Chaque jour
qui part en brioche y nous apprend quelque chose.
Premièrement, le mauvais sang à quoi ça
sert ? Dites le moi vous qui savez que dalle ! D’abord, la vérité de
la palisse c’est que le mauvais sang ça sert avant tout à se faire le sang
mauvais. Hé, oui ! Qui c’est qui peut dire le contraire ?
Deuxièmement,
le temps y passe si vite (à peine quinze ans et déjà mon pucelage il a failli
passer de vie à trépas en moins de deux), je suis déjà presque marié et demain
j’aurais même pas le temps de me retourner que je serais mort. Laïstarna !
Cinq dans mes yeux !
Troisièmement,
on dit que le temps c’est de l’argent. Alors moi je dis à quoi ça sert la
richesse du porte monnaie ? La vérité, y vaut pas mieux la richesse du
cœur comme elle existe au cabanon des gens heureux même qu’on sait même pas qui
est plein aux as et ceux que le porte monnaie il a pas la peur du vide. La
vérité, je préfère avoir des bons amis que des sous dans les poches. La vérité,
ch’uis un grand philosophe quand j’ai l’estomac plein. Je vais me mettre au
régime ou sinon Colette elle prend peur.
*****
Voilà,
la pluie et le ciel couleur tristesse y sont partis en croisière au large du
littoral algérois. L’humidité elle est allée se faire voir ailleurs, là-bas ou
Moïse il a perdu son bâton (Hé ouais, pourquoi c’est toujours le bon dieu qui
perd ses savates).
Toute
ensommeillée, Colette elle a tenu à partager son Elesca du matin avec moi. Je
la regarde me préparer avec des gestes précieux mes tartines de pain beurré comme
si elle était ma mère.
Serge, mon
cousin d’Allemagne, mon cousin germain
quoi, y nage dans l’eau et dans la félicité avec une damoiselle qu’elle le rend
damoiseau cucu la praline. Ya pas à dire, on est vraiment des parotes dans cette famille. Dès qu’une
fille elle nous fait les yeux doux ou des tartines beurrées, on ressemble à des
zombis. Hier encore, pour qu’il accepte de se baigner, y fallait analyser la
température de l’eau, faire une règle de trois à savoir si elle lui convenait,
pas trop chaude, pas trop froide, si elle était agitée, si elle était bleue,
blanche ou rouge, enfin c’était un enquiquineur de première. Et là, parce
qu’une fille elle lui demande de se noyer avec elle, y se jette à l’eau sans même réfléchir. Cette
famille, tu sais !
La mer
normalement on n’y a pas droit parce que y’ a incompatibilité d’humeur entre la
natation et le football, que les muscles du nageur y s’entendent pas avec ceux
du footballeur. Et comme le football, pour nous c’est une seconde nature,
devinez la suite. Seulement voilà. Comment dire à un enfant d’Algérie qui
habite au bord de la Méditerranée en lui faisant les gros yeux :
--« Tu
vois cette étendue bleue qu’elle est douce et câline comme une maman de chez
nous, tu touches pas si tu joues au football! Tu montes, tu descends, tu
touches pas ! » ou bien :
--« Tu
aimes taper la pancha dans la mer,
c’est bien mon fils, tapes ! Mais si jamais je te vois un ballon dans les
pieds, une jambe je te coupe ! ».
La
vérité ! Tu peux pas décemment parler de la sorte à ton fils. C’est pêché
pour des parents de chez nous.
Le football,
on peut pas s’en passer. La natation aussi. Alors comme on dit chez nous et
c’est sans doute les enfants d’Algérie qu’on a inventé cette expression :
« A la
grâce de Dieu ! ». Chez nous,
le Bon Dieu, la vérité on le met à toutes les sauces. Sara, sara, on l’évoque. Pour un oui, pour un non, « Que le
bon Dieu y nous en préserve ! », « Que Dieu
bénisse ! », « Mon Dieu, comme il est beau ! » et des
tas d’autres prières mais « à la grâce de Dieu » y remporte la palme
de tous ceux qui sont sûr de rien du tout.
Tous ceux
que la danse elle commence à leur courir sur le haricot (çuila qui peut me
donner la version littéraire de cette expression inventée par un amateur de paste fazoule, je le décore de la légion
d’honneur !), y se donnent rendez vous pour le deuxième match du siècle
qui oppose les vieux contre les jeunes.
L’équipe des torses nus contre l’équipe des gros ventres.
Les femmes,
sans pitié pour leurs maris, elles encouragent leurs « petits bébés
adorés ». Encore un peu, elles leur feraient pas à manger si « les bébésso à leurs mères » y gagnent
pas. Championnes des mauvaises langues, de la mauvaise foi et de la
méconnaissance du football, rien qu’elles critiquent l’arbitre qu’elles mettraient
bien en bouillie si elles en avaient le pouvoir. Surtout au début de la partie
quand les « gros ventres » y nous amusent avec leur technique
brésilienne. A toi, à moi, rien qu’y nous mettent dans le vent. Un coup de t’meniek par çi, un coup de zouzguèfe par là, le ballon, même pas on
le voit en photo.
Seulement,
l’équipe de nos pères, c’est là qu’on s’aperçoit que la bedaine elle leur pèse
sur l’estomac. Que grâce à dieu et sans doute au diable mais surtout à leurs
épouses qu’elles sont les reines de la cuisine, y mangent comme des morfals.
Que la loubia, le couscous, les
pâtes, les pitses, la calentita et tout et tout, ça fait pas
des stokafitches. Que les femmes,
elles les ont trop choyés, avec leur manie de toujours répondre « y vaut
mieux faire envie que pitié » quand un « jaloux » y trouve que
les maris y grossissent à vue d’œil.
« Cinq
dans tes yeux, spèce de ficelle que
tch’es ! »
--« Hors
jeu ! Un point c’est tout ! » y répète Monsieur Bensimon avec
son regard de tueur. Quel voleur ! Dans son magasin de tissus, y doit
voler un maximum sa clientèle. Pour lui, un mètre ça mesure quatre vingt
centimètres ! Et si sa cliente elle rouspète, il lui fait ses gros yeux balala et la femme elle se sauve en
courant.
Purée, si
nos adversaires c’était des étrangers, y a bagarre générale. Seulement voilà,
c’est nos pères, nos géniteurs, les maris de nos mères, les frères de nos
tantes et de nos oncles, ceux qui nous donnent notre argent de poche, ceux qui
nous font les gros yeux quand on fait une boulette (une parenthèse, en parlant
de boulette, ma mère c’est la championne du monde et des alentours des
boulettes ! voilà, c’est dit !) ceux qui nous paient la place au
Majestic quand Charles Aznavour y vient chanter à Alger….. alors, va pour le
hors jeu. On va pas jouer les mesquins quand même !
A la fin du
match qu’on a gagné par abandon des gros ventres devant notre virtuosité et
surtout à cause des femmes qu’elles ont eu peur de la syncope de leurs maris,
on a tapé comme d’habitude le bain comme des sales qui veulent se laver sans
savon.
A SUIVRE.......................
.jpg)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire