Les Espagnols furent les premiers habitants de Bab El Oued. Après le travail, les carriers valenciens ou alicantins se regroupaient autour de la « Basséta », interprétation pataouète du mot « Balséta » qui signifie lavoir, point de ralliement de tout nouvel arrivant. Ce lavoir, dont la réputation hantera plusieurs générations d’enfants du quartier, situé au cœur de la place Dutertre, plus connue sous le nom de place Musette, se voulait le lieu de rencontres, parfois de rendez-vous, des « fourachaux » et des « tchiquettes ». Dans la journée, les élégants promenaient leur dégaine autour du lavoir à seule fin d’y repérer une jolie lavandière au sang chaud et au profond décolleté.
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Le soir, selon une tradition toute ibérique qui associe la vie nocturne à la musique, toute une pléiade de guitaristes s’y donnaient rendez-vous pour un retour aux sources musicales de ce peuple déraciné. Plus tard, nombres d’artistes perpétueront la tradition : Michel GESINA, Henri RIERA, LOS ALCARSON, Antoine MARTINEZ ( José de la famille HERNANDEZ)
Le lavoir disparaîtra en 1954, à l’heure des premières machines à laver, au profit de la bibliothèque municipale mais la mémoire de ce haut lieu de Bab El Oued chante toujours dans le cœur et dans la voix des enfants de la Basséta.
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La campagne OUALID se voulait le rassemblement de tous les amoureux de la verdure ne possédant pas de moyen de locomotion pour aborder la forêt de BAÏNEM ou le bois de BOULOGNE.
Perché sur la colline qui verra bientôt s’élever la majestueuse basilique de Notre Dame d’Afrique, ce terrain appartenait à une famille issue de la casbah judéo-arabe d’avant la conquête. Un océan de verdure, d’arbres fruitiers s’étageait jusqu’au sommet comme une offrande à Dieu. Cette propriété privée ne possédait d’autre gardien que la famille OUALID qui offrait son espaces et ses fruits pour le bonheur des promeneurs. Réputée pour ses amandiers, le terrain était envahi au mois de juin pour la récolte gratuite de ses coques vertes dont l’amande, très prisée en ce pays, se dégustait trempée dans le sel ou dans l’eau salée. Lorsque les autorités religieuses firent une souscription pour l’édification de la basilique, le « vieux » OUALID offrit ce terrain. Il fit construire une petite synagogue "personnelle" où tous les juifs du quartier montaient le jour de grand pardon. Le spirituel se substituait ainsi au matériel.
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Superbe dans sa robe blanche hispano-mauresque, trônant au coeur des Messageries, cette fontaine abreuva les chevaux des écuries toutes proches et les habitants de Bab El Oued durant plus de cinquante ans.
Les « chitanes » en sueur, assoiffés par un match de football ou quelque « jeu de mabouls » sous un soleil de plomb, remerciaient chaque jour le ciel (et les autorités) de leur fournir, à volonté, une eau fraiche à boire à la régalade.
Les adolescents, tirés à quatre épingles, s’y retrouvaient en fin d’après midi, assis sur le rebord, à guetter le passage des jolies filles, bercés par la musique du clapotement perpétuel de l’eau.
Hélas, le vent du modernisme, là aussi, souffla tant et si fort, qu’il emporta, au milieu des années 50, la Pompe afin d’améliorer la circulation.
Ce rendez-vous de la jeunesse, carrefour des Messageries et de l’avenue des Consulats, dort encore dans les mémoires de tous ceux qui, un jour ou l’autre, y ont étanché leur soif.
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