jeudi 30 septembre 2010

L'ARMEE D'AFRIQUE - GLOIRE ET HONNEUR -

« L’Armée d’Afrique », c’est le nom qui avait désigné en 1830 le corps expéditionnaire d’Alger ; il a continué à s’appliquer par la suite aux troupes qui ont conquis, occupé et pacifié ce qui fut appelé la « Régence d’Alger ».
Après la conquête algérienne, la dénomination d’Armée d’Afrique s’est étendue aux troupes de Tunisie, du Maroc et du Sahara et désignait des unités à allure particulière, à la fois européenne – zouaves, légionnaires, chasseurs d’Afrique, artilleurs, tringlots, sapeurs, bataillonnaires d’Afrique, ou indigènes – tirailleurs, spahis, goumiers, méharistes sahariens, et des services, santé, intendance, génie, matériel, transmissions, justice, etc…., puis aux unités de l’Air et de la Marine, et en France après 1914-1918 aux unités indigènes qui séjournèrent aux frontières du Nord-Est, des Alpes et en occupation.
Cette Armée forgea la doctrine qui constitua l’art politique de la colonisation française dans tout le Maghreb où l’officier était investi d’une triple mission, militaire, politique et administrative.
Maillons d’une même chaîne, de BUGEAUD à LYAUTEY et JUIN, tous ont connu et aimé les indigènes. Il les ont toujours traités, et fait traiter, avec bonté, équité, humanité et dignité.

L’œuvre accomplie au Maghreb de 1830 à 1962 fut considérable . L’Armée d’Afrique a marché, peiné, lutté, souffert dans le combat et dans la pacification pour mieux approcher les populations, les soigner, les administrer, les éduquer, leur apporter le bien-être matériel et le respect de la personne humaine. Ses ambitions ne se sont jamais bornées aux seules opérations militaires, et avec le même élan de dévouement et de sacrifice, l’Armée d’Afrique a manié les armes, l’outil, la justice, pour faire aimer la France.
Pendant 130 ans, sur tous les champs de bataille où la France a eu à défendre son indépendance, sa liberté, son honneur, l’Armée d’Afrique a payé largement de son sang et plus d’un million des siens sont « morts pour la France ».
En Crimée, au Mexique, en Italie, pendant toute l’épopée coloniale, sur tous les théâtres d’opérations des Dardanelles, des Balkans, au Levant, en Tunisie, au Maroc, au Sahara, sur tous les fronts français de 1870, de 1914-1918, de 1939 à 1945, à Madagascar, en Indochine, et enfin avec les jeunes générations en 1954-1962, l’Armée d’Afrique a porté haut l’honneur de l’Armée française comme en témoignent, avec éloquence, ses nombreux titres.
Par trois fois, en 1870-1871, en 1914-1918, en 1939 à 1945, elle est venue au secours de la France envahie et c’est là qu’elle a payé son plus lourd tribut.
En 1870-1871, le gros de ses trois divisions de marche prenait part à une campagne hélas ! déjà perdue. Mais les turcos, les zouaves et les chasseurs d’Afrique, engagés dans les batailles inscrivaient les plus belles pages d’héroïsme dans des combats célèbres dans les annales militaires.
En 1914-1918, les effectifs représentant 25 divisions ont été levés, mis sur pied et engagés tant sur le front de France que sur celui du Moyen-Orient, Dardanelles et Macédoine – leurs pertes furent énormes – 270 000 hommes – les trois quarts de leurs effectifs.
L’Armée d’Afrique fut de toutes les offensives les plus dures, de toutes les batailles les plus meurtrières. Au Moyen-Orient, sous les ordres de leur chef, le général FRANCHET d’ ESPEREY, un enfant de cette terre d’Afrique, elle obtint, bien avant l’armistice, la capitulation totale des Bulgares, des Turcs et des Austro-Hongrois, alliés de l’Allemagne.



 En 1939-1940, six divisions Nord-africaines se distinguent en Belgique, sur l’Aisne, sur l’Ailette. Partout elles furent engagées tandis que le gros des corps d’Afrique du Nord montait la garde aux frontières de ce qui constituait alors, l’Empire Français.

De 1940 à 1942, certaines unités, sous l’impulsion de chefs prestigieux (KOENIG, de LARMINAT, BROSSET) rejoignent la France libre et combattent aux côtés des Anglais en Erythrée, en Libye, et en Tripolitaine ; l ‘épisode de Bir-Hakeim, où s’illustrèrent notamment les légionnaires de la 13ème DBLE, est dans toutes les mémoires.

"Débarquement de l'Armée d'Afrique en Provence" En 1942, après le débarquement Anglo-Américain en AFN, l’Armée d’Afrique reprend le combat, retrouve son unité avec ceux de la France Libre et participe, aux côtés des alliés et sous le commandement du Général JUIN, à la reconquête de la Tunisie et aux combats d’Italie jusqu’à la prise de Rome et Sienne.
Dans les premières vagues de combattants du débarquement allié sur les côtes de Provence, en Août 1944, sous le commandement du Général de LATTRE de TASSIGNY les troupes venues d’Afrique du Nord étroitement unies aux divisions enlevées du front Italien, s’emparent de Toulon et de Marseille, remontent la vallée du Rhône, retrouvent leurs amis de la 2ème DB du Général LECLERC venant de Normandie, participent aux durs combats des Vosges et de la poche de Colmar et ont la joie , en Avril 1945, de franchir le Rhin et de pénétrer en Allemagne.

Le 8 mai 1945, leur chef, le Général de LATTRE de TASSIGNY, signe à Berlin aux côtés des chefs alliés l’acte de capitulation de l’Allemagne.
Rappelons :
-que le premier drapeau français décoré de la Légion d’Honneur a été celui du 2ème Zouaves à Magenta, suivi en 1863 par ceux des 3ème Zouaves et 3ème Tirailleurs et en 1902 du 3ème Zouaves.
-que sur 34 drapeaux d’Infanterie portant le ruban rouge, 15 sont de l’Armée d’Afrique.
-que seul de tous, dans la cavalerie française, l’étendard du 1er Chasseurs d’Afrique eut cet honneur en 1863.
-que sur 18 régiments en France qui ont droit à la fourragère rouge, 10 sont de l’Armée d’Afrique.

On dénombre également :
-6 régiments décorés de la croix de la Libération
-4 régiments d’Infanterie cités plus de 10 fois de 1914 à 1945 :
-Le 3ème Régiment Etranger d’Infanterie ;
-le 7ème Régiment de Tirailleurs Algériens ;
-le 4eme Régiment de Tirailleurs Tunisiens
-Le Régiment d’Infanterie Coloniale du Maroc ( R.I.C.M.).

Il faut aussi signaler, pour la guerre de 1939-1945, que sur 36 régiments d’Infanterie titulaires de la fourragère rouge , jaune ou verte (Médaille Militaire et Croix de Guerre), 21 sont des régiments de l’Armée d’Afrique dont 11 de Tirailleurs marocains et Tabors qui ont été de toutes les opérations de 1942 à 1945 et que sur les 19 régiments de l’Arme Blindée et Cavalerie ayant ces fourragères, 10 sont de l’Armée d’Afrique.
Voila pour les lauriers

Mais, hélas ! il ne faut pas oublier , pour sa grande gloire, que le Souvenir Français a recensé 700 000 tombes de ses soldats, en Afrique du Nord, en Italie, au Mexique, en Crimée, en Indochine, à Madagascar, et en France. 250 000 des siens reposent au Maghreb.
Ces chiffres ne doivent pas évoquer seulement des idées de conquêtes et de combats, mais surtout la notion de la défense des idées généreuses de la France. L ’œuvre de cette Armée fut constructive. Paix, prospérité, bonheur étaient ses objectifs dans tous les pays soumis aux désordres, à l’insécurité, à la misère et à la maladie.
Dans la glorieuse phalange de ses chefs et de ses serviteurs, il est bon de citer pêle-mêle des noms devenus légendaires :  CLAUZEL, Duc d’ORLEANS, d’AUMALE, de NEMOURS, BERTHEZENE, VOIROL, DROUET d’ ERLON, des CARS, DAMREMONT, VALEE, SAINT-ARNAUD, PELISSIER, BOSQUET, LA MORICIERE, CANROBERT,CHANZY, BLANDAN,BUGEAUD, RANDO N, MAC MAHON, DANJOU, LAMY, FLATTERS, LYAUTEY, GOURAUD, POEMIRAU, FOREY, GEORGES, NOGUES, GIRAUD, HURE, de LOUSTAL, de BOURNAZEL, LAPERRINE, de FOUCAULT, VUILLEMIN, LECLERC, JUIN, WEYGAND, de LATTRE, et à côté d’eux , des frères d’armes, MUSTAPHA ben ISMAEL, YUSUF, Lieutenant SLILI, le tirailleur GACEM, le Lieutenant AMAR, le Sergent BOUAKKAZ, et des centaines d’autres.
Plus récemment, de 1954 à 1962, des millions de jeunes du Contingent ont perpétué à leur tour, dans des conditions exceptionnelles, les traditions de générosité et de sacrifice de leurs anciens sur cette terre d’Afrique.
L’œuvre de cette armée symbolisera dans l’Histoire, la mission civilisatrice de la France en Afrique du Nord, comme dix-huit siècles auparavant les légions d’Auguste avaient inscrit la leur pour la gloire de Rome.
Puissent le dévouement, le désintéressement et la fidélité de ces soldats, des plus grands qui assurèrent des responsabilités, jusqu’aux plus humbles, servir d’exemple aux hommes d’aujourd’hui et de demain.
L’Armée d’Afrique n’est plus. Elle est entrée, tête haute, dans la LÉGENDE.
La France se devait de reconnaître son œuvre et ses sacrifices et de l’honorer magnifiquement en lui réservant sur le sol natal un haut lieu digne de sa grande épopée.
Le Mémorial de Saint-Raphaël est là pour nous rappeler la place de l’Armée d’Afrique dans l’Histoire de France et l’Association Nationale « Souvenir de l’Armée d’Afrique » a été crée pour que son souvenir perdure.

mercredi 29 septembre 2010

RIBACH ET RASHBAZ, réunificateurs du judaïsme d'Algérie

À la suite de violentes émeutes survenues en Espagne du 06 juin au 13 août 1391, les juifs d’Espagne connaîtront des soulèvements qui  donneront lieu à un exode des juifs de la péninsule ibérique vers l’Afrique du nord. En 1287 déjà, des juifs avaient déjà quitté ce pays pour s’y installer et ce à la suite de la conquête de l’île de Majorque par les chrétiens dirigés par jacques 1er d’aragon. Puis ce sera la curée en 1492 avec la grande inquisition d'Isabelle la Catholique.

Lors de l'inquisition dite médiévale de 1391, les juifs espagnols s’établiront le long du littoral algérien (Oran, Mostaganem, Miliana, Ténès), dans des villes de l’intérieur (Constantine, Tlemcen, Blida), au sud du pays (Mzab, tougourt, Laghouat) et enfin en petite Kabylie. De toutes ces régions, celle de Tlemcen a connu un événement très important, la visite effectuée auprès de la communauté juive de cette ville du célèbre rabbin Ephraim Ankaoua encouragera celle-ci à s’affirmer davantage.  Le grand rabbinat désignera des rabbins pour les principales villes d’algerie. Isaac Barfat Ben Chechet ou Ribach (1329-1408) et Simon Ben Semah Duran (1361-1442) ou Rashbaz, veilleront sur les communautés d'Alger.
Les grands promoteurs de la renaissance juive demeureront à jamais, les rabbins Ribach et Rashbaz. Le premier nommé sera désigné grand rabbin d’Alger par le sultan de Tlemcen et ce malgré l’opposition de Duran. Ceci engendrera au pouvoir extérieur judaïque l’interdiction d’interférer, donc de nommer des rabbins. Aussi la communauté judéo-berbère souhait-elle garder une certaine autonomie devant régenter le quotidien des juifs algériens qui s’appuiera dorénavant sur une équipe collégiale constituée de sages et d’ages avancés.

Certaines communautés juives solliciteront de cette équipe dirigeante son autorisation d’apporter des rectifications sur certaines lois existantes ainsi les lois du mariage, les héritages, connaîtront des changements après l’aval obtenu des chefs charismatiques, et les juifs qui n’avaient pas donné leur avis se retrouveront concernés aussi. Aucune opposition ne s’étant manifestée, ces bouleversements donneront naissance à l’unification des rangs de la communauté juive de l’Afrique du nord toute entière. C’est ainsi que Simon Ben Semah Duran légifèrera par ordonnances ce qu’on appellera les "taqqanots"(1) d’alger.

Ces textes établiront des législations nouvelles entre autres les relations matrimoniales qui seront scrupuleusement acceptées (et qui continue à l’être) par les fils de la torah (2)(ensemble de la loi juive contenue dans les cinq livres du pentateuque) habitant encore l’Afrique du nord confirmant ainsi l’autorité des lois votées et proclamées aussi en la synagogue le jour du shabbat (3)et ce avant la sortie sepher torah (4).

RECETTE DU PAIN JUIF DES FILLES DURAND DE LA RUE MARENGO

LEON DURAND ET SES SOEURS PAULINE, ELISE, LYDIA (ma mère) ET NADINE AVEC LEUR FRERE WILLIAM (en médaillon) DESCENDANTS EN LIGNE DIRECTE DE "RASHBAZ" SIMON BEN SEMAH DURAN ET DE LEON JUDA BEN DURAN.  
LE 5 AVRIL  1835, LEON JUDA ENTERINA LE CHOIX   DU COMTE DROUET D'ERLON QUI LUI PROPOSAIT  D'ADOPTER  LE PATRONYME  DURAND POUR "COMMODITES ADMINISTRATIVES" AFIN DE FACILITER SA NATURALISATION FRANCAISE
RECETTE DU PAIN JUIF

INGREDIENTS : 1 KG DE FARINE
2 ŒUFS (JAUNE)
5O GRS DE LEVURE DE BIERE
15/20 CL D’HUILE
1 CUILLERE A CAFE DE SUCRE
1 CUILLERE A CAFE DE SEL FIN
1 CUILLERE D’ANIS VERT
1 CUILLERE A SOUPE DE GRAINE DE SESAME
1 CUILLERE A CAFE DE FLEUR D ORANGER
1 CUILLERE A CAFE DE NIGEL

Verser la farine dans un saladier et faire une fontaine au centre dans lequel on va mettre la levure diluée d’un verre d’eau tiède, malaxer vivement et couvrir d’un linge humide

1 HEURE après ajouter, les œufs, huile et tous les ingrédients PETRIR PENDANT 2O MINUTES JUSQU’A CE QU’ELLE DEVIENNE LISSE

La recouvrir d’un linge humide et la laisser reposer environ 1 HEURE

Séparer ensuite la boule de pâtes en 6 petites boules, les badigeonner d’un jaune d’œuf puis la parsemer de nigel ou de sésame puis faire dorer

mardi 28 septembre 2010

JERUSALEM, LE DERNIER REMPART -6- HZ

LE DERNIER OUVRAGE DE HUBERT ZAKINE

D’ALGER A JERUSALEM
Je suis né en Algérie française. Je suis un de ces Français né sur une terre française que la politique a transformé en terre d’Islam. N’oublions pas que la France a arraché un pays qui ne s’appelait pas encore Algérie à la puissance Ottomane. Le terme Algérie ne fut prononcé officiellement que le 14 Octobre 1839 sur décision du général Schneider, Ministre de la Guerre de l’époque
Je fais donc partie des juifs chassés d’une terre africaine ou Moyen orientale comme ce fut le cas pour quelques 800000 individus qui trouvèrent refuge en terre d’Israël.
A ce titre, je peux, j’en ai même le droit mais également le devoir, en hommage à la souffrance des miens, de me poser la question de savoir pour quelle raison, le Président Obama n'a pas évoqué ces Juifs dont les ancêtres ont vécu dans l'univers arabe, bien avant que l'Islam n'y soit né.

Que les biens des Juifs de tous les pays arabes ont été pillés, que ses habitants furent spoliés et ce, au vu et au su du monde civilisé, de nos jours, durant le 20 ème siècle. Il a gommé cette parenthèse de sa mémoire. Pour Barack Hussein Obama, Président des Etats Unis, nous, Juifs d’Orient et d’Afrique du nord, n'avons jamais existé. Pourtant, en Egypte, au Liban et dans tous les pays moyen-orientaux, au Maroc, en Tunisie comme en Algérie existait une forte et vibrante communauté juive.
Une communauté juive qui fut chassée de la terre où leur vie s’écrivait parfois dans la douleur mais plus souvent dans la fête et la joie de vivre là où leurs parents, voire leurs grands-parents étaient enterrés, là où se dessinait une vie de labeur pour le bonheur de toute la famille. Une communauté juive qui a su se reconstruire pour le bonheur de la France et d’Israël, terres d’accueil qui n’eurent qu’à se louer de ces nouveaux arrivants. Mais à l’instar des repliés d’Afrique du nord, ces néo-israéliens se sont mis au travail, sans jamais rechigner avec au fond du cœur une étoile de David.
En 1990, les chrétiens représentaient 60% de la population de Bethlehem, et dans les territoires palestiniens, ils sont sur le point de disparaître, passant de 15% de la population en 1950 à moins de 1% de nos jours.
A l’inverse, en Israël, leur nombre augmente, passant de 34.000 en 1948 à plus de 140.000 actuellement.
Les croisés comme les musulmans n’ont jamais sacralisés la ville de Jérusalem qui a vu les temples et synagogues saccagés et qui demeura interdite aux juifs durant la période où la Jordanie fut détentrice des lieux saints.

Cela n’a pas l’air de perturber Barack Obama qui préfère s’extasier sur le “ plus grand pays musulman du monde.”
Jérusalem doit aussi faire comprendre au président américain que l'Etat juif est toujours souverain et indépendant et son gouvernement élu démocratiquement au suffrage universel, agira contre les menaces selon ses propres intérêts.

A SUIVRE.....




IL ETAIT UNE FOIS BAB EL OUED -2- HZ

CHAPITRE DEUXIEME

ACTIVITES INTELLECTUELLES

ARTS ET LETTRES

Il est admis que l’une des raisons de la prise d’ALGER est due pour une grande part au consortium BACRI-BUSNACH. A la suite d’un tour de passe-passe dont ils avaient le secret, les deux négociants endettés auprès de la régence, revendirent à HUSSEIN DEY une lettre de créance que la France avait contractée envers le consortium. Le fameux coup d’éventail fut la conséquence de cette affaire mais non le détonateur de la conquête.
La « course » même si elle s’essoufflait considérablement et les prisonniers chrétiens furent selon les historiens les véritables raisons de l’engagement de la France dans cette aventure.
Toujours est-il que la famille BACRI a marqué de son empreinte l’histoire de l’Algérie et tous les ouvrages traitant ce sujet ne manquent pas de mentionner le rôle de Joseph « le vieux », Jacob qui se rendit au devant du Maréchal DE BOURMONT en tant que Chef de la Nation Juive dont l’intelligence influença plus d’une fois la politique française en Afrique du Nord.
Il me paraît tout naturel, à mon tour, de faire figurer dans cette mémoire de Bab El Oued deux descendants de cette illustre famille qui vécut dans la casbah judéo-arabe avant de « descendre au faubourg » rue du Roussillon.
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Le premier, car le plus âgé, est connu de tout un chacun pour ses calembours qui éclairèrent d’un jour nouveau « le Canard Enchaîné » de la grande époque. Il s’amusa tout au long de ses écrits à donner ses lettres de noblesse à sa famille, à son quartier et à sa ville natale.
Roland BACRI, c’est de lui qu’il s’agit, auteur entre autres de « et alors et voilà! », « le petit poète », « la légende des siestes », « le Roro », « l’obsédé textuel », « Trésor des racines pataouètes », « Le beau temps perdu », « les Rois d’Alger ». Il s’essaya sans se prendre au sérieux à la chanson, prétexte à des parodies désopilantes de la chanson pataouète sous le surnom de « RORO DE BAB EL OUED ».
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Son frère cadet versé, dès son plus jeune âge, dans la musique, n’est autre que Jean CLAUDRIC, pianiste, compositeur, chef d’orchestre de renom, arrangeur et accompagnateur des plus grandes vedettes de la chanson française. Né au 3 rue du Roussillon, à Bab El Oued en 1930, il « fait » le conservatoire d’Alger avant d’endosser le costume de pianiste au sein des orchestres de Lucien ATTARD et Lucky STARWAY. A 28 ans, sa virtuosité franchit la Méditerranée. Maurice CHEVALIER le choisit pour son prochain disque dont il sera l’arrangeur et le chef d’orchestre.
Lui emboîtent le pas, Joséphine BAKER, FERNANDEL, Les Compagnons de la Chanson, Marcel AMONT, Johnny HALLYDAY, Charles AZNAVOUR, Michel POLNAREFF, Mireille MATHIEU et bien entendu Enrico MACIAS pour lequel il compose nombre de succès tels « les filles de mon pays », « les gens du Nord » entre autres. Sous le pseudonyme de Sam CLAYTON, il écrit tous les succès de SHEILA et dirige parallèlement les orchestres symphoniques les plus prestigieux à travers le monde, tout en participant à de nombreux shows télé, spectacles de variétés et Eurovision. Il reçoit le grand prix de la SACEM en 1984.
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Sous le pseudonyme de DAXELY, Marcel BOUMENDJIL fit partie de ceux que l’on catalogua comme les acteurs fétiches du grand Marcel PAGNOL. Remarqué par le maître sur les planches de l’Alcazar de Marseille dont il fut pensionnaire de 1950 à 1956, il fit merveille sous la dégaine endiablée de Garrigou, le bedeau de la chapelle des « Trois messes basses » l’une des « Lettres de mon moulin ». Ses compositions de grand benêt hésitant dans la première version de « MANON DES SOURCES » ou dans celle du concierge de « MERLUSSE » marqua les esprits. Auprès de la capiteuse Tilda THAMAR, il tourna « La casaque dorée » avant d’accompagner Tino ROSSI dans « NAPLES AU BAISER DE FEU » interprétant avec talent le rôle de faire-valoir au cours d’une tournée qui dura…….six années.
Natif de Bab El Oued, oncle de Jean CLAUDRIC et Roland BACRI, ce comédien repéré par le « maître » provençal du cinéma français aurait pu faire une plus grande carrière si une sainte horreur des mondanités que certains prirent pour de la timidité, et un besoin viscéral de son environnement familial ne l’avaient ramené chez lui, à ALGER, à Bab El Oued
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Comment évoquer les gloires de Bab El Oued sans nommer celui qui est né le 23 Aout 1927 au quartier Guillemin, rue Thuillier exactement : Martial SOLAL.
Celui qui figure dans le grand dictionnaire du jazz débute à six ans. Il rejoint très jeune l’orchestre du regretté Lucky STARWAY avant de passer professionnel en 1945.Il officie au sein d’orchestres prestigieux tels ceux de Aimé BARELLI ou Benny BENNETT . Mais ce qu’il désire avant tout c’est jouer au sein d’un quartet de jazz. Il crée sa propre formation et rencontre un énorme succès. En 1962, il est invité au festival de Newport où son talent d’improvisateur génial lui vaut d’accompagner les plus grands, de Sydney BECHET à Django REINHARDT en passant par Art FARMER ou Stéphane GRAPELLY. Il compose quelques musiques de films dont « A bout de souffle » et « Léon Morin prêtre ».
Dans les pages de leur « Dictionnaire biographique des musiciens » les deux éminents spécialistes du jazz que sont BAKER et SLONIMSKY parlaient de l’enfant de Bab El Oued en ces termes : « Martial SOLAL est un musicien de génie dont le rôle dépasse largement les frontières du jazz et de l’Europe »
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Sylvio GUALDA est né dans un modeste appartement de la rue Maxime NOIRET au cœur de Bab El Oued. Il passe sa petite enfance à la maternelle de la rue Rochambeau. A cette époque, son papa Maccario dirige l’un des orchestres préférés des habitués de la piste de danse d’Algérie. Qui n’a pas tenté sa chance sur les slows veloutés, les tangos lascifs, les pasos endiablés, les rumbas ondoyantes de l’orchestre MACKER.
Bon sang ne saurait mentir. Le jeune Sylvio profite des jeudis et des vacances que lui octroie l’enseignement primaire dont il s’affranchit à l’école de la rue Franklin pour pousser la chansonnette au sein de la formation de son père. Le « petit » est doué pour le chant, donc pour la musique. Après l’étude du piano, il se tourne sur les conseils du timbalier de Radio-Alger, le professeur BLANQUAERT, vers la percussion. La voie royale ouvre, alors, ses allées fleuries au jeune homme après l’obtention du premier prix de l’Opéra d’Alger. Il quitte sa ville natale, son quartier, sa maison pour un ailleurs indécis. Le voyage au large de ses racines le déboussole et Paris ne le prend pas dans ses bras. La volonté décuplée par l’adversité, Sylvio se fait un devoir de faire découvrir la discipline de la percussion à la métropole. Le scepticisme, voire l’incompréhension des musiciens devant ce choix s’évanouissent au soir de son premier concert.
En 1968, à l’âge de vingt huit ans, il est nommé premier timbalier solo de l’Orchestre National de l’Opéra de Paris. Tout s’enchaîne alors. De grands compositeurs écrivent pour lui, il est le premier percussionniste occidental invité par la Chine, la SACEM lui décerne le grand prix en 1987 et après une période de boulimie de concerts, il se consacre à l’enseignement. La France l’honore en lui demandant de représenter son pays lors de l’exposition universelle de Séville en 1998. Mais si l’honneur le touche dans son approche de la musique, il sait que son pays est là-bas, sur la rive orientale de la Méditerranée, de l’autre côté de sa mémoire, à Bab El Oued. Son cœur alors bat la chamade et cogne si fort qu’il croit entendre le percussionniste qui sommeille en lui.
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Robert CASTEL est le fils du maître du Chââbi, le grand, l’immense Lili LABASSI. Bercé dès sa plus tendre enfance par la plainte des mélopées judéo-arabes, le petit Robert MOYAL partage son temps entre l’école Franklin, la musique orientale et le football à l’A.S.S.E. Ses camarades de classe se souviennent de sa propension à raconter des histoires drôles où son débit de paroles faisait merveille. Son talent comique se révèle au grand jour au sein de « la famille Hernandez » de Geneviève BAÏLAC dans le rôle de « Paulo le bègue ». Sa notoriété franchit la Méditerranée puis l’Atlantique. Après l’exode, une fantaisie musicale écrite en collaboration avec Jacques BEDOS « la purée de nous ôtres » lui permet d’élargir son registre de comédien. Il interprète avec une très forte sensibilité des chansons nostalgiques qui arrachent les larmes aux spectateurs et spectatrices originaires de « là-bas ». Au cinéma, il donne la réplique à Alain DELON dans « l’insoumis » puis c’est le grand voyage aux côtés de son épouse Lucette SAHUQUET. La mémoire au cœur, il invente un personnage, CAOUÏTO, qui additionne les particularismes des enfants de Bab El Oued. Cinéma, théâtre, télévision, il multiplie les apparitions qui comblent d’aise ses compatriotes pieds noirs. Mais il n’oublie pas pour autant la musique de son père et enregistre quelques morceaux orientaux en jouant du violon, le corps de l’instrument posé sur la cuisse, à la manière « Lili LABASSI ». Son dernier enregistrement « Ô FRANCAIS DE FRANCE. » rend hommage à son père, à son pays, à son quartier : Bab El Oued
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Lucky STARWAY, alias Lucien SERROR, fait hélas partie de ceux qui laissèrent la vie de l’autre côté de la Méditerranée. Chef d’orchestre fortement influencé par les mélodies de Glenn MILLER, d’où son patronyme, sa notoriété lui vaut de faire danser toute une jeunesse au Casino de la Corniche, justement réputé par sa situation exceptionnelle et son ambiance musicale de très haute qualité. La bombe installée sous la scène par un employé musulman tue et mutile à jamais ; parmi les victimes, le Chef d’Orchestre, véritable « armoire à glace », montagne de bonhomie et de gentillesse, musicien de talent, enfant de Bab El Oued, de cette avenue de la Bouzaréah qu’il sillonna tant de fois et qui résonne, encore de nos jours, de ces morceaux arrangés à la sauce américaine.
Lucky STARWAY fut accompagné par « son » peuple, « son » quartier, « son » pays jusqu’à sa dernière demeure rejoindre Glenn MILLER au Carnégie Hall de l’éternité.
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Philippe CLAIR, Polo le bègue de la famille HERNANDEZ, fut l’un des premiers enfants de Bab El Oued avec Robert CASTEL à connaître le succès en métropole. En tapant sur « la Grande Zohra » et les nouveaux maîtres de l’Algérie, il fit rire ses compatriotes qui se retrouvèrent dans ses propos. Le baume au cœur qu’il dispensait à ses frères de l’exil parvint aux oreilles d’imprésarios qui lui firent enregistrer plusieurs 45 tours qui s’arrachèrent. Appuyé sur un accent à couper au couteau, il se lança dans le cinéma et plus particulièrement dans la réalisation de films comiques. Avec Aldo MACCIONE et surtout Jerry LEWIS qui accepta le rôle principal de « Par où t’es rentré, on t’a pas vu sortir » (relevez la subtilité du titre !), il connût la consécration. Le rire étant pour le français considéré comme un art mineur, Philippe CLAIR semble avoir largué les amarres d’avec le cinéma comme il le fit en quittant sa terre natale. Définitivement ?

Nombreux sont les musiciens qui sortent du rang. Lucien ATTARD, l’élégant accordéoniste devenu chef d’orchestre à l’allure de dandy, une rose à la boutonnière, qui charme les femmes du Tantonville où il se produit lorsque ses contrats lui en laissent le loisir sous le regard critique de son épouse, la chanteuse Mary Lou ; Pierre MARC chef d’orchestre à la réputation flatteuse qui concurrence Lucky STARWAY ; Henri RIERA qui débute à Bab El Oued avant de réussir une brillante carrière à Paris ; Martial AYELA qui connaît la consécration nationale en accompagnant Enrico MACIAS de nombreuses années à l’instar de Michel GESINA de la Basséta et qui enregistre une superbe chanson où il laisse transparaître sa nostalgie de la ville natale « ALGER RETROVISION » ; René COLL et son orchestre qui fait encore danser les pieds noirs (et les autres) en métropole ; les chanteurs ne sont pas en reste avec la douce et jolie Anita MORALES, mélange de Gloria LASSO et DALIDA qui souffrit non pas de la comparaison mais seulement du manque d’imprésario sérieux à Paris mais qui réussit sa reconversion au sein de la « famille HERNANDEZ » ; le trio LOS ALCARSON, enfants de la Basséta, à la voix de velours, aux mandolines langoureuses et au répertoire puisant dans le large registre de chansons hispanisantes qui, malgré quelques 45 tours de belle facture, continue à officier dans les cafés de Bab El Oued à la grande satisfaction d’une clientèle conquise; Luc DAVIS « authentique pied noir » par ses origines antillaises, cible affectueuse de Bab El Oued, à la voix chaude et envoûtante qui cumule répertoire français et créole avec un égal bonheur, accompagné par son pianiste de toujours, Pierre SISTE, les derniers nés, enfants du trio RAISNER, les COMPAGNONS DE L’HARMONICA imitent leurs aînés avec toute la fougue de leur jeunesse.
Tout ce petit monde artistique se retrouve une fois par semaine aux « galas du Marignan » devant une foule d’initiés ou, plus prosaïquement, amateurs de chansons sous la houlette d’animateurs locaux tels Jacques REDSON, Paul TRINCHANT, Jacques BEDOS, PAULINET, le fameux chansonnier ou LANCAR surnommé DARBEZ, de l’A.M.A.B.E.O, roi des comiques de Bab El Oued.
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Alger, terre de feu et de ciel, terre d’amour et de miel, de courage et de contrastes attire les artistes de tous poils. Les écrivains GIDE, MONTHERLANT, DAUDET, LOTI , FROMENTIN ouvrent la voie à toute une pléiade de plumitifs en mal d’inspiration.
Les artistes-peintres découvrent, alors, l’exotisme aux portes de Marseille. Un orientalisme qui va bouleverser leurs existences et par delà, leur œuvre.
DELACROIX, MARQUET, GERICAULT plongent en ce pays avec la force de leur peinture dans le monde mystérieux d’un Orient fascinant. Ils enfanteront nombres d’artistes reconnus ( DINET, LEROY, BROUTY ) qui s’enticheront de la villa ABD EL TIF, maison mauresque sur les hauteurs de Mustapha à la mesure de leur ambition et de leur éblouissement. Regroupés sous le nom d’Ecole d’Alger, ces peintres ressentent une certaine perception du pays qu’ils délivrent au sein de leurs ouvrages. Les sculpteurs Paul BELMONDO et André GRECK s’y rattachent, entraînant d’autres artistes derrière eux. Des pieds noirs feront partie de cette école d’Alger. Armand ASSUS, Emile AUBRY, Eugène DESHAYES, Marcello FABRI, Louis FERNEZ, Augustin FERRANDO, Constant LOUCHE, Louis RANDAVEL.......
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Bab El Oued apportera sa modeste contribution à l’art pictural algérien grâce à Sauveur GALLIANO « lauréat de la casa VELASQUEZ », Vincent BAEDA, Yves BACARISAS qui fut également pensionnaire de la Villa VELASQUEZ et quelques autres qui peignirent leur terre natale avec pour seule ambition de conserver les images heureuse du pays natal.
L’un des plus grands compositeurs français Camille SAINT-SAENS qui se rendit célèbre par son opéra SAMSON ET DALILA , sa DANSE MACABRE et son CARNAVAL DES ANIMAUX s’ouvrit à ce pays avec délectation. Il lui dédia en 1879 une SUITE ALGERIENNE majestueuse dont nul ne sait si l’inspiration d’une telle œuvre ne lui fut pas, pour tout ou partie, révélée par Bab El Oued qu’il arpenta de long en large lors de ses nombreuses visites.
Il mourut à Alger où il résidait en 1921 et la ville blanche lui rendit hommage par son superbe Boulevard SAINT-SAENS.

LAMARTINE LA TERRE NATALE

Pourquoi le prononcer, ce nom de la patrie ?
Dans son brillant exil mon cœur en a frémi ;
Il résonne de loin dans mon âme attendrie,
Comme les pas connus ou la voix d’un ami.


Sur des bords où les mers ont à peine un murmure,
J’ai vu des flots brillants l’onduleuse ceinture
Presser et relâcher dans l’azur de ses plis
De leurs caps dentelés les contours assouplis,
S’étendre dans le golfe en nappes de lumière,
Blanchir l’écueil fumant de gerbes de poussières.

Tout m’y parle une langue aux intimes accents,
Dont les mots, entendus dans l’âme et dans les sens,
Sont des bruits, des parfums, des foudres, des orages,
Des rochers, des torrents, et ces douces images,
Et ces vieux souvenirs dormant au fond de nous,
Qu’un site nous conserve et qu’il nous rend plus doux.
Là mon cœur en tout lieu se retrouve lui-même ;
Tout s’y souvient de moi, tout m’y connait, tout m’aime.

Mon œil trouve un ami dans tout cet horizon,
Chaque arbre a son histoire et chaque pierre un nom.


Ces lieux encore tout pleins des fastes de notre âme,
Sont aussi grands pour nous que ces champs du destin
Où naquit, où tomba quelqu’empire incertain :
Rien n’est vil ! rien n’est grand ! l’âme en est la mesure.
Un cœur palpite au nom de quelqu’un humble masure

La vie a dispersé, comme l’épi sur l’aire,
Loin du champ paternel les enfants et la mère,
Et ce foyer chéri ressemble aux nids déserts,
D’où l’hirondelle a fui pendant de longs hivers.

Là, sous des cieux connus, sous les collines sombres
Qui couvrir jadis mon berceau de leurs ombres,
Plus près du sol natal, de l’air et du soleil,
D’un sommeil plus léger j’attendrai le réveil.

Là ma cendre, mêlée à la terre qui m’aime,
Retrouvera la vie avant mon esprit même,
Verdira dans les prés, fleurira dans les fleurs ;
Boira des nuits d’été les parfums et les pleurs ;


Et, quand du jour sans soir la première étincelle
Viendra m’y réveiller pour l’aurore éternelle,
En ouvrant mes regards je reverrai des lieux
Adorés de mon cœur et connus de mes yeux,


Nos voix diront ensemble à ces lieux pleins de charmes
L’adieu, le seul adieu qui n’aura point de larmes !


Lamartine (Milly ou la terre natale)

lundi 27 septembre 2010

LE POURIM D'ALGER

Voici une belle histoire sur le Pourim d'Alger
En 1492, les juifs ont été expulsés par les souverains d'Espagne, Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon, après avoir subi de terribles persécutions. Certains trouveront un refuge temporaire au Portugal, d'où ils seront expulsés quelques années plus tard dans des conditions encore plus dures.

Nombre de ces juifs déracinés trouveront refuge en Afrique du Nord , rejoignant ainsi leurs frères qui s'y étaient établis avant la conquête arabe.

La mémoire des souffrances endurées dans la péninsule Ibérique était vive.

Charles-Quint, petit fils d'Isabelle et Ferdinand, Empereur d'Autriche, roi d'Espagne Sous le nom de Charles 1er, représentant de la chrétienté, combattit pendant des années l'Empire Ottoman.

En 1535, à la tête d'une flotte espagnole, il s'empare de Tunis et la livre au pillage durant 3 jours. La ville compta 70 000 victimes. De nombreux juifs y sont massacrés et beaucoup d'entre eux sont capturés pour être vendus comme esclaves.

Cette même année, les juifs de Tripoli fuient la ville chassés par les espagnols.

En octobre 1541, la flotte de Charles-Quint se présente devant Alger, débarque une armée à proximité de la ville et la bloque. On dit même que les côtes africaines n'avaient jamais vu une flotte aussi impressionnante.

La consternation et la peur envahissent la communauté juive d'Alger.

Les synagogues ne désemplissent pas. Les juifs se réfugient dans le jeûne et la prière pour implorer leur salut.

L'issue fatale semble inéluctable.

Et voilà que la nuit du 23 octobre 1541 se déclenche une énorme tempête. Celle-ci fait des ravages dans la flotte de Charles-Quint. Cette dernière perd plus de 150 bateaux.

Les rescapés de cette armée, se réfugient à Bougie, subissant le froid et la faim, avant de rejoindre l'Espagne.

Cette incroyable issue a, pendant des siècles, été fêtée le 3 et 4 Hechvan, par un jour de jeûne à l'image du jeûne d'Esther suivi d'un jour de joie et de fête.

De nombreux poèmes ont été écrits pour célébrer cette occasion. Ils font partie du rituel algérois et étaient lus à chaque anniversaire de cette délivrance.

La synagogue Abentoua, du nom d'un des rabbins de l'époque, possédait une Téba (pupitre de l'officiant) bien particulière, puisqu'il parait qu'elle était faite du bois des épaves de cette flotte.

La communauté juive d'Alger a célébré un second Pourim dit Pourim de Tamouz , institué au 18ème siècle.



ALGER TROISIEME PORT DE FRANCE

Evolution du port d'Alger - 1945
En un siècle, le port d'Alger est passé de 3 ha 50 à 185 ha.



Alger est principalement un port de commerce, spécialisé dans l'expédition des ressources locales : vins, fruits, légumes. Port spécialisé à l'exportation, il comporte des chaix de stockage des vins, de 226.854 hectolitres, reliés aux quais par pipeline.



En 1954, les exportations se montaient à 1.413.240 tonnes. Les vins figurent pour 506.301 tonnes, les fruits et légumes pour 309.889 t., les minerais pour 292.614 t. Ces trois postes représentent 77 % des exportations qui comportent encore l'alfa, le liège, le crin végétal, l'huile d'olive et des céréales.



Les importations, tout au contraire, sont très variées ; elles atteignent, pour la même période, 931.227 tonnes, non compris les hydrocarbures et les charbons. Elles progressent d'une année sur l'autre, avec une assez grande régularité qui correspond assez bien au développement économique et démographique du territoire.



Bien que la recherche d'hydrocarbures soit activement poussée sur toute l'étendue de l'Algérie et notamment au Sahara, le gisement de l'Oued Guetterini situé à 150 km. au sud-est d'Alger est actuellement le seul en exploitation. Sa production qui s'est élevée à 75.000 tonnes en 1954 est raffinée en totalité dans le complexe de l'étang de Berre. L'Algérie doit donc, pour l'instant, faire venir de l'extérieur presque tout le combustible liquide dont elle a besoin. Elle a importé, en 1954, 155.000 tonnes de charbon, dont 9.000 tonnes de soute seulement, (au lieu de 188.000 en 1938), mais par contre, 910.000 tonnes d'hydrocarbures, dont 525.000 de soute.



Alger, à égale distance de Gibraltar et de Malte, sensiblement à égale distance de l'Europe du Nord et du Canal de Suez, est en effet, l'objet d'une mouvement traditionnel de navires relâcheurs dont les nationalités sont caractéristiques : Suède: 133; Angleterre: 101; Italie: 94; Norvège: 75; France: 74; Panama: 60; Grèce: 60; Allemagne: 42; Israël: 24; Turquie: 21; Danemark: 20 ; Finlande: 15; sur 754 navires en 1950.



Alger possède aussi une flottille de pêche qui comptait, en 1954, 266 bateaux à moteur et 25 à rames. 66.710 quintaux de poissons ont. été pêchés cette année-là, sans parler de la pêche aux énormes mérous sédentaires et aux poissons bleus migrateurs, pratiquée sportivement dans de multiples ports de banlieue.



La capitale est un port important de voyageurs. Le nombre des passagers atteignait 396.236 pour l'année 1954, non compris les passagers en transit. Le trafic de 1938 (255.503) est largement dépassé. Ce résultat est d'autant plus notable que la concurrence de l'aviation a porté, en 1954, sur 314.664 passagers, pour quelques milliers seulement avant guerre. Le nombre des passagers en transit et touristes amenés par les paquebots de croisière s'est élevé à 43.199 en 1954.



Alger est ainsi le troisième port de France, avec 19.549.309 tonneaux en 1954, ceci grâce à son port d'escale qui représente 38 % de la jauge totale.
La Documentation Française

LE PARLER D'ALGER DE HENRI BATEAU

En ce temps là . . . .



• Alger avait, bien entendu, son parler.
Le « parler » des gens du peuple, le parler de la rue, riche d’un vocabulaire qui empruntait
à toutes les langues de la Méditerranée, je devais le découvrir sitôt débarqué, à travers mes cousins et cousines qui étaient venus nous accueillir.
• Bien sûr, vu du Nord, d’où nous venions,l’accent d’Alger nous semblait s’apparenter à celui du Midi, en fait, il n’en était rien,sauf qu’à la différence des régions septentrionales de l’Hexagone, on n’escamotait pas les syllabes terminales, mais la « musique » du langage y était tout autre.
• Sans le savoir, et surtout sans l’admettre,l’accent des européens d’Algérie avait subi l’influence de l’arabe.
Cette façon par exemple de demander « d’où t’ i es toi ? ».
A la charnière des années 1920 et 1930,
• il était une expression qui faisait fureur à Alger et qui revenait à chaque instant dans la conversation,
c’était « avoy » ( ou « ahoua ») :
 Avoy pouvait signifier une multitude de choses selon le ton que l’on employait.
Par exemple, « avoy » venant de celui qui écoutait un discours, marquait son attention,et signifiait qu’on demeurait attentif.
Avec une intonation différente « avoy » se mettait à vouloir dire : « par exemple » ou « pas possible ». On marquait son étonnement avec intérêt en adoptant une forme interrogative « avoy ? ».
Autre ton, autre acceptation, et « avoy » signifiait alors : « à quoi bon » et laissait entendre qu’on se désintéressait, qu’on abandonnait, qu’on déclarait forfait, on traînait alors sur le mot « a…voy ».
Un autre aspect  du parler algérois était cet emploi de la forme réfléchie dans les verbes, là où elle n’a pas sa place.Ceci probablement emprunté à l’espagnol.
• Ainsi, on disait couramment entre gosses : « à moi, tu me frappes » ou bien « tu me voles, à moi ? ».
• J’ai longtemps ri de cette exclamation, un jour entendue lors d’une vive discussion :  « c’est lui qui a tort et à moi i m’acclame … »
On notera l’emploi d’ « acclamer » pour engueuler, signe évident d’une confusion des sens des mots.
Encore une tournure propre à la ville de Bab el Oued ou autre quartier :
• l’emploi du verbe « faire » là où, le français utilise le verbe être ou celui d’exercer une profession.
Ainsi, à Alger, à cette époque, on « faisait boulanger » ou on « faisait médecin ».
• Quant je suis entré au Petit Séminaire, mes petits camarades m’ont raillé en disant que je « faisais tocaféro ». Il faut préciser que ce qualificatif désignait tout ce qui se rattachait à la pratique religieuse.
Dans ce peuple,  que l’on aurait pu qualifier de « globalement catholique » du fait de l’influence prédominante des peuples méditerranéens, surtout espagnols et italiens, une certaine forme d’anticléricalisme se manifestait ainsi à l’égard des pratiquants trop assidus.
• Ce terme de « tocaféro »,qui se référait apparemment à un geste consistant à toucher du fer, désignait d’abord tout porteur de soutane, mais aussi, et par extension, tout pratiquant suspect de bigoterie.
Un peu l’équivalent du qualificatif « fioli »  dont les vieux marseillais ont gardé le souvenir et qui désignait pêle-mêle un enfant de chœur  ( fioli les burettes ), un bedeau, ou un assidu des offices religieux.
• Ainsi, en entrant au Séminaire, on « faisait tocaféro ».
Il est curieux de constater, que cette construction hérétique au regard de la syntaxe apparaît de plus en plus dans le langage actuel.
• Ainsi, il est fréquent de lire sous la plume de Claude Sarraute, qui assure chaque jour un billet satirique dans « Le Monde » en employant un langage branché, que tel ou tel homme politique veut « faire ministre », ou que le fils de sa meilleure amie a l’intention de « faire chirurgien ».
• A Alger, cette manière de « faire », si je puis dire, ne s’appliquait pas qu’à la profession ou à l’état, elle pouvait aussi qualifier une attitude.
On disait par exemple à quelqu’un à qui l’on reprochait de jouer double jeu : « tu fais falso ».
Un « falso » (on détectera facilement la racine latine) étant un faux-jeton, un hypocrite.
Je n’ai malheureusement pas archivé, toutes les expressions truculentes qui fleurissaient à l’époque à Alger, mais il m’en revient en vrac quelques-unes par lesquelles, je terminerai cette évocation du parler « pataouette ».
• Car il faut aussi rappeler, que les Français d’Afrique du Nord d’origine métropolitaine se considéraient comme une élite au regard des « immigrés » de fraîche date, arrivés en espadrilles d’Alicante ou avec toute une marmaille, de Naples.
• Quelques-uns parmi les Français de souche, colons ( surtout eux ), administrateurs ou enseignants se désignaient encore comme « pieds noirs ».
Ce qualificatif remontait à la période, qui avait suivi immédiatement la conquête et n’était méritée que par le petit nombre de pionniers et ceux des leurs qui avaient assuré le début de la colonisation.
Eux seuls  savaient encore ce que voulait dire « pied noir ».
Ils entendaient réserver l’épithète à la seule aristocratie qu’ils avaient conscience de représenter.
Les autres étaient des « pataouettes », Espagnols, Italiens, Maltais, Mahonnais, etc…et par extension, leur parler et leur accent étaient « pataouettes ».
Et puis le terme « pied noir », est réapparu peu avant l’exode des européens, dans les années 1960,  il s’est mis à désigner tous ceux qui vivaient en Afrique du Nord, car on qualifie de « pieds noirs », même les anciens résidents du Maroc ou de Tunisie.
« Pied noir » est entré dans la langue française,  il figure dans le Robert. Paul Robert, l’auteur du dictionnaire étant lui-même issu d’une illustre famille d’Algérie, et chacun sait maintenant ce que ce terme signifie.
• Mais je me demande,ce qu’en penseraient mon oncle et ma tante dont les parents avaient quitté l’Alsace après la défaite de 1871, et qui se considérèrent jusqu’à leur mort comme d’authentiques « pieds noirs ».
Je voudrais aussi rappeler  à ceux à qui cela peut encore vouloir dire quelque chose, ces quelques termes qui me reviennent en mémoire, et qui, pour désigner une chose, la rattachait à un nom propre, parce qu’il était en relation avec ce que l’on voulait exprimer : ainsi, toutes les sandalettes, spartiates ou chaussures légères étaient des « Méva » du nom probable d’un fabricant ou d’une marque.
Ainsi également un soda était un « Sélecto ».
Pour dire à quelqu’un « tu es fou » , il arrivait que l’on dise « ti es Rouby » sans doute du nom d’un certain docteur Rouby  qui gérait un établissement psychiatrique dans la banlieue, vers Saint Eugène, je crois.
Une expression dont je serais bien incapable d’expliquer l’origine, servait de cri d’alerte, quand on risquait d’être surpris dans un lieu défendu ou entrain de faire quelque chose d’interdit.
Celui qui faisait le guet ou simplement décelait le danger, criait « Mata » .
Parfois une précision suivait l’avertissement, ainsi, jouant dans un entrepôt désaffecté, nous nous dispersions à la hâte en entendant l’un d’entre nous lancer : « Mata, l’homme », ou bien, marchant sur les pelouses interdites du Parc de Galand, on s’empressait de regagner l’allée au signal : « Mata, le garde ».Disons que « Mata » c’était un peu le « 22 » des titis parisiens.
La gamme des injures était évidemment d’une incomparable richesse.
Les premiers mots d’Arabe qu’apprenait le nouvel arrivant étaient : « nahdin’ immek », (orthographe phonétique) qui fait allusion à la vertu de la génitrice de celui auquel il s’adresse,  et qu’on peut traduire (traduction libre) par « putain de ta mère » familier aux méditerranéens francophones.
• Une injure dont le sens m’était apparu ésotérique, mais dont je crois avoir décelé le sens bien plus tard, c’était « coulo » dont j’ai cru comprendre,qu’il désignait un homosexuel passif.
• Enfin, et pour vraiment terminer,qui ne se souvient de « Galoufa » dont je n’ai jamais su, s’il était un homme ou une fonction.
Le « Galoufa » que j’ai connu était un pauvre hère qui déambulait par la ville en traînant un attelage pittoresque constitué d’une haridelle décharnée qui tirait un fourgon à claire-voie, à l’intérieur duquel on entendait gémir ou aboyer les pauvres cabots ramassés au marché de L’Agha ou dans la rue Clauzel. Un film relativement récent avec Roger Hanin s’ouvre sur l’image de cette charrette, qu’il appelle d’ailleurs « Galoufa ». Alors, « Galoufa », un homme ou une institution ?
Sur ce « Parler d’Alger »,
• je sais qu’il existe une littérature devenue introuvable, j’ai souvenance d’un livre, qui portait en titre, quelque chose comme : « …Mouna, casher et couscous… »  Mais depuis l’exode
• peut-être y a-t-il d’autres produits de la mémoire des Français d’Algérie.
• Pour ma part, je me suis limité à quelques souvenirs personnels mettant à profit ce phénomène bien connu, à savoir, qu’après la soixantaine, (j’en ai présentement 75), les souvenirs  de jeunesse remontent à la surface avec une étonnante précision alors que notre mémoire connaît d’insupportables défaillances pour tout ce qui touche au présent.
• Et puis, je me résigne difficilement à admettre que toute cette culture, édifiée au cours de cent trente années de notre histoire, va se trouver engloutie à tout jamais,sans qu’il n’en reste autre chose que de vagues souvenirs consignés dans des archives nécessairement confidentielles.
Que restera-t-il de « l’accent pied-noir » dans cinquante ans ?
• Il y a peu d’exemple dans l’histoire, d’une culture qui fut celle de tout un peuple,culture qui s’est progressivement façonnée par des apports aussi disparates et pendant plus d’un siècle, qui ait ainsi disparu aussi totalement et irrémédiablement.

dimanche 26 septembre 2010

IMAGES DE CHEZ NOUS













JEAN RASPAIL ECRIVAIT LE 17 JUIN 2004 DANS LE FIGARO

J’ai tourné autour de ce thème comme un maître-chien mis en présence d’un colis piégé. Difficile de l’aborder de front sans qu’il vous explose à la figure. Il y a péril de mort civile. C’est pourtant l’interrogation capitale. J’ai hésité. D’autant plus qu’en 1973, en publiant Le Camp des saints, j’ai déjà à peu près tout dit là-dessus.

Je n’ai pas grand-chose à ajouter, sinon que je crois que les carottes sont cuites. Car je suis persuadé que notre destin de Français est scellé, parce qu’« ils sont chez eux chez moi » (Mitterrand), au sein d’une « Europe dont les racines sont autant musulmanes que chrétiennes » (Chirac), parce que la situation est irréversible jusqu’au basculement définitif des années 2050 qui verra les « Français de souche » se compter seulement la moitié - la plus âgée - de la population du pays, le reste étant composé d’Africains, Maghrébins ou Noirs et d’Asiatiques de toutes provenances issus du réservoir inépuisable du tiers monde, avec forte dominante de l’islam, djihadistes et fondamentalistes compris, cette danse-là ne faisant que commencer(1).

La France n’est pas seule concernée. Toute l’Europe marche à la mort. Les avertissements ne manquent pas - rapport de l’ONU (qui s’en réjouit), travaux incontournables de Jean-Claude Chesnais et Jacques Dupâquier, notamment -, mais ils sont systématiquement occultés et l’Ined pousse à la désinformation. Le silence quasi sépulcral des médias, des gouvernements et des institutions communautaires sur le krach démographique de l’Europe des Quinze est l’un des phénomènes les plus sidérants de notre époque.

Quand il y a une naissance dans ma famille ou chez mes amis, je ne puis regarder ce bébé de chez nous sans songer à ce qui se prépare pour lui dans l’incurie des « gouvernances » et qu’il lui faudra affronter dans son âge d’homme...

Sans compter que les « Français de souche », matraqués par le tam-tam lancinant des droits de l’homme, de « l’accueil à l’autre », du « partage » cher à nos évêques, etc., encadrés par tout un arsenal répressif de lois dites « antiracistes », conditionnés dès la petite enfance au « métissage » culturel et comportemental, aux impératifs de la « France plurielle » et à toutes les dérives de l’antique charité chrétienne, n’auront plus d’autre ressource que de baisser les bras et de se fondre sans moufter dans le nouveau moule « citoyen » du Français de 2050.

Ne désespérons tout de même pas. Assurément, il subsistera ce qu’on appelle en ethnologie des isolats, de puissantes minorités, peut-être une quinzaine de millions de Français - et pas nécessairement tous de race blanche - qui parleront encore notre langue dans son intégrité à peu près sauvée et s’obstineront à rester imprégnés de notre culture et de notre histoire telles qu’elles nous ont été transmises de génération en génération. Cela ne leur sera pas facile.

Face aux différentes « communautés » qu’on voit se former dès aujourd’hui sur les ruines de l’intégration (ou plutôt sur son inversion progressive : c’est nous qu’on intègre à « l’autre », à présent, et plus le contraire) et qui en 2050 seront définitivement et sans doute institutionnellement installées, il s’agira en quelque sorte - je cherche un terme approprié - d’une communauté de la pérennité française. Celle-ci s’appuiera sur ses familles, sa natalité, son endogamie de survie, ses écoles, ses réseaux parallèles de solidarité, peut-être même ses zones géographiques, ses portions de territoire, ses quartiers, voire ses places de sûreté et, pourquoi pas, sa foi chrétienne, et catholique avec un peu de chance si ce ciment-là tient encore.

Cela ne plaira pas. Le clash surviendra un moment ou l’autre. Quelque chose comme l’élimination des koulaks par des moyens légaux appropriés. Et ensuite ? Ensuite la France ne sera plus peuplée, toutes origines confondues, que par des bernard-l’ermite qui vivront dans des coquilles abandonnées par les représentants d’une espèce à jamais disparue qui s’appelait l’espèce française et n’annonçait en rien, par on ne sait quelle métamorphose génétique, celle qui dans la seconde moitié de ce siècle se sera affublée de ce nom. Ce processus est déjà amorcé.

Il existe une seconde hypothèse que je ne saurais formuler autrement qu’en privé et qui nécessiterait auparavant que je consultasse mon avocat, c’est que les derniers isolats résistent jusqu’à s’engager dans une sorte de reconquista sans doute différente de l’espagnole mais s’inspirant des mêmes motifs. Il y aurait un roman périlleux à écrire là-dessus.
Ce n’est pas moi qui m’en chargerai, j’ai déjà donné. Son auteur n’est probablement pas encore né, mais ce livre verra le jour à point nommé, j’en suis sûr...

Ce que je ne parviens pas à comprendre et qui me plonge dans un abîme de perplexité navrée, c’est pourquoi et comment tant de Français avertis et tant d’hommes politiques français concourent sciemment, méthodiquement, je n’ose dire cyniquement, à l’immolation d’une certaine France (évitons le qualificatif d’éternelle qui révulse les belles consciences) sur l’autel de l’humanisme utopique exacerbé. Je me pose la même question à propos de toutes ces associations omniprésentes de droits à ceci, de droits à cela, et toutes ces ligues, ces sociétés de pensée, ces officines subventionnées, ces réseaux de manipulateurs infiltrés dans tous les rouages de l’Etat (éducation, magistrature, partis politiques, syndicats, etc.), ces pétitionnaires innombrables, ces médias correctement consensuels et tous ces « intelligents » qui jour après jour et impunément inoculent leur substance anesthésiante dans l’organisme encore sain de la nation française.

Même si je peux, à la limite, les créditer d’une part de sincérité, il m’arrive d’avoir de la peine à admettre que ce sont mes compatriotes. Je sens poindre le mot renégat, mais il y a une autre explication : ils confondent la France avec la République. Les « valeurs républicaines » se déclinent à l’infini, on le sait jusqu’à la satiété, mais sans jamais de référence à la France. Or la France est d’abord une patrie charnelle.

En revanche, la République, qui n’est qu’une forme de gouvernement, est synonyme pour eux d’idéologie, idéologie avec un grand « I », l’idéologie majeure. Il me semble, en quelque sorte, qu’ils trahissent la première pour la seconde. Parmi le flot de références que j’accumule en épais dossiers à l’appui de ce bilan, en voici une qui sous des dehors bon enfant éclaire bien l’étendue des dégâts.

Elle est extraite d’un discours de Laurent Fabius au congrès socialiste de Dijon, le 17 mai 2003 : « Quand la Marianne de nos mairies prendra le beau visage d’une jeune Française issue de l’immigration, ce jour-là la France aura franchi un pas en faisant vivre pleinement les valeurs de la République... »
Puisque nous en sommes aux citations, en voici deux, pour conclure : « Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. » (Président Boumediene, mars 1974.)
Et celle-là, tirée du XXe chant de l’Apocalypse : « Le temps des mille ans s’achève. Voilà que sortent les nations qui sont aux quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de la mer. Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, elles investiront le camp des saints et la ville bien-aimée.