vendredi 30 septembre 2011

ISRAEL ENCORE ET TOUJOURS

Voici le discours intégral et adapté en français par JSSNews du Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu, à la tribune les Nations Unies le 23 septembre 2011. Un discours de paix. Un discours historique. Simplement historique.
La version originale en anglais est en ligne ici.
Merci Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs ;
Israël a tendu sa main vers la paix, depuis le moment où il a été créé, il y a 63 ans. Au nom d’Israël et du peuple juif, je tends aujourd’hui encore cette main. Je tends cette main aux peuples d’Égypte et de Jordanie, à qui je renouvelle notre amitié, pour des voisins avec qui nous avons fait la paix. Je la tends au peuple de Turquie, avec respect et bonne volonté. Je la tends aux Libyens et aux Tunisiens, avec l’aspiration pour ces peuples qu’ils se construisent un futur démocratique. Je la tends aux autres peuples d’Afrique et de la péninsule Arabique, avec qui nous souhaitons un nouveau commencement. Je la tends aux peuples du Liban, de Syrie et d’Iran qui, tous, ont le courage de combattre une répression brutale. Mais plus spécifiquement, je tends ma main aux Palestiniens, avec qui nous cherchons une paix juste et finale.
Mesdames et messieurs,
En Israël, notre espoir pour la paix n’a jamais disparu. Nos scientifiques, docteurs, innovent de manière ingénieuse pour le monde de demain. Nos artistes, nos écrivains, ont atteint l’héritage de l’humanité.
A présent, je sais que ce n’est pas exactement l’image d’Israël qui est souvent dépeinte dans cette salle. Après tout, c’est ici qu’en 1975 fut prononcée une injure à mon peuple, qui restaurait son ancienne vie biblique dans notre foyer historique… Israël avait alors honteusement été traité de raciste. Et c’est ici, en 1980, que l’accord de paix historique entre Israël et l’Egypte, n’a pas été loué. Il a été dénoncé !
Et c’est ici, année après année, qu’Israël est injustement condamné. Israël est plus condamné que toutes les nations du monde réunies !
21 des 27 résolutions de l’Assemblée Générale condamnent la seule véritable démocratie du Moyen-Orient. C’est quelque chose de malheureux. L’ONU est devenue absurde. Elle ne classe pas uniquement Israël comme le “vilain”, il met aussi à l’honneur les vrais vilains aux responsabilités. Mouammar Kadhafi de Libye en Président des Droits de l’Homme. Saddam Hussein d’Irak à la tête du comité de l’ONU sur le désarmement. Vous pouvez dire qu’il s’agit du passé… Mais voilà ce qu’il se passe aujourd’hui : le Hezbollah qui contrôle le Liban est aujourd’hui le Président du Conseil de Sécurité de l’ONU.
C’est une vérité de dire qu’une organisation terroriste préside une organisation en qui nous devons avoir confiance, à propos de la sécurité mondiale. Qui a pu laisser faire cela ?
Donc ici, à l’ONU, la majorité automatique peut décider de tout. Elle peut décider que le soleil se lève à l’ouest ou qu’il se couche à l’est. Elle peut aussi décider, ils ont décidé, que le Mur des Lamentations à Jérusalem, le lieu le plus saint du judaïsme, est un « territoire occupé palestinien ».
Mais même ici, à l’Assemblée Générale, la paix peut parfois percer. En 1994, quand j’ai été nommé ambassadeur d’Israël à l’ONU, j’ai visité le Grand Rabbin Loubavitch. Il m’a dit, et attendez messieurs, je ne veux personne d’offensé, car en tant que pratiquant, je sais qu’il y a beaucoup de femmes et d’hommes honorables, beaucoup de gens capables, qui servent leurs Nations ici… Mais voici ce que le rabbin m’a dit : « Tu vas travailler dans une maison de mensonges ». Puis il a dit : « Souviens-toi que même dans un endroit sombre, la lumière d’une petite bougie peut-être très bien vue et de loin ».
Aujourd’hui j’espère que la lumière de la vérité va brûler, même pour quelques petites minutes. Cette salle est un endroit sombre depuis trop longtemps pour mon pays.
En tant que Premier Ministre d’Israël, je ne suis pas venu ici pour gagner un prix. Je suis venu ici pour parler le langage de la vérité. La vérité est qu’Israël veut la paix ! Que je veux la paix ! Qu’au Moyen-Orient, depuis toujours et pas particulièrement en cette époque turbulente, la paix devrait être notre sécurité. La vérité est que nous ne pouvons pas obtenir la paix avec une résolution de l’ONU, mais que nous ne pourrons l’avoir qu’avec des négociations directes entre les parties concernées.
La vérité est que, jusqu’à présent, les Palestiniens ont refusé de négocier. La vérité est qu’Israël veut la paix avec un État Palestinien, mais que les Palestiniens veulent un État sans la paix.
La vérité est que vous ne devriez pas laisser cela arriver.
Mesdames et Messieurs,
Quand je suis venu ici il y a 27 ans, le monde était divisé entre l’Est et l’Ouest. Depuis, la guerre froide s’est terminée. Des grandes civilisations en ont terminé avec des siècles de sommeil. Des centaines de millions de personnes sont sorti de la pauvreté, et la chose remarquable est que cet accomplissement historique a été largement pacifique. Pourtant, une tumeur maligne se développe maintenant entre Orient et Occident. Elle menace la paix de tous. Elle ne cherche pas à libérer, mais à asservir, pas à construire, mais à détruire.
Cette tumeur maligne c’est l’Islam militant. Il se drape dans le manteau d’une grande foi, et pourtant il est le meurtrier de Juifs, Chrétiens et Musulmans, avec une impartialité impitoyable. Le 11 Septembre a tué des milliers d’Américains, et il n’a laissé que les restes des tours jumelles.
Hier soir, j’ai déposé une gerbe sur le monument du 11 septembre. C’était émouvant. Mais alors que j’y allais, une seule chose faisait écho dans mon esprit: les mots scandaleux du président de l’Iran à cette tribune hier. Il a laissé entendre que les attentats du 11 septembre étaient un complot américain.
Certains d’entre vous quitté cette salle. Chacun de vous aurait dû le faire.
Depuis le 11 septembre, les militants islamistes ont abattu d’innombrables autres innocents – à Londres et à Madrid, à Bagdad et à Mumbai, à Tel-Aviv et à Jérusalem, dans tout Israël. Je crois que le plus grand danger auquel fait face notre monde est que ce fanatisme va se doter d’armes nucléaires. Et c’est précisément ce que l’Iran essaie de faire.
Pouvez-vous imaginer l’homme qui était ici hier, pouvez-vous imaginer son armée avec des armes nucléaires? La communauté internationale doit en empêcher l’Iran avant qu’il ne soit trop tard. Si l’Iran n’est pas arrêté, nous serons tous confrontés au spectre du terrorisme nucléaire, et le printemps arabe pourrait bientôt devenir un hiver iranien. Ce serait une tragédie. Des millions d’Arabes ont envahi les rues pour remplacer la tyrannie par la liberté, et aucun arabe ne bénéficie de plus de liberté qu’en Israël. S’ils le veulent, la paix prévaudra.
C’est là ma fervente espérance. Mais en tant que Premier ministre d’Israël, je ne peux pas risquer l’avenir de l’État Juif sur une pensée magique. Les dirigeants doivent voir la réalité telle qu’elle est, non pas comme elle devrait l’être. Nous devons faire de notre mieux pour façonner l’avenir, mais nous ne pouvons pas simplement souhaiter que ces dangers soient éloignés du présent.
Et le monde autour d’Israël est sans aucun doute de plus en plus dangereux. Les militants de l’Islam ont déjà pris le Liban et Gaza. Ils sont déterminés à déchirer les traités de paix entre Israël et l’Égypte et entre Israël et la Jordanie. Ils ont empoisonnés les esprits de nombreux Arabes contre les Juifs et Israël, contre l’Amérique et l’Occident. Ils ne s’opposent pas aux politiques d’Israël, mais l’existence d’Israël.
A présent, certains affirment que la propagation de l’Islam militant, surtout en ces temps troublés — si vous souhaitez la ralentir, affirment-ils, Israël doit se dépêcher de faire des concessions, de faire des compromis territoriaux. Et cette théorie paraît simple. Fondamentalement, cela va ainsi : quitter le territoire, et la paix avancera. Les modérés seront renforcés, les radicaux seront tenus à distance. Et ne vous inquiétez pas au sujet des détails agaçants comme la façon dont Israël sera réellement défendable, les troupes internationales feront le travail.
Ces gens me disent constamment : il suffit de faire une offre d’échanges de terres et tout va s’arranger. Vous savez, il y a un seul problème avec cette théorie. Nous avons essayé et cela n’a pas fonctionné. En 2000, Israël a fait une offre de paix avec échanges de territoires qui répondait à pratiquement toutes les demandes palestiniennes. Arafat a rejeté l’offre. Les Palestiniens ont ensuite lancé une attaque terroriste qui a coûté un millier de vies israéliennes.
Le Premier ministre Ehud Olmert a ensuite fait une offre encore plus radicale en 2008. Le président Abbas n’a même pas répondu.
Mais Israël ne s’est pas contenté de faire des offres d’échanges de territoires. Nous avons en fait quitté des territoires. Nous nous sommes retirés du Liban en 2000 mais aussi chaque centimètre carré de Gaza en 2005. Cela n’a pas calmé la tempête islamique, la tempête du militantisme islamique qui nous menace. Il ne l’a rendue que plus proche et plus forte.
Le Hezbollah et le Hamas ont tiré des milliers de roquettes contre nos villes bien que nous ayons quitté leurs territoires. Voyez, quand Israël a quitté le Liban et Gaza, les modérés n’ont pas vaincus les radicaux : les modérés ont été dévorés par les radicaux. Et je regrette de dire que les troupes internationales comme la FINUL au Liban et UBAM à Gaza n’ont pas empêché les radicaux d’attaquer Israël.
Nous avons quitté Gaza dans l’espoir de la paix.
Nous n’avons pas gelé les implantations de Gaza, nous les avons déracinés. Nous avons fait exactement ce que dit la théorie: Sortez, revenez aux frontières de 1967, démanteler les localités.
Et je ne pense pas que les gens se souviennent à quel point nous sommes allés loin pour atteindre cet objectif. Nous avons déraciné des milliers de personnes de leurs maisons. Nous avons tiré les enfants hors de leurs écoles et de leurs jardins d’enfants. Nous avons passé le bulldozer sur les synagogues. Nous avons même déplacé les tombes. Et puis, après avoir fait tout cela, nous avons donné les clés de Gaza au président Abbas.
La théorie indiquait que tout devait s’arranger, et que le président Abbas et l’Autorité palestinienne pouvaient désormais construire un pays pacifique à Gaza. Vous pouvez vous rappeler que le monde entier a applaudi. Ils ont applaudi notre retrait comme un acte politique très fort. C’était un acte audacieux pour la paix.
Mais, Mesdames et Messieurs, nous n’avons pas obtenu la paix. Nous avons obtenu la guerre. Nous avons obtenu l’Iran, qui, par son mandataire Hamas a rapidement chassé l’Autorité palestinienne.
L’Autorité palestinienne s’est effondrée en un jour – en un jour.
Le président Abbas vient de dire sur ce podium que les Palestiniens sont armés par leurs espoirs et leurs rêves. Ouais, espoirs, rêves et 10.000 missiles et roquettes Grad fournis par l’Iran, sans parler du flux d’armes mortelles qui s’écoule à Gaza depuis le Sinaï, la Libye, et ailleurs.
Nos villes ont déjà connu la pluie de milliers de missiles. Alors vous comprendrez que, compte tenu de tout cela, les Israéliens, à juste titre, se demandent : « Qu’est-ce qui pourrait empêcher que cela se reproduise en Judée-Samaire ? » Sachez que la plupart de nos grandes villes dans le sud du pays ne sont qu’à quelques dizaines de kilomètres de Gaza. Mais dans le centre du pays, en face de la Judée-Samarie, nos villes sont à quelques centaines de mètres ou à quelques kilomètres seulement des territoires disputés.
Je tiens donc à vous demander. Il y a-t-il une seule personne entre vous, une seule, qui accepterait d’apporter un tel danger aussi près de vos villes ? Voulez-vous agir de manière imprudente avec la vie de vos citoyens? Israël est prêt à avoir un État palestinien en Judée-Samarie, mais nous ne sommes pas prêts à avoir une autre bande de Gaza. Et c’est pourquoi nous avons besoin de mesures de sécurité réelles, ce que les Palestiniens refusent tout simplement de négocier avec nous.
Les Israéliens se rappellent des amères leçons de la bande de Gaza. Beaucoup de personnes critiques à l’égard d’Israël ignorent cela. Ils conseillent de manière irresponsable à Israël de retourner à nouveau sur cette voie périlleuse. Vous savez ce que ces gens disent, comme si rien ne s’était passé, répétant les mêmes conseils, les même formules comme si rien de tout cela n’était arrivé.
Et ces personnes critiques continuent de faire pression sur Israël pour faire d’importantes concessions sans avoir d’abord l’assurance de la sécurité d’Israël. Ils louent ceux qui nourrissent les crocodiles insatiables de l’Islam militant. Ils se mettent en scène comme des ennemis de la paix nous forçant à construire une barrière solide pour empêcher le crocodile de sortir… Ou ils agitent cela comme un pot de confiture devant ce crocodile aux mâchoires béantes.
Ainsi, au milieu de ces propositions et de ces mauvais conseilleurs, Israël doit tenir compte des meilleurs conseils. Il vaut mieux avoir une mauvaise presse qu’un bon éloge, et mieux encore serait une presse équitable dont le sens de l’histoire s’étend au-delà du petit déjeuner, et qui reconnaîtrait les préoccupations sécuritaires d’Israël comme légitimes.
Je crois que dans des négociations de paix sérieuses, ces besoins et ces préoccupations peuvent être correctement abordées, mais qu’elles ne seront pas abordées sans négociations. Et les besoins sont nombreux, parce qu’Israël est un pays minuscule. Sans la Judée et la Samarie, la « Cisjordanie », Israël n’est large que de 11 km.
Je vais mettre cela en perspective pour vous qui êtes ici: cela représente environ les deux tiers de la longueur de Manhattan. C’est la distance entre Battery Park et l’Université de Columbia. Et n’oubliez pas que les gens qui vivent à Brooklyn et New Jersey sont considérablement plus agréables que certains des voisins d’Israël.
Alors, comment voulez-vous protégez un tel petit pays, entouré par des gens qui jurent de sa destruction et qui sont armés jusqu’aux dents par l’Iran? Évidemment, vous ne pouvez pas le défendre au sein de ce seul espace étroit. Israël a besoin d’une plus grande profondeur stratégique, et c’est exactement pourquoi le Conseil de Sécurité, avec la résolution 242, a expliqué qu’Israël n’a pas besoin de quitter tous les territoires qu’il capturés lors la Guerre des Six-Jours. Il a parlé de retrait de territoires, aux frontières sûres et défendables. Et pour se défendre, Israël doit donc maintenir une présence à long terme de l’armée israélienne dans des secteurs stratégiques de la Judée-Samarie.
Je l’ai expliqué au président Abbas. Il a répondu que si un État palestinien devait être un pays souverain, il ne pourrait jamais accepter de tels arrangements. Pourquoi pas? L’Amérique a eu des troupes au Japon, en Allemagne et en Corée du Sud pendant plus d’un demi-siècle. La Grande-Bretagne a eu un espace aérien à Chypre, ou plutôt d’une base aérienne à Chypre. La France a des forces dans les trois nations africaines indépendantes. Aucun de ces États ne prétend ne pas être un pays souverain.
Et il y a beaucoup d’autres questions de sécurité essentielles qui doivent également être abordées. Prenez la question de l’espace aérien. Encore une fois, les petites dimensions d’Israël créent des problèmes sécuritaires énormes. L’Amérique peut être traversée par avion à réaction en 6 heures. Pour voler à travers Israël, il faut 3 minutes. Ainsi est l’espace aérien minuscule Israël devrait être coupé en deux et donnée à un Etat palestinien qui n’est pas en paix avec Israël?
Notre principal aéroport international est à quelques kilomètres de la Judée-Samarie. Sans la paix, nos avions vont devenir des cibles pour les missiles antiaériens placés dans l’État adjacent palestinien? Et comment allons-nous arrêter la contrebande vers la Judée-Samarie ? Il ne s’agit pas simplement de cela, la Judée-Samarie, ce sont des montagnes qui dominent la plaine côtière où se trouve la plupart de la population d’Israël. Comment pourrions-nous empêcher la contrebande dans ces montagnes si des missiles pouvaient être tirés sur nos villes ?
Je soulève ces problèmes parce qu’ils ne sont pas des problèmes théoriques. Ils sont très réels. Et pour les Israéliens, ils sont des questions de vie et de mort. Toutes ces fissures potentielles dans la sécurité d’Israël doivent être scellées dans un accord de paix avant la déclaration d’un État Palestinien. Et non après, parce que si vous laissez négocier cela après, ces questions ne seront jamais résolues. Et ces problèmes vont exploser à notre visage et faire exploser la paix.
Les Palestiniens doivent d’abord faire la paix avec Israël puis obtenir leur État. Mais je veux aussi vous dire ceci. Après un tel accord de paix signé, Israël ne sera pas le dernier pays à accueillir un État palestinien tant que nouveau membre de l’Organisation des Nations Unies. Nous serons les premiers.
Et il y a encore une chose. Le Hamas a violé le droit international en maintenant notre soldat Gilad Shalit captif depuis cinq ans.
Ils n’ont pas laissé ne serait-ce qu’une visite de la Croix-Rouge. Il est gardé dans un cachot, dans les ténèbres, contre toutes les normes internationales. Gilad Shalit est le fils d’Aviva et Noam Shalit. Il est le petit-fils de Zvi Shalit, qui échappé à l’Holocauste en venant en Israël dans les années 1930. Gilad Shalit est le fils de chaque famille israélienne. Chaque nation représentée ici devrait exiger sa libération immédiate. Si vous voulez – si vous voulez voter une résolution sur le Moyen-Orient aujourd’hui, c’est la résolution que vous devriez adopter.
Mesdames et Messieurs, l’année dernière en Israël à l’université Bar-Ilan, cette année à la Knesset et au Congrès américain, j’ai présenté ma vision de la paix dans laquelle un État palestinien démilitarisé reconnaît l’État Juif. Oui, l’État Juif. Après tout, c’est cette assemblée qui a reconnue l’État Juif il y a 64 ans. Vous ne pensez pas qu’il serait temps que les Palestiniens en fassent de même ?
L’État Juif d’Israël sera toujours là pour protéger les droits de toutes ses minorités, y compris des plus de 1 million de citoyens arabes d’Israël. Je voudrais pouvoir dire la même chose au sujet d’un futur État palestinien, alors que les responsables palestiniens ont clairement dit, l’autre jour – en fait, je pense que ils l’ont fait ici, à New York – ils ont dit que l’État palestinien ne permettra à aucun Juif d’y vivre. Ils vont être sans-Juif – Judenrein. C’est un nettoyage ethnique. Il y a des lois aujourd’hui à Ramallah qui font que la vente de terres aux Juifs est punissable par la mort. C’est du racisme. Et vous savez très bien quelles lois cela évoque…
Israël n’a aucune intention de changer le caractère démocratique de son État. Nous ne voulons simplement pas que les Palestiniens tentent de changer le caractère juif de notre État. Nous voulons qu’ils abandonnent le fantasme de l’inondation Israël par des millions de Palestiniens.
Le président Abbas se tenait ici, et il a dit que le cœur du conflit israélo-palestinien est dans les localités juives de Judée-Samarie. Eh bien, c’est bizarre. Notre conflit faisait rage depuis près d’un demi-siècle avant qu’il n’y ait une seule localité juive dans les territoires. Donc, si ce que dit le Président Abbas est la vérité, alors je suppose que les localités dont il parle sont de Tel-Aviv, Haïfa, Jaffa et Beersheva. Peut-être que c’est ce qu’il voulait dire l’autre jour quand il a dit qu’Israël occupe les terres palestiniennes depuis 63 ans. Il n’a pas dit à partir de 1967, il a dit à partir de 1948.
J’espère que quelqu’un prendra la peine de lui poser cette question parce qu’elle illustre une vérité toute simple : le cœur du conflit n’est pas dans les localités juives des territoires disputés. Ces localités sont le résultat du conflit.
C’est une question qui doit être abordée et résolue dans le cadre des négociations. Mais le cœur du conflit a toujours été et reste malheureusement le refus des Palestiniens de reconnaître un État Juif.
Je pense qu’il est temps que la direction palestinienne reconnaisse ce que chaque chef d’État internationale a reconnu, depuis partir de Lord Balfour et Lloyd George en 1917, au président Truman en 1948, au président Obama il y a deux jours ici même: Israël est l’État Juif.
Le président Abbas doit arrêter de tourner autour de cette question. Reconnaître l’État Juif, et faire la paix avec nous. Dans une telle paix véritable, Israël est prêt à faire des compromis douloureux. Nous croyons que les Palestiniens ne doivent ni être les citoyens d’Israël, ni ses sujets. Ils doivent vivre dans un État libre qui leur est propre. Mais ils devraient être prêts, comme nous, au compromis. Et nous saurons qu’ils sont prêts au compromis et à la paix quand ils commenceront à prendre les exigences de sécurité d’Israël au sérieux et quand ils cesseront de nier notre lien historique à notre patrie historique.
J’entends souvent les accusateurs d’Israël dire qu’Israël judaïse Jérusalem. C’est comme accuser l’Amérique d’américaniser Washington, ou les Britanniques d’angliciser Londres. Vous savez pourquoi nous sommes appelés « Juifs » ? Parce que nous venons de Judée.
Dans mon bureau à Jérusalem, il y a un sceau antique. Il s’agit d’une chevalière d’un fonctionnaire juif de l’époque de la Bible. Le sceau a été trouvé juste à côté du Mur Occidental, et il remonte 2700 ans, au temps du roi Ezéchias. Il y a le nom, en hébreu, d’un officiel juif sur cette bague. Son nom était Netanyahu. C’est mon nom de famille. Mon prénom, Benjamin remonte mille ans plus tôt à Benjamin – Benjamin – le fils de Jacob, qui était aussi connu sous le nom d’Israël. Jacob et ses 12 fils parcouraient ces mêmes collines de Judée et de Samarie il y a 4000 ans, et il y a eu une présence juive continue sur cette terre depuis lors.
Et pour ceux des Juifs qui ont été exilés de notre terre, ils n’ont jamais cessé de rêver au retour : les Juifs en Espagne, à la veille de leur expulsion, les Juifs en Ukraine, fuyant les pogroms, les Juifs combattants du ghetto de Varsovie, que les Nazis encerclaient. Ils n’ont jamais cessé de prier, ils n’ont jamais cessé d’éprouver de la nostalgie. Ils chuchotaient: L’an prochain à Jérusalem. L’an prochain à la Terre Promise.
En tant que Premier ministre d’Israël, je parle d’une centaine de générations de Juifs qui ont été dispersés à travers les terres, qui ont souffert tous les maux sous le soleil, mais qui n’ont jamais abandonné l’espoir de restaurer leur vie nationale dans le seul et unique État Juif.
Mesdames et messieurs,
Je continue à espérer que le président Abbas sera mon partenaire dans la paix. J’ai travaillé dur pour faire avancer la paix. Le jour où j’ai pris mes fonctions, j’ai appelé à des négociations directes sans conditions préalables. Le président Abbas n’a pas répondu. J’ai exposé une vision de paix de deux États pour deux peuples. Il n’a toujours pas répondu. J’ai enlevé des centaines de barrages routiers et de checkpoints pour faciliter la liberté de mouvement dans les territoires palestiniens, ce qui a facilité une croissance fantastique de l’économie palestinienne. Mais encore une fois – pas de réponse. J’ai pris la décision sans précédent de geler la construction de nouveaux bâtiments dans les localités de Judée-Samarie pendant 10 mois. Aucun premier ministre n’avait fait ça avant, jamais. Une fois de plus – vous applaudissez mais il n’y a eu aucune réponse. Pas de réponse.
Dans les dernières semaines, les responsables américains ont avancé des idées pour relancer les pourparlers de paix. Il y avait des choses dans ces idées au sujet des frontières que je n’aimais pas. Il y avait des choses sur l’Etat Juif dont je suis sûr que les Palestiniens n’ont pas aimé.
Mais avec toutes mes réserves, je suis prêt à avancer sur ces idées américaines.
Président Abbas, pourquoi n’avez-vous pas souhaité avancer à mes côtés ? Nous devons cesser de négocier sur les négociations. Passons simplement à autre chose. Négocions la paix !
J’ai passé des années à défendre d’Israël sur le champ de bataille. J’ai passé des décennies à défendre Israël dans la cour de l’opinion publique. Président Abbas, vous avez consacré votre vie à faire avancer la cause palestinienne. Ce conflit doit-il continuer entre les générations ou allons-nous permettre à nos enfants et nos petits-enfants de parler dans les années à venir de la façon dont nous avons trouvé un moyen d’y mettre fin? C’est ce que nous devrions viser, et c’est ce que je crois que nous pouvons atteindre.
En deux ans et demi, nous nous sommes rencontrés une seule fois à Jérusalem, même si ma porte vous a toujours été ouverte. Si vous le souhaitez, je vais venir à Ramallah. En fait, j’ai une meilleure suggestion. Nous avons tous deux survolé des milliers de kilomètres jusqu’à New-York. Maintenant, nous sommes dans la même ville. Nous sommes dans le même bâtiment. Alors soyons réunis ici aujourd’hui au sein des Nations Unies. Qui est là pour nous arrêter? Si nous voulons vraiment la paix, qu’est-ce qui pourrait nous empêcher de nous réunir aujourd’hui pour débuter des négociations de paix dès maintenant ?
Et je suggère que nous parlions ouvertement et honnêtement. Écoutons-nous l’un l’autre. Faisons, comme on le dit au Moyen-Orient, parlons “doogli”. Cela signifie simplement. Je vais vous raconter mes besoins et préoccupations. Vous me direz les vôtres. Et avec l’aide de Dieu, nous allons trouver un terrain commun pour la paix.
Il y a un vieux dicton arabe qui dit que vous ne pouvez pas applaudir avec une seule main. Eh bien, la même chose est vraie de la paix. Je ne peux pas faire la paix tout seul. Je ne peux pas faire la paix sans vous. Président Abbas, je tends la main – la main d’Israël – en paix. J’espère que vous saisirez cette main. Nous sommes tous deux les fils d’Abraham. Mes gens l’appellent Avraham. Votre peuple l’appelle Ibrahim. Nous partageons le même patriarche. Nous demeurons sur la même terre. Nos destins sont liés. Laissez-nous réaliser la vision d’Isaïe :
« העם ההולכים בחושך ראו אור גדול » - « Le peuple qui marchait dans les ténèbres verra une grande lumière ».
Que cette lumière soit la lumière de la paix.
Adapté en français par JSSNews
 

C'EST UNE HONTE ,une HONTE.!!!!!!!!!

Et ça vous étonne qu'on supprime la prise en charge à 100% de gens souffrant de tension artérielle ? 
 Ils sont quand même un peu"gonflés ..."  
 
L'A M E: à quoi ça sert? 
- L'AME permet ainsi de couvrir le tourisme médical aux frais du contribuable .
 - Laurent Lantieri, le grand spécialiste français de la greffe du visage, a confié son agacement :
-
Soigner les étrangers en cas d'urgence ou pour des maladies contagieuses qui pourraient se propager me paraît légitime et nécessaire. 
  En revanche, je vois arriver à ma consultation des patients qui abusent du système
.»  
- Claudine Blanchet-Bardon , spécialiste des maladies génétiques de la peau, voit débarquer des patients AME venus du bout du monde :
- Ils arrivent clandestinement ici, restent tranquilles pendant trois mois et débarquent à ma consultation avec leur attestation AME, accompagnés d'un interprète.
L'interprète, lui, ils le payent ."
- Un cancérologue raconte :
-
Nous avons des patients qui vivent en Algérie et qui ont l'AME. Ils viennent en France régulièrement pour leur traitement, puis repartent chez eux.
- Ils ne payent que l'avion
...  
- Un médecin raconte :
- Des femmes sans-papiers peuvent faire valoir leurs droits à des traitements d'aide médicale à la procréation . 
- Chaque tentative de fécondation in vitro (FIV) coûte entre 8000 et 10.000€.
- Les seules conditions requises pour obtenir l'AME sont 3 mois de résidence en France et des ressources inférieures à 634€ par mois.
Les demandeurs étant hors-la-loi, le calcul des ressources relève de la fiction et malgré cela la CPAM délivre le sésame.  
- Depuis deux ans, la facture de la couverture médicale des sans-papiers s'envole. 
Son rythme de progression est trois à quatre fois supérieur à celui des dépenses de santé de tout le pays : + 13% en 2009 ( 530 millions d'euros pour 210.000 bénéficiaires ) et + 17% au début de cette année .
- De toute évidence, l'enveloppe de 535 millions d'euros prévue en 2010 sera largement dépassée  
- Pour l'an prochain, ce sont 588 millions d'euros que Bercy a mis de côté pour l'AME soit, à peu de chose près, le montant des recettes fiscales que le gouvernement veut récupérer sur les salariés
/pacsés/divorcés, ou encore le coût global du bouclier fiscal.
L'Aide Médicale d'Etat finance des cures  thermales et le trafic du Subutex
- Le député Thierry Mariani interrogé sur l'AME répond:
-
L’Aide médicale d’Etat est nécessaire pour des motifs humanitaires : il est normal qu’un étranger en danger grave immédiat soit soigné dans notre pays.
- Mais ce que je veux, c’est en limiter les dérives. Ces deux dernières années, les dépenses de l’AME ont augmenté quatre fois plus vite que celles du régime général, soit 17%  et ces dix derniers mois, accrochez-vous, elles ont augmenté de 66% en Île de France

On ne peut pas expliquer aux bénéficiaires du régime général que l’on cesse de rembourser certains de leurs médicaments pour tenir les 3% d’augmentation tout l’en maintenant AME, qui coûte 100 millions d’euros, au profit d’étrangers en situation illégale !
Par ailleurs, il n’est pas juste non plus qu’un Français paye un forfait hospitalier et pas un immigré illégal ...

F A I R E S U I V R E 
les Français doivent savoir, et cela n'est pas un hoax

ROBERTO CARLOS A JERUSALEM

ROBERTO CARLOS GRANDE VEDETTE BRESILIENNE
INTERPRETE "JERUSALEM EN OR" A JERUSALEM

IL ETAIT UNE FOIS BAB EL OUED de hubert zakine -44-

UN LIVRE = UNE COULEUR
CHAPITRE CINQUIEME
VIE QUOTIDIENNE
LA RUE
« Manman! Je descends en bas la rue! ». Avant que la mère, attelée à d’autres tâches, ait opiné de la tête, le garçon dévale quatre à quatre les escaliers de la maison. Attendu comme le messie par une cohorte de gamins de son âge pour débuter le match de football,  la partie de « Papa Vinga », jeu à côté duquel une mêlée de rugby semble un aimable divertissement, le carré arabe jeu subtil où l’on déplace trois pions afin de tracer une ligne droite contrecarrée par l’astuce du joueur adverse, le jeu des noyaux pris dans le cœur des abricots qui donne naissance à plusieurs variantes (le tas, la tapette, seven) le jeu de la toupie, la belote  ou la ronda dans une entrée de maison, le jeune garçon fait son apprentissage de la vie « à la rue ». C’est dans la rue qu’il apprend à souffrir en silence, à relever la tête devant l’adversité, à gagner ses galons décernés par la débrouillardise, à rendre plus joli le rêve de l’enfance. Auprès des plus grands qui lui enseignent « la rue », l’enfant apprend tout simplement la vie. Par affinités, les bandes se forment. S’en dégagent les fortes personnalités et d’un accord tacite, un chef est nommé. C’est lui qui décide la formation de l’équipe de football du quartier, les jeux adoptés ou rejetés, le film à aller voir même si en ce domaine, son avis  ne remporte pas tous les suffrages, le cours du change des billes, des noyaux ou des tchappes et des petits riens qui le désignent aux yeux des autres comme le chef incontesté de la bande.
La maison est le lieu familial où l’on mange et dort, où l’on fait ses devoirs et apprend ses leçons, où l’on fait sa toilette le plus sommairement possible si ce n’était la surveillance de la maman, mais la rue attire comme un aimant les enfants du soleil avides de grands espaces et d’amitié. Le gamin de Bab El Oued ne s’en prive pas. Les jours de congés scolaires, dès le lever du soleil, les plus hardis après s’être lavé « pour l’amour de Dieu », coiffé « avec un râteau » et avalé un Elesca, le Banania de l’époque que Sacha GUITRY immortalisa avec son fameux slogan : « l’Elesca, c’est exquis! », tapent dans une balle de caoutchouc ou de chiffon en attendant le reste de la bande adepte de la grasse matinée. Toutes les aires de jeu sont aussitôt accaparées par une horde de petits sauvageons à l’activité débordante. D’interminables rencontres animent les jardins, les places, les terrains vagues et les rues pour un match de football, une partie de mora, de tchappes, de toupie, de noyaux, de papa vinga, dans un concert de cris et vociférations, d’injures et de fous-rires, entrecoupés par les interventions répétées du mécanicien ou de l’épicier du coin qui « ne s’entend plus parler ». L’enfant qui « descend à la rue » signe un pacte avec les « anciens ». Il appartient dorénavant au quartier. Toute son énergie déployée à l’intérieur de sa rue sera consacrée  à la défense de l’honneur du quartier. Football, courses à pied, ping-foot ( on ne dit pas Baby foot à Bab El Oued) ping-pong, études, natation, manqua oura, témérité ou couardise, tout acte  dépositaire du bien ou du mal portera le sceau du quartier, sera exécuté au nom de « sa » rue. Tout lui sera pardonné si son comportement ne salit pas l’honneur de son coin de paradis.
Dans un premier temps, il intègre la bande des « petits » qui défie régulièrement les « Grands » dans d’homériques jeux empruntés à la mémoire collective. Le plus souvent, un frère plus âgé  le précède, le guide dans les dédales de sa formation. La rudesse des aînés ne se dément jamais lors d’affrontements qui laissent quelques bleus au corps mais comblent de bonheur le jeune batailleur au cœur tendre et aux culottes courtes d’avoir fréquenté les jardins de l’adolescence. Plus tard, lorsque quelque duvet aura cerné ses lèvres, il  abandonnera sans regret le statut de « petit » pour remplacer un « grand » parti vers d’autres conquêtes promises par les récits des « plus grands ». Il apprendra alors la fabrication des carrioles, ces voiturettes de bois montées sur de pétaradants  roulements à billes, grâce auxquelles il dévalera « à tombeau ouvert » et jamais cette expression n’eut autant valeur de réalité, sans se soucier des véhicules débouchant des rues transversales. Des bobos, certes, mais jamais le quartier ne déplora un accident grave lors de ces courses folles. En rentrant de l’école, avant les devoirs, avant les leçons, avant même de boire le café au lait, certains se défient dans une rencontre de football au beau milieu d’une rue, les cartables délimitant les buts, les équipes se créant au gré des affinités de chacun. Parfois, une mère affolée, tel un chien dans un jeu de quilles , déboule en vociférant après son « salopris de fils » que  « même pas y prévient sa mère ! ». Mais le plus souvent, période  scolaire ou de vacances, l’adolescent cesse ses jeux d’enfance, se lave  « pour l’amour de Dieu », tire la langue pour essayer de former dans sa tignasse mouillée un semblant de raie. Puis, beau « à tomber parterre ! » dixit sa mère « qu’elle a pas forcément les yeux en face des trous », il descend « en bas la rue » avec l’instinct du chasseur dans sa gibecière. L’avenue, le jardin, les abords de Padovani sont des lieux où l’on prend ses marques, où l’on repère la mignonne qui, la veille, vous a fait tourner la tête. Echanger un regard suffit parfois à nouer une complicité amoureuse sans que personne alentour ne la décèle. Ainsi se renouvelle chaque fin d’après-midi le doux spectacle des amours d’enfance, des timidités vaincues, des baisers innocents.
La rue de Bab El Oued déploie un charme indéfinissable dont les ingrédients sont extérieurs à la beauté du lieu. Le mérite en revient à un florilège d’éléments qui s’ajoutant les uns aux autres, comme des petits bonheurs qui s’accumulent et nourrissent la sensation de bien-être ressentie par les gens heureux. La rencontre permanente d’amis ou de membres de la famille, l’indulgence des adultes qui, ayant emprunté jadis les allées fleuries de l’enfance, s’en souviennent suffisamment pour sourire d’un bruit envahissant, la manière avec laquelle les femmes de ce faubourg aux mille mères à l’instinct formidablement développé, appréhendent un petit orphelin de maman, la richesse du cœur installée à demeure dans ce royaume de l’enfance, les vraies amitiés que perpétuent les cafés, les jardins, les stades, les balcons.
La rue de Bab El Oued a changé de visage lorsque les chars l’ont violée. Mais la mémoire des hommes est ainsi faite qu’elle restitue l’âme plus que le corps, l’esprit plus que le squelette, la beauté plus que la laideur. Elle a perdu son accent, étouffé dans la gorge de ses enfants en mars 1962, mais tel un phénix, ce langage de la mémoire se révélera indestructible et renaîtra de ses cendres encore fumantes sur l’autre rive de la Méditerranée, grâce à l’abnégation et à l’amour des enfants de Bab El Oued.
 
A SUIVRE.....

TCHALEFS D’UN ENFANT DE BAB EL OUED de Hubert Zakine

Certains lecteurs m'ont demandé de re-diffuser ces Histoires vécues.
DES PETITES HISTOIRES DE JEUNESSE, TOUT LE  MONDE EN A CONNU  TANT ET TANT QU’UN JOUR, ENGOURDIES DANS NOS MEMOIRES, ELLES EN RESSORTENT QUAND LA NOSTALGIE NOUS PREND DANS SES BRAS.
TOUT ALORS EST SOUVENIR. L’APPARTEMENT DES REUNIONS DE FAMILLE, LE BALCON POUR TAPER LA SIESTE, LA BELOTE OU  LA RIGOLADE TENAIT LIEU DE RESPIRATION, LE JARDIN QUI NOUS A VU FAIRE NOS PREMIERS PAS, L’ECOLE QUI NOUS A VU FAIRE MANCAOURA MAINTES ET MAINTES FOIS, LES AMIS,  INSEPARABLES COMPAGNONS DE JEU, AMIS POUR LA VIE ET POURTANT SI LOIN AUJOURD’HUI, L’ASSE ET LE GALLIA, FRERES ENNEMIS DE L’EPOQUE ET POURTANT SI PROCHES DANS NOS MEMOIRES ENDOLORIES, NOS PETITES FIANCEES QU’ON REGRETTE D’AVOIR LAISSE PRENDRE UN AUTRE CHEMIN, LES PETITES CHOSES DE LA VIE QUI SE SONT INSCRITES INDELEBILES DANS NOS CŒURS ADOLESCENTS, LE PASEO DE FIN D’APRES MIDI QUAND LE REGARD SE TRANSFORMAIT EN GIROPHARE, LES CREMES CHEZ GROSOLI , LES BEIGNETS ITALIENS DE PASQUALE, LES BEIGNETS ARABES DE BLANCHETTE, LA CALENTITA, LE CREPONNE, LE MARIGNAN, LE PLAZA,  LA PERLE, LES VARIETES , LE MAJESTIC, LE TRIANON LE RIALTO, LE SUFFREN ET LE MON CINE.
 OUI, TOUT EST SOUVENIR.
CES  PETITES HISTORIETTES SONT TOUTES  SIMPLES MAIS  REVELATRICES D’UN ETAT D’ESPRIT
EN PATAOUETE ELLES PARAISSENT ENCORE PLUS VRAIES.
ALORS VA  POUR LE PATAOUETE !
 LE POIVRON VOYAGEUR
Le stade de Saint Eugène, il était plein comme un œuf. Le SCBA auréolé de son titre de champion de France groupe Algérie, y venait défier l’ASSE ;  la rivalité Algéro-Oranaise dans toute sa splendeur.
Chauvinisme toutes voiles dehors, les supporters algérois y promettaient la tannée à ces prétentieux de bel abbésiens qui se pavanaient en tête du classement. 
Ma tante, pleine de sollicitude comme toutes les femmes de chez nous, elle avait préparé de ces sandwiches pour morfals, j’vous dis pas ! Des uns à la tchouktchouka, des autres au poivron à l’huile ou à la soubressade.  Et en avant nous autres en direction du stade que déjà il était noir de monde
Quand on s’est assis à notre place habituelle, la recommandation de la politesse elle nous a sauté aux yeux : « Insulter l’arbitre, c’est facile. Le remplacer, plus difficile ! » L’air de dire, mieux vous vous tenez à carreau !
Les deux équipes elles entrent sur le terrain et déjà, la colique on attrape. C’est que les Bel Abbésiens y courent comme des lapins. Mon oncle, chaque fois que le danger y se fait plus pressant, y se contorsionne comme si il avait envie de faire pipi. En plus, y me donne des coups de coude dans les bras, ça fait un mal, j’vous dis pas ! On encourage les algérois mais la vérité, y sont forts ces oranais fartasse. Y faut dire que la plupart y sont légionnaires. Alors, c’est normal qui sont allés chez le coiffeur pour se faire une coupe à la bol de loubia !
Et puis, soudain, Pappalardo y prend le ballon à son défenseur, il lui fait un coup de sminfin couffin, y centre et Guaracino  y fait une olive à James, le goal bel Abessien et y marque.
L’ardjeb ! Je vous dis pas ! « Il y est ! » même qu’à Alger ça devenait « illié !illié !illié ! »
La foule, comme un seul homme, elle confirme « illié, illié, illié ! » des fois que l’arbitre au béret noir, Janvier Atanasio, y serait laouère.
Mon oncle, au bord de l’apoplexie, y frôle la crise cardiaque ; son chapeau y a longtemps qu’il a pris son envol ; à savoir où on va le retrouver ! Tout y jette en l’air !
Et c’est à ce moment là, que dans un somptueux élan de fraternité, y se jette dans les bras de  ses voisins comme si c’était des copains de régiment. Seulement voilà, sa joie, elle est pas assez contenue et le contenu de la cabassette y s’envole. Les sandwiches à la soubressade, au poivron et à la tchouktchouka aussi.
La veste en daim d’un supporter situé devant mon oncle, elle se prend pour un aérodrome ; un poivron plein d’huile, il atterrit sur l’épaule du pauvre St Eugénois. Tonton Léon, (c’est mon oncle), y devient vert comme le poivron ; Raïeb, tonton ! La mine déconfite, y  tape sur l’épaule de son infortuné voisin. Nous autres les enfants, on se fait du mauvais sang ! On sait pas si notre oncle il est fort à la bagarre. Alphonse Halimi, avant d’être champion du monde de boxe, il était bien apprenti tailleur chez mon oncle, mais la vérité, on sait pas si tonton, il a été apprenti boxeur chez Alphonse Halimi. En désespoir de cause, tonton Léon y montre à son voisin le poivron posé sur son épaule et alors, le miracle du football y s’accomplit : le supporter il a pris le dessus sur le mari qui va devoir se prendre l’engueulade de son épouse sitôt rentré à la maison.  Y prend le poivron et sous les regards médusés de l’entourage hilare, y se l’avale en deux temps, trois mouvements  puis y lâche dans un grand éclat de rire :
--« Putain qu’ils sont bons ces poivrons ! »
Dans l’hilarité générale, tonton Léon y range ses gants de boxe et y réplique avec son sens de l’humour pied noir qui le caractérise :   « Dimanche prochain, sur ma vie, un bocal entier je vous apporte! » Et un sonore tape-cinq y scelle l’accord des deux Saint-Eugénois.
 FIN

jeudi 29 septembre 2011

AIN TAYA LES SABLES D'OR










Barack Obama est toujours un ennemi d’Israël – Guy Millière

J’entends dire depuis quelques jours que Barack Obama a changé, qu’il montre désormais qu’il est un ami d’Israël, et que son discours aux Nations Unies la semaine dernière a été l’illustration de ce changement. Je reçois même des mails allant en ce sens.
Je pense important de dire ici explicitement et catégoriquement : non, Barack Obama n’a pas changé. Il est toujours un ennemi d’Israël. Il a, simplement, besoin, pour le moment, de ne pas s’attirer l’animosité des Juifs américains en se montrant ouvertement partisan de la destruction d’Israël à quatorze mois des élections. Il sait aussi que s’il avait lâché Israël aux Nations Unies, le Congrès, démocrates comme républicains, se serait retourné contre lui, et l’aurait accusé de trahison, comme je l’ai déjà écrit ici.
Binyamin Netanyahu doit remercier Obama de son « amitié ». C’est une façon d’obliger Obama à tenir parole et à ne pas critiquer ou chercher à nouveau à déstabiliser Netanyahu. Et c’est une façon aussi, en politique intérieure israélienne, de ne pas donner d’arguments à l’opposition, toujours prête à accuser Netanyahu de détériorer les liens d’Israël avec les Etats-Unis, spécialité de Tzipi Livni depuis des mois.
Il n’empêche : Obama a fait davantage pour délégitimer Israël que tous ses prédécesseurs réunis, et les résultats sont là. Israël n’a pas été à ce point isolé sur la scène internationale depuis longtemps. Obama, en choisissant de lâcher Moubarak comme il l’a fait, a enclenché un processus qui remet en cause la sécurité d’Israël sur sa frontière Sud et qui risque de réduire à néant le traité de paix avec l’Egypte. Obama et Hillary Clinton n’ont cessé de faire pression sur Israël pour que le blocus de Gaza soit levé et ont entériné sans mot dire la mise sous tutelle du Liban par le Hezbollah. Obama a pratiqué l’apaisement vis-à-vis de l’Iran, ce qui a facilité l’avancée du régime des mollahs vers l’arme nucléaire. Obama a favorisé le basculement de la Turquie vers l’islam radical.
Le discours prononcé aux Nations Unies, par ailleurs, je l’ai déjà noté, et je le souligne ici, parle de négociations à effectuer sur les « nouvelles bases » définies par Obama en mai : à savoir le retour aux « frontières de 1967 » et la partition de Jérusalem.
Ce discours a placé sur le même plan l’Autorité Palestinienne et Israël et évoqué des torts réciproques et des « questions qui divisent », sur le mode du relativisme moral le plus complet.
Ce discours, enfin, et c’est presque le plus grave, a été dans la continuation des discours précédents d’Obama, en légitimant les Nations Unies sans la moindre réserve et en laissant totalement de côté les valeurs qui guident les Etats-Unis. Ce qui équivaut à dire que les Nations Unies, fondamentalement, décident, et que les Etats-Unis ne sont qu’un acteur parmi cent quatre vingt treize autres. Cela place davantage Israël à la merci des Nations Unies et des pressions que divers membres de celles-ci, dont les pays de l’Union Européenne ne manqueront pas d’exercer sur Israël.
Si j’ajoutais qu’Obama a comparé le conflit israélo-arabe à celui qui oppose catholiques et protestants en Irlande du Nord, je pourrais transformer ce bref texte en réquisitoire.
Si j’ajoutais qu’il a souligné que l’Egypte avait avancé, depuis janvier dernier, vers la reconnaissance des « droits universels » de ses habitants et que, passant sous silence la politique d’endiguement de l’Union Soviétique menée par les Etats-Unis, de Truman à Reagan, il a rendu hommage aux Nations Unies pour avoir permis d’ « éviter une troisième guerre mondiale », le réquisitoire deviendrait accablant. Obama entend effacer le pouvoir et la puissance des Etats-Unis et il persiste, ce qui est catastrophique et sans précédents depuis la fondation des Nations Unies.
Reproduction vivement encouragée, avec la mention suivante et le lien ci dessous :
© Guy Millière pour www.Drzz.fr

LE DESTIN FABULEUX DE LEON JUDA BEN DURAN " SIEUR DURAND D'ALGER" de Hubert Zakine

UN OUVRAGE  = UNE COULEUR
SUITE......
La "djenan" de David DURAN, charmante maison de campagne aux formes simples et naïves, tout en colonnades hispano-mauresques blanchies à la chaux, éblouissait de sa lumière indigo la symphonie d'azur qui lui servait d'écrin.

Les notables de la ville s'étaient pris d'une véritable passion pour ces demeures protégées des regards indiscrets par une situation enviable à la lisière des bois, conçues pour l'apaisement de l'âme et le repos de l’esprit. Plus d'un millier d'entre elles jalonnait l'immensité verte, s'éveillant à la belle saison avec les citadins qui envahissaient leurs maisons de campagne.

David DURAN y résidait tout au long de l'année, goûtant aux joies de la famille sous une voûte céleste offerte, humant les parfums des jardins d'Orient, le regard perdu vers l'horizon d'argent.

La lourde porte armée de ferrure, restée grande ouverte en cette journée bénie des dieux, invitait le passant à prendre un rafraîchissement en l'honneur du bébé, dans le gracieux patio intérieur où les perles d'eau d'une fontaine perpétuelle pianotaient sur le petit bassin, naufrageant quelques nénuphars égarés en ce milieu aquatique agité.

Eventré par une main habile, lsre poisson bleu, synonyme d'abondance, répandait son sang près du berceau, avant de griller sur les braises ardentes du "kanoun". La "fée verte" entretenait l'incendie allumé par les petits piments rouges, pyromanes originaires de Cayenne, déposés sur les lèvres et aspirés par  des bouches gourmandes.  La confiture de coing rassasiait les enfants qui se régalaient des mille friandises confectionnées par la petite mémé. Aïcha BIBAS, reposée au creux du fauteuil réservé habituellement au  Maître de séant, s'alanguissait dans le jardin exubérant qui véhiculait les effluves de ses arbres fruitiers au-delà des murs de la "djenan".

Caressé par une brise délicate, le petit Léon, ses grands yeux noirs rivés sur la splendeur du ciel d'EL DJEZAÏR, profitait des derniers rayons de soleil qui endimanchaient le patio. A l'abri du lit balancelle offert par le Dey à son fidèle "oukil ",  il attendait, l'heure de sa circoncision. La petite mémé, suivie de quelques femmes de la famille, déposa le nouveau-né vêtu d'une minuscule "gandourah", sur un grand coussin blanc puis pénétra dans la salle où se tenait David, assis sur la  "chaise du prophète Elie". Conformément au rituel de la circoncision, le "chemach" se chargea de transférer, de la synagogue à la maison des DURAN, siège de velours rouge et dossier sculpté dans le bois, le trône de l'enfant-roi.

En présence des dix adultes israélites qui constituent le   "tmenian"  indispensable à toute cérémonie religieuse, le "mohel" effectua sa "milah" avec dextérité, limitant les pleurs du nouveau-né à quelques secondes. La douleur endormie par un chiffon imbibé d'eau de fleur d'oranger à sucer, Léon Juda entendit à peine les you-you de joie qui ponctuèrent son premier pas dans l'éternelle errance du judaïsme sépharade.

Le miel coula à flots et le "henné" teinta de rouille et de brun le front du nouvel élu de Dieu. L'orchestre judéo-arabe entama, alors son aubade de bienvenue au coeur de la "djenan"de David et Aïcha, envahie par les trémolos plaintifs des violons et des chants orientaux.

Allégresse d'une journée bénie par le souffle puissant de l'Eternel mais, aussi, témoignage de la douleur du peuple juif humilié depuis des millénaires qui, toujours, renaît de ses cendres par le cri d'un nouveau-né.

A EL DJEZAÏR comme à BABYLONE, à TOLEDE comme à KAIROUAN, à ALEXANDRIE comme à CONSTANTINOPLE, à SALONIQUE comme à AMSTERDAM, le judaïsme avait payé un lourd tribut à l'intolérance des hommes et des pouvoirs. Les "haras", les "mellahs", les porcheries servirent de quartiers aux enfants de MOÏSE. La Régence ottomane leur réserva un sort identique et, si elle permit le développement d'une aristocratie israélite, ce fut pour utiliser, à son profit, la prévarication, l'appât du gain, la connaissance des monnaies, l'habileté commerciale, le savoir linguistique qui devinrent, alors, d'indispensables vertus
YYYY
A SUIVRE.......

mardi 27 septembre 2011

GLENN MILLER

                                            GLENN MILLER - THE NEARNESS OF YOU

IL ETAIT UNE FOIS BAB EL OUED de hubert zakine -43-

UNE COULEUR PAR OUVRAGE POUR FACILITER LA LECTURE
VIE QUOTIDIENNE
PLAGES ET CABANONS
Bab El Oued vit les pieds dans l’eau et la tête au grand soleil. Bercé par la grande bleue, le faubourg s’éveille et s’endort nappé d’effluves maritimes et de senteurs épicées. La Méditerranée se noie dans son regard et l’azur trace son horizon. Au détour de chaque ruelle, la mer omniprésente détrône la pierre pour offrir son grand lit impudique à l’imagination du quartier.
Les manches retroussées, l’enfant de Bab El Oued bâtit une France sur les rives d’Alger. Issu de toutes les nations qui ourlent la Méditerranée, il n’oublie pas la mère nourricière. Par la pêche, par la navigation, par la construction de petits ports sur la côte turquoise, par le regard posé sur la mouvance des flots, il se sait fils de cette entité marine sans laquelle il se sentirait orphelin.
Jusqu’en 1900, la mer ne se prête pas aux baignades, cette relation charnelle entre l’homme et l’élément liquide. On se contente de fouler aux pieds les belles plages naturelles qui longent le littoral lors de la traditionnelle promenade du dimanche après-midi. Les femmes en crinoline, les hommes portant gibus, les enfants en marinières bleues et blanches, tout un petit monde paradant sur le sable, semblant attendre la mode des bains de mer qui surviendra en 1910. Les « bains des chevaux » qui font face à la caserne des Janissaires, future Salpétrière, attirent les amoureux de la nature qui assistent au spectacle donné par les Maltais sur  leurs montures dans d’homériques cavalcades que ne désavoueraient ni Douglas FAIRBANKS ni Errol FLYNN.
A l’orée de Sidi EL KETTANI, les « bains des familles » inaugurent avec le siècle naissant les joies de la plage  qui se limitent pour l’instant à « taper une pancha » dans l’onde transparente à l’abri des regards indiscrets. C’est la raison pour laquelle les baigneurs s’y rendent dès cinq heures du matin pour une petite heure de bonheur total. Personne ne se prélasse au soleil en s’excusant presque de bronzer comme cela sera le cas quelques années plus tard.
Cette plage se scinde en trois parties dans les années 20 en adoptant les noms de « Prado Plage », « Bains Matarèse » et « Bains Padovani ». Cette dernière entité s’impose comme « la » plage de Bab El Oued avec ses cabines où les belles naïades changent de tenue,  affolant l’imagination d’apprentis Tarzan, sa salle de danse sur pilotis où se célèbrent nombre de mariages et son garage à bateaux qui rougirait s’il devait raconter ce qui s’y passe certains soirs d’hiver. Mais Padovani c’est d’abord et avant tout le Saint Tropez du Faubourg.
On s’y rend pour taper le bain mais aussi pour taper la casserolade ou la cabasette. Les femmes en ce pays  semblent toujours craindre l’arrivée impromptue d’une  pénurie de denrées alimentaires, voire d’une famine endémique. Aussi, nul ne s’étonne de l’abondante diversité de victuailles qui déforme les paniers. Cela va de la coca à la soubressade aux allumettes aux anchois en passant par la calentita, le bocal de poivrons grillés, les montécaos, les ramequins au fromage, la pitse (on ne dit pas pizza) et toutes sortes de casse-croûte (on ne dit pas sandwiches) sans oublier le sélecto et le crush, boissons nationales des enfants de Bab El Oued. La bonne franquette veut que l’on invite les connaissances rencontrées inopinément à la plage à goûter les pâtisseries faites à la maison. « Allez! J’vous en prie, faites pas des manières! Goûtez moi cette calentita, elle fond dans la bouche! »
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DANCING A PADOVANI DE ARMAND ASSUS
 Dans les années 30, le bal Matarèse, du nom de son propriétaire maltais, réunit le samedi soir et le dimanche après-midi toute une foule de solitaires cherchant l’âme sœur. De réputation douteuse, il est le théâtre de nombreuses disputes pour un regard détourné en œillade par la jalousie ambiante. Au fil des années, la respectabilité de l’établissement le destinera à des bals de plus haute tenue. Plus tard, cette longue salle au plancher de bois abritera de la pluie le romantisme venu admirer le cycle éternel de l’averse se répandant dans la mer, isolant les amoureux des regards indiscrets.
Les bains PADOVANI semblent la propriété des Bab El Ouédiens tant ils regorgent d’expressions pataouètes ; tout au long de l’été, le caissier Roger SEBAOUN a fort à faire avec la ribambelle de baigneurs qui envahissent ce haut lieu de l’été algérois que le préposé aux cabines, BELKACEM, a un mal fou à canaliser.
Le « rocher plat » à quelques encablures de la plage décerne le certificat de bon nageur à tout gamin qui réussit un aller-retour « sans se noyer » ; parfois, un nageur-remorqueur accompagne le ou la candidate qui tente la traversée pour la première fois. Lorsque décline le soleil, Bab El Oued voit déferler dans ses ruelles des hordes de bronzés remontant de la plage, regagnant à pied leur quartier une serviette de bains autour du cou.
Les familles non motorisées, refusant les longues attentes d’autobus ou préférant la plage de Padovani, passent la journée assises en rond sur la plage, les enfants dans l’eau, les parents « tchortchorant » en tentant d’éviter les rayons brûlants d’un soleil ô combien généreux. A l’heure du repas, chacun sort la marmite, les sandwiches et toutes sortes de préparatifs de la veille car ici on aime manger au dehors comme chez soi.
Les enfants des Messageries et de la Consolation préfèrent se baigner à la plage de l’Eden et au petit chapeau, petites criques couronnées de cabanons de bois sur pilotis qui semblent bien fragiles face à la fureur des vagues les jours de grand vent mais qui résistent depuis des lustres tels de fiers petits soldats de plomb devant l’ennemi. Au fil des années, les gens de Bab El Oued sortent de leur ghetto volontaire pour écumer le littoral algérois. Ils découvrent alors de ravissantes petites maisons accrochées au flanc des rochers surplombant la Méditerranée. De Saint-Eugène à Cherchell en passant par les Deux Chameaux, Pointe Pescade, les Horizons Bleus , Bains Romains, Baïnem, Cap Caxine, Guyotville, La Madrague, et au-delà s’allonge un chapelet de petites stations balnéaires qui comblent d’aise les nouveaux estivants.
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Certains trouvent à louer de minuscules cabanons aérés de superbes terrasses qui affleurent la mer contrairement aux cabanons de Provence qui dorment  dans les terres. Ces unités de bonheur sont prétextes à de somptueux étés qui réunissent les familles autour d’une paella, d’un couscous ou d’une bouillabaisse pêchée le jour même par des cabanonniers.
La terrasse commune, centre de ralliement d’une  jeunesse affamée au sortir du bain, devient restaurant à ciel ouvert où chacun déjeune chez soi et chez les autres, perpétuant, ainsi, une tradition instituée sur les balcons de la ville.
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Parfois, un enfant désobéissant à la peau moins mâte que la plupart de ses camarades, rentre de la plage le corps brûlé par le soleil et la tête surchauffée. Intervient alors, une femme du cabanon, spécialiste des incantations qui « enlèvent le soleil ». Pour « redonner la santé au petit, le pauvre ! » , elle fait bouillir une bassine d’eau salée. Et tient au dessus de la tête du petit « qui ressemble à un écrevisse » un verre d’eau froide. Dans un silence stupéfait, la détentrice de ce pouvoir hors du commun, lance au ciel des prières chuchotées. Se produit, alors, un phénomène inexplicable et inexpliqué, l’eau du verre se met à imiter l’eau de la bassine ; elles bouent toutes deux de concert et l’enfant toujours rouge comme un écrevisse peut reprendre ses jeux sans ressentir le moindre symptôme et la moindre gêne. Ces femmes détentrices d’un don transmissible de mères en filles, vénérées par les uns, redoutées par les autres, constituaient un rempart indiscutable contre le « coup de soleil.
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Après le repas, les hommes s’étirent dans leur chaise-longue, les enfants contraints par l’autorité parentale d’attendre la fin de la digestion pour descendre à la plage, s’emparent de grosses chambres à air pour taper la sieste, les femmes « tchortchorent » à mots couverts pour ne pas troubler la quiétude du cabanon après avoir terminé la vaisselle à la plage en utilisant le sable et la mer comme produits nettoyants
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Après un bon bain réparateur, les hommes tapent le match du siècle sur un terrain de fortune avoisinant, sous les encouragements endimanchés de fou-rires, railleries et engueulades « pour de faux ». Il y a là  « ceux qui z’en touchent pas une au football », « ceux que la ficelle de leur cuissette elle tient pour l’amour de Dieu », « ceux qui perdent leurs savates à chaque tir », « ceux qui ahanent même que leurs femmes elles se font un de ces mauvais sang », « ceux qui se prennent pour un autre », « ceux qui jouent personnel », «  ceux qui arrêtent le jeu à tout bout d’champ en prenant le ballon dans les mains », «  ceux qui voient des fautes partout », « ceux qu’à chaque bobo y z’appellent l’hôpital », « ceux qui », « ceux quoi ». Chacun se cherche une excuse pour une passe ratée, un dribble inopportun ou une « roue libre ». C’est la faute au couscous qui remonte, à une jolie spectatrice qui fait chavirer les cœurs, à « ce terrain pourri que plein de faux rebonds il a, alors! ».  Quant au gardien de but, lazzis et quolibets accompagnent chacune de ses interventions, il est vrai, assez peu orthodoxes. Affublé de termes déshonorants tels « passoire », « panier percé », « entrez, c’est gratuit », « goffa» le dernier rempart est toujours responsable de la défaite « imméritée » de son équipe. Heureusement, la bonne humeur communicative des spectateurs efface toutes les remontrances et rodomontades sitôt la partie achevée. 
Pour terminer la journée, un bal improvisé réunit les jeunes et les vieux, entre « Cumparsita » et « Rock around the clock » avant le dîner pris en commun et le traditionnel tournoi de belote ou de rami qui se termine lorsque les bâillements aux corneilles empêchent les joueurs de s’engueuler. Morphée accueille alors tout ce petit monde impatient d’aussi joyeux  lendemains.
Certains soirs, les cabanonniers se glissent dans l’habit noctambule. Le cinéma plein air  et les fêtes de villages se partagent alors leurs faveurs. Des Bains Romains à la Madrague, des Deux Moulins à Cherchell, une succession de spectacles, cirques, radio-crochets jettent les estivants dans les rues et sur les places où jeunes gens et jeunes filles se comptent fleurette, libérés pour un soir de  la surveillance omniprésente des parents. Le cinéma plein air accueille la jeunesse qui savoure ce plaisir incomparable de regarder un film, caressée par la légèreté d’une brise marine enjôleuse, un petit pull jeté négligemment sur les épaules, sous un ciel constellé de petites lucarnes étoilées. Qui n’a pas ressenti ce bonheur là au cours des nuits chaudes d’Alger ne peut épouser la nostalgie des gens de Bab El Oued qui évoquent ces instants privilégiés avec des sanglots dans la voix.
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A SUIVRE.................