Les
habitants de l'Esplanade avec le marché Nelson pour se nourrir, les
jardins Guillemin pour s'enivrer de bavardages à bâtons rompus et
de cavalcades enfantines, Padovani, Prado plage et les bains des
chevaux pour les joies de la plage, la piscine olympique d'El Kettani
pour les compétitions de natation, les lycées Bugeaud, Lazerges et
le collège Guillemin pour les têtes bien faites, les cinémas
Majestic et Variétés pour la distraction, les cafés pour
l'anisette, la khémia et l'entretien de l'amitié, les écoles
Rochambeau et Lazerges pour l'enseignement du lire, écrire et
compter, la rue pour façonner l'enfance, tout était réuni pour
que chacun s'identifie à ce quartier off limits de Bab El Oued!
Prenez le marché Nelson! On monte, on descend, c'était le grand style depuis 1957 avec sa structure en fibro-ciment. (zarmah, je suis un diplômé es-architecture, total je suis archi-nul en fibro-ciment et même en fibro-autre chose). Le marché Nelson à ciel ouvert jusqu’en 1956 où les femmes elles tchortchoraient sans crier comme des marchandes de poissons, il était le rendez-vous des ménagères en goguette. En plus, tout le monde y se connaissait alors je vous dis pas combien les langues elles travaillaient. Mais toujours avec distinction! J'exagère un tant soit peu (un tant soit peu, là, je fais zarmah) mais il est vrai que le catimini était la denrée la plus courtisée dans ce haut lieu de l'Esplanade. (purée, qu'en langage châtié, ces choses sont dites!)
Notre
plage de l'Esplanade elle se trouvait à..........l'Esplanade. La
palisse, c'est mon cousin!Notre coin de paradis, il s'appelait
Padovani. Un petit bout de plage coincé entre le boulevard front de
mer et El Kettani qui venait nous taper la sérénade à Magali pour
qu'on déserte pas Bab El Oued et qu'on aille faire les beaux et les
belles à la Madrague ou à la Pointe Pescade. Les beaux et les
belles, seulement si on était un Adonis et une Vénus comme ma sœur
et moi. On est jamais si bien que par soi-même non? Tant qu'il y a
de la gêne, il y a pas de plaisir! Mais au fait, j'ai pas de sœur!
Padovani,
c'était la plage des petites gens de Bab El Oued. Nous autres,
enfants de l'Esplanade, du matin au soir, on tapait le bain. Aller et
retour jusqu'au petit rocher pour un diplôme de natation décerné
par le quartier. Notre méditerranée, câline comme une mère de
chez nous, elle nous offrait son grand lit indigo pour taper la
pancha jusqu'à plus soif. L'air de rien, on matait les petites. On
jouait les Johnny Weissmuller même si on savait pas nager. En fin
d'après midi, on remontait de la plage, exténués mais heureux. Le
corps brûlé par le soleil, on se changeait fissa
fissa (vite)
pour rejoindre le jardin Guillemin qui éclaboussait le quartier
d'exubérance.
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