans la foulée de la défaite de l’armée française face à la Prusse et de la désorganisation du pouvoir en France. Le 5 mai 1871, Mokrani, chef de la révolte, est tué par les troupes françaises et le 13 septembre, la Kabylie est définitivement soumise. Comment dès lors envisager la naturalisation collective réclamée entre 1858 et 1870 ? « On créerait d’un seul coup deux millions de citoyens au milieu desquels la minorité française serait étouffée. Que deviendrait alors le principe et la base de notre domination ? » résume en 1872 le gouverneur de Gueydon. La "nouvelle doctrine" des colons d’Algérie est fixée : pas question de naturalisation en masse ; il faut en rester à la porte étroite de la naturalisation individuelle ouverte par le sénatus-consulte de 1865. La naturalisation étant souvent mal vue des musulmans (qui considèrent ceux qui la demandent et l’obtiennent comme des M’tourni, c’est-à-dire des renégats), le nombre des naturalisations est faible, variant de 20 à 70 par an, avec une pointe de 137 en 1875.
En fait, les élus des colons français au Parlement sont alors mobilisés par une autre cause que celle des musulmans. Le sénatus-consulte de 1865 n’avait pas eu les effets escomptés sur les étrangers installés en Algérie (Espagnols, Italiens, etc. ) : malgré le faible coût et la rapidité de la procédure, il n ’y avait eu, entre 1865 et 1881, que 4 428 naturalisations, soit 276 par an. Aussi la population étrangère s’accroissait-elle jusqu’à dépasser la population française. D’où la constatation du gouverneur Louis Tirman qui expose sa démarche dans un discours prononcé le 20 novembre 1884 au Conseil supérieur de l’Algérie : « Le dernier recensement de 1881 a constaté que la population française d’origine européenne ne l’emporte plus sur la population étrangère que d’un chiffre de 14 064 individus. Cet écart, qui était de 26 248 en 1865, va chaque année en diminuant et dans le département d’Oran l’élément national n’est plus en majorité. Puisque nous n’avons plus l’espérance d’augmenter la population française au moyen de la colonisation officielle, il faut rechercher le remède dans la naturalisation d’étrangers. »Le recensement de 1886 confortera son analyse : en Algérie, on comptabilise 219 627 Français et 202 212 étrangers, sans compter les 17 445 Marocains. Le danger est pour la France de voir son reuvre de colonisation contestée par l’Espagne et surtout par l’Italie, qui s’est récemment alliée à l’Autriche et à l’Allemagne.
Le 30 septembre 1884, Tirman soumet au gouvernement un projet de loi élaboré par l’école de droit d’Alger, qui propose de conférer la nationalité française à tout individu né en Algérie de parents étrangers (à moins qu’il ne décide de conserver sa nationalité d’origine dans l’année qui suit sa majorité). Mais le gouvernement, attaché au principe selon lequel " la nationalité résulte des liens du sang ", rejette une disposition qui consacrerait le droit du sol. Le 23 mai 1885, Tirman revient à la charge avec un projet de loi spéciale à l’Algérie, rejeté à nouveau. Une fenêtre d’opportunité s’ouvre enfin lorsque le grand texte de loi sur la nationalité (voté en 1889) vient en discussion à la Chambre. Les députés du Nord et des départements frontières veulent le retour du jus soli pour imposer aux enfants d’immigrés l’égalité des devoirs, en particulier les devoirs militaires. Le renfort des élus d’Algérie, qui obtiennent l’application du jus soli à leur territoire, contribue sans aucun doute à l’adoption de la loi de 1889. Dorénavant, l’enfant né en Algérie d’un parent déjà né en Algérie est français à la naissance comme l’enfant né en France d’un parent né en France 127. Si les parents sont nés à l’étranger, l’enfant sera français à sa majorité, sauf renonciation dans l’année qui la suit. Appliquée à une population étrangère souvent présente depuis deux générations, la loi produit immédiatement ses effets. Dès 1890, le nombre d’inscrits pour la conscription passe de 2 631 à 4 740, pour rester à ce niveau les années suivantes. Au recensement de 1891, il y a 267 672 Français contre 215 793 étrangers ; en 1896, l’écart s’accroît encore (331 137 contre 211 580). En 1898, le gouverneur Edouard Laferrière estime que parmi les 384 000 Français d’Algérie, 275 000 sont "d’origine" et 109 000 sont "naturalisés" (dont 53 000 israélites). La loi de 1889 est bien "l’acte de naissance du peuple européen d’Algérie" (Ageron).
Le statut d’infériorité des indigènes musulmans
A la demande des élus d’Algérie, la loi de 1889 ne s’applique donc pas aux indigènes musulmans. Pour devenir pleinement français, ils sont régis par le sénatus-consulte de 1865. Restant sujets, ils sont soumis à un statut spécial. En 1830, un tel statut pouvait paraître l’octroi par le vainqueur d’un privilège au vaincu : le droit de s’auto-administrer. Mais très vite, ce privilège fond, et le musulman se voit soumis à un statut exceptionnel d’infériorité.
En 1899, l’assemblée de l’Algérie comporte 48 représentants pour 630 000 européens, et 21 pour les 3,6 millions de musulmans.
La dénaturation de la nationalité
Officiellement, le musulman d’Algérie est français, mais avec un statut particulier. Il peut demander à devenir pleinement français - pour cela, il doit se soumettre à une procédure plus contraignante encore que la procédure de naturalisation réservée à l’étranger résidant en France.
Pour expliquer le nombre très faible de musulmans d’Algérie demandant l’accession à la pleine nationalité, la raison le plus couramment invoquée est le souhait d’une très large majorité d’entre eux de conserver le statut personnel dicté par le Coran. Il est vrai que le sénatus-consulte de 1865 oblige le musulman d’Algérie non pas à renier sa religion musulmane - il peut continuer de la considérer en tant que code moral et comme recueil de prescriptions religieuses -, mais à respecter le Code civil français, c’est-à-dire à ne plus pratiquer les cinq coutumes qui sont incompatibles avec lui : la polygamie ; le droit de djebr, qui permet à un père musulman de marier son enfant jusqu’à un certain âge ; le droit de rompre le lien conjugal à la discrétion du mari ; la théorie de " l’enfant endormi " qui permet de reconnaître la filiation légitime d’un enfant né plus de dix mois et jusqu’à cinq ans après la dissolution d’un mariage ; enfin le privilège des mâles en matière de succession.
Il ne faut pas croire que le fait de renoncer au statut personnel de musulman (c’est-à-dire aux coutumes incompatibles avec le Code civil) suffisait en Algérie pour acquérir la pleine nationalité. La preuve en est donnée par les musulmans convertis au catholicisme - dans les années 1920, ils sont plusieurs centaines ou quelques milliers. La plupart sont naturalisés, mais pas tous ; dans ce cas, le converti non naturalisé reste considéré comme un indigène musulman soumis au "code de l’indigénat", au régime pénal et de police, aux tribunaux répressifs indigènes, mais aussi au tribunal du cadi là où il existe. Pour justifier cette règle, la cour d’appel d’Alger a statué en 1903 que le terme musulman « n’a pas un sens purement confessionnel, mais qu’il désigne au contraire l’ensemble des individus d’origine musulmane qui, n’ayant point été admis au droit de cité, ont nécessairement conservé leur statut personnel musulman, sans qu’il y ait lieu de distinguer s’ils appartiennent ou non au culte mahométan ».
En Algérie, on avait donc choisi de maintenir à l’égard des musulmans la procédure la plus difficile, la plus contrôlée, celle de la naturalisation. Et on ne la facilitait pas ! Le parcours d’un postulant était parsemé d’obstacles : le dossier devait être constitué de huit pièces différentes - dont un certificat de bonne vie et moeurs ; l’indigène devait se présenter devant le maire ou l’autorité administrative et "déclarer abandonner son statut personnel pour être régi par lois civiles et politiques françaises" ; une enquête administrative était effectuée sur la moralité, les antécédents et surtout la situation familiale du demandeur ; enfin, le dossier était transmis avec l’avis du préfet et celui du gouverneur au ministère de la Justice, puis au Conseil d’Etat, avant qu’un décret ne soit signé par le président de la République.
La procédure de naturalisation était d’autant plus difficile que l’administration locale faisait preuve d’une rare mauvaise volonté. Tous les témoignages concordent en ce sens. C’est ainsi que, quelques semaines après la révolte de 1871, dans les premiers jours du mois de septembre, la population de Bougie vit avec surprise arriver de nombreux groupes indigènes appartenant à diverses tribus qui se rendaient auprès du juge de paix, pour remplir les formalités relatives à la naturalisation. Que fit l’autorité militaire de qui ces Indigènes relevaient ? Elle mit en prison les plus influents, de manière à intimider les autres. Puis les cavaliers du bureau arabe furent envoyés dans toutes les directions pour enjoindre aux Kabyles, que la contagion aurait gagnés, de rester chez eux. Malgré tout, quatre-vingt deux Kabyles réussirent à se faire inscrire à la mairie et obtinrent du juge de paix les actes de notoriété nécessaires pour l’obtention des demandes. Ce succès partiel ne laissa pas d’encourager la tribu des Beni-Mohali qui, toute entière, se rendit à Bougie pour remplir les formalités. Mais telle fut l’attitude de l’autorité militaire, qu’elle dut renoncer à tout projet de ce genre.
Jules Ferry, venu à Alger en 1892 à la tête d’une délégation de sept sénateurs, note : « Les administrateurs sont systématiquement opposés à la naturalisation. ». Albin Rozet témoigne, quant à lui, le 23 décembre 1913 à la Chambre des députés : « Un Indigène vient trouver un administrateur, un maire de village et lui dit : "Je veux me faire naturaliser." L’administrateur ou le maire lui répond : "Qu’avez-vous besoin de vous faire naturaliser ? vous aurez des difficultés dans votre famille, votre femme n’y tient pas sans doute, votre gendre vous cherchera des querelles." » Ce témoignage est confirmé en 1919 par le député socialiste Doizy, puis par l’ancien gouverneur Maurice Viollette, qui écrit en 1931 : « Les naturalisations seraient infiniment plus nombreuses si l’administration les facilitait. »
Résultat : en cinquante ans (de 1865 à 1915), 2 396 musulmans d’Algérie sont naturalisés français - en majorité des militaires, des fonctionnaires ou des musulmans convertis au catholicisme. Jusqu’en 1899, le nombre des demandes rejetées est très faible. A partir de 1899, il augmente sensiblement jusqu’à atteindre un tiers, la moitié voire les trois cinquièmes des demandes, ce que l’administration justifie par le fait que " les titres des postulants sont examinés avec sévérité et avec le souci de n’accorder la qualité de Français qu’à ceux qui ont donné la preuve non équivoque de leur attachement à la France".
La réforme ratée de 1919
La Première Guerre mondiale déclarée, les musulmans d’Algérie fournissent 173 000 soldats et 119 000 travailleurs réquisitionnés pour remplacer la main-d’oeuvre métropolitaine mobilisée. En novembre 1915, Georges Clemenceau et Georges Leygues, présidents des commissions des Affaires étrangères du Sénat et de la Chambre, demandent " l’admission des indigènes au bénéfice d’un régime nouveau de naturalisation n’impliquant pas la renonciation au statut personnel ". Lorsque Clemenceau prend la présidence du Conseil en novembre 1917, le processus est relancé. Le député socialiste Marius Moutet, rassemblant plusieurs propositions de loi déposées durant la guerre, propose de faciliter l’accès à la pleine nationalité : selon cette proposition, tout musulman d’Algérie, s’il est âgé de plus de 25 ans, pourrait, sur simple demande devant le tribunal civil du domicile, devenir citoyen français, s’il remplit en outre une des conditions suivantes : avoir servi dans l’armée française ou avoir eu un fils ayant pris part à une campagne de guerre ; savoir lire et écrire le français ; être propriétaire, fermier ou être inscrit au rôle des patentes ; être titulaire ou l’avoir été d’une fonction publique, d’un mandat électif ou d’une décoration ; être marié avec ou né d’un indigène devenu citoyen français. Qui plus est, le respect du Code civil français ne vaut renonciation au statut personnel que pour l’avenir : un polygame pourrait ainsi devenir pleinement français avec la nouvelle loi - il ne s’interdirait que d’augmenter sa polygamie.
Immédiatement, les élus des colons aux "délégations financières" se mobilisent contre ce qui leur apparaît être le "Tombeau de la suprématie française en Algérie". Ils adoptent plusieurs motions, attirant notamment l’attention du gouvernement et du Parlement « sur le danger certain qu’il y aurait, en les maintenant pour le passé dans le statut personnel, à permettre à des milliers d’indigènes d’exercer les droits de citoyens français, de participer à la confection des lois auxquelles ils ne seraient pas soumis, et de submerger un jour sous leur vote ceux des Français d’Algérie ». Le gouvernement cède : la loi du 4 février 1919 crée bien une nouvelle procédure d’accès à la pleine nationalité, mais elle fixe de telles conditions qu’elle apparaît à certains égards plus restrictive que le sénatus-consulte de 1865. Outre la monogamie ou le célibat, la résidence de deux ans dans la même commune est exigée. Le procureur de la République ou le gouverneur peut aussi s’opposer à la demande " pour cause d’indignité ", c’est-à-dire, comme le dit Charles-Robert Ageron, "pour fait de non-convenance". L’effet de la loi est donc faible. La procédure, là encore, rebute ceux qui pourraient en bénéficier. Il est fréquent que le postulant ait du mal à fournir les pièces nécessaires. En l’absence d’acte de naissance valide, par exemple, il faut un acte de notoriété établi par six témoins, ce qui implique de leur payer le déplacement et la journée de travail - beaucoup n’en ont pas les moyens. Entre 1919 et 1930, 1 204 musulmans sont naturalisés, pour 1 547 demandes. Il faut ajouter 760 naturalisés par la procédure du sénatus-consulte de 1865, maintenue sur la suggestion du rapport Moutet.
La loi de 1919 constitue la dernière tentative d’amélioration des droits des musulmans, par l’attribution de la pleine nationalité française. En conséquence de sa nature restrictive, les revendications porteront, après 1919, sur l’obtention des droits - abolition du code de l’indigénat, égalité fiscale, droit de vote - sans la nationalité. Il s’agit de passer d’une situation de sujet sans droits réels à l’obtention de droits ... indépendamment de la pleine nationalité française.
Le projet Blum-Viollette
Avec l’échec du dispositif d’accès à la pleine nationalité, l’autre volet de la loi du 4 février 1919 - le droit des élus musulmans de participer à l’élection du maire dans les conseils municipaux - devient important. Les élus des colons se sont mobilisés vigoureusement contre ce droit et ont adopté plusieurs motions : « Cette innovation nous paraît des plus graves. [...] la majorité française [sic] ne pourra accepter que sa volonté soit dominée par celle d’indigènes qui n’ont pas voulu les droits de citoyen. Il serait inopportun, prématuré et dangereux d’admettre les conseillers municipaux au titre indigène à participer à l’élection des maires et des adjoints français ». Lyautey écrit à un ami : " « Je crois la situation incurable. Les colons agricoles français ont une mentalité de pur Boche, avec les mêmes théories sur les races inférieures destinées à être exploitées sans merci. Il n’y a chez eux ni humanité, ni intelligence. »
En 1936, le gouvernement Blum, inspiré par l’ancien gouverneur Maurice Viollette, propose qu’un petit groupe de musulmans - 24 000 puisse obtenir le droit de vote aux côtés des 200 000 électeurs français, indépendamment de leur statut personnel qu’ils pourront conserver. Comparée à la naturalisation dans le statut proposé par le rapport Moutet de 1919, cette proposition est des plus modestes. Mais elle n’est soutenue en Algérie que par le mouvement des oulémas et par Ferhat Abbas. Le Parti du peuple algérien (PPA), créé en 1937 à la suite de la dissolution de l’ENA, partisan de l’indépendance, s’oppose au projet Viollette. Surtout, ce projet suscite une révolte des élus des colons, lesquels refusent la transgression du principe sur lequel s’appuie la colonisation en Algérie : la distinction entre les citoyens français et les sujets de statut musulman. Ils craignent non pas tant l’effet de l’élargissement du corps électoral sur l’élection des députés - ils proposent d’ailleurs de faire élire par les musulmans en collège électoral séparé 10 députés et 3 sénateurs - que sur l’élection des maires. Le projet de loi Blum- Viollette multipliait par quatre ou cinq le nombre des musulmans dans le premier collège. Les élus des colons n’en voulant à aucun prix, ils feront échouer le projet.
Les "lois" de Vichy et leur difficile abrogation
Trois "lois" de Vichy avaient permis de retirer la nationalité française. Celle du 23 juillet 1940 avait permis de déchoir de leur nationalité 446 Français qui avaient quitté la France entre le 20 mai et 30 juin 1940 sans l’autorisation du gouvernement de Vichy - de Gaulle, Catroux, Cassin et les premiers résistants de la France Libre. Elle s’était ensuite appliquée à l’amiral Darlan ou au général Giraud qui s’étaient succédé à la tête de l’administration de l’Afrique du Nord, après le débarquement des Alliés en novembre 1942. Le 14 mars 1943, le même général Giraud devait déclarer nuls les actes constitutionnels, lois et décrets pris par Vichy postérieurement à la date du 22 juillet 1940. Formellement, la loi du 23 juillet 1940 portant déchéance de la nationalité était donc annulée. Pour donner plus de solennité à cet acte, une ordonnance du général Giraud datée du 18 avril 1943 a abrogé explicitement la loi du 23 juillet 1940 : de Gaulle, mais aussi Giraud et les 444 autres Français qui avaient été privés de leur nationalité par Vichy, sont "réintégrés de plein droit dans la nationalité française, avec toutes les conséquences de droit".
La loi de Vichy du 7 octobre 1940 avait abrogé le décret Crémieux : elle dégradait de l’état de citoyens 110 000 juifs d’Algérie. Le 14 mars 1943, le général Giraud avait veillé à ce que l’abrogation des décisions prises par Vichy après le 22 juillet 1940 comportât une exception : le décret Crémieux demeurait abrogé. Depuis la prise en main de l’administration de l’Afrique du Nord par l’amiral Darlan puis par le général Giraud, la législation antisémite instaurée par Vichy, plus sévère en Algérie qu’en métropole, avait été maintenue, d’abord au nom du « rétablissement de l’égalité » de statut entre juifs et musulmans. Giraud était surtout convaincu, comme le rappellent Marrus et Paxton, que « les juifs étaient " responsables de la défaite " et que les lois raciales étaient " une des conditions essentielles de l’armistice " ». La décision prise par Giraud le 14 mars suscite de vives réactions ; le Comité national français gaulliste fait part officiellement le 24 mars de sa désapprobation, et la presse américaine proteste. Les juifs algériens se mobilisent et, finalement, le 21 octobre 1943, le Comité français de libération natioinale « constate que le décret Crémieux se trouve maintenant en vigueur ». Les juifs algériens sont alors rétablis dans leur pleine citoyenneté.
Pour les 15 154 dénaturalisations effectuées en application de la loi du 22 juillet 1940, l’abrogation est encore plus longue. Si le général Giraud dans son ordonnance du 14 mars 1943 a annulé les seuls actes de Vichy postérieurs au 22 juillet 1940, c’est qu’il ne souhaitait pas revenir sur ces dénaturalisations. La loi du 22 juillet 1940 ne sera annulée que le 24 mai 1944.
Après la Seconde Guerre mondiale
La Libération permettra des avancées impossibles à imaginer quelques années plus tôt. L’ordonnance au 7 mars 1944 supprime le statut pénal de l’indigène et soumet les musulmans aux mêmes tribunaux et aux mêmes lois que tous les Français. Elle naturalise en outre, dans leur statut personnel, 60 000 musulmans qui deviennent donc électeurs dans le premier collège, tandis que tous les musulmans de sexe masculin âgés de 21 ans, soit 1 210 000 personnes, deviennent électeurs d’un second collège. L’ordonnance du 17 août 1945 introduit la parité de représentation entre le collège musulman et le collège de droit commun, chacun dorénavant représenté par 22 parlementaires - 15 députés et 7 sénateurs. La loi Lamine Gueye du 17 mai 1946 reconnaît la citoyenneté à tous les nationaux français. Enfin, le statut du 20 septembre 1947 pose les principes de l’égalité politique et civique et de l’égal accès pour tous aux fonctions publiques.
A compter de 1956, dans le cadre de la politique "d’intégration", toutes les institutions élues au doublecollège sont progressivement dissoutes. Les ordonnances du 15 novembre 1958 donnent aux musulmans d’Algérie (hommes et femmes) une représentation plus proportionnée à leur importance dans la population algérienne : 46 députés sur 67 et 22 sénateurs sur 31.
Mais au plan politique et militaire, un processus a déjà été engagé, qui mène, en 1962, à l’indépendance de l’Algérie. A cette date, seuls quelques dix mille musulmans sont pleinement français, soit qu’ils aient été eux-mêmes naturalisés, soit qu’un de leurs parents l’ait été. Certains restent en Algérie et se voient attribuer la nouvelle nationalité algérienne, les autres rejoindront la métropole avec leur nationalité française. Quant à la grande masse des musulmans d’Algérie, ils peuvent rester français, mais à condition de souscrire en France (c’est-à-dire en métropole ou dans les départements d’outre-mer), avant le 22 mars 1967, une déclaration de reconnaissance de la nationalité régulièrement enregistrée par le ministre chargé des naturalisations.
dimanche 27 juin 2010
la nationalité francaise, ça se mérite!!
Je soussigné Drucker Abraham, docteur en médecine de l'Université de Paris, m'engage à ne pas exercer la profession de médecin en France. » Lui si poli dans tous ses autres courriers n'a cette fois pas mis les formes. Une phrase seulement mais tout y est : l'absurdité et l'humiliation. Abraham, depuis son adolescence, n'a qu'une ambition : devenir médecin français. Pour cela, il a quitté sans regret la Roumanie et sa famille. Première étape, l'Autriche. A Vienne, il tombe amoureux de Lola Schafler, une jolie élève infirmière, juive comme lui, qui le suit en France ! Le voilà à Grenoble en octobre 1925. Il apprend la médecine. Ses professeurs le décrivent comme un jeune interne «pénétré des devoirs qui lui incombent ». Il joint leurs témoignages au dossier de naturalisation qu'il dépose dès 1930 à la préfecture du Morbihan. Car une fois acquis tous ses diplômes, Abraham n'a accompli que la moitié de son destin : pour être « médecin français » lui manque encore la nationalité.
Mauvais point : il n'a pas son baccalauréat français. Sa demande est ajournée «pour protéger les étudiants de qui on exige ce diplôme ». Il ne fait pas bon être avocat, médecin ou dentiste lorsque l'on est étranger dans les années 1930. Le lobbying des professions libérales, mâtiné d'antisémitisme, est extrêmement puissant. Les syndicats médicaux obtiennent d'être consultés avant toute naturalisation et que l'exercice de la médecine soit réservé aux nationaux. Ce n'est pas assez. Les carabins, qui veulent restreindre l'accès à l'emploi pour les naturalisés, se mettent en grève. Une étudiante en médecine juive est lynchée lors d'une manifestation .Abraham ne baisse pas les bras. En 1935, il écrit à nouveau au ministère : «Je vous serais très reconnaissant de bien vouloir favorablement examiner la présente nouvelle requête, tenant à vous faire connaître que je serais désireux d'être incorporé dans la grande famille française, voulant ainsi essayer de m' acquitter de la dette de reconnaissance que j'ai contractée envers le pays qui m'a si largement ouvert les portes. » Des professeurs de médecine vantent son professionnalisme et sa francophilie. Le maire de Vannes et le préfet du Morbihan émettent des avis favorables. En vain.
En 1936, Abraham tente d'amadouer la chancellerie avec un nouvel argument : «Je réside en France depuis onze ans sans interruption. Ma première demande date de 1930 alors que j'avais 26 ans. Je me suis marié et je m 'engage sur l'honneur en cas de naturalisation d'aller résider aux colonies. » J'irai loin s'il le faut, mais faites-moi français ! Or ce n'est pas son lieu de résidence qui pose problème à l'administration, mais son métier. Il se résigne. S'il doit choisir entre la médecine et la France, Abraham sacrifie la médecine. Il s'engage à ne pas exercer son métier. Consulté, le président du syndicat des médecins de la Seine, P. Tissier, reste sceptique. «Sa candidature au point de vue professionnel médical n'offre pas d'intérêt et sa situation ambiguë ne pourrait qu'aggraver les inconvénients de l'encombrement actuel de la profession médicale en France», écrit-il au chef du bureau des Naturalisations. Le préfet de police est satisfait, lui, par le renoncement officiel de Drucker. Le 5 juillet 1937, Abraham verse 637,50 francs de droits du sceau.
Il est officiellement français le 17 juillet 1937. Il s'installe à Vire, en Normandie, comme médecin de campagne. Les autorités ferment les yeux sur son engagement non tenu. La famille souffle. Pas longtemps : dénoncé, Abraham est arrêté en 1942 et emprisonné à Com-piègne, puis à Drancy Les juifs exerçant des professions médicales sont mis à contribution par les autorités. Simulacre de médecine. Le docteur Drucker réussit à faire sortir quel-ques internés de Drancy. Assiste, impuissant, aux départs des convois. Toute sa vie, comme tous les rescapés de la Shoah, il tentera d'oublier cette obsédante culpabilité. Celle d'avoir lui, et pas un autre, « échappé aux wagons plombés ».
Il est officiellement français le 17 juillet 1937. Il s'installe à Vire, en Normandie, comme médecin de campagne. Les autorités ferment les yeux sur son engagement non tenu. La famille souffle. Pas longtemps : dénoncé, Abraham est arrêté en 1942 et emprisonné à Com-piègne, puis à Drancy Les juifs exerçant des professions médicales sont mis à contribution par les autorités. Simulacre de médecine. Le docteur Drucker réussit à faire sortir quel-ques internés de Drancy. Assiste, impuissant, aux départs des convois. Toute sa vie, comme tous les rescapés de la Shoah, il tentera d'oublier cette obsédante culpabilité. Celle d'avoir lui, et pas un autre, « échappé aux wagons plombés ».
« On travaille et on dit merci »
Lorsque la future icône de la télévision française naît en 1942, ses parents ne sont français que depuis cinq ans. Aujourd'hui, grâce au « Nouvel Obs. », il découvre avec émotion leur dossier de naturalisation. « On s'est souvent moqué de ma politesse, mon côté coulis de framboise. En lisant ces documents que vous me montrez, je comprends enfin d'où cela vient : mes parents se sentaient redevables. Ils nous martelaient trois choses : on se fait discret, on travaille et on dit merci. Pour que la France n'ait pas à regretter de les avoir accueillis, nous avions l'obligation de devenir des Français brillants Mon frère Jean a fait l'ENA, Jacques est un grand médecin, et moi qui étais le cancre, le vilain petit canard, je crois avoir exercé mon métier sérieusement. Mes parents pensaient qu'être les meilleurs nous protègerait en cas de coup dur. Ils n'avaient de cesse de découdre l'étoile jaune qu'on leur avait imposée pendant la guerre. »
samedi 26 juin 2010
pèlerinage refusé aux juifs de TLEMCEN
LIBERTE, LIBERTE CHERIE!
C’est tout simplement honteux pour L’Algérie. Les autorités algériennes ont rejeté d’une façon discriminatoire une demande présentée par des associations juives françaises, pour une visite de Tlemcen (nord-ouest de l’Algérie) en vue de se recueillir sur la tombe du grand rabbin Rabbi Ephraïm EnKaoua, qui a vécu dans la région au 13ème siècle (1). Selon le journal algérien al-khabar qui a rapporté cette information “entourée d’un grand secret”, les autorités algériennes ont refusé la réédition de la visite effectuée en 2005 par les mêmes associations présidées à Paris par un natif de Tlemcen André Charbit.
Celui-ci avait alors conduit plus de 220 pèlerins , à bord d’un vol spécial d’air Algérie à Tlemcen, soit la plus grande délégation juive qui a visité l’Algérie depuis l’indépendance. Cette visite avait suscité à l’époque de larges échos dans les médias.
Certaines sources rapportent que le refus des autorités algériennes est en relation au rejet d’une telle idée par l’opinion publique et la classe politique, notamment après l’épisode de la flottille turc pour Gaza, et la participation algérienne agissante à ce convoi.
Par ailleurs, de nombreux antijuifs algériens croient que ce type de visites qui prétextent de la dimension humaine et touristique, dissimule des tentatives d’entraîner l’Algérie vers la normalisation avec Israël, ce que les officiels algériens refusent.
Des officiels algériens estiment enfin que l’organisation au début de l’année 2011 de la manifestation “Tlemcen, capitale de la culture islamique”, n’est pas compatible avec la visite d’une délégation juive à ces terres considérées par les Juifs comme le deuxième lieu sacré d’Afrique du Nord, après la synagogue de la Ghriba à Djerba.
L’histoire des Juifs en Algérie remonte à l’antiquité. Les Judéo-Berbères se sont établis avant l’arrivé des arabo-musulmans venus d’Arabie. Une des figures les plus marquantes en est Dihya, dite la Kahina, dont beaucoup avec Ibn Khaldoun disent qu’elle était judaïsante. Pendant cinq ans environ, elle dirige les tribus berbères opposées aux Arabes avant d’être défaite.
L’islamisation de l’Algérie a débuté au milieu du VIIe siècle et sa conquête par les Omeyyades était achevée avant la fin du même siècle. Les Juifs ont majoritairement quitté l’Algérie - la plupart pour la France – lorsque le pays a accédé à son indépendance, en 1962. Ils ont été systématiquement spoliés.
En mai 2005, des familles juives d’origine algérienne ayant quitté le pays en 1962 sont montées au créneau pour revendiquer des réparations et des indemnisations des biens qu’elles ont laissés en Algérie (2)
Plus de Quarante années après l’accession de l’Algérie à son indépendance, les Juifs d’Algérie ne peuvent plus rentrer dans leur pays pour se recueillir sur une tombe, célébrer un mariage ou une bar mitzva dans une famille juive originaire d’Algérie. Ils son interdits d’y rentrer voire même de visiter un lieu d’enfance.
D’Alger, de Tlemcen, d’Oran ou de Constantine « Les juifs d’Algérie ont été coupés totalement de leurs racines » disait Jacques Attali dans un Interview au journal El Watan. (3) Les souvenirs qu’ils ont laissés de ces lieux sont généralement douloureux et faits de scènes de discrimination musulmane.
Le respect de la liberté religieuse n’est pas garanti en Algérie. Le gouvernement a limité la liberté religieuse pour les non musulmans. Plusieurs associations s’alarment de cette situation, notamment pour les chrétiens de ce pays dont la pratique cultuelle est rendue difficile suite à une loi qui a pris pour cible principale les groupes chrétiens (4).
Après que la France a pris pied en Algérie en 1830, le respect de la liberté religieuse et de leurs coutumes était rétabli aux Algériens, conformément à l’acte de capitulation du 5 juillet 1830. La dhimma (5) était abolie et les Juifs deviennent égaux aux musulmans devant la loi française.
Ftouh Souhail, Tunis
(1) La ville de Tlemcen était habitée en grande partie par des Juifs sefardim. Originaire de Tolède, le Rabbi Ephraïm Enkaoua est contraint de se réfugier à Marrakech, puis à.Tlemcen en Algérie, pour échapper à l’Inquisition. Né à Tolède en 1359, le rabbin est arrivé à Tlemcen en 1391 fuyant l’intolérance qui avait accompagné la «Reconquista» espagnole.
Après la proscription d’Espagne, un des exilés, Jacob Berab, âgé de dix-huit ans (1474-1541), vint se réfugier dans cette ville, où il se distingua bientôt par sa grande activité. Il était peut-être, à cette époque, le rabbin le plus instruit et le plus intelligent, après son collègue allemand, Jacob Polak.
(2) Selon une déclaration rendue publique et rapportée par le quotidien londonien arabophone El-Quds, 120.000 Juifs ayant quitté l’Algérie après l’indépendance ont réclamé des réparations d’une valeur de 144 millions de dollars. Ils réclament du gouvernement l’indemnisation de ce qu’ils ont perdu, auquel cas ils vont recourir à des pressions internationales pour arracher leurs droits. Ils demandent également leur réhabilitation.
(3) Interview de Jacques Attali, économiste et écrivain français au journal El Watan 29.08.2009
(4) La loi de 2006 prévoit jusqu’à 5 ans de prison ferme et des amendes pouvant aller jusqu’à 10.000 euros, pour tous ceux qui chercheraient à convertir un musulman à une autre religion. Ces mêmes peines sont également encourues par tous ceux qui « fabriqueraient, entreposeraient ou distribueraient du matériel imprimé, des publications audiovisuelles ou tout autre support ou moyen visant à affaiblir la foi musulmane ».
(5) Régime juridique auquel est soumis un nom musulman. Les dhimis, des individus qui, pour jouir de mêmes droits que les musulmans ,doivent s’acquitter d’un impôt supplémentaire en sus de quelques restrictions mineures des droits telles que celui de monter à cheval, de porter certains types de vêtements, etc.
Ya Rayah - Orchestre Andalou d'Israel
"Moi je suis algérienne pure souche et je n'oublie pas que la sauvegarde de ce riche patrimoine chaabi, nous le devons à nos juifs d'algérie. Quand à ce que disent certains mal intentionnés avec des propos pas toujours dignes de la race humaine, je n'adhère pas et j'ai honte de ces excès" (Commentaire extrait du courrier des lecteurs de "you tube")
vendredi 25 juin 2010
L'ELIMINATION DE L'ITALIE
L'Italie n'a plus d'équipe de football compétitive et personne n'explique le pourquoi du comment. Il suffirait que les instances fédérales se penchent sur le problème des grosses écuries style MILAN AC, INTER DE MILAN, AS ROMA , JUVENTUS DE TURIN etc...
Toutes ces équipes visent des titres internationaux et se renforcent avec des joueurs étrangers. Résultat des courses, ces équipes ne forment pas assez de joueurs sussceptibles d'évoluer dans le championnat italien et surtout privent les nationaux de la possibilité de progresser. C'est un cercle vicieux dont le football transalplin n'en sortira qu'à la condition de savoir ce qu'elle veut : avoir une équipe Italie digne de ce nom, héritière des grandes "squarda azzura" ou bien aller dans le mur.
QUATRE JOUEURS ETRANGERS PAR EQUIPE VOILA LA SOLUTION POUR QUE CHAQUE NATION RENOUVELLE SES JOUEURS TOUT EN DONNANT LEUR CHANCES A LA JEUNESSE DU PAYS.
Tchalefs d'un enfant de Bab El Oued
LOUIS XVI DANS LES RUES D’ALGER
Mon cousin y s’appelle Pierre mais comme on est des pieds noirs, on l’appelle Pierrot. Pierre ya pas, ça fait français ! Depuis sa plus tendre enfance, mon cousin c’est un cas, un cas comique mais un cas quand même. Toujours y faut qui fasse le zouave c’est d’ailleurs pour ça qu’il a fait l’armée chez les zouaves. Passons !
Depuis toujours, dans la famille on disait qu’il était un comique né. Un fantaisiste, quoi ! A savoir si c’est dans les gènes mais dans la famille, le cousin de ma mère et donc de ses frères et sœurs, y s’appelait DAXELY que son vrai nom c'était Marcel BOUMENDJIL. Si vous le connaissez pas c’est que vous êtes une bande de babao parce qu’il était un des acteurs fétiches de Marcel Pagnol. Il a joué dans « Merlusse », « Manon des sources , « Ugolin » et il a tenu la vedette, pendant six années au Chatelet, auprès de Tino Rossi et Thilda Thamar dans « Naples au baiser de feu ».
Mon cousin Pierrot y faisait toujours rire. A l’école, à la rue, à l’armée, au travail, partout il avait la bosse de la rigolade. Et surtout il aimait faire le clown.
Un jour qui faisait pas nuit ( ca c’était le genre Pierrot) on le voit arriver à la maison avec sous le bras un carton qui semblait contenir un vêtement. Avec des oncles tailleurs et une mère couturière, ça nous étonne pas le moins du monde. Ni le plus du monde également. On parle, on rigole et puis Pierrot il ouvre le carton et qu’est ce qu’on voit : un déguisement de Louis XVI avec la perruque blanche, le jabot et tout et tout. Y manquait que Louis XVI. A savoir s’il allait pas sortir du buffet ! Même les escarpins et les chaussettes blanches, y avait. Une fois la stupéfaction passée, malgré la fantaisie qui habitait mon cousin, on savait qu’il était pas pensionnaire de chez Roubi bien que…………..
Allez comme vous êtes pas censés (chof, le phrasé que j'utilise) savoir qui c'est Roubi, disons que tous les mabouls y faisaient un séjour prolongé ou non pour retrouver leurs esprits.
Allez comme vous êtes pas censés (chof, le phrasé que j'utilise) savoir qui c'est Roubi, disons que tous les mabouls y faisaient un séjour prolongé ou non pour retrouver leurs esprits.
Pierrot, sans dire un seul mot, il enfile la tenue du roi des français, y se maquille, y se colle la mouche sur la joue et nous autres, on est morts de rire. Habillé comme ça, on a honte. Mon cousin y nous impressionne et encore, il a pas placé sur sa tête de tchic-tchic à trois faces la perruque blanche saupoudrée d’à savoir quoi, du talc peut-être. Ba ba ba, dé ! On dirait le vrai ! S’il avait pas été guillotiné, on pourrait croire que Louis XVI il est ressuscité en pied noir parce que l’accent de mon cousin, il est à couper au couteau et même à la machette. Pierrot, il est beau comme un soleil, c’est pas le roi soleil mais presque. Une fois qu’il est tout habillé, y nous demande de le suivre parce qu’il a fait le pari avec des amis de monter en ville ainsi accoutré. (Qu’est ce qui me prend de parler comme Louis XVI, maint’nant !)
Ni une, ni deux on lui emboite le pas mais sur l’autre trottoir, y faut pas exagérer, on tient à notre réputation! Les voisines, elles se perdent en conjectures. (A savoir si elles connaissent ce mot !) Elles regardent passer le roi de France avec des airs de pas avoir l’air. Si vous avez pas vu des femmes de Bab El Oued stupéfaites, c’est le moment où jamais de les regarder. Surtout que Louis XVI sans se démonter, y salue de son auguste personne, le peuple qu’il croise dans la rue. Surtout que ce jour là, c'était pas la mi-carème, ni le carnaval! Alger y s’est cru à l’époque de la révolution française sauf que le peuple y se bidonnait derrière le Roi de France.
Mon cousin il est monté par la Place du Gouvernement. Inutile de vous parler de la tête des Arabes ! Puis la rue Bab Azoun qu’elle en est pas encore revenue, le square Bresson qu’il a dû se retourner dans sa tombe, (Bresson c’était un intendant général de la conquête ! y faut tout vous dire hein ! Quelle bande de babaos !)) la rue d’Isly et la Grande Poste qu’elles s’étaient crues au temps de la conquête et la rue Michelet où tous les Algérois de la haute y se posent encore la question de savoir qui c’était cet hurluberlu habillé en Louis XVI.
Nous autres, on tombait comme des mouches tellement on rigolait. Yen a qui se roulaient parterre pour faire les interessants. En tous les cas, mon cousin il avait gagné son pari et en plus, tout Alger il avait pris une bonne leçon d’histoire de France.
FIN
jeudi 24 juin 2010
JOSÉ-MARIA AZNAR - Une voix lucide dans le désert
La colère à propos de Gaza est une diversion. Nous ne pouvons pas oublier qu'Israël est le meilleur allié de l'Occident dans une région turbulente.
Cela fait trop longtemps maintenant qu'il n'est plus "à la mode" de défendre Israël. A la suite du récent incident de la flottille remplie d'activistes anti-israéliens en Méditerranée, il est difficile de trouver une cause aussi impopulaire à défendre.
Dans un monde idéal, l'assaut des commandos israéliens sur le Mavi Marmara ne se serait pas terminé par 9 morts et des douzaines de blessés. Dans un monde idéal, les soldats auraient été accueillis paisiblement à bord. Dans un monde idéal, aucun état, notamment un allié récent d'Israël comme la Turquie, n'aurait promu et organisé une flottille dont le seul but était de créer une situation impossible pour Israël, c'est-à-dire choisir entre l'abandon de sa politique de sécurité et le blocus naval, ou risquer la colère du monde.
Dans nos relations avec Israël, il faut dissiper les brumes rousses de la colère qui trop souvent brouillent notre jugement. Une approche équilibrée et raisonnable devrait inclure les réalités suivantes.
D'abord l'état d'Israël a été créé par une décision de l'Onu. Par conséquent, sa légitimité ne peut pas être mise en question. Israël est une nation qui a des institutions profondément ancrées dans la démocratie. C'est une société ouverte et dynamique qui ne cesse d'exceller dans la culture, la science et la technologie.
Ensuite, grâce à ses racines, son histoire et ses valeurs, Israël est une nation occidentale à part entière. En effet, c'est une nation occidentale normale, mais qui est confrontée à des situations anormales.
Unique en Occident, c'est la seule démocratie dont l'existence est menacée depuis sa création. Elle a d'abord été attaquée par ses voisins, avec des armes conventionnelles. Puis elle a fait face au terrorisme culminant, vague après vague, dans des attentats-suicide. Aujourd'hui sous l'instigation d'islamistes radicaux et de leurs sympathisants, elle affronte une campagne de dénigrement à travers la loi internationale et la diplomatie.
62 ans après sa création, Israël se bat encore pour sa survie. Puni par des missiles qui pleuvent du nord comme du sud, menacée de destruction par un Iran qui cherche à acquérir des bombes nucléaires et pressé par les amis comme les ennemis, il semble qu'Israël n'ait aucun moment de répit.
Pendant des années, l'Occident a concentré son attention sur le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, et on peut le comprendre. Mais si Israël est en danger aujourd'hui et si toute la région est en train de glisser vers un avenir très préoccupant, ce n'est pas du tout parce que les parties ne s'entendent pas sur les moyens de résoudre le conflit. Les paramètres de tout accord de paix futur sont clairs, même si pour chaque partie, le processus final à atteindre est difficile et douloureux.
Les menaces réelles à la stabilité régionale se trouvent, cependant, dans la montée d'un islamisme radical qui voit la destruction d'Israël comme l'accomplissement d'un destin religieux et, simultanément, dans le cas de l'Iran, comme une expression de ses ambitions pour une hégémonie régionale. Les 2 phénomènes sont des menaces qui affectent non seulement Israël, mais aussi tout l'Occident et le monde entier.
Le cœur du problème se trouve dans la manière ambiguë et souvent erronée avec laquelle de nombreux pays occidentaux réagissent à la situation. Il est facile de blâmer Israël pour tous les maux du Moyen Orient. Certains agissent et parlent comme si on pouvait parvenir à une nouvelle entente avec le monde musulman, à condition de sacrifier l'état d'Israël sur l'autel de cette entente. Ce serait une folie.
Israël est notre première ligne de défense dans une région turbulente qui risque à tout moment de sombrer dans le chaos, une région vitale pour notre sécurité énergétique, du fait de notre surdépendance du pétrole du Moyen Orient, une région qui constitue une frontière dans le combat contre l'extrémisme. Si Israël sombre, nous tous nous sombrerons.
Pour défendre le droit d'Israël à exister en paix et dans des frontières sûres, il faut un degré de clarté morale et stratégique qui trop souvent semble avoir disparu en Europe. Les États-Unis montrent des signes inquiétants car ils empruntent la même voie.
L'Occident traverse une période de confusion quant à l'avenir du monde. Dans une large mesure, cette confusion vient d'une sorte de doute de soi masochiste qui concerne notre propre identité, du fait du politiquement correct et du multiculturalisme qui nous forcent à nous mettre à genoux devant les autres, et d'une laïcité qui, ironie du sort, nous aveugle, même lorsque nous sommes confrontés à des djihadistes qui font la promotion d'une foi fanatique. Abandonner Israël à son sort, en ce moment critique, ne servirait qu'à illustrer combien nous avons sombré et combien notre déclin semble désormais inexorable.
On ne peut pas laisser faire. Motivé par le besoin de reconstruire nos propres valeurs occidentales, exprimant une profonde inquiétude au sujet de la vague d'agression contre Israël, et conscient que la force d'Israël est notre force et que la faiblesse d'Israël est notre faiblesse, j'ai décidé de promouvoir une nouvelle initiative d'"Amis d'Israël" avec l'aide de quelques personnalités, dont David Trimble [ex-Premier ministre d'Irlande du Nord], Andrew Roberts [historien anglais], John Bolton [ex-ambassadeur américain aux Nations unies], Alejandro Toledo (ancien président du Pérou), Marcello Pera (philosophe et ancien président du Sénat italien), Fiamma Nirenstein (auteure et politicienne italienne), le financier Robert Agostinelli et l'intellectuel catholique George Weigel.
Nous n'avons pas l'intention de défendre une politique spécifique ou un gouvernement israélien particulier. Les auteurs de cette initiative sont certains d'être parfois en désaccord avec certaines des décisions prises par Jérusalem. Nous sommes des démocrates et nous croyons en la diversité.
Ce qui nous lie, toutefois, est notre soutien indéfectible à Israël et à son droit à exister et à se défendre. Que des pays occidentaux se rangent du côté de ceux qui remettent en question la légitimité d'Israël, jouent avec des questions de sécurité vitales pour Israël au sein des instances internationales, ou apaisent ceux qui s'opposent aux valeurs occidentales plutôt que de s'élever vigoureusement pour la défense de ces valeurs, n'est pas seulement une grave erreur morale, mais une erreur stratégique de premier ordre.
Israël est une partie essentielle de l'Occident. L'Occident est ce qu'il est grâce à ses racines judéo-chrétiennes. Si l'élément juif de ces racines est déterré et Israël perdu, alors nous sommes perdus aussi. Que cela nous plaise ou non, nos destins sont inextricablement liés.
PANNE D'ORDINATEUR
UNE PANNE D'ORDINATEUR A COUPE LES AILES DE VOTRE SERVITEUR. ALORS PENDANT CES HEURES QUI SE SONT ECOULEES SANS QUE JE PUISSE CONTINUER A ECRIRE DE NOUVEAUX MESSAGES, J'AI PASSE BEAUCOUP DE TEMPS DEVANT MA TELEVISION. AMOUREUX DU BALLON ROND COMME TOUT PIED NOIR QUI SE RESPECTE, J'AI ASSISTE AU NAUFRAGE DE L'EQUIPE DE FRANCE, NAUFRAGE O COMBIEN PREVISIBLE. CET ECHEC M A INSPIRE CES QUELQUES REFLEXIONS.
LA FRANCE A LE FOOTBALL QU’ELLE MERITE
Chacun semble étonné du drame qui s’est noué en Afrique du Sud. Pourtant, il ne fallait pas être grand clerc pour redouter le clash qui s’est produit. Comme de sales gosses, les joueurs (certains d’entre eux) se sont comportés de la manière la plus ignoble qui soit.
Domenech aurait dû être renvoyé à ses chères études depuis très longtemps et je me demande encore comment ce piètre communicant et ce piteux entraîneur a été choisi pour mener les destinées de la Maison France du football. Mais, je n’ai pas envie de tirer sur l’ambulance qui n’a plus un centime pour mettre de l’essence.
Alors qui est responsable de la chienlit du football français ?
Premièrement la France qui reçoit en pleine figure le boomerang de sa politique du « black, blanc, beurre ». Le manque d’éducation de ces « sportifs » se retrouve à tous les échelons. Attendre que l’élimination soit consommée pour entamer une « révolte du Bounty » est à proprement parler scandaleux. Pourquoi ne pas se rebeller avant d’avoir joué le premier match ? Ils pensaient sans doute ainsi se dédouaner des mauvais résultats du collectif (sic)
Prendre fait et cause pour un joueur qui a eu des démêlés partout où il est passé, dépasse l’entendement ! Certains osent prétendre que le fautif est le journaliste qui a révélé l’insulte ! Non mais je rêve ! Un journaliste révèle car c’est son métier de révéler; un footballeur joue au football car c’est son métier de jouer au football.
Si Anelka pensait ne pas pouvoir rendre des services au poste que Domenech désirait lui attribuer, il avait une solution simple : refuser de jouer et laisser ce poste à un autre joueur. Au lieu de cela, une piètre exhibition et ce cataclysme le renvoyant à ses chères études. (sic)
Un joueur de l’équipe de France n’a pas le droit de manquer de respect à son entraîneur même s’il juge celui-ci incapable. (Il avait le choix de refuser sa sélection et les avantages inhérents à sa condition de joueur de l’équipe de France). Mais il a préféré le beurre et l’argent du beurre !
Pauvre France qui voit sa société MULTICULTURELLE tomber en déliquescence et qui n’a pas voulu voir les signes annonciateurs d’une déchéance plus grande qui la guette.
Deuxièmement, quand on joue pour son pays, on se doit de chanter son hymne car ce chant représente l’hymne de la nation. Si un joueur refuse de chanter, c’est qu’il n’éprouve nulle fierté à défendre les couleurs de cette nation ! Aussi, DEHORS TOUS CES ANTI-FRANCAIS.
Je préfère un joueur moyen mais fier de défendre le maillot qu’un Anelka, Ribery, Gallas ou Abidal qui montre ostensiblement le dédain que lui inspire l’hymne de la France. Gignac, Henry, Valbuena ou Scilacci n’aurait eu aucun mal à les remplacer mais la fédération ne veut pas faire de vagues. Et pendant ce temps, la jeunesse des banlieues, des villes et des villages de France rêve de porter le maillot bleu frappé du coq gaulois.
Enfin, Laurent Blanc arrive. C’est un homme droit dans la vie comme sur le terrain. J’espère qu’il va foutre un grand coup de pied dans la fourmilière et ne conserver que les joueurs de qualité et de bonne moralité pour que les enfants aient sous leurs yeux émerveillés des images de bonheur : bonheur de jouer au football, bonheur de respecter un adversaire qui n’est pas un ennemi, bonheur tout simplement avec pour seule devise :
GAGNER OU PERDRE MAIS AVEC DIGNITE
jeudi 17 juin 2010
ARTHUR jacques essebag
La biographie d'Arthur est un hymne à l'extraordinaire réussite d'un homme que rien n'effraie, et surtout pas le succès ! Jacques Essebag, que tous les français appellent aujourd'hui « Arthur », son nom de scène, est un célèbre animateur, producteur et comédien français. Marocain d'origine, Arthur naît un 10 mars 1966 à Casablanca au Maroc. Issu d'une famille juive, il est le fils de Michel Essebag, alors expert-comptable. Il arrive en France à l’âge d’un an, suite à la Guerre des Six Jours en Israël. Après un bac B et des études de droit, il décide de s’orienter vers l’animation radio. Il fait ses débuts dans une radio locale de Massy, avant d’arriver sur RFM en 1987. C’est à cette époque qu’il prend le pseudonyme d’Arthur. Après un passage à Kiss Fm et à Skyrock où il anime Les zigotos du matin, il rejoint Fun Radio en 1991 où il se proclame "l’animateur le plus con de la radio FM". En 1992, Europe 1 l’accueille pour une nouvelle émission, Arthur et les pirates. L’ambition d’Arthur ne s’arrête pas aux portes du studio radio. La télévision commence à l’intéresser. Entouré de ses amis chroniqueurs, il tente sa chance sur TF1 avec L’émission impossible.
Le présentateur télé
La consécration d’Arthur arrive deux ans plus tard, sur France 2, avec Les enfants de la télé, programme qui compile les moments cultes du petit écran et La fureur du samedi soir, concept karaoké. Sur le plateau des Enfants de la télé, il est accompagné d’un "dinosaure" du PAF, Pierre Tchernia. Malgré une audience méritante, France 2 se sépare de l’animateur. Arthur arrive alors sur TF1 où il reprend la présentation des Enfants de la Télé, concept appartenant à sa boîte de production, Case Productions, qu’il a monté avec son associé Stéphane Courbit. En 2001, la société est rachetée par Endemol. Arthur est nommé vice-président d’Endemol France et importe la téléréalité en France. Il se désengage de l’entreprise en vendant ses parts en 2006.
Une nouvelle carrière
Fidèle à TF1, Arthur l’est beaucoup moins à la radio. En septembre 1996, il anime la matinale sur Europe 2. Trois ans plus tard, il rejoint Fun Radio et mettra un terme à son contrat en 2004. Depuis septembre 2005, Arthur se fait plus rare à la télévision et à la radio. Il s’essaie avec succès, à une nouvelle activité, le one man show. Arthur en vrai, sur scène est mis en scène par Isabelle Nanty. A la rentré 2007, il poursuit sa reconversion et partage, avec Danyboon, l’affiche de la pièce de théâtre, Le dîner de cons. Il est marié à l’ancien mannequin Estelle Lefébure.
Au final, Arthur est l'un des animateurs de télé et de radio les plus populaires.
En 2004, il se fixe un nouveau challenge : monter sur scène. Mission réussie avec son premier one man show En vrai, mis en scène par Isabelle Nanty. Il revient sur les planches en 2008 aux côtés de Dany Boon dans la pièce de Francis Weber, Le dîner de cons.
mercredi 16 juin 2010
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