Gratien Tonna est né le 18 Janvier 1949 à Tunis d'origine Maltaise à l'époque Malte était Britanique la famille de Gratien est nombreuse en Grande-Bretagne dont le cousin germain de Gratien, Charlie Magri champion du monde poids mouche en 1984.
Très tôt Gratien a commencé la boxe il avait 16 ans, il est arrivé en finale du championnat de Tunisie mais n'étant pas tunisien il n'a pu participer a cette compétition.
En 1965 la famille de Gratien s'installe à Marseille pour commencer cette somptueuse page d'histoire pugilistique. En effet Gratien, passionné par ce sport qui coule dans ses veines se rend a la salle de Mr Micelli, à Marseille. Il commence à boxer en 1968 pour écrire cette fabuleuse histoire. Car même aujourd'hui Gratien ne laisse pas indifférent. Où boxait Gratien, les amateurs de boxe savaient qu'il y aurait du spectacle., Meme s'il n'a pas toujours été bien conseill, nous gardons l'image d'un homme de coeur et tellement généreux
Palmarès de Gratien est éloquant :
Champion du monde militaire
A disputé six championnats de france en a gagné cinq
Quatre championnats d'europe deux d face à Kevin Finnegan et deux face à alan Minter
Deux championnat du monde le premier contre Rodrigo Valdes le 30/11/1974 et le second face à Carlos Monzon le 13/12/1975 à Paris
Gratien à été le premier français à avoir boxé une demi finale mondiale à Las Vegas Ronnie Harris Fevieren 1978
Après un tel palmares, Gratien est toujours dans le coeur des "aficionados" de boxe.
Merci a ce grand boxeur, punch compris!
mercredi 31 mars 2010
JEAN TAOUSSON "le baroudeur"
Jean Taousson est né à Alger, en plein plateau Saulière, le jour précis (30 juin 1930) du centième anniversaire du Débarquement de Sidi-Ferruch.
De son père, champion motocycliste, skipper renommé et l'un des fondateurs du Yacht Club d'Alger, il a hérité la passion de la mer, du sport et de l'action. Jeune footballeur au RUA, il fut au sein de ce même club, champion d'Afrique du Nord de hockey sur gazon (quand il y en avait) et, sous les couleurs du Rowing Club d'Alger, champion d'Algérie en double outrigger et quatre de yole.
Après une scolarité passée par l'école Horace-Vernet et les lycées Gautier et de Ben Aknoun, sa carrière de journaliste, commence à 20 ans à l'Écho d'Alger, dont il sera l'une des plumes les plus actives jusqu'à la disparition de ce journal en 1961. Son parcours de journaliste de première ligne se poursuivra entre 1963 et 1978, en tant que grand reporter à Paris-Match, par la couverture des principaux théâtres d'opérations du monde (Viet-nam, Biafra, Congo, Angola, Irlande) et des grands événements sportifs (J.O. de Tokyo, Mexico, Munich, Grenoble, Sapporo).
Cette vaste expérience lui vaudra ensuite d'exercer d'importantes fonctions de communication à l'étranger ou pour le compte de hauts responsables politiques français.
Jean Taousson, père de deux filles et cinq fois grand-père, travaille actuellement à un roman autobiographique.
PIERRE LLINARES "TOUTES LES MUSIQUES....."
Alger, 23 Avril 1927, naissance de Pierre Llinares.Sa mère, passionnée de musique, l'amène chez un professeur de violon à l'âge de 4ans et demi.C'est à 11ans qu'a lieu son 1er concert avec l'orchestre de l'Opéra d'Alger.Après avoir obtenu ses prix à l'école des Beaux-Arts et au conservatoire d' Alger à 16ans, comme violoniste et altiste, il décide d'en faire son métier. À 19ans, Pierre entre comme altiste à l'orchestre de la radio d'Alger, jusqu'à sa date d'appel sous les drapeaux.Il finit sa période militaire comme trompettiste à la Musique de la Place d'Alger.En 1950, il monte à Paris et est directement engagé comme trompette-violon au Moulin Rouge, dans le grand orchestre de Sylvain David. C'est à cette époque qu'il fait la connaissance de Georges Enesco (grand violoniste, chef d'orchestre roumain, professeur de Yehudi Menuhin), qui le prend en cours particuliers "gratuits" tous les dimanches.Pierre travaille avec lui plusieurs mois et Enesco le présente au concours d'altiste de l'orchestre de la société des concerts du Conservatoire (le futur orchestre de Paris), où il est reçu premier parmi plusieurs diplomés du Conservatoire de Paris.Cela lui permet d'obtenir une dérogation pour entrer au Conservatoire National Supérieur de Musique en septembre 51, à l'âge de 24ans, alors que la limite d'âge d'entrée était de 21ans.Il poursuit donc ses études tout en allant au Moulin Rouge le soir.( Il travaille entre autres dans l'orchestre d'Eddie Warner, dont le pianiste se nomme..Lalo Schifrin..) Il est diplomé en 53, et part, sous les conseils d'Enesco, à Budapest pour y rencontrer Zoltan Kodaly (grand maître de la musique hongroise), avec qui il travaille la composition, la direction d'orchestre et la musicologie durant 6mois.De retour à Paris, on lui propose la place d'alto solo à l'opéra de Stockholm, où il part en Mai 57, sur sa vespa chargée de ses instruments (violon, alto, trompette, et viole d'amour..) ainsi que d'un réchaud à gaz et d'une toile de tente..
Il lui faudra 8 jours pour atteindre la capitale suedoise, et arriver dans l'accoutrement d'un Robinson Crusoë à la direction de l'Opéra...C'est la découverte pour un pied noir des pays du nord, et des contes d' Andersen et de la Reine des Neiges dont il rêvait déjà tout petit sous le soleil d'Alger et de la Méditérranée.Pierre a alors 30 ans et prend son poste en Juin 57.C'est à cette époque qu'il se prend de passion pour le Jazz: toutes les grandes stars du jazz viennent alors séjourner à Stockholm (Miles Davis, John Coltrane, Benny Bailley, Freddie Hubbard, Quincy Jones, Stan Getz...)Pierre décide de quitter l'Opéra et de prendre la direction musicale de l'orchestre de l'Ambassy Club.Il y joue essentiellement de la trompette.Il se produit avec son orchestre dans les Folk-Parks et se retrouve plusieurs fois à l'affiche avec l'orchestre de Maynard Fergusson.
Rencontre avec Miles Davis qui lui fait cadeau de sa sourdine.Il monte alors un peu plus vers le nord, jusqu'au Cercle Polaire en Finlande, où il rencontre sa future épouse.C'est alors l'indépendance de l'Algérie, et ses parents arrivent en France. Il souhaite être proche d'eux pour leur installation dans le sud de la France. Aimé Barelli, chef d'orchestre du Sporting Club de Monaco cherche un 1er trompette et un violoniste. Pierre profite de cette occasion pour s'installer avec sa famille dans la Principauté.
Là il accompagnes de grandes stars de la variété internationale ( Shirley Bassey, Harry Belafonte, Trinny Lopez, Tony Martin..)
Il y démarre ensuite une courte carrière comme maquilleur de cinéma, aux cotés de Michel Deruelle (célèbre chef maquilleur) et retourne à Paris en 1968.
Après cette courte pause musicale, il a la chance d'intégrer le circuit des musiciens de studio (enregistrement de disques, musique de film, télé, tournées..), travaille avec tous les artistes de passage à Paris, Samy Davis, Lizza Minelli, Jerry Lewis, Paul Anka, Julio Iglesias, Julia Migenes Jones...et joue avec Barbara, Nougaro, Lama, Gainsbourg...(tout le répertoire de la variété française de l'époque 1970 à 1984) Il accompagne Bécaud en tournée pendant plusieurs mois autour du monde..
De retour vers la musique classique, il passe le concours national d'alto soliste pour les orchestres de régions en 1973.Il entre alors comme 1er soliste à l'orchestre de l'Île de France avec lequel il participe au Festival Hector Berlioz à la demande du secrétariat d'état à la culture, et joue " Harold en Italie " le 30 septembre 1975 au Théatre de l'Odéon. À cette même époque il crée son propre orchestre de musique de chambre, baptisé "Kovaldy et ses violons" et la fièvre disco oblige.. il joue les précurseurs en interprétant les classiques de la musique baroque dans les églises, accompagné d'une rythmique "black" (basse+batterie).
En 1980 il quitte le symphonique et retourne à la variété ( Renaud, l'ouverture du Zénith de Paris en 83, suivi de Johnny en 84...qui en tombant en syncope sur scène, a généré m'a t on dit un ouf!! bien mérité des musiciens qui jouaient avec des boules quilès, et qui malgré ça auraient bien pu devenir sourds! )
En 1984, il dirige pour une soirée prestigieuse l'Orchestre de l'Unesco, la même année, Noël russe à l'hotel de Paris à Monte carlo, soirées au Savoy de Londres, à Gstadd..
1986, réouverture de l'Hotel de la Mamounia à Marrakech, le Bal de l'Empereur à Vienne, Bicentenaire de la statue de la Liberté à New York, Bal de l'X à l'Opéra de Paris (où il joue toujours..)
1989, Il débute en trio (piano-basse-violon/trompette) des croisières sur la Seine avec la compagnie des Bateaux Parisiens, ou il tiendra le poste de directeur artistique pendant 10ans.En 1990 il anime la soirée Gec Alsthom, décisive car la France y vend le TGV aux texans.Ce soir là, la musique a beaucoup contribué à la réussite de cette opération, selon les dires de la direction d'Alsthom, des texans, et du journal Paris Match: symbolisée par un TGV en cristal de Daum que le président d'Alsthom offre à Pierre Llinares.
Aujourd'hui, Pierre Llinares joue dans les Casinos du Groupe Partouche ( Inauguration du Palm Beach de Cannes, du Casino du Havre..) et plus particulièrement au Grand Casino de Forges les Eaux, où nous pouvons l'écouter et nous laisser charmer, tous les Samedi soirs et Dimanches après-midi...
mardi 30 mars 2010
lundi 29 mars 2010
ISRAEL, ISLAM ET MONDE OCCIDENTAL
Extrait du discours de Geert Wilders, membre du Parlement hollandais, à l'Hotel Four Seasons de New-York
Winston Churchill a décrit l’Islam comme « la plus grande force rétrograde dans le monde », il a comparé Mein Kampf (nom donné à l’autobiographie d’Adolph Hitler; signifie « mon combat » ) au Coran. Le public a accepté de bon cœur l’accord Palestinien et voit Israël comme l’agresseur. J’ai vécu dans ce pays et je l’ai visité des douzaines de fois. Je supporte Israël. Premièrement parce que c’est le territoire juif depuis deux mille ans d’exil jusqu’à Auschwitz, deuxièmement parce que c’est une démocratie et troisièmement parce que Israël est notre première ligne de défense.
Ce pays minuscule est situé à la ligne de faille du jihad, bloquant l’avance territoriale de l’Islam. Israël fait face aux lignes de front du jihad, comme le Kashmir, le Kosovo, les Philippines, la Thaïlande du Sud, le Darfour au Soudan, le Liban et Aceh en Indonésie. Israël est simplement sur leur chemin. De la même façon que Berlin-Ouest l’était pendant la guerre froide.
La guerre contre Israël n’est pas une guerre contre Israël. C’est une guerre contre l’Ouest. C’est le jihad. Israël reçoit simplement les coups qui en fait sont dirigés contre nous. S’il n’y avait pas d’Israël, l’impérialisme islamique aurait trouvé d’autres avenues pour relâcher son énergie et son désir de conquête. Merci aux parents israéliens qui ont envoyé leurs enfants dans l’armée et qui sont restés éveillés tard le soir
car les parents en Europe et en Amérique peuvent bien dormir et rêver, ignorants les dangers qui se dessinent.
Plusieurs personnes en Europe donnent des arguments en faveur d’abandonner Israël afin d’apaiser les griefs de nos minorités musulmanes. Mais Dieu me pardonne, si jamais Israël tombait, ça n’amènerait aucun soulagement pour l’Ouest. Ça ne voudrait pas dire que nos minorités musulmanes changeraient tout à coup leur conduite et accepteraient nos valeurs.
Au contraire, l’effondrement d’Israël donnerait un encouragement énorme aux forces de l’Islam. Ils verraient, et avec raison, l’effondrement d’Israël comme un grand encouragement. Ils verraient, et avec raison, l’effondrement d’Israël comme une preuve que l’Ouest est faible et condamné.
L’effondrement d’Israël ne signifierait pas la fin de nos problèmes avec l’Islam, mais serait le commencement. Ça signifierait le commencement de la bataille finale pour la domination mondiale. S’ils peuvent avoir Israël, ils peuvent tout avoir. De soi-disant journalistes qualifient volontairement toutes critiques de l’islaminisation comme venant d’extrémistes de la droite ou encore comme des racistes. Dans mon pays, aux Pays Bas, 60 % de la population voit maintenant l’immigration en masse des musulmans comme l’erreur politique no 1 depuis la 2e guerre mondiale. Et un autre 60% voit l’Islam comme la plus grande menace. Et encore il y a un danger plus grand que les attaques terroristes. C’est le scénario où l’Amérique serait le dernier homme à se tenir debout. Les lumières peuvent s’éteindre plus vite que vous pensez en Europe.
Une Europe islamique signifie une Europe sans liberté ni démocratie, une terre économique inculte, un cauchemar intellectuel, et une perte de puissance militaire pour l’Amérique – puisque ses alliés se changent en ennemis, en ennemis qui possèdent la bombe atomique -. Avec une Europe islamique, tout dépendrait seulement de l’Amérique pour préserver l’héritage de Rome, d’Athènes et de Jérusalem.
Chers amis, la liberté est le plus précieux des cadeaux. Ma génération n’a jamais eu à combattre pour sa liberté, ça nous a été offert sur un plateau d’argent par des gens qui se sont battus au péril de leur vie pour la posséder. A travers toute l’Europe des cimetières américains nous rappelle les jeunes garçons qui ne sont jamais revenus à la maison et dont nous chérissons la mémoire. Ma génération ne possède pas cette liberté; nous sommes simplement ses gardiens. Nous pouvons seulement transmettre cette liberté difficilement acquise aux enfants de l’Europe dans le même état qu’elle nous a été offerte. Nous ne pouvons pas conclure une entente avec les mullahs et les imams. Les générations futures ne nous pardonneraient jamais. Nous ne pouvons pas gaspiller nos libertés. Nous n’avons simplement pas le droit de le faire.
ROBERT SOULE - l'Algérie des chimères -
Robert Soule, pied-noir né le 06 décembre 1926 à Chéragas près d'Alger, compte plus de quarante ans de journalisme. Petit-fils d'un montagnard de la Haute -Ariège parti à 20 ans à la découverte de " l'Afrique", comme on disait alors, fils d'instituteurs du bled qui ont mené en Algérie toute leur carrière, Robert Soule est resté fidèle à sa terre natale qu'il n'a quitté, comme tant d'autres, qu'au moment de l'indépendance. Robert Soule a fait ses études à Alger: lycée Bugeaud puis faculté de droit. Après un bref séjour au barreau de Paris comme avocat stagiaire, il choisit le journalisme, entre à "l'Echo d'Alger" en 1950 et devient un proche collaborateur d'Alain de Sérigny.
Une grande amitié va naître entre le jeune journaliste et son prestigieux aîné qui l'engagera bientôt à "France Soir", le journal le plus puissant de l'époque.
Successivement chef des informations, rédacteur en chef, directeur de l'information. Robert Soude gravira tous les degrés de responsabilité à "France Soir". II vient de publier un livre dont toute la presse a parlé "Lazareff et ses hommes" chez Grasset
Il ecrit "l'Algerie des chimères" avec Henri de Turenne
1837. Aux premières années de la Conquête, deux lieutenants français, compagnons inséparables, rejoignent leur poste à Oran. Odilon, orphelin d'un colonel de la Grande Armée, est médecin. Hélie, fils non désiré d'un planteur des Antilles et d'une esclave noire, est interprète. Tous deux, adeptes du saint-simonisme, nouvelle religion du Progrès, rêvent de créer en Afrique un Royaume arabe, mariage mythique de l'Orient et de l'Occident.
Pleins d'illusions, ils découvrent en même temps les horreurs d'une guerre sans merci qui durera dix-sept ans, le choléra, les razzias... Mais aussi des chefs prestigieux comme Bugeaud, Lamoricière, ou le cruel et charismatique Abd el-Kader.
Partageant le même amour pour l'Algérie, enivrés par les parfums de l'Orient et la sensualité des femmes exceptionnelles dont ils s'éprendront, les deux hommes deviendront pourtant de farouches ennemis. Hélie, converti à l'islam, tâchera de convaincre Napoléon d'accorder aux indigènes leur autonomie et de se proclamer « roi des Arabes », tandis qu'Odilon, devenu colon, prendra la tête du mouvement républicain en faveur de l'Algérie française.
C'est cet épisode mal connu d'une utopie avortée que ressuscitent avec un souffle épique Henri de Turenne et Robert Soulé.
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dimanche 28 mars 2010
ELISSA RHAIS " la fille d'Eleazar"
Rosine Boumendil naît à Blida, au pied de l'Atlas algérien, le 12 décembre 1876, dans le foyer modeste de Mazaltob Seror et de Jacob Boumendil, boulanger. Elle fut mariée à Moïse Amar qui était rabbin de la synagogue de la rue Sabine, dans la Basse-Casbah à Alger.
Le couple divorce en 1914. Rosine épouse alors Mardochée (Maurice) Chemoul, riche négociant, qui lui offre une magnifique maison à Alger, " La Villa des fleurs ". C'est là qu'elle tient salon, charmant ses invités par des récits que ses admirateurs la pressent d'écrire et de faire connaître à Paris. Elle se décide à partir pour la capitale, accompagnée de son fils, de sa fille Mireille et de son neveu Raoul Tabet. Les éditions Plon acceptent immédiatement de publier son roman Saada la marocaine et signent avec l'auteure un contrat pour cinq ans. Pour la lancer, on lui donne le nom plus exotique d'Elissa Rhaïs, en lui forgeant une légende orientale la présentant comme une arabe musulmane, scolarisée jusqu'à douze ans, enfermée ensuite dans un harem dont elle s'extrait pour écrire des histoires en français. De 1919 à 1930, Elissa Rhaïs réside tour à tour à Blida et à Paris. Elle signe une quinzaine de romans chez de grands éditeurs parisiens : Plon, puis Fayard et Flammarion. Ses oeuvres plaisent au public si on en juge par leurs multiples rééditions : vingt-six pour Saada la Marocaine, dix-neuf pour Les Juifs ou la fille d'Eléazar, dix-sept pour La Chemise qui porte bonheur… Les critiques français saluent le talent de cette " petite orientale ", ou " le don atavique de cette fille de conteurs arabes ". Mais en Algérie, où chacun sait qu'Elissa Rhaïs est juive et que son pasage dans un harem est pure invention, ses coreligionnaires apprécient très modérément les descriptions peu flatteuses qu'elle fait des juifs dans ses romans.
Après 1930, son talent de conteuse semble tari. Pendant les dix dernières années de sa vie, elle ne publie rien et tombe dans l'oubli. Elle meurt brutalement à Blida, sa ville natale, le 18 août 1940. Elle avait soixante-quatre ans.
Voici une romancière, née en Algérie, qui eut toutes les faveurs du public français au cours des années 1920. Elle publia une bonne dizaine de livres en quelques années, fut fêtée à Paris et retourna vivre à Blida pour mourir en silence au début de la guerre. Oubliée…
Cette femme fut une des toutes premières, dans l'Algérie coloniale à produire une œuvre originale et attachante. Une œuvre de femme.
Plus tard, à Alger, elle tint un véritable salon littéraire qui eut un certain succès dans la colonie. Elle décide d'aller à Paris pour se faire éditer ce que le mari n'approuva pas et les époux se séparèrent. Louis Bertrand lui donne alors une lettre pour René Doumic. Grâce à cette introduction et à sa littérature qui répondait sans doute à une certaine attente elle est acceptée par la Revue des deux mondes et les éditions Plon. Jusqu'en 1925 on la fait passer pour une arabe musulmane ce que semble corroborer sa parfaite connaissance des milieux arabes ainsi que de la langue.
Les deux sujets de prédilection de l'auteur seront les femmes et les milieux juifs. Que reste-t-il de tout cela ? Quelques livres très agréables à lire et que nous nous proposons d'étudier pour montrer comment le regard de l'écrivain s'attarde à décrire la société coloniale et en particulier les femmes.
samedi 27 mars 2010
MES POESIES "NOSTALGERIE"
A ECOUTER AVEC ATTENTION CAR CES POESIES ONT ETE ECRITES AVEC UNE ENCRE "COULEUR NOSTALGIE"
MON FILS, LE BEBESSO A SA MERE, IL A PLACE QUELQUES UNES DE MES POESIES SUR LE BLOG NOSTALGERIE.
MON FILS, LE BEBESSO A SA MERE, IL A PLACE QUELQUES UNES DE MES POESIES SUR LE BLOG NOSTALGERIE.
CES POEMES DATENT DE 1995 LORSQUE JE FAISAIS UNE EMISSION SUR "RADIO PIED NOIR" QUE J'AVAIS INTITULEE "LA FRANCE DE MON ENFANCE"
CES POESIES SONT TOUJOURS D'ACTUALITE CAR LA NOSTALGERIE EST TOUJOURS DANS NOS COEURS MALGRE LE TEMPS QUI PASSE.
J'AVAIS ECRIT "SOIXANTE DEUX" POEMES, EN REGARD DE LA DATE FATIDIQUE DE NOTRE DERACINEMENT.
IL EN RESTE ENCORE MAIS TOUT VIENDRA A POINT QUI SAIT ATTENDRE.
LE RESTE SUIVRA, MA PAROLE D'HONNEUR, HOULA!
SOYEZ GENTILS DE DIRE CE QUE VOUS EN PENSEZ , EN BIEN OU EN MAL
vendredi 26 mars 2010
TCHALEFS D UN ENFANT DE BAB EL OUED
HOMMAGE A GERALD HAIG ,
TUE DANS LE TREMBLEMENT DE TERRE A HAITI
TUE DANS LE TREMBLEMENT DE TERRE A HAITI
Chaque dimanche, surtout les jours de match au stade de Saint-Eugène, je mangeais chez mon oncle Léon, le frère de ma mère. Plus gentil, ya pas ! Ne cherchez pas, ça existe pas ! Tant qu’on y est, meilleur tailleur y’a personne, à part son frère William.
Tonton Léon y m’avait promis ainsi qu’à ses deux fils de nous emmener au stade où le match du siècle A.S.S.E-M.C.A (chez nous, tous les dimanches, le match du siècle il avait lieu.).
Y faut dire que pour ceux qui z’en connaissent pas une en football, le Mouloudia Club Algérois, c’était le club des musulmans avec l’Olympique Musulman de Saint Eugène. Alors, obligé, ce derby, il attirait tous les Algérois. Ca sentait la poudre et rien à voir avec la poudre de pinlerpinpin, c’est moi qui vous le dis.
Tonton Léon, il était pas tranquille parce que même, si les tribunes elles se faisaient face. Rappelez vous, « quoiqu’on dise, quoiqu’on fasse, on est mieux ici qu’en face ! » En face, c’était les cimetières. Les musulmans d’un côté, les européens de l’autre, des risques de bagarres, elles nous pendaient au nez et les botchas, les calbotes et les coups de tête empoisonnés, elles risquaient de pleuvoir à la moindre occasion. Alors, mon oncle y nous tape une olive maousse en nous invitant à monter à Notre Dame d’Afrique pour voir le match. Qué voir le match !
Les joueurs, plus nains que des lilliputiens, on va les voir ! Et encore, si on les voit ! Parce que tonton Léon, zarmah, y nous rassure en sortant des jumelles qu’elles avaient sans doute fait la guerre de 14-18. J’exagère un chouïa mais y a de quoi !
Nous autres, mes cousins et moi, on est désappointés au possible mais, à la guerre comme à la guerre.
Tata Rose, c’est l’épouse de mon oncle, obligé sans ça, je l’appellerais pas tata (c’est subtil comme réflexion hein ?) elle nous prépare une tonne de sandwiches, de l’eau et surtout, les jumelles de la guerre 14-18 et en avant nous autres pour la conquête à pied de Notre Dame d’Afrique. On dit bonjour aux membres de la campagne Oualid qui sont de la famille et on grimpe comme des fous en pleine chaleur. Y faut avoir tué son père et sa mère pour s’attaquer à la montée de Notre Dame d’Afrique par cette chaleur que ma mère elle qualifie de grosse s’ranah. C’est vrai que les mots en arabe y z’ont plus de sens que les mots en français. Va savoir si c’est un sens giratoire, unique ou interdit. Toujours est-il que je remporte aisément notre Galibier à nous, on remet que dalle au vainqueur mais le stade de Saint Eugène, même pour des lilliputiens, c’est la suprême récompense. On trouve deux pelés et trois tordus qui suivent le match des réserves. On se demande d’ailleurs comment y savent que c’est des réserves, y ressemble plutôt à des playmobiles avant l’heure tellement y sont mesquinettes.
L’image, elle est pas terrible mais le son il est souâ-souâ ! Les clameurs du stade, elles montent dans le ciel comme une envolée de ballons. Chacun y prend sa place. L’A.S.S.E en rouge, le Mouloudia en vert, châ châ ! Déjà, on tape les sandwiches, la vérité, la montée du Galibier elle nous a creusé l’estomac, c’est rien de le dire. Tonton Léon, y règle les jumelles mais rien y voit. Elles sont fantaisistes pace que l’œil droit y marche mais l’œil gauche, rien qu’y clignote ! Le mauvais sang pour un perfectionniste comme lui ! Nous autres, avec mes cousins, sans jumelles, on voit bien mais en petit. En tout petit ! Alors, on se rattrape sur la boustifaille. Tata Rose, elle est championne du monde du sandwich à la sardine à l’huile. On s’en met partout mais comme elle se rassure : « C’est plein de fer ! ». Le match des réserves, y se termine. Tonton Léon, raïeb, il est toujours en train de bricoler ses jumelles, y fait beau sur Notre Dame d’Afrique, on mange, on boit, on va voir des lilliputiens jouer le match du siècle, elle est pas belle la vie !
Le soleil y tape sur le ciboulot. On se fabrique des chapeaux de pirates avec du papier journal. Les joueurs y z’entrent sur le terrain en tuf, les tribunes , elles applaudissent à se casser les mains et l’arbitre Janvier Attanasio y donne le coup d’envoi. Ba ba ba, qu’est ce qu’on rate ! Les vociférations du public elles doivent gêner nos morts qui tapent la sieste sagement dans les cimetières en face du stade. Rappelez vous l’inscription dans le café-buvette du stade : « Quoiqu’on dise, quoiqu’on fasse, on est mieux ici qu’en face »
Tonton y voit que dalle ! Nous non plus d’ailleurs mais a savoir si j’avais vingt à chaque œil au lieu de dix, toujours est il que l’ASSE, y z’obtiennent un corner. Le corner il est tiré. Reprise de la tête d’un saint-eugènois ! But ! Ouahou ! Illié ! Illié ! Le bruit, la fureur, la folie qui monte vers nous autres à Notre Dame d’Afrique ! Mes cousins y se tournent vert tonton Léon pour lui demander qui avait marqué. Moi, j’avais une petite idée mais je laisse la parole aux grands comme on me l’a toujours appris.
--« Qué j’en sais avec ses jumelles de malheur. » y répond mon oncle, vert de rage.
Je tente un : « C’est Haig ! ». Bou ! Qu’est ce j’ai pas dis. Tonton Léon que d’habitude comme elle disent toutes les femmes de la famille : « Léon, c’est un pate ! » y rentre dans une rage folle. Les jumelles de la dernière guerre, ça lui va pas à mon oncle. Je rentre dans ma coquille et je dis plus un mot.
Le match y s’étire et l’ASSE elle marque un deuxième but. A peine si j’exprime ma joie des fois que Tonton Léon y pique une nouvelle crise d’apoplexie. Mais, y se tourne vers moi et, narquois, y me dit : « C’est pas Haig qui a marqué par hasard ? ». Et puis, pris par le remord, il ajoute : « je plaisante, mon fils ! »
Comme acte de contrition, on fait pas mieux.
Le lendemain, j’eus la confirmation que j’avais des yeux de lynx parce qu’en première page sportive de l’Echo d’Alger, on voyait HAIG marquer, de la tête, le premier but de l’ASSE.
Mon oncle, il en revient pas encore. Qui c’est le plus fort !
FIN
jeudi 25 mars 2010
ISRAEL L'AFFAIRE DES 1000 LOGEMENTS
A en croire les médias européens, l'actualité israélienne ne bruisse que de la malheureuse affaire des 1600 logements de « Jérusalem Est ». Hillary Clinton ne décolère pas, c'est son Président qui lui en a donné l'ordre.
Pour information, Ramat Schlomo, où ces logements pourraient être construits (ou pas), n'est pas à l'est mais au nord ouest de la capitale israélienne. C'est-à-dire qu'elle n'est ni dans la partie arabe (Jérusalem Est), ni une « colonie ». C'est un quartier reconquis par l'armée Israélienne sur la Jordanie lors de la Guerre des Six jours.
Certes, peu de kilomètres séparent ces deux points, mais au Moyen-Orient, comme ne devrait pas l'ignorer Joe Biden qui prétend vouloir discuter du processus de paix, quelques centaines de mètres peuvent faire toute la différence.
Construire à petit prix
Les Palestiniens se croient autorisés à construire n'importe quel bâtiment où ils le veulent, sans aucun respect pour le Plan d'Occupation des Sols (POS) qui d'ailleurs n'existe pas dans les territoires que gère l'Autorité Palestinienne. Cela facilite les démarches pour l'obtention de permis de construire.
Selon le Fond Monétaire International, la croissance de l'économie palestinienne a été de 7%, un taux que lui envient bien des pays européens et qui suscite quelque convoitise sur le plan foncier. C'est ainsi, qu'en Territoire palestinien, on peut voir de splendides demeures ou des mosquées surgirde terre à l'écart des routes et des chemins sans aucun souci de cohérence. Il suffit ensuite de graisser la patte d'un fonctionnaire (payé avec les impôts des contribuables européens) pour se voir installer l'eau et l'électricité.
Mais on prendra bien soin de ne pas achever complètement le bâtiment, c'est-à-dire de laisser quelques fers à béton dépasser de l'ouvrage, de ne pas achever le dernier étage. La raison ? Cela fait un peu plus pauvre dans le décor et, surtout, tant que la maison n'est pas terminée, on ne paye pas d'impôts fonciers. Il n'y a pas de petits bénéfices.
Juste à côté, d'autres jeunes Palestiniens jouent au foot dans ce qui ressemble fort à une école ou un camp, où s'entassent pêle-mêle les familles pauvres. Ce sont des baraquements construits de bric et de broc, des plaques de béton qui ne tiennent debout que par miracle surmontées de tôles ondulées.
Juste à côté, d'autres jeunes Palestiniens jouent au foot dans ce qui ressemble fort à une école ou un camp, où s'entassent pêle-mêle les familles pauvres. Ce sont des baraquements construits de bric et de broc, des plaques de béton qui ne tiennent debout que par miracle surmontées de tôles ondulées.
L'Orient aux mille visages, disait le poète. Ces camps existent encore pour 3 raisons : Un, pour justifier le nombre de fonctionnaires de l'UNRWA qui les prennent en charge, deux, pour entretenir la colère arabe, trois pour nourrir les reportages des correspondants internationaux.
Une synagogue, mais cent minarets
Pour l'heure, la colère arabe monte chaque jour un peu plus. Car, après les 1600 logements de Jérusalem (Est ? Nord ? Nord-Ouest ?), il est maintenant question de la synagogue Hurva, qui vient d'être réhabilitée.
Le dôme blanc du nouveau lieu de prière s'élance vers le ciel, se mélangeant avec les monuments plus anciens, musulmans comme chrétiens. En raison de la topographie, car elle est située sur une colline, elle s'élève au-dessus des lieux saints islamiques et surtout de la mosquée d'Al-Aqsa.
Et cela est tout simplement insupportable pour les Musulmans. Ils prétendent que leur religion est supérieure à toutes les autres. En foi de quoi, aucun clocher, aucun édifice religieux ne doit dépasser en hauteur le toit de leurs mosquées. Question de principe !
A Jérusalem, que l'Islam, malgré les grandes déclarations, ne tient pas du tout à partager, il ne faudrait construire que des logements pour les Arabes musulmans et surtout que des mosquées.
À Damas, Khaled Mechaal, le chef en exil du groupe islamiste Hamas, a déclaré que l'inauguration de la
synagogue signifiait «la destruction de la Mosquée Al Aqsa et la construction du Temple», dixit l'Agence France-Presse.
Le Hamas a appelé à une « journée de rage », peut-être point de départ d'une nouvelle intifada. La Jordanie, pourtant coupable de la destruction de ce lieu, "a condamné son inauguration par Israël près d'Al- Aqsa", a annoncé l'agence de presse Petra.
Le ministre jordanien Nabil Sharif a également souligné le rejet de son pays de toute tentative d'Israël de s'introduire dans la mosquée Al-Aqsa. Pour information, la nouvelle synagogue est située à 350 mètres de la mosquée. C'est dire la bonne foi du ministre.
Le journal espagnol Globo répercute l'indignation d'un haut responsable palestinien, Hatem Abdel Kader
: « L'inauguration de cette synagogue est le prélude à une vague de violence, d'extrémisme et de fanatisme religieux ».
Précisons que c'est des Juifs qu'il parle, ils sont connus pour leur violence et leur fanatisme religieux (les attentats de New York le 11 septembre 2001, de Madrid le 11 mars 2004, de Londres le 7 juillet 2005 ont été revendiqués par qui, déjà ?)
Dans un dossier consacré à cette affaire, le journal algérien L'expression cite cette phrase, toute nimbée de délicatesse : « Croyez-moi, car je suis sincère lorsque je vous dis que cette race [les juifs], vile et faible, est hégémonique dans le monde entier et qu'on ne peut la vaincre. Des juifs siègent dans chaque gouvernement, dans chaque banque, dans chaque entreprise. » (Lettre à un dirigeant arabe, attribuée à Mark Sykes, 1930).
La Jordanie, pourtant coupable de la destruction de ce lieu, "a condamné son inauguration par Israël près d'Al-Aqsa", a annoncé l'agence de presse Petra.
De plus, les dirigeants palestiniens ne pouvaient ignorer cette construction. Les travaux ont débuté il y a 15 ans. Ils connaissaient l'état d'avancement du projet. Ils savaient parfaitement que cela déboucherait bientôt sur une inauguration officielle. Ils ne sont pas idiots à ce point.
Par contre, ce sont de parfaits hypocrites ainsi que de fieffés meurtriers lorsqu'ils lancent ainsi leur appel au Djihad et hurlent juste aujourd'hui contre cette "provocation".
Même le département d'Etat américain, pourtant furieux contre Israël, vient de déclarer par la voix de son porte-parole P.J. Crowley, que les Etats-Unis étaient « profondément troublés par les déclarations trompeuses de plusieurs responsables palestiniens ».
Une synagogue historique
Son nom hébreu, Hurva (ruine), vient de ce qu'elle a été construite au milieu des ruines d'une synagogue inachevée, détruite en 1721 par de seigneurs, créanciers arabes en colère. La pauvre petite communauté juive n'avait pas pu payer l'impôt.
La Synagogue Hurva a été construite dans les années 1860, en un temps où le Sionisme n'était encore qu'une pensée, une prière. C'est dans ses murs que Théodor Herzl et Avraham Yitzhak ha-Cohen Kook ont alerté le monde entier sur le sort des Juifs d'Europe.
Ce bâtiment est resté en ruines après que la Jordanie l'ait fait sauter, comme 29 autres synagogues de la vieille ville, deux jours seulement après que le quartier juif soit tombé entre les mains de son armée, en 1948.
Le commandant jordanien qui avait dirigé l'opération aurait déclaré à ses supérieurs : « Pour la première fois en 1000 ans, pas un seul Juif ne demeure dans le quartier juif. Pas un seul bâtiment ne reste intact. Cela rend le retour des Juifs ici impossible ». Après cet effort louable d'analyse géostratégique, il est allé faire la sieste. On le comprend.
Mais l'Histoire, la grande se fiche bien des jérémiades et des conclusions toutes faites. L'Histoire ne se soumet pas aux diktats des dictatures et des monarchies, fussent-elles musulmanes. Les Juifs sont de retour sur cette terre et redonnent vie à leurs anciens monuments.
A en croire les Arabes, pour être acceptables dans cette partie du Moyen-Orient, les Juifs ne devraient plus rien construire, même pas un barbecue dans le jardin, en tout cas pas des synagogues.
On veut bien à la limite qu'ils soient Juifs mais qu'ils ne le soient pas trop quand même.
Les responsables palestiniens comprendront un jour que les synagogues ne sont pas fatalement là pour être pillées, brulées, démolies (comme à Gaza en 2005). Ils comprendront qu'Israël a droit de cité sur cette terre.
Il viendra un jour ou n'importe quel Juif, même le plus athée, pourra passer devant un lieu de culte sans crainte de le voir un jour détruit.
Ce jour-là seulement, on pourra dire que les religions sont faiseuses de paix et de tolérance. (Lire notamment sur Primo un article d'Arezki Bakir et Nafa Kirèche.)
Mais, quand on a la prétention de construire des mosquées, le moins que l'on puisse faire est de tolérer la réhabilitation d'une ancienne synagogue, même si le toit est un peu plus haut que celui d'Al Aqsa.
Pierre Lefebvre
POLEMIQUE ERIC ZEMMOUR
"Si je soutiens Zemmour, c'est pour défendre la liberté d'expression"
Le journaliste a créé la polémique en déclarant que "la plupart des trafiquants étaient noirs et arabes". Philippe Bilger, avocat général près la cour d'appel de Paris, voit dans cette controverse le symptôme d'une société "malade".
- Les propos d'Eric Zemmour manquent d'une vision plus large, vous avez raison. Mais il faut resituer sa phrase dans le contexte d'un débat polémiste où les arguments qu'on lui opposait étaient simplistes et outranciers. Zemmour rappelle d'ailleurs ce contexte dans sa lettre à la Licra et explique ses propos. Reste que ses propos ne me paraissent pas absurdes, comme je le dis dans mon blog, car, à partir de ma vision judiciaire, je fais un constat similaire, sans pour autant tirer de conclusions définitives car je ne suis pas un statisticien. Ce que je dis, c'est qu'il me semble à moi aussi que les petits trafiquants sont bel et bien majoritairement noirs ou arabes. Mais je constate, à l'inverse, que les gros trafiquants, eux, ne sont pour la plupart ni noirs ni arabes.
Mais surtout, si je soutiens Zemmour, c'est pour prendre la défense de la liberté d'expression. Je souhaite un renversement de la charge républicaine de la preuve. Aujourd'hui, c'est aux personnalités qui usent de la liberté d'expression de se justifier. Alors que cela devrait être à ceux qui les accusent de prouver que les propos qu'ils incriminent sont scandaleux. A aucun moment la Licra ou le CSA ne se sont demandés si les propos de Zemmour pouvaient être vrais ou faux. On s'est simplement indigné devant le fait qu'il ait exprimé une opinion considérée comme anti-humaniste sur un sujet sensible.
Je constate qu'à chaque fois qu'un propos est taxé de scandaleux, on assiste de plus en plus au même processus : c'est la décence ou l'indécence républicaine qui prime sur la vérité.
Q/Du coup, de quel œil voyez-vous la lettre de Zemmour à la Licra, dans laquelle il justifie ses propos et "regrette d'avoir pu heurter" l'association ?
- Cela témoigne d'un phénomène inquiétant : de plus en plus, dès qu'on use de la liberté de parole sur des sujets sensibles, des associations portent plainte, ce qui aboutit à un mouvement de contrition et d'excuses de la part de celui qui est attaqué.
- Cela témoigne d'un phénomène inquiétant : de plus en plus, dès qu'on use de la liberté de parole sur des sujets sensibles, des associations portent plainte, ce qui aboutit à un mouvement de contrition et d'excuses de la part de celui qui est attaqué.
Or, ma vision en matière de liberté d'expression est que je préfère l'affrontement d'idées dans l'espace démocratique que la judiciarisation des idées. Car si, en apparence, cette judiciarisation donne l'image d'une société de droit, elle témoigne en fait de la fragilité de cette société qui a tellement peur du débat d'idées qu'elle éprouve le besoin de se réfugier dans la loi. Cette société est malade, elle n'a plus confiance en elle, on ne voit pas plus loin que le bout de son nez et on refuse le dialogue contradictoire. J'ai donc des scrupules à défendre cette judiciarisation poussée à l'extrême qui fait que les citoyens s'excusent pour leurs idées sans que cela permette d'ouvrir le débat.
Q/Vous justifiez le soutien que vous lui apportez en estimant qu'il a "dépassé une ligne que la bienséance et l'hypocrisie considèrent comme absolue". Mais ne peut-on pas aussi défendre cette "bienséance" en considérant qu'elle sert de bouclier à l'expression du racisme ?
- L'interdiction bienséante de parler de certains sujets empêche-t-elle le racisme et l'antisémitisme ? Ne serait-ce pas, au contraire, une manière honorable de parler de ces sujets qui peut tarir les sources du racisme et de l'antisémitisme ? Non seulement je ne suis pas sûr que cette bienséance soit le meilleur rempart mais je crois aussi qu'elle peut créer à la longue une explosion bien plus grave.
Et puis, on a la loi pénale qui interdit certains propos. Certes, il y a des idées, des opinions, qu'on a le droit de dire mais que l'on devrait peut-être s'interdire à soi-même car elles seraient profondément inélégantes, c'est à chacun de se confronter à soi-même pour en décider, mais ce n'est pas à la société de museler ceux qui veulent s'exprimer.
Q/Compte tenu de votre analyse, vous avez trouvé bienvenu le débat sur l'identité nationale ?
- Je pense que ce n'est pas à l'Etat d'organiser de tels débats. Je crois au dialogue démocratique, à ce qui vient de la société, plutôt qu'à une sorte de débat officiel. D'autant qu'il a été lancé moins pour dialoguer que pour des raisons électorales, ce qui est apparu autant superfétatoire que dangereux.
Q/Dans le cadre de votre défense de la liberté de parole, quel sort réservez-vous aux propos de Le Pen ?
- Comme tous les autres citoyens, j'estime qu'il a le droit de s'exprimer. A partir du moment où sa parole ne tombe pas sous le coup de la loi pénale, il peut dire ce qu'il veut, c'est au citoyen de trancher dans les urnes.
- Comme tous les autres citoyens, j'estime qu'il a le droit de s'exprimer. A partir du moment où sa parole ne tombe pas sous le coup de la loi pénale, il peut dire ce qu'il veut, c'est au citoyen de trancher dans les urnes.
Q/Vous avez publié récemment deux autres notes (l'une sur Robert Ménard et l'autre sur Gérard Longuet) dans lesquelles vous accusez, là aussi, cette morale, cette bienséance. Ne sont-ce pas trois cas différents, sachant que Longuet et Zemmour ont été accusés d'avoir tenu des propos frisant le racisme, alors que ce n'est pas le cas pour Ménard ?
- Il est vrai que les réactions à leurs propos n'ont pas pris les mêmes proportions. Mais dans ces trois cas récents, il y a un point commun : on interdit une opinion car on juge qu'elle dépasse les limites de la bienséance.
Pourquoi Ménard n'aurait-il pas le droit de dire qu'il n'est pas contre la peine de mort ? Je ne suis pas de son avis, mais ce n'est parce qu'aujourd'hui on estime qu'il n'est pas bienséant de tenir de tels propos qu'il faut le lui interdire et crier au scandale !
Pour ce qui est de Zemmour et Longuet, je considère qu'ils n'ont pas tenu des propos racistes. Il s'agit d'un télescopage entre l'opinion qu'ils expriment et l'interprétation qui en est faite. La réaction a été d'autant plus violente, je pense, que le premier a de nombreux détracteurs et le second est sénateur avec un passé controversé (mais comme je le dis dans mon blog, il faut donner aux gens la possibilité de rompre avec leur passé).
Pour ce qui est de Longuet, comme pour Zemmour, on est, à mon sens, arrivé à un tel degré de suspicion dans notre société qu'on lui a prêté des intentions qu'il n'avait pas. En résumé, ce que le sénateur a voulu dire, c'est qu'il considère qu'il est difficile de mettre quelqu'un à la tête de la Halde qui soit à la fois juge et parti. Il a le droit de le penser et de le dire. Je ne partage pas cette opinion, car je considère que Malek Boutih était un candidat formidable. Pour ce qui est de la manière de le dire, elle a peut-être été maladroite, comme il s'en est excusé (lui aussi) ensuite, mais je ne suis pas sûr qu'il aurait pu exprimer son idée autrement.
Interview de Philippe Bilger, avocat général près la cour d'appel de Paris, par Sarah Halifa-Legrand
(mercredi 24 mars - Nouvelobs.com)
mercredi 24 mars 2010
ALAIN DE SERIGNY - L'ECHO D'ALGER -
Comte Alain Le Moyne de Sérigny. Né à Nantes en 1912, ce pied-noir d'adoption est venu, dès l'âge de trois ans, habiter ce pays pour lequel, comme tant d'autres, il s'est pris de passion. Il l'a réellement "dans la peau," J'aime cette terre comme la mienne, dira-t-il. Et aussi cette population, qui mérite l'Oscar du patriotisme et à qui on inflige un martyre incessant. ".
Il devient le beau-frère de Jean Duroux, le fils du grand minotier d'Alger ("la farine ", comme on dit "le vin " pour Borgeaud, "l'alfa " pour Blachette).
Duroux lui offre la direction de son journal, une feuille de chou à l'époque, qui ne tire qu'à 20 000 exemplaires, sur une page recto-verso. " Un cuirassé à marée basse... " C'est ainsi que le minotier appelle L'Écho d'Alger lorsqu'il le lui confie. Sérigny en fera très vite le premier quotidien d'Algérie, sinon par le tirage (L'Echo d'Oran, de Pierre Laffont, le dépasse à cet égard), du moins par l'influence.
" Je compris qu'un journal est une chose qui peut faire beaucoup de bien ou beaucoup de mal ", dira Sérigny.
Il va s'en servir pour faire le bien ou du moins le bien des Européens d'Algérie.
mise en page, choix judicieux des informations, bonne présentation. Grand travailleur, mettant à tout ce qu'il fait une passion débordante, Sérigny reste souvent au marbre jusqu'à 2 heures du matin. Ce qui ne l'empêche pas de se retrouver derrière son bureau directorial à 8 heures. Rarement, il trouve le temps de venir se reposer dans son château de Chaimaison, en Seine et Marne. Et lorsqu'il traverse la Méditerranée, c'est plutôt dans les salons de l'hôtel Scribe qu'on le rencontre, méditatif et toujours agité.
Grand, mince, chauve, les lèvres pincées, le nez chaussé de lunettes d'écaille, cet aristocrate, volontiers hautain, dissimule, derrière un abord sévère, une sensibilité exacerbée. C'est un écorché vif. A l'Echo, on redoute les colères de cet homme irascible qu'affectent d'horribles douleurs nerveuses et que guette l'ulcère à l'estomac.
En 1948, Alain de Sérigny est élu à l'assemblée algérienne, sous l'étiquette du R.P.F. Mais rapidement, dira t il, il a compris que "cette assemblée n'était autre qu'un filet destiné à camoufler ce que l'état ne pouvait faire ".
Bourgès Maunoury le nomme, en 1956, auditeur à l'Institut des hautes études de défense nationale. Puis Robert Lacoste se souvient qu'en 1942 le directeur de l'Echo s'est lié d'amitié avec Robert Murphy, qui préparait alors pour le compte des Alliés le débarquement en Afrique du Nord. Il l'envoie aux Etats-Unis pour informer les Américains de la situation en Algérie. Là bas, le journaliste verra toutes les autorités du State Department.
" Les rebelles, dit il, sont les hommes de choc d'un attaquant lointain. " Il voit dans les mots d'ordre d'indépendance qui courent d'un bout à l'autre du Maghreb le résultat d'une coalition arabo asiatique. Celle ci ne peut manquer de déboucher sur la satellisation de l'Afrique du Nord à l'U.R.S.S".
Condamné à mort par le F.L.N., provisoirement allié de Borgeaud, Alain de Sérigny est l'élément catalyseur de toute la rogne, de toute la grogne, et bientôt de tout l'espoir des pieds-noirs.
Brillant journaliste, c'est aussi un bel orateur. Il sait convaincre et il s'y emploie. Représentant du lobby algérois, il ne cesse de se démener avec un beau dynamisme : interviews, télégrammes aux députés, coups de téléphone et visites aux ministres, messages directs ou indirects à René Coty. Il sait utiliser chaque mode de pression avec efficacité. Et tout ce que la politique compte de personnages importants s'entretient avec le directeur de L'Echo d'Alger. Car qui, mieux que lui, connaît la température, heure par heure, minute par minute, de l'Algérie ? Son avis, son accord sont indispensables lorsqu'il s'agit d'entreprendre quelque chose.D'abord opposé à Jacques Soustelle, Alain de Sérigny a " basculé" comme beaucoup d'autres, au lendemain des massacres de Philippeville. Lui qui, peu de temps auparavant, prenait position pour le maintien du double collège, il a compris qu'au " mythe " de l'indépendance on ne pouvait opposer désormais que l'intégration. C'est-à-dire la fin de toute discrimination entre les musulmans d'Algérie et les Français de souche ou les métropolitains. Et il s'y résout. Oh ! pas de gaieté de cœur... Mais il sait bien que l'armée, dont tout dépend en définitive, si elle est attachée à la permanence de la présence française, n'est nullement favorable au maintien des privilèges de la minorité européenne.
A l'âge de dix-neuf ans, il entre à la Compagnie Générale Transatlantique. Il en dirige l'agence d'Alger jusqu'en 1939... La guerre... La captivité en Silésie... Le retour en Algérie... La démobilisation avec le grade de commandant de réserve... Et commence, en 1941, pour Alain de Sérigny, une carrière qui en fera le civil le plus influent d'Algérie.Très vite, il imprime au quotidien sa marque personnelle. Apprenant de la bouche de Gorlin qu'il n'y a plus rien à attendre de Lacoste, le directeur de L'Echo d'Alger, amer, furieux, lance à l'attaché de presse : " Dites au ministre que, maintenant, j'ai compris la valeur de ses engagements. "
Le 9 mai 1958, Robert Lacoste, qui a vu s'accentuer l'hostilité des socialistes envers leur ministre de l'Algérie et qui ne sait pas très bien quelle conduite tenir, reçoit donc Alain de Sérigny au palais d'Eté. Le directeur de l'Echo d'Alger développe ses arguments :
- Monsieur le ministre, lui dit-il, vous m'avez souvent fait part de votre étonnement devant le silence du général dans la situation actuelle. Selon vos affirmations antérieures, il est le seul capable de montrer assez d'autorité"
J'étais d'autant plus rempli d'amertume devant la subite volte-face de Lacoste, écrira plus tard Alain de Sérigny, que ce dernier ne se gênait pas pour dire à qui voulait l'entendre qu'avec un gouvernement fifrelin, l'Algérie courait à sa perte... Comment expliquer, sinon par une fidélité aveugle à son parti politique, qu'un homme de cette trempe se dérobât comme il venait de le faire, en une heure aussi cruciale et décisive ? ".
Le 10 mai 1958 au matin, Sérigny prend l'avion pour Paris en compagnie de Léon Delbecque : " Puisque Lacoste se dégonfle, déclare t il à son compagnon, je vais moi-même lancer un appel au général de Gaulle. Nous allons soumettre cette idée à Soustelle et, s'il est d'accord, je n'hésite pas... " Dès leur arrivée à Paris, les deux hommes se rendent chez l'ancien gouverneur de l'Algérie. Sérigny lui fait une relation détaillée de sa tentative infructueuse auprès de Lacoste. Il lui dit sa déception et lui annonce son intention de s'adresser lui-même à de Gaulle :
" Mais c'est une excellente idée lui répond Jacques Soustelle. Rendez-vous est pris pour le soir même. Ils étudient le texte de l'article Et, à 21 heures, le "papier " est déjà sur les fils à destination d'Alger.
Il paraît le lendemain dans Dimanche matin, supplément hebdomadaire de l'Echo d'Alger, sous le titre "parlez mais parlez vite, mon général... "
Cet appel à de Gaulle fait l'effet d'une bombe. Pensez donc, le pétainiste qu'est le comte Alain de Sérigny se ralliant l'homme de Colombey... En préambule de son article, le directeur de l'Echo d'Alger évoque d'ailleurs l'attachement qu'il a voué au chef du gouvernement de Vichy et sa fidélité à ce qu'il représentait.
" En Algérie, ce n'est un secret pour personne, écrit-il, que l'Echo d'Alger dont j'assume la direction depuis 1941 a pris, dès cette époque, une position très nette en faveur de la politique suivie en Afrique du Nord par le maréchal Pétain et conduite par un chef prestigieux le général Weygand.
" Cette position très ferme, malgré les fortes pressions et les menaces précises dont j'ai été l'objet par la suite, je ne l'ai jamais reniée, même lorsqu'en 1944 à Alger, certains membres de votre entourage (M. André Philip, notamment voulaient me faire payer le prix de cette attitude par la dévolution de l'Echo d'Alger au profit de telle ou telle fraction du tripartisme qui venait de prendre son essor à l'Assemblée consultative d'Alger.
A cette époque, aux yeux de maints "gaullistes ", j'étais, en somme, un des hommes à abattre, l'affreux vichyssois... "
Puis il en vient aux raisons qui l'amènent à se tourner vers de Gaulle :
" Aujourd'hui, mon général, la situation de l'Algérie et, partant, de la France, est positivement dramatique. Ce n'est pas le plan militaire qui nous inquiète, c'est ce qu'on appelle communément le "front intérieur " qui nous angoisse.
" Ces jours ci, M. Robert Lacoste, en personne, après avoir dressé un tableau très satisfaisant de l'évolution de la situation militaire, n'a pas hésité publiquement à faire-part de ses craintes d'un " Dien Bien Phu diplomatique " ! ...
" Pendant ce temps, les Soviets et nos bons amis anglo saxons, en vertu d'un principe nouveau du droit des peuples à disposer des autres, se livrent entre eux à une concurrence dont " notre aimée et souffrante Algérie " est l'enjeu, dans le dessein évident de s'emparer des richesses pétrolières sahariennes, ces richesses qui sont le gage de l'indépendance (la vraie, celle là) de la France et de l'Europe de demain. " Tandis que nos admirables soldats livrent un combat qui force l'admiration de la grande famille française, étreinte par une angoisse légitime à l'idée que leurs sacrifices, une fois encore pourraient être consentis en vain, l'Assemblée nationale, coupée du pays, vivant exclusivement dans son petit monde à elle, continue de donner au pays et à l'étranger le spectacle le plus avilissant de notre histoire. " Et c'est "l'appel " proprement dit " A cor et à cri, l'Algérie tout entière, privée de sa représentation légale à l'Assemblée nationale, supplie en vain le Parlement de faire taire ses querelles intestines pour la formation d'un gouvernement de salut public, seul capable de sauver du désastre dix millions de Français qui, aux yeux de certains, commettent sans doute un crime en voulant rester français.
" Dans leur détresse, vers qui se tourneraient ces Français sinon vers l'homme qui s'est tenu rigoureusement à l'écart de ces luttes misérables et qui incarne l'attachement passionné à la seule cause de la patrie ? "
" Je n'ignore pas, mon général, qu'à plusieurs de vos amis qui s'étonnaient de votre silence vous avez répondu fort à propos : " A quoi bon parler si l'on " ne peut pas agir " ? "
Aujourd'hui, me tournant vers vous, je m'écrie : Je vous en conjure, parlez, parlez vite, mon général, vos paroles seront une action. "
Ce dimanche matin 11 mai 1958, le journal brûle les doigts aux Algérois. A l'heure de l'anisette, dans les cafés élégants de la rue Michelet comme dans les petits bars de Bab-el-Oued, c'est la même interrogation entre amis : " Tu l'as lu, dis, l'article? "
Le retentissement est considérable. Alger n'a jamais compté beaucoup de gaullistes. Au contraire, "l'Homme dit 18 Juin"" est pour beaucoup, ici, celui qui n'a pas craint de faire un bout de chemin avec les communistes, celui qui s'entoure d'hommes aux idées dites " progressistes ". Un mot qui, aujourd'hui, pour la plupart des pieds-noirs, est synonyme de défaitisme. Un mot qui implique l'abandon, la trahison.
Un instant déconcertée, désorientée, l'opinion algéroise prend, elle aussi, le tournant. Alain de Sérigny et son journal ne sont ils pas le " phare " qui guide, le support des mots d'ordre et de l'action à suivre ? Et tout de suite, derrière le nouveau " gaulliste ", c'est le ralliement général y compris celui de la fraction la plus conservatrice d'Alger à l'homme dont on veut croire qu'il saura maintenir l'Algérie française.
Les activistes et les ultras d'Alger rejoignent les rangs des gaullistes qui, dans l'ombre, préparent le retour au pouvoir du général de Gaulle... Le mélange détonant est prêt. Il ne reste plus alors qu'à allumer la mèche.camionnette de livraison de l'Écho d'Alger à la maison de la presse située face à lagrande Poste d'Alger.Sur le balcon de son appartement algérois avenue Foureau-Lamy, non loin du palais d'Été,Alain se Sérigny, à l'époque ou il avait fait de son journal un cuirassé de haute mer, dans la tempête algérienne, portant haut le pavillon de "l'Algérie française".
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