lundi 20 août 2018

LA MEMOIRE DE HUBERT ZAKINE


LA MEMOIRE

La mort, aussi douloureuse qu’elle soit pour ceux qui restent, n’est que le passage obligé de la vie. Le train que les voyageurs  empruntent pour se rendre vers le pays de l’au-delà.
J’ai toujours été subjugué par l’instinct de conservation de ce musée d’amour où l’on enferme les souvenirs : la mémoire.

Souvenirs d’une époque, d’un être cher, d’une ville natale, d’un pays traversé ou d’une star que la mémoire sélectionne sans nous demander notre avis.

La mémoire n’est que la face cachée  de l’amour. Pourquoi se souvient-on si l’amour ne le demande pas, ne l’exige pas ! Et n’oublions pas que l’amitié n’est qu’une facette de l’amour. 
Tout au long de la vie, on emmagasine des souvenirs que la mémoire, cette gare de triage de la pensée humaine, renvoie aux vivants afin que survivent les visages, les voix et      les images d’un autre temps.

Se souvenir de sa jeunesse, quel beau transfert que la mémoire opère afin d’embellir la vieillesse ! Quelle merveille que ce cerveau qui différencie les choses de la vie pour en garder l’infime lumière qui brillera jusqu’à l’aube de la vingt-cinquième heure. Sans jamais faillir !

Se souvenir d’une infime parcelle humaine, conservée jalousement parmi tous les évènements qui composent l’arbre de vie, quelle alchimie !
Afin que l’existence  paraisse plus supportable, elle mémorise et embellit les choses de la vie pour les rendre inoubliables.

Elle se fait, alors, une place de choix dans le grand livre de la vie que le conservateur de ce musée d’amour et d’amitié  rangera au grenier du souvenir.
Ce conservateur ressortira, le moment venu, ces étapes de votre vie qui jalonnèrent votre passage sur terre.

Ce moment semble venu pour moi. A l’aube de mes soixante-treize ans, un petit retour en arrière  s’impose. Pas si petit que ça, plus pour trois quarts de siècle pour puiser à ma source de vie, quelques souvenirs éparses que ma mémoire endolorie va jeter sur un cahier de nostalgie
Une nostalgie qui a pris racine au pays de mon enfance. Elle a accompagné, voire devancé tous mes faits et gestes de ma vie d’homme.
 Tu es toujours là-bas me reprochent mes amis. Oui, mon cœur est à cheval entre mon pays  et la France…….mon pays l’Algérie au temps d’hier, d’avant-hier et de toujours.
Algérie + Nostalgie = Nostalgérie.
Telle est l’équation que je n’ai aucunement cherché à résoudre. Elle m’a pris par la main et le cœur pour m’emmener jusqu’au bout de la route.
Ma mémoire a fait feu de tout bois pour conserver intacts mes souvenirs de ce temps-là. Bien sûr, elle a fait le vide, elle a trié, rangé, gommé, rattrapé au vol, rit, pleuré mais au bout du compte, elle n’a gardé que cette parcelle de gloire de mon passé algérien qui m’emportera vers la terre lointaine où je ne serai plus un homme sans pays.



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