lundi 28 février 2011

LES AILES BLANCHES D'ALGER DE ROSALIND FERRARA

 OEUVRE MAGNIFIQUE DE ROSALIND FERRARA  ODE A LA VILLE D'ALGER

PROLOGUE ET DEDICACE
MES PARENTS BIEN-AIMES, VOICI VOTRE EPITAPHE :
A TOUS CEUX QUI SONT RESTES ENSEVELIS DANS LEUR TERRE ET CEUX QUI SONT VENUS MOURIR ICI, COMME MOI UN JOUR,
Par ma volonté, fidèlement et loyalement, je tiens à ce que vous soyez reconnus pour votre travail, votre courage, votre grand amour de ce pays, le vôtre pour toujours. De tout ce que vous avez construit, édifié, élaboré, avec une remarquable persévérance, Alger porte votre souvenir à jamais dans sa chair, ses entrailles, et nul, entendez-vous, nul, ne peut remettre en question cette réalité immortelle que je ferai connaître et défendrai à corps et à cris tant que je vivrai !
JE VOUS DEDIE, MES CHERS PARENTS ET AIEUX DE CE PAYS, LA RECONNAISSANCE DE VOTRE DESCENDANCE ET OEUVRERAI JUSQU’A MA MORT POUR QUE JUSTICE VOUS SOIT RENDUE, JE DIS BIEN JUSQU'A MA MORT SI CE N’EST AU DELA !

PRELUDE

Réveille-toi petite fille, et regarde la mer livrant à l'infini ses espoirs, hume ses embruns légers et violents à la fois, laisse- toi porter vers cet horizon de rêve : il ravira ton âme à jamais…
Un tumulte multicolore d’hommes enrubannés, un décor foisonnant, un tableau éclatant : le port d’Alger. Souvent, je m’y enivrais de bigarrures éblouissantes, grignotant allègrement des arachides débarrassées de leur enveloppe craquante, sous l'astre resplendissant comme nulle part ailleurs…
Ah !... Merveilleux pays, mon pays, je ne t’ai pas oublié, tu es là si présent dansmon coeur… Promenades innombrables sous les arcades bruissantes, ombreuses, et toujours ce retour vers la vague aux blancheurs mousseuses, ce retour sans fin où le regard se perd, fasciné par la candeur naissante. Et toi, enfant-fleur qui ne sait ni le jour, ni l’heure, où tu seras arrachée, toutes racines dehors, à cette mer, à ces plaines, à ces étendues, à ces montagnes, à ces quartiers splendidement ornés des plus beaux immeubles de la terre, à ces
rues passionnément parcourues et aimées, à tout ces choses familières, belles comme nulle part ailleurs… Arrachée violemment, sans explication aucune, à tes souvenirs d’enfant les plus beaux, les plus précieux !
C’est toi, petite fille, toi petite « pied-noir » comme ils disent ici en métropole, c’est le témoignage de ton histoire trop longtemps contenu, retenu pudiquement, censuré même par cette France traîtresse, histoire que tu voudras dérouler comme un conte de fée ou comme un chant. Enfantine odyssée entremêlant des pages ensoleillées aux bruits de la guerre et des larmes. Petite Rosalind au prénom médiéval, prénom shakespearien, don de ton grand-père maternel, déjà expatrié de son Transvaal natal.

CHANT I
PREMIERES SONATES DE FRAICHEUR
LA MER

Quel grand bonheur, tous les étés, lorsque ma mère préparait les délicieux sandwichs fleurant délicieusement le saucisson-beurre près de nos maillots de bains, et de nos bouées surtout dont l’odeur me reste familière !
Toute cette agitation éveillant mes sens, me propulsait dans une sorte de joie indicible. Je savais que nous allions, mes frères et moi, partir pour la grande équipée : nous prendrions ce bus sinuant nonchalamment sur la corniche escarpée, dans cette lumière inoubliable, ce ciel d’une intensité rare de saphir et la moiteur insistante de l’été commençant ;
j’en savourais à l’avance le grand appel, jouissant déjà à l’idée de ces bains, de ces essences naturelles d’iode sensuelles, et même, des épines d’oursin qui ne manqueraient pas de titiller mes pieds…
Ce bonheur, ce grand bonheur, gratuit, pur, intarissable ! Ultime, mais nous l’ignorions !
Puis, il y eut d’autres plages, à perte de vue, où incroyablement, l’eau vous arrivait aux chevilles, même si vous y marchiez longtemps... Quelquefois, cela faisait comme de petits bassins chauds et réconfortants. Un nom ?... Sidi Ferruch…

Et puis... la pointe Pescade… nous y allions souvent rendre visite à notre arrière-grand-mère. J’entends encore les cris joyeux, le bruit intempestif des vagues, et toujours un fond de musique « Bleu, bleu le ciel de Provence… Blanc, blanc le goéland »… Message annonciateur... d’un avenir dont nous ne voulions pas ! Je revois les familles qui se retrouvaient là chaque été, dans une sereine félicité, don de la nature et de la convivialité. En vérité, je ne perçus jamais autour de moi, lorsque je jouais sur nos plages avec mes petites camarades musulmanes, aucune forme de rejet notable de la part de ma famille, de nos amis, ou dans notre entourage immédiat...
C’est pourquoi, je tiens à affirmer ici, que seules, les populations autochtones de la ville d’Alger vivant à cette époque, auraient pu rétablir la vérité si la politique ne s'en était pas mêlée. Pour connaître la réalité, la nôtre, les Etats, les gouvernements et les Français de la métropole, sont bien mal placés pour l'apprécier à sa juste valeur…!
Mais revenons à cet environnement poétique qui fut celui de mon enfance…
Des plages et des plages encor, des étés et des étés encor, onze étés... avant leur terme, la punition… la privation finale !....Sans rémission aucune.
Mais aujourd'hui, en un présent éternel, la mer est là, omniprésente, omni…belle…………..omni…mon enfance ! "La mer toujours recommencée..."
Ne vous laisser pas prendre aux jeux des apparences. Ces enfances, magnifiques tant elles sont uniques et pittoresques, laissent à tous les sens des souvenirs impérissables de beauté…
Quel "Béotien" d'ailleurs, peut avoir eu l'audace de réduire à la seule odeur des merguez ces sites grandioses et dignes des meilleurs pinceaux, toute cette splendeur marine incitant soudain à la contemplation au cours des parties de mer et de nos fabuleuses escapades, au temps, aujourd'hui perdu, des réunions familiales, liturgies sacrées qui nous ancraient tous plus profondémentdans notre terroir ?

A Alger, le raffinement était co-naturel à toutes les strates de la société et tout à fait à l’antithèse des ridicules palinodies dont nous fûmes salués bien souvent dès notre arrivée sur le sol français.
Premiers pas sur ce sol oublieux du sang versé pour le défendre, premiers jours en France et à l’école et c’est la discrimination, c’est la mise en quarantaine des "pestiférés" que nous sommes à bien des yeux. Comment pouvaient-ils, ces gens, nous accuser de racisme ? De quel côté était celui-ci ? « Sale petite pied-noir ! » disaient-ils. Horrible qualificatif : nous l’ignorions à Alger. Et, à l’insu de tous, je regardais le soir ce dessous de pied qui devait être si infect…………et, donc, honteusement sali…
C’est Rosalind, la petite fille de onze ans qui vous le dit. Beaucoup de choses sont à revoir dans le domaine des idées reçues quant à nous, quant à nos façons de vivre, quant à notre quotidien ; j’ai gardé cela trop longtemps en moi, silencieusement, dangereusement, et pardonnez-moi, si, aujourd’hui, cela explose telle une grenade et, s’exprimant si fortement, vous choque : par fidélité à mon enfance, par respect pour vous sans cesse trompés par la pensée unique, il me faut libérer, autant que possible, notre histoire du jeu des apparences et l’offrir dans toute la vérité d'un vécu encore si proche. Celle-ci ne sort-elle pas de la bouche des enfants ?...
A SUIVRE.......

IMAGES DE SIDI BEL ABBES

 COMMENT PARLER DE BEL ABBES SANS EVOQUER LE SCBA?










BORGEAUD ET LE DOMAINE DE LA TRAPPE

En 1904, les trappistes de Staouéli vendent leur domaine aux frères Borgeaud, Jules, Charles et Lucien (des Suisses), pour la somme de 15 000 francs : 30 hectares de géraniums Rosat dont on tire 600 kg d'essence, distillée par 12 alambics ; 348 hectares de vignes … ; les caves de 130 m de long sur 18 de large ; 120 hectares de blé ; une centaine de ruches ; 1800 arbres fruitiers ; prairies et forêts plantées ; le cheptel bovin, ovin et équin avec les bâtiments y afférents.
Vers 1908, Lucien a remboursé ses frères et reste seul propriétaire du domaine.
Son fils Henri né en 1895 demande la naturalisation française en 1915
Le logement pour tous est gratuit ainsi que l'électricité et le bois de chauffage. Chaque ouvrier peut jardiner un bout de terre et y construire un abri, distribution gratuite de lait et des produits de la ferme dont 45 litres de vin par mois pour les Européens (l'équivalent en argent pour les musulmans), entretien de l'école primaire située sur le domaine avec ramassage scolaire, dispensaire avec infirmière et visite médicale une fois par semaine, pharmacie et soins gratuits ; à chaque rentrée scolaire, Mme Borgeaud habillait de pied en cape chaque écolier, qu'il soit chrétien ou musulman et le domaine fournissait livres, cahiers, etc.
Le domaine fera vivre 89 familles européennes et 163 familles musulmanes + 500 saisonniers (100 millions de salaires en 1953)
Henri Borgeaud finance aussi le centre de préparation de plasma sanguin.
Il sera sénateur-maire et sera même pressenti pour la présidence de la République !
Il donnera son nom au vin El Borjo.
Il quittera l’Algérie en mars 1963 après avoir payé ses ouvriers.

dimanche 27 février 2011

DICO PATAOUETE TROUVE SUR INTERNET

LA LETTRE "C"
Cabas couffin en paille ou en raphia tressé
Cabassette panier à pique-nique; couffin : le cabas et son contenu
Cabesse, Cabessa de l'espagnol cabeza : tête
Cabote petit poisson de Méditerranée : chabot
Cabout se prononce caboute : têtu, entêté
Cabron de l'espagnol : cocu
Caca de cheval pâtisserie d'origine turque, le halva (à Constantine, c'était le caca de pigeon)
Cador de l'arabe qadir, capable, puissant : très fort dans son domaine, un maître
Cagahora de l'espagnol cagar, chier et hora, heure : diarrhée, chiasse
Cagarelle diarrhée, chiasse
Cagate de l'espagnol cagada, ânerie : échec, malheur, catastrophe
Cagnélo fainéant
Caguer de l'italien cagare, déféquer
Cahouède de l'arabe mqaouda : petit malin, futé
Caille jeune et jolie fille
Calade probablement de l'espagnol calato, amer, donc désagréable; boire calade : boire la tasse, avaler beaucoup d'eau en nageant
Calamar calmar; imbécile : et tia cru ça qui t'a dit? Calamar, va!
Calbo de l'espagnol calvo : chauve
Calbote coup généralement porté sur l'arrière ou le côté de la tête
Caldéro mot espagnol désignant, à l'origine un récipient où on allumait un feu : grand ustensile de cuisine, poêle, gamelle...
Calebasse recipient d'origine végétale contenant de l'eau; tête; incapable de raisonner
Calentita préparation culinaire à base de farine de pois-chiches
Calot bille de gros calibre
Caniello fainéant, bras cassés, couleuvre
Canote canot, petite embarcation
Canout se prononce canoute : plumeau du roseau qui apparaît vers le mois de septembre et dont on utilisait la partie inférieure creuse comme sarbacane
Canus se prononce canusse : très jolie fille ou femme : argarde-là celle-là, oh! purée, quel canusse, dé!
Caoucouwit cacahuètes
Caouitchou caoutchouc
Capab capable
Capéou probablement de l'occitan : chapeau
Capiche de l'italien capire, comprendre : s'orthographie normalement capisci mais le i final est pratiquement muet : Tu fais ça comme je t'ai espliqué : capiche?
Capito? de l'italien capire, comprendre : pigé?
Capo di casso de l'italien capo, tête et casso sexe masculin : littéralement, tête de nœud; crétin
Carnaval prétentieux, fat, imbu de sa personne, plaisantin; mal fagoté; : Va de là, hé carnaval!
Caroubier arbre fruitier dont le fruit, la caroube, est utilisé, dans l'industrie alimentaire, comme épaississant; champ de courses à l'est d'Alger
Carreau petite boîte carrée avec le fond vitré pour "faire" les oursins
Carriole engin de jeu en bois constitué d'un siège et d'une barre transversale de pilotage articulée en T sur un timon à l'avant, monté sur deux roulements à billes à l'arrière et un seul à l'avant. Le modèle de luxe comportait deux roulements à l'avant et, s'il était plus stable, il était moins amusant.
Cartchoffe du Valencien carchofa ou de l'italien carciofo, artichaut : sexe féminin, par similitude avec son cœur poilu
Cartes espagnoles jeu de cartes comportant quatre couleurs : bastos, oros, espadas et copas , pour jouer à la chkobe, à la ronda...
Casbah vieille ville arabe; maison au sens de foutoir, d'habitation mal rangée, mal tenue
Cassarole de l'italien casso, sexe masculin : pour ne pas dire merde, quand on veut paraître poli : qué cassarole! Tia besoin de faire ça?
Casser la baraque intriguer ou agir pour démolir la réputation de quelqu'un ou ses travaux d'approche auprès d'une caille
Casser la carte rompre des fiançailles; mettre fin à une relation
Casser le roseau reprendre le travail après les congés
Castagne de l'espagnol castaña, châtaigne : bagarre, rixe
Castagnettes instrument de musique (percussions) accompagnant les danses; bijoux de famille : oh purée! On se gèle les castagnettes ici!
Cats ou gats de l'italien casso : sexe masculin; se prononce gats avec l'accent napolitain
Caussemille célèbre marque d'allumettes dont l'usine était rue de Lyon, à Belcourt, quartier à l'est d'Alger
Céféras CFRA : Chemins de Fer sur Routes de l'Algérie
Cervelle basse testicules de bélier
Chabanais du nom d'un bordel de la casbah d'Alger : raffut, grand tapage, agitation.
Chacail du français chacal : malin, rusé
Chah! de l'arabe inch allah : c'est bien fait pour toi : tié tombé et tia eu mal? Chah!
Chaler (se la) traîner, ne rien faire de sa personne, flâner, rester indifférent(e),avoir du bon temps : se la couler douce
Chanclès de l'espagnol chancla, savate : espadrilles portées avec l'arrière rabattu sous le talon
Chaouch de l'arabe, serviteur : planton
Charabia langage incompréhensible
Charbonnier poisson de méditerranée voisin du sar mais avec plusieurs stries noires
Chardac mal fagoté
Chasser draguer
Chcassate ou chcafessate d'un dialecte italien, probablement de seccare : casser; chcafessate : un peu abîmé; mauvais fonctionnement : le moulin à café il est chcassate; la machine à laver aussi elle est chcafessate : elle rince plus. Tous ça va nous coûter encore des pépètes
Chcougnade dialecte italien (?) : édenté, bouche sans dents ou presque
Chème ou schème de l'italien scemo : sot, niais, simple d'esprit, simplet
Chemin de croix tournée des bars qui ne laissait pas indemnes leurs pratiquants...
Chibani, chibania d'un grand âge, avec une connotation de respect : vieux (vieille) et sage
Chibec animal mythique, de la même famille que le dahu, qu'on chassait à la nuit tombée, armé d'une lanterne, d'un sac et d'un bâton
Chiche radin; expression de mise au défi : chiche que tié pas capabe de le faire!
Chichma WC, gogues, toilettes, chiottes
Chichpoune radin
Chiffon ... ... à laver le parterre : serpillière... de poussière : à poussière
Chikayas disputes, noises
Chir de l'arabe cheikh : vieux, âgé; sage
Chispoun ivrogne
Chistrec de l'alsacien scheissdreck, matière fécale : denrée improbable pour faire un casse-croûte; désigne aussi une matière sur le sol, piégeuse comme une crotte de chien : prends un morceau de pain et mets de la chistrec dedans; tâche de ne pas marcher dans la chistrec
Chitane de l'arabe : diable; outil de manutention, pour porter les charges lourdes ou encombrantes
Chkobe de l'espagnol escoba, balai : jeu pratiqué avec des cartes espagnoles
Chkoumoune déformation napolitaine du verbe italien scomunicare (scomunicato : maudit), excommunier : malchance, guigne : à force de me regarder, la chkoumoune y va m'apporter
Chocolat des cœurs esquimau glacé vendu à l'entracte, au cinéma : la célèbre réclame, inoubliable : "Demandez les chocolats glacés des coeurs, introuvables ailleurs. En vente ici et partout"!!!
Chorba plat arabe traditionnel
Choucrane de l'arabe choukran : merci
Chouf de l'arabe chouf, guetter, guetteur : faire le guet, surveiller; on dit aussi faire la mata
Chouïa de l'arabe peu : un peu, un petit peu : à ton couscous, rien qu'y manque un chouïa de sel pour qu'y soit une pure merveille!
Chpaze (de) être de chpaze : être ivre
Ciléma ou cilima cinéma
Cimitière  : le cimitière de Bône, envie de mourir y te donne
Cinq dans tes yeux traduction littérale de l'arabe khamsa fil 2aïnik : pour détourner le mauvais œil (cf. khamsa)
Cita de l'italien citta, ville : jeu de billes autour et dans un trou; par extension, le trou lui-même; se prononce tchita
Claouis de l'arabe qlaoui : testicules (ne pas confondre avec kalaoui, le dos...); casser les claouis : déranger, importuner : qu'est-ce tu me casses les claouis, là?
Coca
1-chausson fourré dont la garniture est constituée de poivrons et de tomates (la tchouktchouka), frit ou cuit au four si on utilise de la pâte feuilletée;
2-coup à la figure;
3-oeil au beurre noir
Coco poudre tirée de la réglisse et vendue en petites quantités dans de minuscules boîtes métalliques rondes
Cocosse petit fruit à coque dure dont la partie intérieure tendre a le goût de la noix de coco mais de la taille d'une datte ou d'une grosse olive, fourni par certains palmiers et dont on suce également l'enveloppe fibreuse et gorgée de sève sucrée. On en trouve au jardin d'essais
Coïboï ou covboï cowboy
Coiffé à la bol de loubia voir à Bol de loubia
Colbate patraque, moulu, endolori
Colione de l'italien coglione : couillon
Copas couleur dans un jeu de carte espagnol (chkobe, ronda...)
Corne de gazelle pâtisserie arabe à base de pâte d'amandes
Cornudo de l'espagnol : cocu
Cornuto de l'italien : cocu
Côtelettes d'Espagne sardines salées puis séchées
Couladour de l'italien colare, couler : jus filtré tiré de la saumure d'anchois au sel, après macération, pour assaisonner les pâtes
Couleuvre fainéant, bon à rien
Coulo de l'espagnol et de l'italien culo, derrière, cul : homosexuel "passif", injure suprême
Coup de tête empoisonné coup de tête donné en traître, quand l'adversaire ne s'y attend pas ou plus
Courante diarrhée, tourista, chiasse
Couscous plat arabe traditionnel de plusieurs sortes : au poulet, au bœuf, au mouton, aux merguez, au poisson, au sucre ...; il peut y avoir plusieurs viandes, mais jamais en même temps que du poisson
Couscoussier ustensile de cuisine; arrière-train féminin : Oh, dé! t'y a vu comment c'est qu'elle remue son couscoussier quand elle marche?
Craoued de l'arabe mqaouda : coquin, malicieux, débrouillard
Crapahuter argot militaire : patrouiller à pieds dans une zone de combat accidentée, djebel ou autre
Crush marque de soda orange ou citron
LA LETTRE "D" AU PROCHAIN NUMERO!

IMAGES DU SQUARE BRESSON - LE KIOSQUE -












samedi 26 février 2011

The Ames Brothers - You, You, You

SQUARE GUILLEMIN -6- de hubert zakine

VOIR CHAPITRES  PRECEDENTS -1 A 5-
Purée, en été, la fête elle va battre son plein. Les forains, ils vont venir nous taper l’ardjeb avec leurs jeux à la roulette, leurs manèges, leurs filets à provision garni, leurs stands de tir et par dessus tout, le radio-crochet suivi du bal du 14 juillet. La fête dans toute sa splendeur et dans tous les esprits. Nous autres, la jeunesse on va s’en donner à cœur joie avec les parents qui penseront qu’à tchortchorer et à rigoler. A être heureux !

Moi, j’ai de la chance. Premièrement, c’est les vacances, deuxièmement j’ai évité de perdre la figure devant l’équipe du café de Cadix et troisièmement, pour couronner le tout, Nicole elle m’a demandé de marcher avec elle. Qu’est ce tu veux de plus ! Marcher avec une fille à Bab El Oued, c’est fréquenter ! Fréquenter ça veut dire être fiancé sans être fiancé tout en étant fiancé. Vous voyez le genre ? Pas marié mais presque ! Quand on est grand, ça ouvre des perspectives soua-soua mais quand on est une gamate, ça nous ouvre que dalle. Peut-être un baiser sans la langue parce que les filles elles trouvent que c’est dégueulasse de se faire cracher dans la bouche. Et puis, la vérité, les garçons y savent pas où mettre leur langue! Dans la poche en attendant que le baiser y soit terminé ? Ne pas avoir sa langue dans sa poche, c’est peut-être une expression de chez nous, à savoir ! Quel salopris comme elle dirait ma mère de penser à ça à mon âge ! Les filles de Moïse, elles embrassent seulement les garçons qui mangent cachir. Les filles de Marie, elles s’en foutent du tiers comme du quart que je mange tarouf ou cachir pourvu que que le poisson y figure au menu du vendredi. Quant aux filles de Mahomet, manger cachir ou hallal, c’est blanc turban, turban blanc. Mais pour s’approcher d’elles, il faut passer par le mariage et encore il faut remplir toutes les conditions sine qua none.

Nicole, elle arrive sur le coup de quatre heures de l’après midi. Aujourd’hui, elle porte la même robe que la veille sauf qu’elle a changé de couleur. De rouge vermillon elle est passée au jaune paille qui fait ressortir son teint halé. Des fois, je sors de ces expressions !Teint halé !Je pourrais pas dire comme tout le monde : qui fait ressortir son bronzage ! Teint halé, n’importe quoi ! Je dois être amoureux parce que James Stewart, il dit, dans un film, qu’être amoureux ça rend zinzin. C’est vrai qu’elle est délicieuse la petite blondinette du square Guillemin comme dirait le pâtissier Prat de l’avenue de la Marne. On en mangerait ! Quand elle me voit sur mon beau cheval blanc, elle me sourit à rendre jaloux Buster Keaton. C’est que j’ai pas l’habitude de retenir les gros mots qui sortent de ma bouche de mal élevé, de jouer les Don Juan pour faire l’intéressant sans verser dans le cucu la praline, enfin de rester un garçon avec des poils aux jambes, des noyaux dans les poches et le tape-cinq toujours prêt à claquer sur la main d’un autre babao

Nicole, elle me mange des yeux. Comme elle dit ma tante Lisette en parlant de bibi : « Cuila, y va en faire tourner des têtes ! » Elle est gentille tata Lisette, mais elle est chauvine, c’est rien de le dire ! C’est la sœur de ma mère, alors obligé, tous les enfants de la famille, c’est les plus beaux et les plus intelligents du monde et des alentours! Si j’écoute ma mère et mes tantes, quand je serais grand, monsieur Univers, ce sera un enfant de la famille! En attendant, c’est moi le seul garçon du jardin Guillemin que ma petite blondinette elle a remarqué. Ya pas à dire, elle a bon goût. En plus, je parle avec elle comme si c’est ma cousine. La timidité, elle me paralyse plus. Presque je l’embrasse pour lui prouver que je suis content ! Mais, si je mets mon projet à exécution, elle se sauve en courant jusqu’à la bonbonnière où toute sa famille elle est installée. Allez va, je reste poli et bien élevé comme ma mère elle m’a appris.

Mes amis, Mani et Gozlan y remontent de la rue Thuillier excités comme des harengs saurs. Ils parlent de se dobzer contre Patou et Georgeot, deux frères jumeaux qui se ressemblent pas du tout, pour une sombre histoire de noyaux perdus au jeu du tas ! Y sont fous, mes amis, surtout que Patou et Georgeot, y sont gentils comme tout et en plus, c’est des copains du quartier. Zarmah, je sais jouer les médiateurs. Ca me donne une importance aux yeux de Nicole comme si que j’étais le shériff de Bab El Oued City. Ba ba ba, dé ! En deux temps, trois mouvements, voila nos quatre cow boys qui fument le calumet de la paix et je vois la Rivière de nos amours couler dans les yeux de ma squaw. (Je me fais encore du cinéma) Je suis pas Kirk Douglas mais ca vient doucement, doucement ! Ah ! C’est vrai ! Vous vous dites : « pourquoi parler de Kirk Douglas maint’nant ? » Moi je vous réponds que la rivière de nos amours, c’est un film avec l’acteur à la fossette sur le menton. Ca y est, je peux continuer à écrire ouais !

Jamais j’aurais cru que, moi, le mazozé à sa mère, un jour, je serais le mazozé d’une petite fille blonde. Ca m’est tombé dessus sans même le vouloir. J’ai pas songé aux conséquences quand j’ai joué au grand. C’est vrai, avant je jouais aux billes, aux noyaux, à la toupie, à la carriole, au football, à « tu l’as ! », à bix, à la délivrance, aux cow boys avec Bouzouz, au corsaires avec mes frères, à la belote, à la manille, à la ronda (je pourrais en faire comme ça jusqu’à demain matin mais la vérité, je suis pas samote comme j’en connais). En un mot comme en deux cents mille, j’étais tranquille comme John Wayne dans l’homme tranquille! Remarque, je suis loin d’être un homme alors mieux je profite, va ! Y sera temps de me faire du mauvais sang (comme ma mère) quand le moment y sera venu. Et qui me dit que Nicole elle va me faire faire du mauvais sang. A peine j’ai douze ans !

*****
A SUIVRE CHAPITRE 7................

vendredi 25 février 2011

LA REVOLUTION ARABE PREPARE DES LARMES ET DU SANG

"Vous avez gagné sur les Pharaons", a déclaré hier le Cheikh Yusouf al Qaradawi à deux millions de manifestants rassemblés sur la place Tahrir au Caire.
C'était la marche de la victoire après la chute du régime égyptien, il y a une semaine.
Les versets du Coran ont scandé le discours de Qaradawi qui est le "gourou" des Frères musulmans. Le terme pharaon a été utilisé pour la première fois par les islamistes contre le président Anouar el-Sadate, tué par un commando terroriste en 1981 ("Assassinat d'un Pharaon", c'était le titre d'un film iranien célébrant l'assassinat de Sadate).
C'est l'année même où Qaradawi fut exilé d'Égypte : le régime de Moubarak de l'époque l'empêchait de tenir des sermons à la mosquée et le présentait comme un prédicateur de haine.
Le célèbre spécialiste du monde arabe, Barry Rubin, compare le retour de Qaradawi à celui de l'ayatollah Khomeiny à Téhéran : "le 18 février est une rupture dans l'histoire égyptienne" a-t-il dit.
Le grand expert de l'Iran, Abbas Milani de l'université de Stanford a déclaré que "les Frères musulmans veulent créer un gouvernement basé sur la Charia". Et en fait, Muntaser al Zayyat, grand connaisseur des mouvements religieux égyptiens a dit hier que bientôt on va voir éclore beaucoup de partis musulmans en Egypte.
Les Fatwas de Qaradawi sont très connues, comme celle qui justifie les attaques terroristes contre des civils israéliens. Le terroriste suicide qui se fait sauter dans un bar, dans une rue, dans un autobus à Tel-Aviv est selon Qaradawi, un martyr véritable.
Tuer des Américains est un devoir a-t-il décrété en 2004, en pleine guerre d'Irak.
Pour Qaradawi, la liberté doit être au service de l'Islam tandis que l'Amérique et l'Europe sont des communautés de nudistes. (...)
Hier au Caire, Qaradawi a demandé à l'armée d'ouvrir la frontière avec la bande de Gaza. Les Frères musulmans veulent légitimer le Hamas.
Pour Rubin, Qaradawi est "un idéologue brillant et innovant, tactiquement flexible et stratégiquement sophistiqué", il est aussi celui qui a révolutionné l'islamisme bien plus que Ben Laden.
C'est lui qui, de façon décisive, a donné sa légitimation aux manifestations du Caire. Il a dit que c'était un devoir religieux d'y participer car Moubarak était un pêcheur qui avait tué son propre peuple. Il a assuré que ceux qui ont perdu la vie dans ces évènements sont des martyrs.
Il a aussi déclaré sur Al-Jazira qu'il souhaitait mourir en tuant des Juifs : "j'attaquerai les ennemis de l'Islam, les Juifs et ils me lanceront une bombe, alors je pourrai finir ma vie en martyr".
Même la chaîne Al-Arabyia considère Qaradawi comme la personnalité religieuse qui jusqu'à présent manquait à la révolution égyptienne.
Banni des États-Unis, Qaradawi s'est établi à Doha, protégé par l'émirat du Qatar où il est devenu une star de la chaîne satellitaire la plus suivie des Arabes, Al Jazeera. Karadawi est né en Égypte et on raconte qu'il avait déjà mémorisé tout le Coran avant d'avoir atteint l'âge de dix ans. En fait il représente aujourd'hui la voie spirituelle des Frères musulmans, la formation islamiste décisive de l'après Moubarak. (...)
"La révolution que vous, les jeunes avait faite le 25 janvier n'a pas seulement vaincu Moubarak mais aussi les voleurs et les escrocs du régime égyptien", a dit hier Qaradawi sur la place Tahir, "la révolution continue".
Il a ensuite ajouté : "nous réussirons à libérer Jérusalem et à entrer en Palestine. Mon plus grand rêve est de faire un sermon dans la mosquée Al Aqsa".
L'imam Qaradawi a parlé de la naissance d'une nouvelle Egypte avec une "philosophie et une constitution différentes".

QUELQUES POEMES ARABES

Celui qui ne sait pas d'où il vient, ne sait pas non plus où il ira.

Celui qui dort sur un tapis de haute laine dit que l'hiver est chaud
Jette le tison, il emportera avec lui la fumée
C'est la vue du mur qui donne l'envie au bouc de se gratter
Qui construit une maison, le fait avec les pierres de sa région
Les mots peuvent faire plus mal qu'une blessure
Un oiseau dans la main, vaut mieux que dix dans le ciel
Un peuple sans culture, c'est un homme sans parole
Si tu rencontres deux êtres qui vivent en harmonie, sois sûr que l'un d'eux est bon
Balaie là où tu veux tomber
Parlez-moi de ce qui me plaît, même si vous mentez
Celui qui ne sait pas d'où il vient, ne sait pas non plus où il ira
Une main toute seule ne peut pas applaudir
La tête de l'orphelin est près du bon Dieu.
Quand ils sont éloignés les uns des autres, ils se désirent, et quand ils se rencontrent, ils se méprisent
Respecte-moi et je ferai tout pour toi

LA MAISON DE MON PERE -ALBERT BENSOUSSAN-

D'APRES UN TEXTE DE ALBERT BENSOUSSAN
........Et quand la page a été tournée, et papa descendu dans sa tombe, alors que l’euphorie de la vie nous reprenait et qu’on en oubliait, presque, d’où nous étions, d’où nous venions, soudain, d’un coup, comme le manteau de la nuit tombe brutalement à l’équinoxe, je me suis dit que la maison de mon père avait vraiment disparu, noyée dans la tourmente, effacée sur la plage de l’histoire, et que jamais plus je n’aurais de murs à moi. Vrai ! alors que je suis propriétaire en bonne et due forme de mon logement, et vis dans ce confort relatif qui ferait presque oublier l’exil, je ne me sens pas ici, ah non ! jamais je ne me sentirai chez moi. Et cette maison que j’habite, ces murs bretons, rien ne m’y retient. Quel regret aurais-je en partant ? Aucun, bibliquement nu, et prêt pour le sable.

Or la maison de mon père n’a pas été détruite pour de bon. Tant que j’y pense, la revois et contiens ses murs dans la ville éternellement vibrante de ma mémoire, elle est encore là, intacte, inscrite dans une cité dont je récite par cœur toutes les rues et reconnais toutes les places. Alors, quand la douceur de la nuit m’embarque pour le rêve, mes lèvres remuent à la façon d’une prière, ou d’une litanie sur bouche bégayante, et me voilà récitant, d’un coup, le nom de toutes mes chambres noires ( Vox, Caméo, Olympia, Empire, Star, Régent, Roxy, Lux, Midi-Minuit, Debussy, Versailles, Trianon, Variétés, Musset, Montpensier, Nedjma, Hollywood, Club (prononcé kleub qui est la métathèse de keulb)… ), ou alors je fais l’appel et c’est toute la classe invariable, qui, de la 6ème à la 1ère, brasse toujours mêmes têtes et mêmes patronymes – Abitbol, Attig, Bensoussan, Brakchi, Curtés, Fébrer, Hadouf, Hadjadj, Harzic, Limiñana, Narboni, Ramos, Suau, Vassallo… , ou bien, sur le petit matin d’une nuit paisible, voilà que je me rejoue un Chabbat entier en clamant Le’ha dodi likrat kala, viens ma chérie, réponds à ma prière…, si fort que la main de mon épouse se pose sur mon flanc et tapote : allons dors, allons dors. Je rêve…, oui et plus je sens la vie me fuir par tous les pores, et mon dos s’accabler, et mes pieds marquer le pas sur la ligne immobile, plus le songe envahit mes plages. J’écarte d’un geste vif nos persiennes vertes qui s’ouvrent sur la véranda. Ce matin d’août les premiers rayons ont déjà tant chauffé le carrelage il fait slika, marmonne maman que je dois vite quérir mes belghas de raphia pour gagner le petit bureau à l’autre bout, où, derrière les vitres, papa se balance sur la chaise en récitant déjà Tehilim et psaumes de David, s’accompagnant, à défaut de guititt ou psaltérion, de son éventail de paille cinglant l’air. Fati nous apporte à tous deux le premier café du matin, du Nizière fumant et fleurant bon le lion de l’Atlas. Je m’assois devant ma feuille blanche et, trempant la plume armée de sergent-major, trace la première phrase de rédaction : La tête aux Tagarins, à l’ombre de la Colonne, les pieds nus posés sur la darse, et les bras étalés en Babel à senestre, en Belcourt à dextre, la Sultane prend la pose de l’odalisque. Ou est-ce la mythique houri promise au paradis d’Allah ?… Qu’importe ! la beauté a ici droit de cité, et de ce corps impudique, offert et dévêtu, à morgue déployée, s’élève, comme une vapeur vénale, l’entêtante odeur des promesses, des prémisses, des paresses… Ma tête roule alors à la saignée du coude, lasse de tant d’efforts avortés, et je sens, en recouvrant mon somme et l’abri des images souterraines, la chaude paume de papa caresser mon front, remettre en place les mèches qu’il ébouriffe, tapoter là-haut en récitant la bénédiction des mâles, par Abraham, Isaac et Jacob, Moshé ou-Aharon, David ou-Chlomo, qu’Achem te bénisse et te protège… et les mots d’hébreu n’ont jamais cessé d’entourer mon front comme ces bandelettes aux trous énigmatiques que seul quelque démiurge ou mage ou télégraphiste saura déchiffrer. Alger au loin, comme un décor de film, avant le fondu au noir.

Albert Bensoussan




jeudi 24 février 2011

Hit Parade USA 1955 - Top 10 - DanntaS


AIRS AMERICAINS D'HIER ET D'AVANT HIER

LE DICTIONNAIRE PATAOUETE

LA LETTRE B DU DICTIONNAIRE PATAOUETE TROUVE SUR INTERNET

Babala de l'arabe bab Allah, la porte de Dieu:
1-au petit bonheur la chance,
2-du catalan et du napolitain : de travers, à la va comme je te pousse : à la babala
Babaoue de l'italien babbeo : sot, niais, nigaud
Baboudiel ramasse tout, récupérateur en tous genres
Bac se prendre un bac : tomber, prendre un gadin
Bacala de l'espagnol bacalao ou de l'italien baccala : morue sèche salée
Bacore de l'arabe, primeur :
Badjèje figue, au sens sexe féminin : y lui a mis la main à la badjèje et elle lui a collé une botcha!
Badjoc fou
Bafane ou bafagne de l'italien bufera, bourrasque, tourmente : grain, rafale de vent brève mais violente, sous un ciel plombé, avec ou sans pluie
Bagali :salissures : rogarde le bagali qu'y m'a fait à ouloir faire la cuisine!
Baïne :se dit d'une toupie dont le gangui (ou ganguille) a été soigneusement poli pour qu'on puisse la prendre dans la main, au cours de sa rotation, sans rien sentir d'autre que son poids.
Bakchich: pourboire; pot de vin; dessous de table, en parlant d'une somme versée en échange d'une intercession dans une transaction commerciale
Balek mot arabe : poussez-vous, attention à vous : balek devant, j'arrive aec le chitane
Ballon avoir, se tenir le ballon : se dit d'une femme enceinte; faire ballon (voir cette définition)
Balyage :balayage
Baraka :de l'arabe baraka, chance : bol, bonne fortune
Baraket: de l'arabe : ça suffit
Baram ou barham :bébête, imbécile, ignorant : ma parole, tié un vrai barham! Tia rien compris du tout
Baranes :
1-de l'arabe : pluriel de burnous, désigne les porteurs de ce vêtement
2-du nom d'un tailleur spécialisé dans les vestes aux épaulettes avantageuses
Barboucha :de l'arabe barbouche : estomac barbouillé
Barbouche :couscous aux tripes
Barda :équipement, attirail
Barigoule: manière spéciale de préparer les artichauts, à la cocotte, le foin étant remplacé par un hachis
Barka mot arabe : attention!
Barmitzva équivalent de la communion chrétienne chez les Juifs
Baroud :combat, bagarre
Baroufa :de l'italien baruffa , discussion qui peut dégénérer en bagarre
Barzouk :légèrement hébété, abruti : il est resté comme un barzouk
Bastos :marque de cigarettes; couleur dans un jeu de carte espagnol (chkobe, ronda...)
Batel :de l'arabe batl, gratuit : sans bourse délier
Bégayeur :bègue : Cui-là, il est tellement bégayeur qu'y lui faut un quart d'heure pour dire bonjour!
Beignet arabe :sfindj ou khfâf : large beignet salé frit en forme de disque renflé sur le pourtour : les chauvins diront que c'est Blanchette (référence gouailleuse à sa couleur d'ébène) qui faisait les meilleurs
Bel forsa :du franco-arabe bil forsa : par force
Benchicou :marque de tabac à priser
Bénisse :tiré d'une locution espagnole, Que Dios te bendiga signifiant Que Dieu te bénisse : souhait exprimé lorsque quelqu'un éternue
Bessif de l'arabe : obligé : y voulait pas le faire mais bessif y l'a fait
Bézef de l'arabe : beaucoup : des sous ici, y'en a pas bézef
Bibérine :poudre vendue en petites boîtes et consommée avec une paille (chalumeau)
Bilboté de belle et beauté : jolie fille, canus
Binns :situation inextricable, bordel plus ou moins organisé
Bislouche aux yeux qui se "regardent" : strabisme convergent : bislouche comme il est, sûr qu'y voit double
Blanc d'Espagne :produit utilisé pour blanchir la tige des chaussures de toile, les espadrilles ...
Bled :village, bourgade et, par extension, campagne
Bliblis :pois-chiches grillés, au naturel ou enrobés de sucre coloré;
1-pour rien;
2-équivalent des choux français dans le sens d'un ratage :
3-il a travaillé toute la journée pour des bliblis,
4-son affaire, elle est partie en bliblis
Blinde :(à toute) aller vite, foncer : l'ambulance elle arrivait à toute blinde
Bloc :(un) une sacrée belle fille
Bogue :poisson de Méditerranée
Bol de loubia :manière de couper les cheveux, comme si on avait posé sur le sommet du crâne un grand bol retourné et rasé tous ce qui dépassait : dans les films historiques, on voyait Duguesclin avec les cheveux coupé à la bol de loubia
Boléra :jeu similaire à la pelote basque, pratiqué à main nue contre un mur, avec ce qu'on trouvait comme balles...
Bomber rebondir; se dépêcher; aller vite
Bomber la guérite: donner une correction
Bomboya bosse, enflure, ecchymose
Borratcho de l'espagnol borracho : ivre
Botcha :baffe, coup, châtaigne
Bouchon flotteur: en liège d'une ligne de pêche taillé soit dans un bouchon de bouteille, soit dans un morceau de liège
Boudjadi de l'arabe : jeune et inexpérimenté, mauvais ouvrier, maladroit
Bouffa :surprise-partie;
Bouffa :(de) être de bouffa : être saoul, ivre
Boulaneu :imbécile, naïf
Boulitche: à la pétanque, le cochonnet ou petit
Bouro, boura de l'espagnol burro, âne : bête, stupide
Bourricot âne: pas malin : qué bourricot que tié! Tu ouas pas qu'elle te fait courir?
Bourricot d'Espagne: bêta, naïf
Boutifar: petit boudin au sang vendu en chapelet; femme laide, mocheté
Bouzine: automobile
Bouzinzelle de l'italien buzzo, bedon, bedaine : utilisé pour moquer quelqu'un au ventre rebondi, en le comparant à une guêpe...
Bouznène: poisson de méditerranée voisin du sar mais avec le trait noir en arrière de la tête
Bouznica: petit, de petite taille
Bouzoulouf :de l'arabe, tête de mouton : petite tête, tête creuse
Bovo, bova de l'espagnol bobo : niais, idiot
Brajols :préparation culinaire du genre alouettes sans tête : préparés avec des couennes ou une fine tranche de viande, farcis d'un hachis d'ail, de persil et d'autres ingrédients
Brèle :de l'arabe barel, mulet : personne stupide, incapable
Briagone ou vriagone de l'italien ubriacone : soulaud, ivrogne : la prononciation est curieuse : bvriagone
Broumitch :amorce constituée de divers ingrédients, dont des intestins et des têtes de sardines, mélangée à du sable qu'on jetait à l'eau là où on voulait pêcher.
Burnous :nom d'un vêtement de laine arabe, sorte de pèlerine à capuche : référence à la chaleur de ce vêtement qui serait conservé pour effectuer un travail pénible et mal payé : ce patron, y nous fait suer le burnous

A SUIVRE / LA LETTRE C

mercredi 23 février 2011

Bel article du Directeur Général adjoint du Figaro


Thierry Desjardins
Journaliste et Reporter, né en 1941,
Directeur général adjoint du Figaro.
Lauréat de l'Académie française.
Prix Albert Londres 1975.
Prix Louis Pauwels , 2000
La guerre de religion a-t-elle commencé ?
Il serait grand temps que nous nous apercevions -enfin- qu 'une nouvelle guerre de religion a éclaté et, cette fois, à l' échelle planétaire.
Les Islamistes massacrent les chrétiens en Egypte, en Irak, aux Philippines, en Indonésie, au Pakistan, au Nigéria, un peu partout.
Malraux avait dit : « Le XXIème siècle sera religieux ou il ne sera pas ».
On a bien l'impression que ce siècle qui commence va voir le déchaînement sans pitié d'un Islam renaissant, voulant dominer le monde et faire payer à la civilisation chrétienne les quelques siècles pendant lesquels elle a régné sur la planète.
Cette haine du chrétien dépasse de beaucoup tous les problèmes de la foi. En s'attaquant aux églises, aux prêtres, aux religieuses, aux fidèles, les islamistes veulent abattre la civilisation occidentale, la démocratie, le capitalisme, ce qu'ils appellent le « néo-colonialisme », la parité hommes-femmes, les Droits de l'Homme, le progrès tel que nous le concevons.
Le XXème siècle a été marqué par l'affrontement est-ouest, le bloc communiste contre les pays « libres ». Marx, Lénine et Staline se sont effondrés d'eux-mêmes sous les incohérences, bien souvent monstrueuses, de leur idéologie. Mais ils ont aussitôt été remplacés par Allah et son Prophète. Le Coran a pris la place du Communisme, le drapeau vert de l'Islam celle du drapeau rouge, les imams prédicateurs des mosquées celle des commissaires politiques.
Le XXIème siècle sera une guerre sans merci car les foules immenses du Tiers-monde islamisé (et des banlieues de nos grandes métropoles) sont autrement plus dangereuses que ne l'ont jamais été les chars du Pacte de Varsovie.
Nous pleurons, avec nos larmes de crocodiles habituelles, les coptes massacrés à Alexandrie et les chrétiens assassinés à Bagdad. Mais nous restons les bras ballants.
Il faut bien dire qu'on voit mal ce que nous pourrions faire. Ce n'est plus guère le temps des croisades et nos dernières expériences en Afghanistan ou en Irak (où nous commençons à regretter la belle époque de Saddam Hussein qui savait, lui, au moins, faire respecter la laïcité baasiste) n'ont pas été très concluantes, c'est le moins qu'on puisse dire.
Il est bien loin le temps où Napoléon III pouvait envoyer un corps expéditionnaire protéger les maronites du Liban que massacraient les Druzes. Mais au moins restons lucides et surtout arrêtons de ressortir une fois de plus la fameuse « repentance » qui nous sert désormais pour maquiller toutes nos lâchetés.
Hier, un imbécile de service nous a longuement expliqué à la télévision que si les islamistes égyptiens massacraient les coptes c'était parce que ces chrétiens de la vallée du Nil étaient « les représentants de l'Occident », les ambassadeurs de la culture européenne », les symboles vivants du capitalisme, du néocolonialisme, du dollar et du coca-cola. En un mot, les ultimes survivants de l'époque coloniale. Autant dire, à l'en croire, que les Islamistes avaient parfaitement raison de vouloir éliminer ces survivances d'un passé détesté.
L'imbécile était, en plus, un inculte. Les coptes sont les descendants du peuple des pharaons. « Copte » veut dire « égyptien ». Ils étaient sur les bords du Nil bien avant la conquête arabe et musulmane. S'ils sont plus nombreux au sud, entre Assiout et Assouan, c'est précisément parce qu'ils ont fui les cavaliers conquérants venus d'Arabie. Ils avaient leurs églises bien avant que nous ne construisions nos cathédrales.
On peut d'ailleurs dire exactement la même chose de tous les chrétiens d'Orient qu'ils soient catholiques (de rite d'Antioche, de rite syriaque comme les maronites libanais, de rite byzantin, de rite arménien, de rite d'Alexandrie) ou « non chalcédoniens » comme les coptes, ou orthodoxes (ayant leur patriarcat soit à Istanbul, soit à Alexandrie, soit à Jérusalem, soit à Damas). Tous sont « chez eux » dans ces pays-là depuis des millénaires, certains parlant encore l'araméen, la langue du Christ. En faire des ambassadeurs de l'Occident, des représentants du capitalisme colonial est évidemment une absurdité. Même si, en effet, ils sont « de culture chrétienne ». Mais ils l'étaient avant nous.
Nous ne pouvons rien faire pour les protéger, mais au moins ne les trahissons pas en reprenant à notre compte les accusations odieuses de leurs assassins. Nous pouvons les accueillir, comme nous nous devons d'accueillir tous ceux qui sont persécutés. Beaucoup ont déjà fui leur pays. Mais, en tous les cas, ne continuons pas à nous boucher les yeux, à parler de «l'amitié islamo-chrétienne », d'un « Islam à l'occidentale», de « la cohabitation harmonieuse des trois monothéismes ».
Soyons intransigeants avec les règles de notre laïcité , mais ne nous laissons entraîner ni vers la stigmatisation ni vers la discrimination (surtout si elle devait être « positive », comme le souhaite certains), car ce serait, évidemment, faire le jeu des fanatiques.
Aujourd'hui, la grande mode est d'évoquer, d'invoquer à tout bout de champ "les années les plus sombres de notre histoire". C'est souvent absurde et parfois odieux.
Mais s'il y a une leçon qu'il ne faut jamais oublier c'est bien celle de Munich. Churchill avait dit :
« Ils ont préféré le déshonneur à la guerre et ils auront les deux"
Il ne faut jamais tenter de pactiser avec ceux qui vous ont déclaré la guerre.

SQUARE GUILLEMIN DE HUBERT ZAKINE - 5 -

VOIR CHAPITRES PRECEDENTS - 1 A 4 -
Ce matin, je suis de corvée pour aider ma mère à porter les commissions. Normalement, les yaouleds, véritables sangsues des marchés, y proposent leurs services aux femmes que les pauvres « c’est trop lourd pour leurs frêles épaules ! ». Après bien des marchandages et pour se dépêtrer des petites mouches à miel qui leur tournent autour, obligé elles acceptent et y portent le panier jusqu’à la maison. Mais nous autres, mes frères et surtout moi, on est les petits yaouleds de ma mère. Même pas, on a droit à une petite pièce mais ça fait rien parce que c’est notre mère chérie qui nous le demande avec des yeux tellement suppliants qu’aucun fils au monde y peut résister. Mais j’ai beau prévenir les copains : « je reviens », y m’attendent pas ces falampos et le match de foot y commence sans moi. Le square Nelson sent bon les épices, les légumes frais, les fruits de saison et même le poisson qui sent le ....poisson fraîchement péché. Alors, bien sur, ma mère elle se régale dans les dédales de ce marché « bon chic, bon genre » où, sara-sara, elle s’arrête tchortchorer avec toutes les femmes qu’elle rencontre. Moi, zarmah, je fais l’enfant sage quand elle me présente fièrement comme si j’étais premier de la classe. Elle peut quand même pas dire que son fils c’est un badjidj qui préfère jouer au football que d’apprendre ses leçons! J’entends des « dieu bénisse », « comme il est grand pour son âge », « c’est ton portrait craché » et d’autres salamalecs qui m’en touchent une sans faire bouger l’autre. Le principal, c’est que ma mère, elle est fière que son fils ressemble pas à Quasimodo et qui lui porte les commissions sans débourser un sou. J’exagère un p’tit chouïa mais ca fait plus véridique ! Pendant ce temps, les calamars farcis du jardin Guillemin y sont en train de se prendre une tannée contre l’équipe du café de Cadix. L’équipe du café de Cadix, ça fait plus chic que l’équipe des bras cassés de la rue Rochambeau. Ils sont tous du Gallia les Ménella, Elkaïm, Papich Lévy, Popaul Ajuélos, Camps et d’autres des Messageries. Aussi, je rase les murs pour rentrer chez moi sans rien demander à personne. Même pas je demande mon reste, c’est dire. Je remercie le ciel d’avoir joué les p’tits yaouleds pour ma mère sinon la honte elle m’aurait mangé la figure si j’avais pris une tannée pareille ! Mais comme les joueurs du café de Cadix, c’est tous des amis, je leur en veux pas. Des fois on gagne (rarement) et des fois on perd (la plupart du temps). Quand on est de Bab El Oued, on préfère parler de Sophie Desmaret que de philosophie, c’est plus notre genre. Alors c’est pas la peine de jouer les érudits. Oh purée, je me lâche un maximum. Erudit, y faut que j’aille consulter le dictionnaire pour voir c’que ça veut dire, ce mot ! Mon instituteur il va faire une syncope quand y va comprendre que c’est moi, et moi tout seul qui ait ouvert l’armoire pour sortir « érudit ». A tous les coups, y va croire que j’appelais Rudy Hirigoyen, l’autre Luis Mariano. Hé, Rudy !
*****
A SUIVRE..................

mardi 22 février 2011

Il faut un vainqueur et un vaincu - Guy Millière © Metula News Agency -

Les événements qui secouent l’Egypte, et qui sont loin d’être achevés, sont dangereux pour Israël. Ils n’allumeront pas sur une guerre, mais ils impliqueront que la frontière sud de l’Etat hébreu sera à surveiller de beaucoup plus près encore, et que la séparation entre Gaza et l’Egypte sera bien plus poreuse qu’elle ne l’est déjà.
Ils devraient impliquer, dans les mois à venir, une remise en cause du traité de paix signé voici trente-deux ans entre le Caire et Jérusalem. Il n’est pas un seul candidat en puissance aux élections présidentielles égyptiennes promises pour septembre qui entende, de fait, laisser le traité tel qu’il est.

Israël sera plus isolé, et pourra sembler dans une situation de péril bien plus grand qu’actuellement. Entre le Hamas au Sud, le Hezbollah, qui tient désormais le Liban, au Nord, le basculement de la Turquie, l’intransigeance de la Syrie appuyée par l’Iran, qui avance vers l’arme nucléaire, et le glissement de l’Egypte vers un changement graduel d’alliances et vers un désordre durable, rien ne paraît prometteur. D’autant plus qu’Obama est à la Maison Blanche, et que, s’il use d’une autre musique depuis qu’il est en situation de cohabitation avec un Congrès qui a basculé largement du côté Républicain, il chante toujours la même chanson.
Je pense, cela dit, qu’il n’y a pas motif à désespérer mais plutôt, que les raisons sont réunies de tenir un discours de vérité : celui qu’on tient lorsqu’on n’a pas d’autre choix et qu’il faut regarder le soleil en face, sans cligner des yeux.
Si la majorité des protestataires arabes arborait ce genre de slogan, déployé ici par un manifestant tunisien, la paix et la démocratie seraient à portée de main
Le monde musulman est un monde instable, pétri de pathologies, et pas du tout sur le point d’en sortir, contrairement à ce que des rêveurs disent ici ou là. Les traités déjà signés avec lui, pas uniquement celui signé avec l’Egypte, sont de simples morceaux de papier ayant la valeur du papier usagé. Israël n’est aujourd’hui au bénéfice d’aucun traité de paix digne de ce nom, et ne possède aucun « partenaire pour la paix » dans la région. C’est la réalité. Elle est effroyable, mais elle n’en est pas moins la réalité.
Israël ne peut pas compter sur l’Europe, qui a, depuis longtemps, sombré corps et biens et qui continue à pourrir par la tête, comme les poissons avariés.

Si la majorité des protestataires arabes arborait ce genre de slogan, déployé ici par un manifestant tunisien, la paix et la démocratie seraient à portée de main
Israël peut encore compter sur le peuple américain, mais pas sur les Juifs américains, et pas sur le parti Démocrate, qui, année après année, s’imbibe de plus en plus d’idées radicales et « pro-palestiniennes ».
C’est le moment ou jamais de comprendre et de clamer que des négociations ne servent à rien, que des concessions servent moins encore que des négociations, et que, quoi que fasse Israël, Israël sera critiqué et diabolisé ; précisément parce que c’est l’Etat du peuple juif, et que l’antisémitisme reste la pathologie mentale la plus répandue sur la planète.
C’est le moment de comprendre ce que dit Daniel Pipes, avec lequel j’ai passé ces trois derniers jours : la situation est une situation de guerre qui n’a pas cessé, et qui ne cessera que lorsqu’il y aura un vainqueur et un vaincu. Daniel ajoute : « ou Israël se donnera les moyens de gagner, ou Israël disparaîtra ». Il pense que la victoire peut être une victoire psychologique et morale. En ce qui me concerne, je nourris des doutes sur cette proposition.
Tout en étant en guerre avec Israël, le monde musulman craint que la guerre ne devienne une guerre ouverte et franche, sachant qu’Israël dispose de la supériorité technologique et militaire ; Israël devrait s’appuyer sur cette supériorité et tenir un discours ferme, clair, net.
Israël devrait dire, sans circonlocutions, pourquoi les négociations sont une imposture, et pourquoi les concessions sont suicidaires.

Israël devrait rappeler ce qu’était le Mandat palestinien confié à la Grande-Bretagne par la Société des Nations, refuser les falsifications de l’histoire, dire que les accords d’Oslo sont caducs, en expliquant les raisons pour lesquelles ils sont caducs, et c’est à dessein que j’emploie un mot arafatien.
Israël pourrait ignorer l’Autorité palestinienne, en expliquant les raisons pour lesquelles il ignore l’Autorité palestinienne : l’Autorité palestinienne ne représente personne, et si des élections vraiment libres avaient lieu dans les territoires qu’elle prétend contrôler, le Hamas les gagnerait, or la charte du Hamas ne prévoit pas la moindre transaction avec Israël.
Israël devrait dire, à nouveau, qu’il existe déjà un Etat palestinien, le royaume palestinien de Jordanie, qu’il y a déjà vingt-et-un Etats arabes et cinquante-sept Etats musulmans.
Israël devrait, en somme, s’affirmer. Et, le cas échéant, saisir la moindre opportunité d’agression pour infliger à ses ennemis une défaite absolue, irrémédiable, indiscutable.
Comme le dit Daniel Pipes, l’Allemagne n’a, en Europe, pas considéré avoir été vaincue en 1918. La suite a été le nazisme, la Shoah et la Deuxième Guerre Mondiale. En 1945, l’Allemagne a dû constater qu’elle était vaincue, dans les décombres de ses villes, et on y a organisé le procès de Nuremberg.

Le monde musulman doit, à mes yeux, constater, à un moment donné, qu’il est vaincu.
Je ne sais s’il faudra pour cela des décombres. C’est possible. Il faut, en tout cas, aboutir, ici ou là, à une reddition sans conditions.
Il faudra aussi organiser une forme de procès de Nuremberg pour l’islam radical, le palestinisme, le nationalisme arabe teinté de national-socialisme. Un procès symbolique pourrait d’ores et déjà être organisé.
Si Israël parle et agit, ce sera avec la réprobation unanime des ennemis d’Israël et des faux amis d’Israël, mais cela n’est pas grave : le peuple juif a l’habitude d’avoir des ennemis et des faux amis.
Israël n’est pas seulement une puissance militaire, c’est aussi une puissance technologique, c’est un pays qui compte économiquement et financièrement. C’est un pays indispensable à l’humanité, sans lequel le monde se détraquerait et perdrait une part cruciale de son capital intellectuel.
Les ennemis musulmans d’Israël, pour la plupart, ne savent pas ce que je viens de dire. Les dirigeants occidentaux, Obama en tête, font comme s’ils ignoraient ce que je viens de dire, mais ils le savent en fait fort bien.
Israël a bien plus de moyens de faire front que cela ne se dit ou ne s’écrit. Ces moyens doivent être utilisés. Impérativement. Ou le vainqueur ne sera pas Israël. Et dès lors qu’il faut un vainqueur et un vaincu pour que la guerre cesse…
Un monde sans Israël serait un monde irrémédiablement mutilé. Et ce serait un monde dans lequel Israël aurait disparu. Je ne veux pas cette disparition.